08 septembre 2009

Hervé Morin a un coup à jouer

e2bea074-a786-11dd-a2f6-63704ef9f9b4.jpgLes deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.

 

Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...

 

En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.

 

Meeting nouveau centre.jpgCependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.

 

En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...

03 décembre 2006

Boutin s'allie avec Sarkozy

medium_boutin.2.jpgNicolas Sarkozy désormais candidat déclaré à l'investiture UMP pour les élections présidentielles 2007 a été rejoint par Christine Boutin, députée habituée aux élections présidentielles. Christine Boutin a finalement renoncé à porter sa candidature ni aux présidentielles, ni aux primaires UMP tout en soutenant le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, face à Mme Royal et M. Le Pen, le meilleur candidat de la droite républicaine, c'est Nicolas Sarkozy, dont le projet doit être enrichi déclare-t-elle. Sa non-candidature s'explique aussi pour éviter un 21 Avril 2002 contre la droite et en faveur de la gauche. Madame Boutin conclut en s'exclamant Je ne serai pas le Chevènement de la droite. Lors des dernières échéances présidentielles elle avait obtenu 1,1% des suffrages au premier tour du scrutin. Dans un passé plus lointain en 2001 plus précisement, Christine Boutin était encore un cadre important de l'UDF jusqu'à ce qu'elle soit exclue du mouvement centriste pour avoir déposée sa candidature aux présidentielles malgré celle de François Bayrou, leader incontestable de l'UDF. Elle s'impose aujourd'hui comme une femme politique qui porte les valeurs du catholiscisme et qui semble plus proche de Philippe de Villiers qu'à Nicolas Sarkozy du côté des idées politiques.