21 septembre 2009
José Socrates en quête d'une majorité
L’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n'est qu'un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n'en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu'aujourd'hui les conséquences d'une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s'est d'ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu'une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d'établir une majorité avec moins de 33% d'intentions de vote...
Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles
José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l'électorat populaire qu'il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l'est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu'un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.
Il allonge également l'âge de la retraite et ne se prive pas d'amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d'une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu'à 90% du dernier salaire).
Cette politique d'austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n'a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s'élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s'était fixé pour objectif d'annihlier les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).
La gauche gronde
Cette politique réformiste aux effets somme toute modestes s'avère problématique à l'heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l'orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.
Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu'en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l'éducation nationale, traditionnelement acquis au Parti Socialiste n'affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volontée affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l'éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient consitutés un cortège monstre au coeur de Lisbonne !
Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu'un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.
Un retour aux sources improvisé
Face à la gronde de l'électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n'a donc pas lésiné sur les moyens, quite à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L'allocation familiale de rentrée, jusqu'alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d'épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.
Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d'inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l'opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d'ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l'électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd'hui, la crise étant passé par la, les rapports de force ont évolué, et c'est à sa gauche que José Socrates doit s'assurer un capital de voix.
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12 septembre 2009
Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"
Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.
Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?
D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.
Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.
Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.
Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?
Tout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.
C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.
C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.
Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.
Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?
D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.
A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.
Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?
M.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.
On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?
C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.
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24 mars 2009
Européennes : la gauche radicale devancera-t-elle le PS ?
C'est un des principaux enseignements du sondage Ifop sur les intentions de vote aux élections européennes du 6 et 7 juin prochain, la percée de la gauche radicale, qui bénéficie de la décridibilisation du Parti Socialiste, des perspectives sombres de l'économie mondiale, ainsi que des répercussions sociales de la crise. Le NPA, le Front de Gauche (PCF et PG), les Verts et Lutte Ouvrière rassemblent ainsi à eux quatre, 23% des intentions de vote, soit un score identique que celui du Parti Socialiste. Ce dernier accuserait 3% de retard sur l'UMP (26%), et, fait marquant, voit son score chuter de plus de 5% par rapport aux échéances européennes de 2004. Un affaiblissement marquant au vu de la position dans laquelle le Parti Socialiste aborde ces élections européennes, celui d'une formation en opposition à un exécutif aussi impopulaire que ne l'était le tandem Chirac-Raffarin à la même époque (43,5% d'opinions favorables pour Fillon et Sarkozy contre 44,5% pour Raffarin et Chirac). La crise économique et ses conséquences sociales ont pourtant crée une forte vague de mécontentement dans l'opinion, 75% des français approuvent ainsi la mobilisation du 19 mars face à l'action du gouvernement, selon un sondage BVA-Les Echos.
En 2004, les listes socialistes avaient réuni 28,9% des suffrages; le climat politique et social n'était pourtant pas différent d'aujourd'hui (taux de chômage de 9,2% contre 8% aujourd'hui), si ce n'est que les perspectives économiques étaient moins sombres, et l'exécutif tout aussi impopulaire en raison de nombreuses réformes avortées. A l'heure actuelle, l'ensemble des conditions semblent donc requises pour assurer au Parti Socialiste une performance égale, si ce n'est meilleure, que les 28% obtenus en 2004. Comment donc expliquer ces sondages défavorables, qui le place derrière le parti de la majorité ? Le score élevé qu'obtiendrait une gauche radicale réunie (23%; contre 15,9% en 2004) explique pour beaucoup ce désarroi, par ailleurs influencé par une décridibilisation du Parti Socialiste. Martine Aubry n'a pas réussi jusqu'à maintenant a panser les plaies du Congrès de Reims, et les guerres internes, remises au goût de jour à l'heure de l'élaboration des listes européennes, se sont hâtées de dégouter une branche de l'électorat socialiste du PS.
La confiance vis à vis du premier parti de France en termes d'élus s'érode ainsi de jour en jour. 76% des français estiment qu'il n'a pas de réponses face à la crise, et 39% pensent qu'il a des dirigeants de qualité selon un sondage IFOP-JDD. Les querelles intestines qui nuisent à sa crédibilité sont pour beaucoup dans cette défiance de l'opinion vis à vis du PS. La crise idéologique dans laquelle il est plongé constitue un autre élément défavorable en ces temps de crise, où les propos discordants des différents chefs de file ne permettre pas d'imposer une ligne claire. La cohabitation entre sociaux-démocrates et socialistes convaincus s'avère relever du surréalisme. C'est pourtant la situation dans laquelle le PS est embourbée, scindé en deux branches bien distinctes. L'une souhaite accomplir un virage vers la social démocratie jugé inéluctable au vu de la politique menée par les derniers gouvernements socialistes, l'autre souhaite que le PS s'ancre dans les fondamentaux d'antan (voir mon article sur la crise idéologique du PS).
Face à la crise, le PS a perdu en légitimité, et voit ainsi la gauche radicale lui contester son autorité à gauche de l'échiquier politique. La radicalisation des mouvements contestataires et le dégoût vis à vis des patrons voyous, la "racaille du XVIème", deux phénomènes amplifiés par la crise sont exprimées avec plus de vigueur par la gauche radicale. La redistribution des richesses, l'interdiction des licenciements en cas de bénéfices sont des propositions qui ne peuvent être qu' appréciées alors que les fermetures d'usines se succèdent. La suppression de 655 postes par le groupe Total, dont les bénéfices ont excédé les 14 milliards d'euros l'an passé, se sont hâtées de mettre l'huile sur le feu. Et la gauche radicale, qui a fustigé des années durant le capitalisme sans règles ni morales s'en est retrouvé légitime.
Si les cinq formations de la gauche radicale pourraient devancer le Parti Socialiste, leur union reste inenvisageable. La proposition adressée à Olivier Besancenot de rejoindre un "front de gauche" n'a pas séduit le facteur trotskiste, qui préfère s'assurer son aura médiatique en faisant cavalier seul. La gauche radicale pourrait cependant s'inspirer de l'union de la famille écologiste, qui, au lendemain de la claque des présidentielles 2007 aborde ces échéances européennes dans une configuration inédite. Qui aurait pu croire que José Bové, Daniel Cohen-Bendit et Nicolas Hulot s'engageraient sous une bannière commune ? Les querelles de personnes ont été reléguées au second plan, et la question d'une candidature commune aux élections présidentielles 2012 est d'ores et déjà évoquée, les Verts pourraient alors céder la place à Nicolas Hulot. Un premier pas vers l'union de la gauche ?
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25 février 2009
Le Parti Démocrate à bout de souffle
Walter Veltroni aura finalement payé de sa tête les déboires du Parti Démocrate dont il assurait la présidence. En Italie, l'ancien maire de Rome (voir image, premier plan) a décidé de quitter la présidence du Parti Démocrate, la défaite cuisante de Renato Soru aux élections régionales anticipées en Sicile (42% contre 51% pour la liste soutenue par le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi) ayant eu l'effet de la goutte d'eau faisant déborder un vase rempli de multiples couacs qui ont fait suite à la défaite aux élections générales (renouvellement des deux chambres du parlement) de 2008. L'optimisme est de retour, ainsi que la confiance et la volonté de combattre a affirmé samedi le successeur de Walter Veltroni, Dario Franceschini (voir image, second plan), élu avec 83% des suffrages par un collège électoral de 1258 délégués. La mission de cet avocat issue de la "Marguerite" (cf.paragraphe ci-dessous) ? Assurer durant les huit prochains mois la pérennité d'une formation dont l'équilibre se retrouve aujourd'hui menacé.
Aux origines d'un échec connu d'avance
Première force d'opposition italienne, le Parti Démocrate est le fruit de la fusion en octobre 2007 de sept formation au centre-gauche de l'échiquier politique italien, dont les plus influentes sont les "Démocrates de Gauche" (force de gauche historique, héritière du Parti Communiste Italien, formation sociale démocrate depuis les années 1990) et la Marguerite (formation centriste), qui peinent aujourd'hui encore à cohabiter, en raison de nombreux différents sur des sujets sociétaux. Voulue par Romano Prodi au lendemain de son élection à la présidence du conseil, la création du PD avait pour objectif de réunir au sein d'une même entité l'ensemble des forces membres de la coalition dite de "L'Union", qui avait porté en 2006, Romano Prodi à la présidence du conseil.
Quelle crédibilité ?
Approuvée par 75% des militants, la fondation du Parti Démocrate n'a pas apporté à ses fondateurs le crédit qu'ils espéraient. Un grand parti de rassemblement des communistes aux centristes, telle était la destinée que souhaitait au PD Romano Prodi, Walter Veltroni et consorts. Lors des dernières élections générales, en 2008, le Parti Démocrate avait réuni 33,17% des suffrages, auxquels doivent s'ajouter les 4,37% obtenus par le parti centriste allié au PD, l'Italie des Valeurs. Un score en augmentation de 4% vis à vis des élections générales de 2006 puisque le Parti Démocrate a bénéficié du vote utile, pour lequel avaient opté nombre d'électeurs de gauche. Mais une large branche de ces derniers se sont aussi réfugiés dans l'abstention (plus haut taux d'abstention de l'histoire), tandis que les électeurs du centre ont quand à eux privilégiés la coalition emmenée par Silvio Berlusconi. A gauche, comme au centre, le Parti Démocrate manque de crédibilité tant le rassemblement qu'il souhait opérer surprend par sa largeur.
Vers le schisme ?
Aujourd'hui, la menace pour le Parti Démocrate est celle du schisme. Deux ans après leur fusion, les Démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite semblent se rapprocher inexorablement d'une séparation, marquant ainsi l'échec retentissant d'un parti démocrate dont l'aspiration de rassembler de l'extrême gauche au centre apparaissait aux yeux des électeurs comme un grand écart manquant totalement de crédibilité. Le morcellement de l'opposition italienne, très probable à l'heure actuelle, constitue un nouvel avantage pour Silvio Berlusconi, qui n'a face à lui, qu'une multitude de mouvements incapables de s'unir. L'apogée d'un bipartisme en Italie n'est donc toujours pas d'actualité, et c'est encore le jeu des coalitions qui prévaudra dans un système politique en quête de modernité...
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02 décembre 2008
Le vote contestataire disputé
La crise économique et financière, qui sera supplantée dès 2009 par une crise sociale de grande ampleur, va indéniablement aviver un sentiment de colère et de protestation dans l'électorat français. Comme il en est coutume, les partis extrémistes seront traditionnellement en première ligne pour incarner le désespoir de cette classe sociale, désemparée et déçue par le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui au-delà de sa capacité (ou de son incapacité) à avoir tenu ses promesses, sera considérablement handicapé par la crise économique. Le vote contestataire avait d'ailleurs marqué un net reflux en 2007, témoignant de l'espoir porté en Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui incarnaient tous deux la nouvelle génération politique. Mais le climat économique conjugué aux querelles socialistes, ouvre à la voie à une progression certaine de l'électorat contestataire lors des prochaines échéances de 2012, annonçant ainsi un accroissement des scores obtenus par les partis extrémistes. Lors des trois dernières élections présidentielles, ce vote contestataire s'était principalement replié sur Jean-Marie Le Pen, délaissant un Parti Communiste sur la pente du déclin. Mais la montée en puissance d'Olivier Besancenot et le départ de la scène politique de Jean-Marie Le Pen pourraient bel et bien inverser la tendance...
Et puisque le malheur des uns fait le bonheur des autres, Olivier Besancenot ne peut que se frotter les mains en constatant les dégâts de la crise. Les fermetures d'usines, les licenciements et chômage technique ne peuvent être que bénéfiques pour le facteur neuilléen, qui fustige depuis son arrivée sur la scène politique le patronat voyou, le capitalisme dépourvu d'humanité et le libéralisme sans pitié. Un message qui ne peut être qu'apprecié en temps de crise financière, et où le dégout d'un certain "establishment" véhiculé par Olivier Besancenot trouve échos. Car si tout oppose idéologiquement ce trentenaire trotskiste au nationalisme et à la xénophobie de Jean-Marie Le Pen, il n'en est pas moins que ces deux extrêmes touchent le même électorat.
Depuis la création de la Vème république et cela jusqu'aux présidentielles de 2007, c'est toujours dans l'extrême que s'est exprimé le mécontentement d'une classe, défiant ainsi les partis gouvernementaux. Jusque qu'à l'avènement des années 90 et le déclin du bloc soviétique, le Parti Communiste détenait un certain monopole en la manière, incarnant à lui seul les luttes socialistes et les colères du peuple. La montée de l'insécurité, qui coïncida avec l'accroissement des flux migratoires, s'est chargé de réduire considérablement l'influence du PCF au sein de l'électorat contestataire, et cela au profit du Front National, dont le discours nationaliste et xénophobe trouva enfin un sens.
Or, la tendance semble aujourd'hui s'être renversé, du fait des récentes difficultés économiques. Il est désormais indéniable qu'Olivier Besancenot s'est posé comme un personnage phare de la vie politique du fait d'un certain nombre de facteurs extrêmement favorables au facteur trotskiste. Tout d'abord, la situation actuelle du Parti Socialiste se compare à celle du RPR lors de l'avènement du Front National. La ligne idéologique du PS tend à s'éloigner de celle de son extrême, tout comme le RPR, qui sous l'emprise de Jacques Chirac amenait à évoluer vers le centre. Il n'est donc pas inenvisageable que la branche socialo-communiste du PS aille voir chez le voisin Besancenot. Par ailleurs, le message d'Olivier Besancenot trouve échos en période de crise économique, aux dépends du Front National qui ne parvient pas à en tirer profit. Le reflux constaté lors des présidentielles et législatives 2007 ne pourrait de ce fait qu'empirer...
Par ailleurs, le Front National traverse actuellement une crise inédite dont certains aspects ne permettent plus d'ignorer l'éventualité d'une absence de représentants frontistes lors des prochaines échéances présidentielles. Tout d'abord, le départ prochain de Jean-Marie Le Pen, président depuis la création du mouvement, va entraîner une guerre de succession qui s'annonce musclée entre trois prétendants, dont la défaite pourrait amener à une scission avec le FN. Selon un sondage paru en septembre dans Valeurs Actuelles, 76% des sympathisants FN souhaiteraient que Marine Le Pen succède à la tête de son père. Un score plébiscite pour "la fille", qui, si elle parvient à prendre les rennes du Front National, devra cependant maintenir une unité fragile.
Or, le risque d'une dislocation du Front National est d'autant plus néfaste pour le parti frontiste que les difficultés éprouvées en 2007 par Jean-Marie Le Pen pour recueillir les 500 parrainages ne feront qu'empirer pour son successeur. En effet, plus de la moitié des élus ayant accordés leur signature à JMLP lors des élections présidentielles de 2007 n'ont pas vu leur mandat renouvelé lors des dernières échéances municipales. De ce fait, en cas de dislocation du FN, la multiplication des candidatures frontistes ne permettrait à aucun candidat issu du FN de se porter candidat. Pis, même si le schisme est évité, faute de réservoir de signature important, il n'est pas certain que le FN soit en mesure de présenter un candidat...
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23 novembre 2008
L'Edito d'Alex Joubert N°2
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22 novembre 2008
Aubry prend la tête d'un PS fracturé
Martine Aubry a été élue première secrétaire du Parti Socialiste avec une majorité aussi relative que discutable de 50,02% des suffrages, contre 49,98% pour sa rivale Ségolène Royal qui appelle à un nouveau vote. Les gardes rapprochées des deux candidates ont revendiqué chacune la victoire tout au long de la nuit, se fiant aux premières tendances, diffusées dès 23:50 et qui annonçaient une victoire de Ségolène Royal à 53%. Ces estimations ont été par la suite contestées dans le camp Aubryste, qui, dès 00h40 a revendiqué la victoire avec un millier de voix d'avance. Sont alors venues les premières contestations, émanant tout d'abord du royaliste Manuel Valls qui assure que nous ne nous laisserons pas voler cette victoire. Nous contestons les résultats dans le Nord de la manière la plus ferme. Gilles Pargneaux, président de la fédération PS du Nord répond immédiatement et se dit étonné de ces accusations, déclarant sur le plateau de BFM TV qu'il s'agit d'une réaction de mauvais perdant, de celui qui évite de regarder la réalité en face. Le camp Aubryste parle alors dès 4h30 d'une mince avance de l'ordre de quelques dizaines de voix en faveur de leur championne, des résultats confirmés par la direction du PS dès 5h41.
Au final, Martine Aubry est élue première secrétaire du Parti Socialiste avec une avance de 42 voix, qui renvoie de ce fait à mardi, date où se tiendra un Conseil National du parti, les questions de la validation ou non du scrutin ainsi que celle d'un éventuel nouveau vote. Ségolène Royal s'est en effet montré favorable à cette alternative, estimant qu'il était nécessaire du fait des contestations qui étaient apparues ici ou là sur la régularité des opérations de vote. Martine Aubry s'y est cependant montré opposé, estimant qu'un nouveau scrutin n'a pas de raison d'être.
Un résultat contesté
Le député de l'Essonne Julien Dray, soutien de Ségolène Royal, a estimé que les résultats étaient problématiques, il y a des choses qui ne collent pas. Il y a des contestations qui font qu'à ce stade, la seule solution possible, c'est de revoter , dénonçant notamment des dépouillements non approuvés par des scrutateurs. Des déclarations bientôt approuvées par Manuel Valls qui estime que l'absence d'un nouveau scrutin entrainerait au PS une fracture longue et durable, affirmant par la suite que le camp Royal contestera les résultats par tous les moyens politiques, juridiques et judiciaires. François Hollande, première secrétaire en poste, a lui réfuté toute idée de nouvelle consultation des militants, sauf si ce vote était marqué par des contestations très graves mettant en cause sa régularité.
Et pourtant, en termes de contestations, François Hollande peut être servi ! Tout d'abord, le sénateur de Moselle Jean-Marc Todeschini a annoncé dans la soirée que 12 voix avaient été malencontreusement attribuées à Martine Aubry au profit de Ségolène Royal, réduisant de ce fait l'écart entre les deux candidates à 18 voix ! En parallèle de cela, de vives contestations émanant du camp de Ségolène Royal ont été prononcés dans la journée au sujet des fédérations du Nord et de Seine-Maritime, la député Aurélie Filipetti estimant anormal que Ségolène Royal ait progressé dans la plupart, voire dans toutes les fédérations de France sauf dans ces deux départements. Le scrutin aux Bouches du Rhône aurait lui été entaché de diverses malversations, des militants ont en effet dénoncés que la fermeture des bureaux de vote dans des sections où Ségolène Royal n'était pas arrivée en tête lors du premier soit intervenue relativement tôt.
Le PS au bord du schisme ?
Du fait de l'animosité que porte le conseil national vis à vis de Ségolène Royal, (le conseil national a été désigné selon les scores obtenus par les motions, début novembre) il est fort probable que les résultats proclamant la victoire de Martine Aubry soient confirmés, faisant ainsi de la Maire de Lille la première femme à accéder au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. Son score relativement faible de 50,02% des suffrages va certainement se traduire en une marge de manoeuvre réduite au sein du bureau national pour la Maire de Lille, la contraignant à faire de Ségolène Royal une pièce incontournable de l'appareil socialiste. Cette situation risque d'amplifier les querelles de personne, sans que nul n'assure le leadership d'un parti dont la ligne politique reste encore très floue. La question de la cohabitation entre la gauche dure du parti et la tendance sociale-démocrate va bien entendu être traitée dans les prochains mois et pourrait aboutir vers un schisme que les cadres refusent actuellement.
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21 novembre 2008
PS : un dilemne Aubry/Royal
Ségolène Royal et Martine Aubry, telles sont les deux candidates arrivées en tête du suffrage des militants, jeudi, dans le cadre de l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste. L'avantage revient cependant à la présidente de la région Poitou-Charentes, qui a totalisé 42,4% des suffrages contre 34,7% pour la Maire de Lille. L'outsider Benoît Hamon a quand à lui du se contenter d'un score relativement faible, parvenant à ralier sur son nom moins de 22,8% des adhérents, témoignant des difficultés qu'il a éprouvé à séduire au-dela de la gauche du parti. Faute d'être parvenus à un score supérieur à 50% des suffrages, Martine Aubry et Ségolène Royal affronteront ce soir le vote des militants, qui se prononceront sur l'identité de leur nouveau premier secrétaire entre 17 et 22 heures. Les premiers résultats seront communiqués vers 1 heure.
Ségolène Royal, qui espérait réunir sur son nom plus de 50% des suffrages dès le premier tour, afin de s'offrir une légitimité que ne pourraient contester ses rivaux au sein du PS, n'a pas réussi son pari et se retrouve par conséquent dans une situation où sa victoire ne pourra s'obtenir qu'avec une marge d'avance assez faible. Martine Aubry peut en effet compter sur les soutiens de Benoît Hamon et de Bertrand Delanoë, dont les motions avaient obtenues 43% début novembre. En clair, Ségolène Royal a une large majorité des cadres socialistes à dos, et son élection au poste de premier secrétaire constituerait une performance remarquable. Reste qu'en cas de large victoire de l'ancienne candidate aux élections présidentielles , le PS risquerait de ne pas survivre à ce nouveau choc, et un schisme serait désormais envisagé avec réalisme. A l'inverse, si c'est avec une courte avance que Ségolène Royal l'emporterait, la nouvelle première secrétaire ne bénéficierait pas d'une majorité assez large pour étouffer les ambitions présidentielles des caciques du parti, et le PS risquerait fort de s'engager dans une nouvelle guerre des chefs.
En cas de victoire de Martine Aubry, c'est vers un ancrage à gauche que s'engagerait le PS, comme en témoigne la profession de foi de Martine Aubry où cette dernière souhaite que le PS devienne un parti fermement ancré à gauche; refusant de facto toute alliance nationale avec le MoDem. Un discours qui peut paraître étonnant lorsque l'on sait que lors des élections présidentielles 2007, la gauche n'a pu se targuer que d'un score de 36% des suffrages, 64% pour la droite. De plus, une victoire de Martine Aubry ne règlerait pas les conflits de leadership dont est victime le Parti Socialiste, la maire de Lille n'aspirant pas à un avenir présidentiel, c'est tout du moins ce qu'elle a maintes fois tenu de préciser.
Aubry/Royal, Royal/Aubry; les militants socialistes sont confrontés ce soir à deux visions de l'avenir, du PS bien entendu, mais aussi de la gauche française toute entière. L'encrage à gauche, où la création d'une nouvelle force de centre-gauche, c'est entre ces deux conceptions bien différentes que devront trancher les militants socialistes et ainsi jeter les bases de la nouvelle donne de la politique française.
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07 novembre 2008
Le Parti Socialiste dans le flou
Au vu des multiples critiques qui lui ont été adressées depuis sa défaite aux élections présidentielles, émanant parfois de son propre camp, Ségolène Royal a remporté hier, dans le cadre d'élections internes en vue du congrès de Reims, une victoire aussi épatante qu'inatendue. La motion qu'elle défendait, dont elle avait par ailleurs refusé d'en devenir le premier signataire, a en effet rassemblé plus de 29% des suffrages des militants socialistes, devançant ainsi les motions défendues par Martine Aubry et Bertrand Delanoë, (25% chacun) qui attendent toujours la communication des résultats en Guadeloupe et à la Réunion pour connaître laquelle de leurs deux motions est arrivée en deuxième position. Benoît Hamon, s'est quand à lui contenté d'un score honorable de 19%.
La surprenante victoire de Ségolène Royal
Les quatres motions dites principales se tiennent donc dans un mouchoir de poche, plongeant ainsi le Parti Socialiste dans une crise inédite, et dans laquelle, à défaut d'avoir clarifié la situation, le suffrage des militants n'a fait qu'enfoncer un petit peu plus le PS dans ses éternelles querelles. La victoire de ce scrutin revient cependant à Ségolène Royal, qui se retrouve en position de force pour prendre la tête de Solférino, où du moins y placer un de ses fidèles. L'ex candidate aux élections présidentielles est cependant consciente du peu de sympathie qu'éprouvent Bertrand Delanoë et Martine Aubry à son égard, en témoigne cette déclaration du Maire de Paris qui exclut dans un communiqué publié ce matin, toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche, faisant ainsi référence aux tentatives d'alliance avec le MoDem menées par Ségolène Royal. Ce discours d'ouverture à l'adresse de François Bayrou est d'ailleurs employé tel un point névralgique de la stratégie Royaliste par ses opposants internes, qui critiquent ainsi implicitement la stratégie d'indépendance vis à vis de l'appareil socialiste que mène Ségolène Royal.
La victoire relative de Benoît Hamon
Benoît Hamon, qui assure qu'il considère son score de 19% comme une grande victoire politique, lui assurant une grande légitimité est en effet parvenu à se frayer un chemin par les trois poids lourds que sont Royal, Aubry et Delanoë. Le discours de cet homme de gauche populaire couplé à sa jeunesse et à son énergie ont été d'autant plus appréciés en période de crise financière. Si les 19% obtenus par sa motion l'ont satisfaits, il n'en a pas été de même pour un autre signataire et figure incontournable de la motion,Jean-Luc Mélenchon, qui, dépité par ce score et la victoire de Ségolène Royal a annoncé brutalement qu'il quittait le Parti Socialiste dans le but de fonder une nouvelle force de gauche.
La débacle Delanoë
Mais le grand perdant de cette soirée électorale est sans aucun doute le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui, annoncé gagnant depuis le lancement de la campagne jusqu'au dernier sondage publié en début de semaine, n'a réuni que 25% des suffrages sur sa motion, alors qu'il déclarait espérer il y a encore deux semaines réunir plus de 50% des voix. L'ampleur de la débâcle est d'autant plus importante que le maire de la capitale pourrait voir sa motion être devancée par celle de Martine Aubry, ce qui le positionnerait alors à la troisième place; bien que la maire de Lille ait tenu de préciser que du fait du faible écart qui réside entre leurs deux motions, la deuxième place ne sera que symbolique. Par ailleurs, Bertrand Delanoë a aussi obtenu un score décevant dans son fief parisien, rassemblant sur sa motion moins de 38% des suffrages.
Cette défaite aussi flagrante inattendue jette un froid sur les ambitions personnelles du maire de Paris, dont la candidature au poste de premier secrétaire n'est plus que jamais remise en question. Le peu d'enthousiasme qu'aura suscité Bertrand Delanoë, son appartenance à l'"appareil" socialiste ainsi que les soutiens que lui ont apporté Lionel Jospin et François Hollande n'ont pas permis au maire de la capitale d'incarner un véritable changement, au profit d'une Ségolène Royal dont les militants avaient déjà approuvé le concept novateur qu'elle proposait lors des primaires de novembre 2006. Mais à 10 jours du Congrès de Reims, Bertrand Delanoë ne semble pas prêt de trouver un compromis avec Martine Aubry et encore moins à se rallier à la cause de Ségolène Royal...
Quelles perspectives pour le congrès de Reims ?
De ce fait, la situation du Parti Socialiste n'a jamais été aussi floue qu'auparavant et c'est dans un brouillard complet qu'avancent les socialistes vers le congrès de Reims. Aucune majorité ne s'est clairement dégagée du vote des militants et c'est au jeu des alliances que sera désigné le premier secrétaire. Reste à savoir quelles personnalités se porteront candidates puisque la candidature de Ségolène Royal est loin d'être assurée. En effet, en dépit de sa victoire, cette dernière pourrait être tentée de placer à la tête de Solférino un fidèle de longue date tel Vincent Peillon, se détachant ainsi de l'appareil socialiste et conservant son image novatrice et de changement. Benoît Hamon, qui sera lui aussi candidat pourrait tenter un rapprochement tout à fait probable avec Martine Aubry, et dans ce cas, ce serait la branche gauche du PS qui prendrait les rênes du parti, au risque de froisser les sympathisants modérés, tentés de fleureter avec le MoDem. Quoi qu'il en soit, c'est un changement radical que s'apprête à vivre le Parti Socialiste...
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29 juin 2008
Ségolène Royal part en croisade contre Nicolas Sarkozy
Ségolène Royal, après un an de brèves apparitions médiatiques, semble avoir effectuée aujourd'hui, à Paris, sa véritable rentrée politique en présentant devant plus de huit-cent partisans la motion qu'elle proposera au prochain congrès du PS, qui se tiendra au mois de novembre à Reims.
L'ex-candidate socialiste aux présidentielles n'a pas manqué d'égratigner son ancien adversaire, tenant des propos très virulents à son encontre.
Il avait promis la rupture. La France subit une déchirure a-t-elle martelé avant d'ajouter en s'adressant au président de la République que vous n'avez pas le droit de donner à vos amis Bouygues, Bolloré, Lagardère, vous n'avez pas le droit de donner non seulement les médias mais vous n'avez pas le droit de donner le patrimoine énergétique des Français évoquant ainsi la privatisation d'Areva et d'EDF.
La présidente de la Région Poitou-Charentes qui déposera une contribution intitulée "Combattre et proposer" n'a pas manqué de critiquer le style "bling-bling" du président, des montres à 50.000 euros (...) ce n'est pas la France tout en assurant que vous n'entendrez de ma bouche aucune chose désagréable.
Dans sa contribution, Ségolène Royal propose une révolution fiscale avec un prélèvement de l'impôt à la source comme dans la plupart des pays européens (Qu'est-ce que le prélèvement de l'impôt à la source ? ) mais s'est aussi prononcée favorable au mandat unique des parlementaires et a déclaré vouloir bâtir un système de retraites transparent.
Mardi, le favori des sondages, Bertrand Delanoë présentera sa contribution, alors que bon nombre de cadres du parti comme Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis ont d'ores et déjà présenté leur contribution.
Bien que la clôture du dépôt des contributions n'intervienne qu'en début juillet, les socialistes se bousculent pour déposer leur contributions. Jean-Noël Guérini, Manuel Valls et Gérard Collomb font équipe avec une contribution intitulée la Ligne Claire tandis que Pierre Moscovici, lui, a mis en ligne "Besoin de Gauche", une contribution approuvée par Arnaud Montebourg. Le premier secrétaire du PS, François Hollande déposera lui une contribution aux alentours de la date limite de dépôt.
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