22 novembre 2009
La Marseillaise, symbole contestable de notre identité nationale
Le grand débat sur l'identité nationale, ouvert le 2 Novembre dernier par Eric Besson, suscite de vives réactions, en témoignent les nombreuses contributions postées sur le site internet : plus de 16 700 ont été publiées, auquelles s'ajoutent les contributions rejetées. Politiques, artistes, écrivains, philosophes, historiens et bien entendu, les internautes, se sont emparés du débat. Au-dela de notre incapacité collective à définir cette identité nationale, qui n'est plus qu'un mot, c'est l'élévation de notre hymne national La Marseillaise au statut de symbole de l'identité nationale française par une minorité non négligeable de contributions, qui s'avère problématique. Ainsi, le député UMP du Val d'Oise Yanick Paternotte estime que l’hymne national mérite le respect de tous les Français et de tous les étrangers résidant sur le territoire national. Quand à Eric Besson, il considère que l’ensemble des jeunes français devraient chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national. Même son de cloche pour Ségolène Royal, qui rappelle avoir souhaité faire chanter « la Marseillaise » dans ses meetings, souhaitant reconquérir ce symbole de la nation. Enfin, dans sa tribune publiée début novembre dans les colonnes du Monde, Manuel Valls assurait que nous aimons chanter La Marseillaise.
S'ajoute à ces contributions la polémique, en novembre dernier, suite à la décision de Brice Hortefeux (qui occupait alors le poste d'Eric Besson) de rendre obligatoire l'apprentissage de la Marseillaise aux candidats à la naturalisation française, alors que nombre de français ne connaissent guère que le premier rime du premier couplet. Cette volonté de sanctifier la Marseillaise, de lui échoir un statut de symbole, ne fait que suivre un processus engagé sous la mandature de Jacques Chirac. En 2003, un délit d'outrage à l'hymne national avait été institué, quand deux plus tard, François Fillon, alors ministre de l'éducation nationale, imposait l'apprentissage de la Marseillaise à tous les élèves de primaire.
Or, peut-on véritablement considérer comme symbole de la France un texte vilipendant les cohortes étrangères ? Comment un immigré pourrait-il respecter un texte pareil comme le souhaite M.Paternotte ? On peut également s'interroger sur l'extrait du premier refrain, qu'un sang impur n'abreuve nos sillons, ou l'étendart sanglant est levé. La Marseillaise n'est ni plus ni moins qu'un chant de guerre, composé pour motiver les troupes révolutionnaires face à la menace de la coalition européene. A l'heure de l'Union Européenne, il serait enfin temps de faire rimer notre hymne avec le siècle et l'époque dans lesquels nous vivons. Ce ne sans parler du sang impur, propos immonde à l'heure où la notion de race a été abolie. De fait, ne nous étonnons plus que la Marseillaise soit sifflée dans le cadre de rencontres sportives.
La Marseillaise n'est pas un symbole de notre identité nationale comme l'assure M.Paternotte. Nous n'aimons guère chanter ce chant raciste et guerrier comme l'affirme M.Valls. Nous n'avons pas à reconquérir cet hymne belliqueux comme nous invite à le faire Madame Royal. Et, en tant que collégien, si en conséquence de l'adoption du projet de loi d'Eric Besson je serai contraint de me lever et d'entonner la Marseille, je m'y refuserai. Cet hymne n'est que le vestige d'un passé peu reluisant, et à l'heure du XXIème siècle, réglons nos pendules à l'heure, et adoptons un nouvel hymne national à la hauteur du projet européen, à l'image de la société actuelle.
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03 novembre 2009
Nadine Morano officialise la révolution institutionnelle
Lorsque l'on n’est pas d’accord soit on se tait, soit on s’en va a lancé avant hier sur le plateau de Dimanche + la secrétaire d'état à la Famille et à la Solidarité, Nadine Morano, en réponse au sceptiscisme exprimé par la secrétaire d'état aux Sports Rama Yade quand à la suppression des avantages fiscaux des footballeurs professionnels (voir mon article à ce sujet). Quand on n'est pas d'accord avec la politique menée par le gouvernement, c'est simple : ou on ferme sa gueule, ou on démissionne a précisément déclaré la député de Meurthe-et-Moselle, reprenant à son compte la maxime de Jean-Pierre Chevènement. Au delà de la polémique qu'elle a engendré, cette déclaration n'est-elle pas l'aveu implicite formulé par Nadine Morano de la lente révolution de nos institutions opérée, notamment, par Nicolas Sarkozy ?
La Vème république est officiellement un régime parlementaire (doublé d'un pouvoir présidentiel fort) présenté comme le garant de notre démocratie à l'inverse du régime présidentiel américain. Or, le lent déclin de notre parlementarisme, miné par des députés godillots et le départ des grands orateurs du Palais-Bourbon a sapé notre régime parlementaire et renforcé le pouvoir présidentiel. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy, la Vème république est entré dans une nouvelle phase, celle d'un véritable régime présidentiel, encore plus fort qu'aux Etats-Unis d'Amérique. Les ministres godillots côtoient désormais les députés godillots, laissant au président de la république le monopole de l'initiative, les ministres devant se contenter de suivre les directives de l'Elysée.
Ainsi, Rama Yade, qui a simplement contesté la venue à Paris de Mouammar Kadhafi, émis des doutes sur le bien-fondé de la suppression du DIC et adoptée une position modérée quand à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, est considérée comme la "tête-brûlée" de Nicolas Sarkozy, la figure contestataire du gouvernement. Pourtant, ses objections sur la politique de la majorité ne concernent en aucun cas des problématiques de fond mais de forme. Quand à Nadine Morano, qui estime qu'un ministre en désaccord avec la politique gouvernementale est prié de démissionner, elle considère ainsi néfaste tout débat au sein de la majorité, assurant au président de la république la gestion solitaire du pays.
Notre pays se dirige donc vers un régime présidentiel, une révolution institutionnelle, et ne peut plus ainsi faire valoir son régime parlementaire, garant absolu d'une démocratie saine face à la soi-disante présidentialisation des Etats-Unis : car c'est bel et bien de l'autre côté de l'Atlantique que la fermeture de la prison de Guantanamo a été refusé par 90 voix sur 96 au Sénat, tranchant avec les aimables questions des députés de la majorité à l'attention du gouvernement le mardi au Palais-Bourbon, les pseudo-débats ministériels où chaque prise de position contraire à celle du gouvernement est réprimée.
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30 octobre 2009
Les footballeurs doivent-ils conserver leurs avantages fiscaux ?
Les députés UMP Yves Bur et Marc Le Fur ont déposé deux amendements, approuvés aujourd'hui à l'Assemblée Nationale par 91 voix contre 22, dans le cadre du Budget de l'Etat 2010, qui mettent fin aux avantages fiscaux dont bénéficiaient les footballeurs, et qui seront désormais réservés aux footballeurs amateurs. Ainsi, disparaît le DIC (Droit d'Image Collectif), qui permettait aux footballeurs d'exonérer de charges 30% de leur revenu, considérés comme des droits à l'image. Les recrues en provenance de l'étranger, qui bénéficiaient de 30% d'exonérations, perdront également ce privilège. Lors de la dernière saison écoulée, le manque à gagner pour l'état s'élevait à plus de 30 millions d'euros.
Pour le député des Côtes d'Armor Marc Le Fur, ces amendements veulent faire en sorte que les footballeurs redeviennnent des contribuables comme les autres alors que les départs chaque été, des figures de la Ligue 1 (Karim Benzema en 2009, Franck Ribéry en 2008, Didier Drogba en 2004, Michael Essien en 2005 etc...) ont démontré de manière éclatante l'inutilité des niches fiscales et sociales accordées aux sportifs professionnels. Les clubs français ne pourront jamais rivaliser avec la démesure financière du Real Madrid, de Chelsea et du Milan AC et les contribuables français ne doivent pas faire les frais d'une course à l'échalote sportive malsaine.
A l'inverse, la minsitre des Sports Rama Yade a estimé que la suppression du DIC était dangereuse, s'associant aux protestations des députés David Douillet et Jean-François Lamour, anciens champions sportifs de judo et d'escrime. Et c'est en toute logique que le milieu du football a également protesté. Ainsi, pour le directeur général de l'Union des clubs professionnels de football Philippe Diallo, la suppression de ces avantages va à l'évidence induire une perte de compétitivité et vont faire passer la France en deuxième division du football européen. Quand au président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, il assure que sans ces avantages fiscaux, il n'aurait pu compenser cet été le départ de Karim Benzema par l'achat de Lisandro Lopez (voir photo) et d'Aly Cissokho et a d'ores et déjà prévenu que nous serons obligés de vendre nos meilleurs joueurs la saison prochaine pour faire face.
Quand au gain que la suppression des avantages fiscaux des footballeurs va engendrer pour l'état, il ne représente que 0,01% du budget de la sécurité sociale ! Pas suffisant pour combler le trou de la sécu comme l'affirme M.Bur... De plus, les bonnes performances d'un club français en Ligue des Champions, voire une victoire, provoquent d'importantes retombées économiques, dues à la stimulation de la consommation des ménages. Quid de l'Euro 2016, où la France a déposé sa candidature mais qui risque de ne pas aboutir en raison de la suppression du DIC : on voit mal l'UEFA décerner l'organisation d'un championnat d'europe à un pays qui se donne tant de mal à affaiblir l'influence du football...
Edit : L'article a été repris à la une du Post (article + capture d'écran)
09:28 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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29 octobre 2009
L'UE face à la concurrence des pôles régionaux

A l'heure où l'approbation du Traité de Lisbonne est quasiment acquise, le processus de construction européenne pourrait être concurrencé par la formation, au sein du vieux continent, de nouveaux pôles régionaux. Face à une Union Européenne dont l'accroissement des prérogatives empiète sur la souveraineté nationale, les eurosceptiques voient dans la coopération régionale le moyen de palier le développement de l'Europe Communautaire. Ces organismes rassemblent, à défaut de l'UE, plusieurs états dont la proximité linguistique, culturelle ou historique favorise la mise en place de pareilles associations. Plongés dans une relative torpeur depuis quelques années, ces pôles régionaux occupent à nouveau le devant de la scène.
Au sud, la Yougoslavie ressuscitée
Au sud, en ex-Yougoslavie, l'amorce d'une coopération régionale avait été érigée dès 1999, où un Processus de Stabilisation et d'association (PSA) avait été instauré. Orchestré par l'Union Européenne qui souhaitait stabiliser la région, il avait pour mission de permettre aux états des balkans occidentaux de réunir rapidement les critères d'adhésion à l'UE en misant sur leur synergie. De plus, du fait d'accords bilatéraux, une zone de libre-échange avait été institué (sauf avec la Slovénie). La coopération régionale en ex-Yougoslavie n'est donc pas un phénomène récent.
En revanche, depuis 2008, sa finalité n'est plus la même. Auparavant censée permettre aux états d'ex-Yougoslavie de faciliter leur adhésion à l'UE, le dessein de la coopération inter-étatique est désormais plus centré sur la formation d'un nouvel acteur économique et politique, la "Yougosphère". La dissolution du PSA l'an dernier au profit d'un Conseil de Coopération Régional (incluant également l'Albanie, la Roumanie et la Bulgarie) incarne ce changement de mentalité, puisque la coopération régionale ne sera ainsi plus chapeautée par Bruxelles mais résultant de la volonté propre des états.
Ce conseil de coopération régionale a d'ores et déjà permit la formation d'un centre de pompiers commun à tous les pays d'Europe du Sud-Est, un projet auquel l'Europe n'a jamais réussi à aboutir, laissant à chaque état la gestion de ses propres soldats du feu. Pareille réussite incite donc les républiques d'ex-yougoslavie à intensifier la coopération, le premier ministre serbe Boris Tadic a d'ailleurs récemment souligné l'importance d'unir les entreprises d'ex-yougoslavie. Le conseil de coopération régionale exerce également des responsabilités en matière de lutte contre le crime organisé et la résorption des inégalités sociales. Et l'adhésion à l'UE apparaît presque comme secondaire...
Visegrad : l'ultime combat de Vaclav Klaus ?
En Europe Centrale, le Groupe de Visegrad réunit depuis 1991 la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie au sein de cet organe de coopération régionale, qui s'offre une nouvelle jeunesse après plusieurs années de doute sur la pertinence de son existence. Sa création résultait effectivement de la volonté des pays d'Europe Centrale d'allier leurs efforts dans l'optique d'une adhésion à l'Union Européenne. Désormais, les quatre états ont tous rejoints l'UE en même temps qu'une majeure partie de l'ex-bloc soviétique en 2004, et le Groupe de Visegrad est devenu un accessoire.
Cependant, le président tchèque souverainiste Vaclav Klaus, qui se résignera très probablement à apposer sa signature au Traité de Lisbonne n'entamera pas pour autant une lune de miel avec l'UE et on peut s'attendre à ce qu'il trouve un nouveau cheval de bataille pour justifier sa lutte avec Bruxelles. Or, ce néo-libéral affirmé n'a que cesse de vanter les mérites du Groupe de Visegrad, qu'il considère comme le meilleur moyen pour faire entendre la voix des états d'Europe centrale. Fervent partisan d'une modernisation de l'organisme, Vaclav Klaus a d'ores et déjà soutenu des projets d'une chaîne de télévision Visegrad, de compétitions sportives communes ainsi que l'adoption de positions communes en matière de politique étrangère : en somme, faire de Visegrad un véritable acteur politique...et concurrent de l'Union Européenne.
Vaclav Klaus n'est d'ailleurs pas dépourvu d'alliés dans cette bataille : dans les quatres états membres du groupe de Visegrad, l'adhésion à l'UE n'a pas engendré les performances économiques espérées et l'euroscepticisme grimpe : ainsi, la Hongrie, avec seulement 39% de la population qui approuve l'appartenance à l'UE est le pays de l'Union Européenne où l'adhésion à l'Europe est la plus impopulaire. En Slovaquie, la coalition gouvernementale nationaliste-socialiste (sans mauvais jeu de mot) a, à l'instar de la République Tchèque, formulé une demande de dérogation quand à l'application de la Charte des Droits Fondamentaux, retardant à nouveau l'approbation unanime du Traité de Lisbonne.
Les pays nordiques gagnés par la nostalgie du nordisme
C'est sans doute la seule région d'Europe ou la coopération régionale est un phénomène de longue date. Les cinq pays nordiques que sont l'Islande, la Norvège, la Finlande, la Suède et le Danemark n'ont cessé à travers les siècles de développer des liens. En ce qui concerne l'Islande, la Suède, la Norvège et le Danemark, leur unité linguistique les a amené de nombreuses fois à se confondre au sein d'entités politiques : l'Union de Kalmar, préfigure d'une confédération monarchique rassemblait du XIV au XVIème siècle, l'ensemble des pays nordiques. Par la suite, le scandinavisme et le nordisme appelaient au XIXème siècle à la réunification des royaumes scandinaves et nordiques.
Dans l'histoire moderne, les pays nordiques ont également été les premiers à élaborer un processus de coopération régionale : un Conseil Nordique a été mis en place dès 1952, qui, à l'image de l'UE, rassemble périodiquement les ministres de 5 pays nordiques dans le cadre de conseils des ministres particulièrement productifs : préfigurant l'Espace Schengen mais sur une plus petite échelle, l'Union Nordique des Passeports permettait dès 1958 à tous les citoyens des pays membres du Conseil Nordique de voyager librement à travers la région. Le Conseil Nordique a également initié dans certains pays comme en Allemagne, la fusion des ambassades de ses états membres au profit d'ambassades nordiques. Autre réussite, la compagnie aérienne scandinave SAS (Scandinavian Airlines System).
Aujourd'hui, à l'heure où les nordiques, dont l'euroscepticisme n'est plus à démontrer, s'apprêtent à concéder à nouveau quelque peu de leur souveraineté à l'Union Européenne, les eurosceptiques agitent la flamme de la coopération nordique. Les pays nordiques (dont deux sont restés en marge de la construction européenne) n'ont jamais acquis une véritable conscience européenne : la peur de voir leur cocon social-démocrate ébranlé. D'ailleurs, le nordisme redevient au goût du jour à l'occasion du bicentenaire de la séparation de la Suède et de la Finlande et la perspective de donner une nouvelle impulsion à la coopération nordique fait son chemin....au détriment à nouveau de l'UE ?
08:33 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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17 octobre 2009
L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy
Essayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.
Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).
Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.
Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.
En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.
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07 octobre 2009
L'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a donné lundi à Saverdun dans l'Arriège, le coup d'envoi de la campagne des élections régionales du Mouvement Populaire. Créditée de 31-32% des suffrages, auxquels s'ajoutent le score du Nouveau Centre, qui ne s'est pas encore prononcé sur la présentation de listes autonomes, l'Union pour un Mouvement Populaire sait que la vague rose des élections régionales 2004 (20 régions socialistes et 2 seulement pour l'UMP) ne pourra se rééditer, qui plus est avec une telle ampleur. Le renouvellement des conseils régionaux ne pourra donc être de facto, que plus favorable à la majorité présidentielle. Reste à déterminer l'ampleur de la victoire.
D'ailleurs, en Champagne-Ardennes, en Franche-Comté, en Basse-Normandie, au Pays de la Loire et en Lorraine, la droite a de réelles chances d'obtenir la victoire. Dans d'autres régions, comme en Ile de France ou en PACA, l'UMP a également les moyens de reléguer le PS dans l'opposition.
Un succès aux régionales sera cependant conditionné par la capacité de la majorité à faire abstraction des enjeux nationaux pour mener une campagne sur des enjeux locaux, et ainsi éviter un vote sanction : au risque d'être confronté à l'excellent bilan de la plupart des conseils régionaux socialistes. C'est donc non sans risque que Nicolas Sarkozy a permis à plusieurs de ses ministres de se porter candidat, tel que Xavier Darcos, Bruno Le Maire, Chantal Jouanno ou encore Valérie Pécresse, car l'investiture de telles figures pourrait dénaturer le véritable enjeu du scrutin, au profit d'un référendum portant sur la politique de l'exécutif.
Pour l'UMP, ces élections régionales seront également l'occasion de tester la stratégie de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles. En intégrant le MPF et CPNT au comité de liaison de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy a effectivement voulu rassembler l'ensemble de la droite dans une coalition qui rassemble des nationalistes jusqu'aux sociaux-libéraux. Pariant sur un large succès au premier tour (pourquoi pas 40%), Nicolas Sarkozy pense pouvoir pallier l'absence de réservoir de voix par une dynamique de premier tour. La théorie est recevable, les élections régionales seront l'occasion de passer aux travaux pratiques...
En outre, la Majorité Présidentielle n'ignore pas le potentiel des Verts à rogner sur son électorat : des bourgeois-bohèmes, des centristes nouvellement sensibilisés à la cause écologiste ne sont pas restés insensibles à l'évolution de discours des Verts, particulièrement de Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier, qui n'hésite pas à affirmer que des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État ou encore que le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison a séduit cette frange de l'électorat. Or, il a d'ores et déjà assuré ses collèges de sa mobilisation pour les échéances régionales...
Face aux Verts, Nicolas Sarkozy aura l'occasion de faire valoir sa fibre écologiste au sommet de Cophenague en décembre, (qui a vocation à donner suite au protocole de Kyoto) ainsi que lors de l'examen du texte relatif à la taxe carbone. De plus, la question écologiste sera un des points centraux de la campagne de l'UMP. La secrétaire d'état à l'écologie Chantal Jouanno, favorite pour défier Ségolène Royal en Poitou-Charentes, va remettre à Xavier Bertrand un argumentaire visant à défendre la vision de l'écologie défendue par l'UMP face aux Verts. Elle y dénonce l'interdiction de tout progrès et la décroissance défendue par les Verts face aux valeurs de liberté, de libre choix et de travail qui fondent notre [celle de l'UMP] vision de l'écologie. Étrange de qualifier le parti du développement durable de partisan de la décroissance, alors que le courant se réclamant de cette vision reste très minoritaire...
15:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17 septembre 2009
Les liens du vendredi 18 Septembre
Le Post.fr : Affaire Hortefeux, Internet fait-il du journalisme poubelle : excellente compilation vidéo, qui renvoie les médias traditionnels dans leurs préjugés de la soi-disante "poubelle" que constituerait le net.
Wat.tv : la chute d'Hortefeux : Toujours autour de Brice Hortefeux, je vous conseille cette parodie du film La Chute d'Olivier Hirschbiegel.
Le Figaro : les impôts en version ludique : En partenariat avec des magazines dédiés à la jeunesse, Bercy propose un feuillet ludique et pédagogique afin que la génération de demain s'approprie les questions fiscales.
Le Parisien : A Etampes, le short et la minijupe interdits de lycée : Scandaleux. Le bref témoignage proposé ci-joint traduit le climat archaïque et la réglementation excessive de notre système éducatif.
L'Européen : Erasmus à la recherche d'un nouveau souffle : Faute d'harmoniser la reconnaissance des diplômes entre les différents états européens et d'accorder des moyens suffisants aux étudiants, Erasmus perd de sa superbe.
Gonzague.TV : Recruter pour l'UMP à la fête de l'Huma : Du grand art. Remarquez le sectarisme des communistes...
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12 septembre 2009
Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"
Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.
Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?
D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.
Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.
Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.
Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?
Tout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.
C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.
C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.
Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.
Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?
D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.
A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.
Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?
M.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.
On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?
C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.
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08 septembre 2009
Hervé Morin a un coup à jouer
Les deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.
Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...
En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.
Cependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.
En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...
00:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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05 septembre 2009
Vous prendrez bien un peu de réforme ?
Notre collège va mal. Ce constat, qui ne cesse de se vérifier d'années en années, s'est hâté de décrédibiliser cette pièce maîtresse de l'édifice éducationnel français. En première ligne, la régression du niveau des collégiens est régulièrement mise sur la table par des enquêtes, menées par des instituts de sondages, mais surtout par le biais d'évaluations gouvernementales bien souvent sources d'inquiétude. Récemment, le haut Conseil de l'éducation déplorait le niveau fragile de 25% des élèves de 6ème, «condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d'études incertaines au-delà». Quatre ans plus tard, à la sortie de 3ème, ce taux d'élèves n'ayant pas acquis le niveau minimum acceptable grimpe à 40% !
Autre donnée alarmante, une étude menée par deux institutrices et deux spécialistes du langage, qu'ils relatent dans leur ouvrage «Orthographe : à qui la faute ?», témoigne d'un important recul quant au niveau d'orthographe des collégiens. Ainsi, en 1987, 3000 élèves de 5ème avaient été amenés à faire une dictée, et comptabilisaient en moyenne 8 fautes. 18 ans plus tard, le même texte a été dicté à un échantillon d'élèves identiques, le nombre de fautes moyens a grimpé de plus de 60%, soit 13 erreurs.
Sur le plan européen, les résultats obtenus par les collégiens français ne sont guère plus reluisants : la France n'occupe que la 19ème position (sur 27) d'un classement annuel établi par l'OCDE après évaluation d'élèves de tout le continent.
Cette dégradation du niveau des collégiens, couplée à l'image d'insécurité reflétée par les médias (tout particulièrement les journaux télévisuels) fait du collège l'organe le plus impopulaire du système éducatif français, avec moins de 52% d'opinions favorables, quand le lycée et le supérieur recensent tous deux 55% d'opinions favorables, le primaire 69% et la maternelle 81% (sondage Ipsos «Les Français et l'éducation nationale»).
Reconsidérer la mission du collège
Face à cette situation préoccupante, les gouvernements successifs ont préféré s'attarder sur l'impossible réforme du lycée, sans prêter regard à un collège en quête de modernisation. En premier lieu, sa mission doit être reconsidérée. Alors qu'il est aujourd'hui censé apporter une culture "générale" en repoussant la spécialisation au plus tard, il devrait en priorité assurer l'intégration des nouvelles générations dans la société de demain en s'adaptant à chaque jeune. En clair, il faut tirer profit des préférences et des talents de chacun pour assurer notre compétitivité dans le monde de demain, en permettant aux élèves de composer leur emploi du temps, octroyant ainsi à leurs journées des matières pour lesquelles ils éprouvent un désintérêt profond et empêchent une progression avancée dans leurs domaines de prédilection.
Contraindre les élèves à assister à plus de 6-7 heures de cours par jour ne va en rien améliorer les performances scolaires des ces derniers : la Finlande, qui peut se targuer d'occuper régulièrement la première position du classement de l'OCDE (cf.deuxième paragraphe) n'impose à ses élèves que 4heures de cours quotidiens ! Nous ne pouvons que conclure que le temps passé en cours ne conditionne pas les résultats scolaires mais c'est bel et bien l'épanouissement personnel, les sorties et autres activités extra scolaires qui apportent la dimension suplémentaire nécessaire à la réussite.
Une telle mesure marquerait la fin du collège unique au profit d'un collège multiple, un collège multi-matières. Ainsi, des domaines aujourd'hui considérés comme "décalés" (cuisine, jardinage, langues étrangères méconnues, poterie, mécanique, théâtre, sports, couture, cinéma, littérature etc...) pourraient être enseignés par des intervenants naviguant d'un établissement à l'autre. Une sociétée équilibrée privilégie la diversité et la différence à l'uniformisation des masses. Aux Etats-Unis, cette recette est de mise et le succès est au rendez-vous, la compétitivité de la première puissance mondiale n'étant plus à démontrer.
Vers la pédagogie moderne
L'émergence de ces intervenants s'inscrirait dans la lignée d'une réforme de la pédagogie enseignante. Actuellement, le professeur dictant le cours à ses élèves sans interruptions est bien souvent un classique des établissements scolaires. Or, à l'ère du XXIème siècle, l'absurdité de ces méthodes ne fait nul doute. La encore, le collège (les enseignants dans ce cas précis) doivent être amenés à revoir leurs objectifs : inculquer un certain nombre de notions à des élèves, et employer les méthodes nécessaires à cet apprentissage.
Développer la confiance et l'assurance des élèves passe tout d'abord par la mise au placard des commentaires souvent négatifs des enseignants, ainsi que des remarques acerbes relatives au niveau des élèves, dont le moral s'en retrouve amoindri. Sur inspiration du modèle américain, n'importe quel pédagogue vous vantera les mérites du "feedback sandwich", en lieu et place des critiques assassines lors du rendu d'un devoir : un commentaire positif introduit le rendu, suivi d'une remarque relativement négative avant de finir par une nouvelle note positive.
En outre, j'évoquais précedemment la nécessité de réduire les heures de cours quotidiennes des élèves, ce qui impliquerait inévitablement un temps de travail allégé pour les enseignants. Or, sous inspiration du modèle finnois, ces plages horaires supprimées pourraient permettre d'instituer des cours de soutien particuliers ou en groupes restreints, compris dans les horaires de travail des enseignants (et dans leur fiche de paie de facto).
Autre forme de pédagogie obsolète à renouveler, l'absence de supports d'accompagnement dans le cadre des cours, pourtant susceptibles d'accroître l'intérêt des élèves. Le recours à la vidéo ou à l'image doit être encouragé. D'ailleurs, l'innovation pédagogique des enseignants doit pouvoir s'exercer au dela des supports multimédias. Ainsi, les chefs d'établissement pourraient se voir décerner comme nouvelle mission le recrutement de leurs enseignements, ces derniers devant fournir un projet pédagogique en phase avec celui du collège. Cette stimulation de la créativité enseignante n'ayant que pour seul but d'intéresser les élèves aux cours qui leur sont énoncés : pour enfin faire du collège un lieu de vie à part entière.
Collège lieu de vie : à quand la métamorphose ?
Cette aspiration à métamorphoser le collège français en un collège "lieu de vie" passe inévitablement par l'application des deux points abordés précedemment : le respect des goûts et préférences de chacun et une amélioration des méthodes pédagogiques au sein du corps enseignant. Une troisième donnée doit également être prise en compte : minimiser la réglementation et l'institutionnalisation de notre collège.
Il est interdit d'interdire : donnons enfin un sens à cette phrase !A quoi bon entraver l'expression des collégiens en prononçant l'interdiction des débardeurs et des signes religieux ? En refusant la libre expression au sein des classes, réduisant le rôle de délégué à celui d'un ramasse miettes ? En réclamant une tenue vestimentaire soit disant "décente" au nom de nous ne savons quel(s) principe(s) ? En installant portiques de sécurité et autres détecteurs de métaux ? Ce collège la ne possède rien du collège lieu de vie auquel nous devons aspirer ! D'autant plus que l'interdit incite à le braver...
12:55 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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