14 octobre 2008

Les dessous du système carcéral français

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L'évolution du système carcéral depuis l'après guerre
Depuis l'après guerre, le système carcéral Français ne cesse de progressivement s'humaniser. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui vont jusqu'à mettre en cause le principe d'incarcération. Au lendemain du second conflit mondial, 60 000 détenus sont recensés sur le territoire français, un pic qui n'a jamais depuis été atteint. Les opposants au régime de Vichy, incarcérés pour la plupart lors de la seconde guerre, arrivent au pouvoir, conscients du fait que le système carcéral Français nécessite une réforme profonde.

En 1944, Pierre Conat rédige un rapport sur l'étât des prisons et sa conclusion est formelle : une modernisation des centres de détention s'impose. Cette réforme tant attendue voit le jour en 1945 et jette les bases du système carcéral actuel : "le traitement infligé aux prisonniers doit être humain", "l'assistance est donnée au prisonnier pendant et après sa peine" etc... Par ailleurs, la réforme de 1945 conduit à la création de l'Ecole de l'administration pénitentiaire, chargée de former les éducateurs. Enfin, toujours dans la vague de la réforme de 1945, l'assistance donnée aux détenus dans le cadre de leur réinsertion est considérablement améliorée même si des lacunes subsistent encore aujourd'hui dans ce domaine.

Dans les années 1970, des émeutes sont observées dans des centres de détention, notamment à Clairvaux dans l'Aube, précurseur d'un mouvement qui conduira à la destruction de 9 établissements et à la détérioration de 80 centres. Par ailleurs, 6 détenus trouveront la mort. Ces incidents témoignent d'un malaise qui sévit dans les prisons Françaises et dès son élection à la présidence de la république, Valéry Giscard d'Estaing crée le premier secrétariat d'étât à la condition pénitentiaire. Progressivement, des alternatives seront trouvées à l'emprisonnement systématique, un mouvement auquel contribuera énormément Robert Badinter, fervent défenseur de la condition pénitentiaire et ministre de la Justice de 1981 à 1986.

Cette même année, le Parti Socialiste est battu par la nouvelle majorité de droite dirigée par Jacques Chirac. Robert Badinter est logiquement remplacé par Alain Chalandon qui mènera une politique sécuritaire et les avancées observées lors de l'ère Badinter sont partiellement remises en cause . Chalandon ramène la période de surêté à 30 ans et face à la surpopulation carcérale, il décide de bâtir de nouvelles infrastructures. Lors des deux années qu'il passera au ministère de la Justice, Chalandon va certes améliorer l'accès à la médecine en détention mais sa politique va conduire à un certain isolement des détenus (les contacts avec les familles sont limités et la construction des prisons se fait loin des villes).

T0VCTCCADJ1P0XCAAG2P11CA17MUKGCADE612VCAQYUCTDCAXXPDBOCANCPKWTCAFXBUGCCANY7SD6CABJD85XCAQNTIBGCAZ04O2PCAOD0DZTCAM4WY0JCAAAP3E6CAVY3NEECA6OOT4ZCARVD302.jpgL'Europe touchée par la surpopulation carcérale
Aujourd'hui, la politique gouvernementale tend à la construction de nouvelles infrastructures carcérales alors qu'une majorité de français considère qu'il serait temps d'évoluer vers des alternatives au principe d'emprisonnement. C'est d'ailleurs sur cette voie que le gouvernement Allemand s'est engagé. L'opinion a en effet fortement évolué ces dernières 50 années et la considération des prisonniers avec. Si l'on pouvait entendre auparavant des déclarations insinuant que les prisonniers méritaient leur condition, ce type de propos tendent désormais à se raréfier. Les Français ont en effet pris conscience du manque d'intimité, de calme, d'hygiène et de liberté bien entendu qui règne en prison.

Ainsi, une cellule, (dans lesquelles cohabitent 1 à 6 détenus) ne mesure pas plus de 10 m² et les toilettes, non-cloisonnées, se situent dans ces mêmes cellules. Actuellement, on recenserait en France 64.000 détenus pour 49.000 places seulement, soit une surpopulation carcérale très élevée, un phénomène qui touche d'ailleurs l'ensemble des 27 Pays de l'UE à l'exception de l'Autriche. En l'espace de trois ans (2003 à 2006), la population carcérale européenne est passée de 138 détenus pour 100.000 habitants à 148,8.

Jusqu'où va la liberté ?
Si la prison intervient dans un souci de garder sous surveillance et de priver de liberté de circulation des individus ayant enfreint la loi, la liberté des détenus, afin de leur accorder un minimum d'humanité a profondément évolué au cours du siècle mais certaines questions et problématiques n'ont toujours pas été résolues. L'assassinat le mois dernier en Isère d'un détenu qui se situait en zone de promenade relance le débat sur l'emplacement de ces espaces. Doivent-ils être cloisonnés ? Difficile d'imposer cette contrainte aux établissements pénitenciers, dont les zones de promenade sont déjà suffisamment austères.

Les parloirs sont les seuls lieux de rencontre avec leur entourage pour les détenus. Bien qu'un tel endroit se doit d'être intime, les conversations sont en permanence suivies par un surveillant. Dans cette situation, les relations sexuelles sont donc très rares et bien entendu extrêmement gênantes. Aucune mesure permettant des relations sexuelles saines n'a jamais été mis en place par l'administration du fait que la présence d'un surveillant est obligatoire, d'autant plus que pratiquer un acte sexuel devant autrui est puni par la loi. La cohabitation quotidienne avec des détenus du même sexe est un vecteur certain de l'homosexualité, la cellule étant l'unique endroit où les détenus bénéficient d'une relative intimité.

La problématique de la réinsertion
281054.jpgBien que tout au long de l'incarcération, la question de la remise en liberté des détenus soit longuement étudiée par les services pénitenciers, cette délicate opération n'est pas tâche facile. Si dans le cas de peines courtes la réinsertion s'effectue avec peu de problèmes, celle des détenus de longue date est extrêmement complexe. Réapprendre à évoluer en autonomie, vivre dans un environnement sensiblement différent de celui que l'on avait quitté, apprendre à vivre sans famille ou/et amis pour certains, ; ce sont tous ces défis auxquels les détenus doivent faire face lors de leur sortie de prison.

La réinsertion professionnelle est un autre défi auquel l'administration pénitencier se doit de répondre. Très tôt avant la sortie, l'Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) est contactée afin de permettre aux détenus d'exercer un emploi dès leur sortie. L'incarcération permet d'ailleurs une reconversion professionnelle puisque les détenus peuvent suivre un cursus scolaire durant leur détention.

Par ailleurs, le travail carcéral concerne actuellement plus de 20.000 détenus. Les conditions restent cependant extrêmement précaires puisque aucune allocation ne leur est délivrée en cas de pertes de leur emploi bien que nombre de cotisations sociales leur soit déduites de leur salaire, déjà nettement plus faible qu'à la normale. Le travail attribué aux détenus consiste principalement à effectuer de petits travaux, soit dans les locaux même de la prison (entretien des locaux etc...) soit pour le compte d'entreprises privées qui signent un contrat avec l'Adminsitration Pénitencière, laquelle fournit la main d'oeuvre.

Quels sont les défis de demain ?
Alors que le phénomène de surpopulation carcérale ne désemplit pas, le système carcéral Français va être contraint ces prochaines années de mettre un terme aux politiques actuelles de banalisation de l'incarcération et évoluer vers un système où les alternatives à l'incarcération seront priviligiées. Enfin, la réinsertion sociale est un autre défi auquel doit répondre l'Administration.


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29 septembre 2008

Augmentation de la TVA sur les produits sucrés ?

obesite-2.jpg Dans son rapport de la mission parlementaire d’information sur la prévention de l’obésité qui sera présenté à l'Assemblée Nationale demain, la députée UMP Valérie Boyer dresse vingt-cinq propositions afin de lutter contre l'obésité, un rapport sur lequel l'UMP a étalé ses divergences, notamment à propos de l'augmentation de la TVA sur les produits sucrés et de grignotage tels chips, confiseries, barres chocolatées et consorts. Ainsi, la TVA, actuellement de 5,5% sur l'ensemble des produits alimentaires (exceptés les boissons alcoolisés et les tablettes de chocolat) serait relevée à 19,6% concernant les produits précédement cités, une mesure censée lutter contre l'obésité qui touche 12% des enfants Français et 9% des adultes.

L'auteure du rapport, Valérie Boyer, s'est justifiée dimanche dans les colonnes du Parisien en estimant qu'il serait plus juste de moduler la fiscalité des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle : augmenter la TVA sur certains produits, comme les barres chocolatées, et la baisser sur d'autres comme les fruits et légumes. En effet, le rapport préconise une baisse de la TVA sur les fruits et légumes de l'ordre de 2% et la création de coupons pour l'achat de fruits et légumes qui seraient décernés par l'étât pour les revenus modestes.

La sécurité sociale dépense par ailleurs chaque année de 10 à 15 milliards d'euros dans le but de soigner des problèmes générés par l'obésité et la surcharge pondérale; et si le phénomène ne désemplit pas, 30% des français pourraient être atteints d'obésité d'ici 2020.

Xavier Bertrand, le ministre du travail, a fait part de son désaccord avec la mesure sur les ondes de RTL en déclarant je n'y suis pas favorable, parce que vous savez ce qui se passerait ? Cela augmenterait les prix, et je ne suis pas sûr que ça change les comportements.

27 septembre 2008

Match nul pour le premier débat Obama/McCain

9ef6398c-8c5c-11dd-887c-bb783dc29f99.jpgEn dépit du souhait de John McCain qui consistait à le reporter, le premier des trois débats télévisés dans le cadre des présidentielles américaines du 4 Novembre a bel et bien eu lieu cette nuit, à Oxford dans le Mississippi où la politique étrangère et la sécurité nationale furent les thématiques de la soirée, qui s'est cependant étendue à la crise financière qui a bousculé la planète cette dernière semaine.

Répondant à tour de rôle toutes les deux minutes aux questions de Jim Lehrer pendant 1h20, Barack Obama et John McCain se sont en fin de soirée frontalement opposés durant une dizaine de minutes. C'est derrière deux pupitres roux, d'une distance de un mètre et cinquante centimètres que les deux candidats ont passé la soirée sans que ni l'un ni l'autre ne parvienne à se démarquer de son adversaire.

Dans cette situation, les deux camps ont immédiatement revendiqué la victoire, le directeur de campagne d'Obama a déclaré c'est une claire victoire de Barack Obama sur le terrain de John McCain. Le sénateur n'avait rien à offrir sinon la même politique erronée de Bush avant d'être rapidement contredit par la directrice communication de la campagne de McCain qui a estimé que John McCain a gagné ce débat et contrôlé le dialogue que ce soit sur l'économie, les impôts, les dépenses, l'Irak ou l'Iran. Selon un sondage diffusé quelques heures après le débat, 40% des électeurs indécis considèrent qu'Obama a remporté sa confrontation contre 22% pour McCain, 38% considèrent le débat comme un match nul.

mccain_mug_3.jpgSur le fond, crise économique oblige, les deux candidats ont en premier point développé l'aspect économique de leurs programmes, la crise qui survient actuellement est d'ailleurs la première préoccupation des Américains selon des récents sondages. Barack Obama a assuré que nous traversons la pire crise financière depuis 1929 avant de poursuivre en déclarant nous devons reconnaître que cette crise est le point final de huit ans d'une politique économique erronée conduite par George W. Bush et soutenue par le sénateur McCain. Ce dernier a accusé son adversaire de vouloir augmenter les dépenses publics et les impôts, Obama s'en est défendu en déclarant le sénateur McCain propose 300 milliards de réductions d’impôts pour les plus riches et les grandes entreprises (…) Moi je propose des réductions d’impôts pour 95% des citoyens . Enfin, McCain a achevé la discussion en déclarant ce n’est pas le début de la fin, c’est la fin du début.

art.mccainobama.ap.jpg La politique étrangère, domaine de prédilection de McCain a tenu une place importante dans le débat et Obama n'a pas déçu, lui dont les qualités diplomatiques et de connaissances en terme de relations internationales sont reputées minces. Au sujet de l'Irak, McCain, opposé à un retrait, à affirmé que les Etats-Unis gagnaient et que d'ici 2013 nous allons revenir au pays dans la victoire et l'honneur. Sur le même terrain, son concurrent n'a pas manqué de répéter une nouvelle fois qu'il s'était dès le départ opposé à ce conflit et a accusé McCain de tenter de faire croire que la guerre en Irak a commencé en 2007 .

D'autres dossiers de politique étrangère ont par la suite été traités, notamment la question Russe, qu'Obama ne comprenait pas selon McCain qui a par la suite accusé son adversaire de naïvité. Le candidat républicain a aussi accusé son adversaire de laxisme lors de l'invasion Géorgienne par la Russie estimant que la Russie ne doit pas se comporter comme une dictature du XXe siècle avant d'ajouter quand je regarde dans les yeux de Poutine, je vois trois lettres : un K, un G et un B.

A propos de la Corée du Nord et de l'Iran, Obama a asséné on ne doit pas espérer résoudre des problèmes avant de commencer à dialoguer tandis que McCain a qualifié le régime de la Corée du Nord du plus brutal sur terre. McCain a d'ailleurs sévèrement écorché le nom du président Iranien Mahmoud Ahmadinejad, une erreur grossière que la presse n'a que très peu relaté.

Deux débats opposeront prochainement les deux candidats à la maison blanche et un les deux candidats a la vice-présidence, ce dernier aura lieu à Saint-Louis le Vendredi 3 Octobre et sera diffusé avec sous-titres par Public Sénat de 3 à 5 heure du matin. Enfin, les 8 et 16 Octobre, même heure et même chaîne, auront lieu les deuxième et troisième débats Obama/McCain à Nashville et à Hempstead. Rappelons que l'élection présidentielle se tiendra le 4 Novembre prochain.

Retrouvez le débat en intégralité sur ce lien

24 septembre 2008

Marseille désignée Capitale Européenne de la culture 2013

2008041912245443_Quicklook-original.jpgC'est sans surprise que la nouvelle est tombée dans la soirée, le 16 Septembre dernier, Marseille a été désigné au profit de Bordeaux, Toulouse et Lyon « Capitale Européenne de la Culture 2013 ». La ministre de la culture Christine Albanel a retranscrit « le choix des experts européens qui ont recommandé positivement la candidature de Marseille » peut-on lire sur le site officiel de la candidature Marseillaise. Jacques Pfister, le président de la candidature témoigne lui d'une « grande victoire » . Cette désignation s'est cependant faite sans surprise, Marseille ayant la faveur des pronostics, de par son budget, son expérience (Coupe de l'América 2004), son projet, son désir d'impliquer dans l'évènement les communes aux alentours et la formidable campagne publicitaire menée dans la cité phocéenne.

Le jury composé de 13 membres (6 nommés par Mme Albanel et 7 élus par le Parlement Européen) s'est prononcé à l'unanimité en faveur de Marseille dont l'expérience accumulée lors de l'échec de leur candidature à l'organisation de la Coupe de l'America a indéniablement pesé dans la balance.

Le principe de capitale européenne de la Culture, lancé en 1985 à l'initiative de la ministre Grecque Melina Mercouri, reste après vingt-trois ans d'existence une formidable occasion pour les communes Européennes de promouvoir leur ville, d'autant que le succès a toujours été au rendez-vous si on excepte les échecs de Gênes 2004 et Luxembourg 2007 qui n'avaient pas su susciter l'entoushiasme des populations locales qui avaient boudé les manifestations.

Oubliées donc, les frustrations qui résultaient de l'échec de Marseille à organiser la coupe de l'América en 2004. Afin de ne pas voir se reproduire ce même échec, Marseille avait mis le paquet pour que sa candidature soit retenue. Cet été, le sénateur-maire Jean Claude Gaudin avait assuré que si Marseille gagn[ait], cela ne coûtera pas cher à l'Europe, nous financerons les 100 millions d'euros nécessaires.

Cette déclaration n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd, et a bien entendu été pris en compte par le jury qui s'était rendu en terre phocéenne début septembre. Bernard Latarjet, directeur de la candidature a assuré qu'un euro investi va générer 6 euros de recettes. Nous devrions engranger 600 millions d'euros de recettes, séduire 2 à 3 millions de touristes supplémentaires et attirer 1 million de croisiéristes

Marseille veut réediter le succès de Lille

07lille.jpgLille, dernière ville française en date à avoir reçu le titre de Capitale Européenne de la Culture reste un exemple en terme d'organisation de l'évènement : 72 millions euros de recettes et 9 millions de visiteurs, les chiffres parlent d'eux même. La candidature de Lille, retenue en 1999, s'était inscrite dans la continuation de l'échec que la ville de Martine Aubry avait concédé pour l'organisation des Jeux Olympiques.

C'est un audacieux programme qui avait alors été déployé dans l'ensemble de la région Nord Pas de Calais afin que Lille soit sélectionnée. 1500 « ambassadeurs » bénévoles avaient parcouru les routes du Nord afin de présenter le projet aux populations qui se sont alors senties concernées et qui l'ont manifesté par leur présence aux ateliers de la présidence. Enfin, comme Marseille, Lille avait associé à sa candidature les villes aux alentours (193 communes ont accueilli au moins un événement) ainsi que les acteurs économiques de la région. 9 millions de visiteurs pour 72 millions euros de recette, le bilan de Lille 2004 avait été plus que flatteur d'autant que les effets sont encore ressentis aujourd'hui. L'image de cette ville, souvent associée à la crise industrielle s'en est retrouvée profondèment bouleversée et le secteur hôtelier s'est énormément développé depuis 2004. Enfin, depuis 2004, une évolution de 10% du nombre de touristes s'observe chaque année.

Le budget Marseillais

Le budget prévisionnel Marseillais est de 98 000 000€. 69 Millions d'€ seront consacrés aux manifestations dont 38 pour l'année 2013; 11 Millions d'€ seront consacrés à la communication et 18 Millions d'€ à l'organisation.

Pour financer ce projet, Marseille-Provence 2013 compte sur une participation de l'étât de l'ordre de 14,7 Millions d'€, la région PACA devrait injecter dans le projet 12 Millions d'€ et idem pour le département des Bouches du Rhône. La ville de Marseille serait le principal actionnaire du projet avec 22,5 Millions d'€ de participation contre 7,3 pour la Ville d'Aix en Provence et 7,2 pour la ville de Toulon. Le reste de l'addition est pris en charge par les partenaires économiques du projet.

Quand le politique se retrouve étroitement lié avec le projet...

Lorsque Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse avaient été sélectionné par le jury pour participer à la dernière ligne droite de la sélection, les médias avaient dénoncé une éventuelle manoeuvre du président de la république Nicolas Sarozy dans le processus de sélection afin de favoriser Jean-Claude Gaudin et Alain Juppé de l'UMP contre Pierre Cohen et Bernard Collomb du PS.Cela était d'autant plus réalisable que c'est à Mme Albanel que revient le droit de nommer 6 des 13 membres du jury !

Autre relation politique de la Capitale Européenne, la cérémonie de cloture des festivités culturelles qui se dérouleront à Marseille et en Provence en 2013, précéderont de trois mois les prochaines échéances municipales où Jean-Claude Gaudin, dans la poursuite d'un éventuel succès de la manifestation, serait tenté de rempiler pour un nouveau mandat...

Le Renouveau de l'Amérique Latine

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Rien n'arrête plus la vague rose qui déferle sur l'Amérique du Sud depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chavez à la tête du Venezuela. Depuis cette date, 7 pays ont élu à la tête de leur étât un président situé à gauche, permettant ainsi une meilleure entente entre les pays d'Amérique Latine qui par le biais de projets comme le Mercosur ou la Banque du Sud, soulignent leur entente.Seuls la Colombie dirigée par Alvaro Uribe, aussi sécuritaire que populaire, le Pérou du social-démocrate Alan Garcia élu en 2006 aux dépents d'Ollanta Humala soutenu par Chavez, et l'Uruguay n'ont pas viré à gauche. Ce phénomène, par ailleurs encouragé par les bons résultats économiques et sociaux enregistrés, permet à une Amérique Latine toujours sous la menace de la pauvreté de voir large et de prendre exemple sur l'Europe qui a su surmonter ses divisions pour créer l'Union Européenne.

En effet, sous l'impulsion du chef d'étât Vénézuélien Hugo Chavez, le 9 Décembre dernier, l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, l'Equateur, le Paraguay, l'Uruguay et bien entendu le Vénézuéla se sont rassemblés dans la Banque du Sud. Cet organe économique est une banque régionale de développement pour le financement de projets dans des secteurs clés comme l'a défini le président brésilien Lula, approuvé par son homologue bolivien Evo Morales qui voit lui plus large, puis qu'il considère cette fondation comme le premier pas vers une monnaie commune à l'Amérique du Sud. Cette déclaration symbolise toute l'étendue de l'avancée des relations diplomatiques entre les nations du continent sud-américain cependant plombée par les sérieux différents qui subsistent entre Hugo Chavez et Alvaro Uribe.

Ces deux derniers s'étaient d'ailleurs sévèrement opposés l'un à l'autre en mars dernier suite à l'incursion de l'armée Colombienne sur le sol Vénézuélien afin d'assassiner le numéro 2 des FARC, Raul Reyes. Hugo Chavez avait réprimé cette incursion effectuée sans son accord, tandis qu'Alvaro Uribe l'attaquait devant le tribunal pénal international suite à des révélations bientôt démenties selon quoi le président Vénézuélien avait fourni aux FARC une belle enveloppe de 197 000 000€.

x31137114232706332.jpgAu final, après une crise diplomatique qui aura duré plus de 5 jours et qui aura vu la frontière commune des deux pays bloquée l'espace de 48 heures, Uribe et Chavez auront entamé une relative réconciliation au sommet annuel de Rio, mais les tensions entre les deux rivaux restent tenaces. Ces deux personnages incontournables du paysage politique sud-américain au projet politique si opposé ne cessent de s'affronter dans un duel permanent. Alvaro Uribe, élu à la tête de la Colombie en mai 2002 en tant que candidat libéral sans étiquette, prône la fermeté face aux milices révolutionnaires FARC et ELN et souhaite rétablir une autorité de l'étât souvent souvent mis en cause Par des guérillas toujours présentes malgré une certaine régréssion lors de ces dernières années. Sa lutte contre le trafic de drogues qui se traduit par des dévastations de champs, de coca notamment, l'a rapproché des USA et de Georges W.Bush dans sa lutte anti-terrorisme. Les dévastations de champs de
Coca restent cependant extrêmement critiquées par les associations écologistes qui dénoncent les herbicides employés, qu'ils jugent nocifs tout comme l'Union Européenne qui a sévèrement réprimée le président Uribe.

La sévérité dont fait preuve le président Uribe vis à vis des FARC et de l'ELN s'est cependant traduite par des résultats concrets tels que le chiffre d'homicides volontaires qui ont régressé à moins de 18 000 en 2005 contre 28 000 en 2002. Enfin, les FARC conteraient dans leurs rangs moins de 6000 guérilleros contre 15.000 en 1998. Sur le plan économique, avec un PIB annuel de 98 milliards de $, la Colombie reste la quatrième puissance économique du sous-continent mais la 8ème si l'on prend en compte le PIB par habitant. La croissance du pays est au beau fixe, puisqu'après deux augmentations successives du PIB de plus de 6% en 2005 et 2006, la croissance prévue pour cette année dépasse les 5%. Quand au taux de chômage, la politique menée par Alvaro Uribe semble porter ses fruits puisque de 20% à son arrivée au pouvoir, il est passé à 10% en 2005.

Les principaux secteurs d'activités économiques de la Colombie sont l'agriculture, notamment celle du café qui contribue à 7% du PIB national. Bien entendu, le trafic de drogues, de cocaïne notamment, est extrêmement présent dans le quotidien des populations, la Colombie est d'ailleurs le premier producteur mondial de cocaïne.

hugo_chavez-01.jpgMais à l'est du pays, au Venezuela, la situation s'oppose en tout point à celle de la Colombie. Hugo Chavez, profondèment anti-américain, ne cesse d'accuser les Etats-Unis responsables de tous les maux de son pays. Il souligne son profond désaccord par le biais de propos acerbes, assimilant Bush à un tyran, un diable, un Dracula et un menteur. Il propose la délocalisation du siège de l'ONU vers un étât qui respecte les résolutions de l'Assemblée Générale, une accusation parmis d'autres envers les US, qu'il a maintes fois soupconné de conspirer contre lui et son gouvernement. Le leader déclaré de l'anti-impérialisme Américain a même mis en cause la responsabilité d'Al-Quaeda dans le cadre des attentats du 11 Septembre.

Sur le plan économique, Hugo Chavez mène une pétro-diplomatie désormais mis en cause, exportant à prix coutant du pétrole dans treize pays des Caraïbes. Le pétrole constitue 85% des exportations du pays et 50% du budget de l'étât. En janvier 2006, il accorde aux Etats du Maine, du Massassuchets, dans le quartier New Yorkais du Bronx et du Rhode Island une réduction du baril de 40%, au nom de la défense des américains pauvres.

Cette pétro-diplomatie généreuse reste cependant dangereuse pour le Vénézuela, qui, extrêmement dépendant de l'or noir pourrait bientôt regretter ces contrats, tout d'abord car le pétrole n'est pas une énergie renouvelable et ces contrats sont signés au mépris de la modernisation des outils de production qui une fois sérieusement endommagés par des fuites notamment , pourraient comme c'est le cas au Nigéria, provoquer une perte d'extraction de l'ordre de 30% soit un manque à gagner de l'ordre de plusieurs milliards de dollards. Sur le plan sud-américain, Hugo Chavez a permis au Venezuela de rejoindre en 2006 le Mercosur, le marché commun d'Amérique du Sud, quelques mois précédent le retrait de son pays du Fonds Monétaire International.

Le Paraguay, lui, est un des membres fondateurs de l'union. L'actualité récente de ce pays de 6 millions d'habitants est marquée par l'élection présidentielle à un tour qui est survenue en avril dernier. Cette échéance historique a vu l'arrivée au pouvoir de l'évèqueFernando Lugo, qui a ainsi mis fin à l'omnipotence du parti Colorado, qui dirigeait le pays depuis 1946 sans la moindre interruption. Elu avec 40,8% des suffrages sous l'étiquette de l'Alliance Patriotique pour le Changement, son engagement en politique n'est que très récent puisqu'il ne s'est engagé dans l'APC qu'en 2006, obtenant par la suite l'investiture du parti dans un laps de temps, ce qui lui vaut d'être suspendu de son rôle d'évèque par le Vatican. Sa côte de Popularité grimpe de façon que le président sortant Nicanor Duarte (qui comme la constituion l'y contraint ne se représentera pas aux élections d'avril) cible ses attaques sur ce personnage déjà connu pour ses actions en faveur des paysans sans terre depuis 1977. Il l'accuse d'être un dangereux communiste et le compare à ses homologues Evo Morales et Hugo Chavez. Le parti Colorado, représenté par Blanca Ovelar réunit moins de 30,8%, certes défavorisé par la candidature de Lino Oviedo, dont la proximité avec Ovelar a souvent été soulignée. Fernando Lugo a avoué dans une interview se résoudre au fait que malgré les grands efforts faits par l’Église, avec les pastorales sociales notamment, les succès escomptés n’avaient pas eu lieu et parce que j’ai compris que les changements réels dans l’économie et le social ne pouvaient venir que de la politique.

Le Brésil, le géant sud-américain


Sa participation au PIB total latino-américain est supérieure à 50%, le Brésil, dixième puissance économique mondiale s'apprête à devenir dans les 50 ans à venir, une des quatres premières puissances du globe, devançant le Japon et la France. Ce pays, qui englobe la moitié du territoire sud-américain poursuit lentement son expansion économique malgré les Politiques de rigueur budgétaire entamées par le président Lula, dont la politique sociale visant à réduire les inégalités freine le développement économique brésilien, dont la croissance en 2008 peinera à atteindre les 4% selon les prévisions du FMI. Enfin, l'entreprenariat est découragé par les forts taux d'intérêt qui culminent à plus de 20%.

627261-765702.jpgCe développement économique morose reste cependant le seul point noir du bilan provisoire de « Luiz Inàcio Lula da Silva », élu en 2002 avec la promesse de réduire des inégalités pourtant colossales. En effet, 50% des terres agricoles sont le bien de 1% de la population et 10% des brésiliens les plus riches ont un patrimoine 80 fois plus élevé que 10% des brésiliens les plus pauvres. Le président Brésilien a donc engagé des réformes concrètes comme des opérations symboliques, en témoigne le programme « Vai Brasil » dont le principe consiste à offrir aux Brésiliens modestes des billets d'avions et des chambres d'hôtels à bas coût, afin de parcourir leur vaste pays de 8,5 millions de kilomètres carrés qu'ils connaissent si peu.

Si cette opération ne relève que du superficiel, Lula s'est cependant engagé dans d'autres plans plus profonds, comme « Faim Zéro » mis en place depuis 2006. Nous allons créer les conditions pour que tous nos compatriotes puissent manger décemment trois fois par jour, tous les jours, sans avoir recours à l’aide de personne, le Brésil ne peut continuer à vivre avec tant d’inégalités. Nous devons vaincre la faim, la misère et l’exclusion sociale. Notre guerre n’a pas pour objectif de tuer qui que ce soit. Notre guerre consiste à sauver des vies avait déclaré le chef d'étât Brésilien lors de la mise en place de ce projet.

D'autres mesures visant à augmenter le taux de scolarisation ont été entreprises; ainsi, depuis 2005, les familles dont le revenu mensuel est inférieur à 1/3 du salaire minimum légal (le salaire minimum légal s'élevant à 130€) se voient attribuer des bourses selon le nombre d'enfants, en échange de la scolarisation de ces derniers.

Les opposants du président Brésilien décrient le principe de ces réformes qui favoriseraient l'assistanat. Cependant, l'organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) ont félicité Lula estimant que outre l'amélioration de la sécurité alimentaire du Brésil, « Faim Zero » a permis de contribuer à l’émancipation des plus démunis en leur donnant les conditions pour conquérir d’autres droits comme citoyens brésiliens .

Quoi qu'il en soit, le Brésil doit poursuivre ces luttes contres les inégalités afin de devenir prochainement une puissance économique de premier plan qui favorisera bien entendu le développement d'une Amérique Latine aujourd'hui en phase de développement.