05 novembre 2009
La Belgique s'accroche à Van Rompuy
Désormais favori pour occuper le poste de président permanent du Conseil Européen, le premier ministre belge Herman Van Rompuy, qui ne s'est pas encore exprimé en public sur la question, est tiraillé entre la formidable opportunité de se voir échoir la première présidence du conseil européen et la campagne trans-partisane en Belgique qui l'incite à poursuivre son mandat. S’il devient président de l’Europe, il nous manquera et nous serons face à un nouveau chapitre a estimé la présidente du parti chrétien-démocrate flamand CD&V Marianne Thyssen, dont est issu Van Rompuy. A gauche, même son de cloche. Le député européen socialiste francophone Marc Tarabella admet que le départ d'Herman Van Rompuy pour la présidence du conseil européen serait une grande perte pour le gouvernement fédéral. La presse a également pris parti, La Libre estimait ainsi dans son édition de lundi qu'il est un évident et incontournable facteur de stabilité. Effectivement, depuis son arrivée au 16 rue de la Loi en décembre dernier, cet homme de consensus est parvenu à apaiser les tensions entre flamands et francophones qui minent le pays, engageant une sortie de crise institutionnelle.
Depuis 2007, la Belgique ne parvient pas à rétablir un équilibre politique : l'écart de développement économique entre wallons et flamands croît d'années en années (taux de chômage de 6% en Flandre, contre 16 en Wallonie), au même rythme que les transferts fiscaux inter-régionaux : ainsi, la Flandre contribue à hauteur de 2 à 3 milliards d'euros annuels à la sécurité sociale wallonne ! L'agacement de trainer ce boulet est d'autant plus compréhensible que de 1850 (date de création de la Belgique) à 1967, ce sont les francophones qui dominaient l'activité économique belge, du fait de leur industrie florissante : en 1940, le taux de chômage s'élevait à 19% en Flandre contre 8% en Wallonie ! Les flamands étaient également marginalisés par cette Wallonie bourgeoise, cultivée, qui méprisait le flamand, considéré comme un vulgaire patois face à la "noblesse" du français.
En conséquence, les indépendantistes et régionalistes se sont fait de plus en plus nombreux au cours des dix dernières années, et, dans un but électoraliste, les partis politiques flamands ont entrepris de radicaliser leur discours : ils réclament un transfert des compétences fiscales et d'allocations (comprenant la sécurité sociale) de l'échelon fédéral à l'échelon régional. Hors de question pour les partis wallons, qui refusent d'avaliser une sixième réforme de l'Etat, conscients qu'affermir les régions aux dépens de l'état fédéral ne serait qu'un pas de plus vers la scission de la Belgique.
Depuis l'arrivée de Herman Van Rompuy au 16, le rétablissement de la pérennité politique du pays semble être sur une bonne voie. Son départ serait d'autant plus préjudiciable que nul ne semble disposer d'une légitimité suffisante pour lui succéder. Le CD&V, qui veut à tout prix garder le premier ministère en ses mains, n'a qu'Yves Leterme a proposer, mais l'impopularité de ce dernier met à mal sa candidature. La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, qui n'a qu'un mandat de députée européenne à faire valoir sur son C.V, manque de légitimité. Du coup, le centre-droit francophone, le Mouvement Réformateur, se verrait bien placer son leader, le ministre des finances et des réformes institutionnelles, numéro 2 du gouvernement, Didier Reynders. Au risque de provoquer une fronde entre la droite francophone et flamande, replongeant le pays dans une crise institutionnelle...
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21 septembre 2009
José Socrates en quête d'une majorité
L’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n'est qu'un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n'en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu'aujourd'hui les conséquences d'une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s'est d'ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu'une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d'établir une majorité avec moins de 33% d'intentions de vote...
Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles
José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l'électorat populaire qu'il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l'est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu'un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.
Il allonge également l'âge de la retraite et ne se prive pas d'amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d'une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu'à 90% du dernier salaire).
Cette politique d'austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n'a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s'élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s'était fixé pour objectif d'annihlier les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).
La gauche gronde
Cette politique réformiste aux effets somme toute modestes s'avère problématique à l'heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l'orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.
Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu'en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l'éducation nationale, traditionnelement acquis au Parti Socialiste n'affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volontée affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l'éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient consitutés un cortège monstre au coeur de Lisbonne !
Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu'un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.
Un retour aux sources improvisé
Face à la gronde de l'électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n'a donc pas lésiné sur les moyens, quite à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L'allocation familiale de rentrée, jusqu'alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d'épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.
Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d'inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l'opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d'ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l'électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd'hui, la crise étant passé par la, les rapports de force ont évolué, et c'est à sa gauche que José Socrates doit s'assurer un capital de voix.
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02 septembre 2009
L'Islande au défi de l'Europe
L'Islande et ses quelques 320 000 habitants ont abordé la saison estivale avec la satisfaction du travail accompli : l'Althing, le parlement monocaméral de cette île frappée de plein fouet par la crise économique, a autorisé par une courte majorité (33 voix contre 28) la premier ministre Johanna Sigurdardottir a déposer la candidature de l'Islande à l'Union Européenne, légiférant ainsi sur la mesure phare du programme des sociaux-démocrates.
La question de l'adhésion à l'Islande à l'UE, jusqu'à alors exclue par les différentes forces de l'échiquier politique a été mise à l'ordre du jour au lendemain de la crise financière de l'automne 2008 : les trois premières banques du pays (Landbanski, Glitnir et Kauphting) ont dues être nationalisées faute de liquidités, les taux d'intérêt se sont élevés à plus de 20% et la couronne islandaise a perdu la moitié de sa valeur par rapport à l'euro.
Aujourd'hui, les conservateurs du Parti de l'Indépendance comme les sociaux-démocrates en passant par le Mouvement Vert de Gauche se sont accordés sur la nécessité d'adopter la monnaie unique afin de subir moins sévèrement une telle crise financière. Cependant, le premier et le troisième souhaiteraient négocier avec Bruxelles une adoption de l'euro sans adhésion, malgré un premier refus catégorique.
Une indépendance chèrement acquise
L'adhésion à l'UE ne rencontre effectivement guère d'opinions positives. Le réferundum, qui tranchera la question à l'issue des négociations d'adhésion risque d'être particulièrement disputé. Ce relatif eurosceptisme est à mettre sur le dos du caractère insulaire de la société islandaise : la faute à une histoire trouble qui a donné un caractère si cher et si précieux à la notion d'indépendance.
Effectivement, depuis sa fondation en 930, l'Islande, l'"Ile de Glace" n'a connu que 397 années de souveraineté pour 682 d'occupation étrangère ! La Norvège a pris le contrôle de l'île de 1262 à 1383, date où l'Union de Kalmar (rassemblement de la suède, de la norvège et du danemark) s'est formée, laissant place au Royaumme de Danemark-Norvège puis le Royaumme du Danemark à partir de 1814 avant que les Britanniques et les Américains n'occupent l'Islande dès 1940 jusqu'à la déclaration d'indépendance de 1944.
L'Islande craint de voir sa souveraineté entamée...
On comprend via ce bref historique l'importance qu'accorde l'Islande à l'indépendance et à la souveraineté. Or, face aux prérogatives accrues de l'Union dans nombre de domaines, le spectre du fédéralisme inquiète la toute jeune islande. De plus, au vu de sa faiblesse démographique (avec 320 000 habitants, la population islandaise représente moins de 0,06% de la population européenne), l'Islande craint d'être marginalisée au sein de l'Union.
Le risque de voir l'anglais gagner en importance au profit de l'islandais inquiète également un pays où la conservation du patrimoine lingustique possède une signification toute particulière. Les invasions étrangères ont en effet entravé une modernisation de l'islandais, la population ayant recours à des introductions de mots étrangers (danois principalement), dégradant de facto la pureté de l'islandais, musée lingustique à part entière puisque n'ayant subi que très peu de modifications depuis le XIIème siècle ! Afin d'éviter de nouvelles introductions de mots étrangers, les gouvernements successifs ont donc mis en place des comissions de terminologie qui assurent la perpétuelle modernisation et la pureté de la langue islandaise .
...et la santé du secteur halieutique déchoir
Mais au-dela de ces aspects historiques et affectifs l'adhésion de l'islande à l'Union Européenne rencontre des problématiques moins superficielles. Effectivement, la crise économique ayant mis à plat le système bancaire, la pêche est redevenu le premier secteur d'activité. Or, les conditions d'adhésion à l'UE exigent la libre circulation des navires communautaires au sein des espaces maritimes nationaux, permettant ainsi aux 27 états membres d'accéder aux ressources halieutiques islandaises. De plus, les quotas drastiques imposés par Bruxelles ne réjouissent guère les Islandais, qui seraient également contraints de cesser la pêche de baleines.
Cependant, ce point litigieux sera à priori le seul et unique à enrayer le bon déroulement des négociations, les conditions économiques, budgétaires et financières étant d'ores et déjà respectées pour l'Islande, adhérente à l'Espace Economique Européen. Quoi qu'il en soit, l'insularité conjuguée au fort ressentiment national islandais et les conditions sévères fixées par Bruxelles nous empêchent à l'heure actuelle de présenter l'Islande comme le 28ème état européen...
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01 avril 2009
Les eaux troubles de la mer méditerranée
Le conflit qui est survenu cet hiver à Gaza, (voir mon article à ce sujet)a suspendu le développement de l'activité de l'Union pour la Méditerranée, dont la création, impulsée par l'action de Nicolas Sarkozy, fut officialisée en grandes pompes à Paris, puis entérinée à Marseille en novembre dernier, lors d'un sommet réunissant les 43 ministres des affaires étrangères (voir mon article à ce sujet) des états membres, sommet auquel j'avais eu l'occasion de me rendre. Une réunion, programmée le 7 avril prochain, a à nouveau été reporté, les pays arabes refusant de siéger à la même table que celle d'un représentant israélien. La co-présidence Égyptienne réfute toute tentative de reprise du dialogue, d'autant plus compromise que le dernier message vidéo d'Oussama Ben-Laden met en cause le laxisme de Mohammed Moubarak, le chef d'état égyptien. L'Union pour la Méditerranée, et les objectifs ambitieux qu'elle s'était fixée, reste en état de végétation, au grand dam de la mer méditerranée, qui atteint des records de pollution de l'eau.
Une des priorités de l'UPM visait en effet la dépollution de la mer Méditerranée, un objectif qui s'inscrivait en parallèle des efforts récents fournis par l'Union Européenne. Les politiques continentales ont effectivement pris conscience de la situation gravissime dans laquelle est plongée la Méditerranée. La population du littoral méditerranéen a doublé en l'espace de quarante ans, le nombre de touristes progressant à vitesse comparable. Les observateurs tablent d'ailleurs sur une augmentation de l'ordre de 34% d'ici 2025 du nombre de touristes séjournant chaque année sur les côtés de la méditerranée.
Conséquence inéxorable de ce "boom", la population s'est développée et la méditerranée en fait les frais. Cette explosion démographique est d'autant plus inquiétante qu'elle a été suivie d'un essor du secteur agricole, augmentant considérablement la dose de pesticides et autres engrais déversés dans la méditerranée.
Autre problème préoccupant, celui relatif aux eaux usées. Elles sont effectivement rejetées dans la méditerranée, alors que seule la moitié des villes côtières les traitent avant de les rejeter dans la mer. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Par ailleurs, si la Méditerranée ne contribue qu'à hauteur de 0,7% aux eaux du globe, elle absorbe le tiers du commerce maritime international, 2000 navires voguant simultanément sur la Méditerranée. A en croire des experts algériens, 300 000 tonnes de pétrole auraient été déversés dans les eaux de la mer depuis 1977.
Cette forte fréquentation des eaux méditerranéennes reste cependant une source de pollution mineure, moins de 20%, les déchets, les eaux usées et autres pollutions agricoles étant responsables de 80% de la pollution de la mer. On estime ainsi à 2 mètres cube le volume de déchets déversés chaque jour, en période estivale, dans la méditerranée par kilomètre de côtes, sachant que 70% d'entre eux ne sont pas biodégradables.
Rejeter toutes sortes de déchets dans la mer est la façon la plus rapide, la moins chère et la plus pratique de s’en débarrasser. La mer a de remarquables capacités d’absorption, mais la Méditerranée est une mer fermée et elle n’est plus capable de digérer toutes les toxicités que l’homme lui déverse assure un écologiste algérien. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Aujourd'hui, les initiatives de dépollution de la mer Méditerranée sont prises au seul niveau national, sans qu'une coordination entre ces actions ne puisse être initiée. Les politiques continentales n'ont pris conscience que très récemment du problème, de façon que l'Union Européenne a pris l'initiative de débourser 2,1 milliards d'euros afin d'assurer la dépollution de 44 sites jugés comme prioritaires. En parallèle, l'initiative euromed "Horizon 2020", dont la création fut amorcée en 2005, vise à assurer la pérennisation d'actions communes des pays du pourtour méditerranéen. Mais, encore une fois, l'UPM et ses blocages institutionnels empêchent un éventuel développement d'"Horizon 2020"...tandis que la Méditerranée agonise.
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24 octobre 2008
La grande réforme du monde rural Chinois
Crise économique et prévisions de croissance à la baisse obligent, une grande réforme du monde rural chinois est étudié par le gouvernement qui traitera de la question lors du 17ème congrès du Parti Communiste qui se tient actuellement. En temps de crise, cette question semble primordiale d'autant plus que le ralentissement de l'économie chinoise s'est fait plus brusquement que prévu, en attestent les chiffres de la croissance du 3ème trimestre (9,1%) qui pour la première fois depuis six ans ne sont pas à deux chiffres. Par ailleurs, de multiples fermetures d'usines ont été observées dans tout le pays et la Chine est contrainte d'assumer sa dépendance auprès des grandes puissances mondiales.
Ce pays exportateur subit en effet de plein fouet la conjucture économique actuelle; en parallèle de l'ensemble des places financières nationales, les prix de l'immobilier ont lourdement chutés de plus de 40% et un ralentissement des exportations à été observé en août. Des suites de la fermeture de 67 000 PME sur l'ensemble du territoire, plus de 20 millions de Chinois auraient perdu leur emploi, un phénomène qui ne cesse d'amplifier en dépit des plans de relance du gouvernment Chinois qui ont distribué plus de 22 milliards d'€ d'aides aux entreprises. Dans ce contexte de crise financière, le gouvernement chinois peut regretter les fermetures d'usine qu'il avait réclamé lors des Jeux Olympiques de Pékin dans le but de réduire le taux très élevé de pollution, ce qui avait entraîné une nette baisse de la production.
Afin d'éviter un net ralentissement de la croissance pour l'année 2009, Pékin s'apprête à effectuer un nouveau pas vers le capitalisme (vers l'économie socialiste de marché comme tiennent à le préciser les autorités chinoises) en permettant aux paysans un droit d'usage sur les terres qu'ils exploitent tout en refusant d'abolir le principe de collectivité des terres. En clair, après avoir l'an passé reconnu le principe de propriété privée immobilière, le gouvernement Chinois néglige à nouveau un principe de base du communisme. Les conséquences attendues d'une telle mesure sont une stimulation de la production et par conséquent amener une couche sociale paysanne de plus de 750 millions de personnes vers un niveau de vie plus élevé et ainsi doper une croissance intérieure dont l'économie chinoise n'est que trop peu dépendante. Un autre objectif inavoué de cette réforme historique est de définitivement apaiser les régulières tensions qui ont lieu en milieu rural.
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24 septembre 2008
Le Renouveau de l'Amérique Latine

Rien n'arrête plus la vague rose qui déferle sur l'Amérique du Sud depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chavez à la tête du Venezuela. Depuis cette date, 7 pays ont élu à la tête de leur étât un président situé à gauche, permettant ainsi une meilleure entente entre les pays d'Amérique Latine qui par le biais de projets comme le Mercosur ou la Banque du Sud, soulignent leur entente.Seuls la Colombie dirigée par Alvaro Uribe, aussi sécuritaire que populaire, le Pérou du social-démocrate Alan Garcia élu en 2006 aux dépents d'Ollanta Humala soutenu par Chavez, et l'Uruguay n'ont pas viré à gauche. Ce phénomène, par ailleurs encouragé par les bons résultats économiques et sociaux enregistrés, permet à une Amérique Latine toujours sous la menace de la pauvreté de voir large et de prendre exemple sur l'Europe qui a su surmonter ses divisions pour créer l'Union Européenne.
En effet, sous l'impulsion du chef d'étât Vénézuélien Hugo Chavez, le 9 Décembre dernier, l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, l'Equateur, le Paraguay, l'Uruguay et bien entendu le Vénézuéla se sont rassemblés dans la Banque du Sud. Cet organe économique est une banque régionale de développement pour le financement de projets dans des secteurs clés comme l'a défini le président brésilien Lula, approuvé par son homologue bolivien Evo Morales qui voit lui plus large, puis qu'il considère cette fondation comme le premier pas vers une monnaie commune à l'Amérique du Sud. Cette déclaration symbolise toute l'étendue de l'avancée des relations diplomatiques entre les nations du continent sud-américain cependant plombée par les sérieux différents qui subsistent entre Hugo Chavez et Alvaro Uribe.
Ces deux derniers s'étaient d'ailleurs sévèrement opposés l'un à l'autre en mars dernier suite à l'incursion de l'armée Colombienne sur le sol Vénézuélien afin d'assassiner le numéro 2 des FARC, Raul Reyes. Hugo Chavez avait réprimé cette incursion effectuée sans son accord, tandis qu'Alvaro Uribe l'attaquait devant le tribunal pénal international suite à des révélations bientôt démenties selon quoi le président Vénézuélien avait fourni aux FARC une belle enveloppe de 197 000 000€.
Au final, après une crise diplomatique qui aura duré plus de 5 jours et qui aura vu la frontière commune des deux pays bloquée l'espace de 48 heures, Uribe et Chavez auront entamé une relative réconciliation au sommet annuel de Rio, mais les tensions entre les deux rivaux restent tenaces. Ces deux personnages incontournables du paysage politique sud-américain au projet politique si opposé ne cessent de s'affronter dans un duel permanent. Alvaro Uribe, élu à la tête de la Colombie en mai 2002 en tant que candidat libéral sans étiquette, prône la fermeté face aux milices révolutionnaires FARC et ELN et souhaite rétablir une autorité de l'étât souvent souvent mis en cause Par des guérillas toujours présentes malgré une certaine régréssion lors de ces dernières années. Sa lutte contre le trafic de drogues qui se traduit par des dévastations de champs, de coca notamment, l'a rapproché des USA et de Georges W.Bush dans sa lutte anti-terrorisme. Les dévastations de champs de Coca restent cependant extrêmement critiquées par les associations écologistes qui dénoncent les herbicides employés, qu'ils jugent nocifs tout comme l'Union Européenne qui a sévèrement réprimée le président Uribe.
La sévérité dont fait preuve le président Uribe vis à vis des FARC et de l'ELN s'est cependant traduite par des résultats concrets tels que le chiffre d'homicides volontaires qui ont régressé à moins de 18 000 en 2005 contre 28 000 en 2002. Enfin, les FARC conteraient dans leurs rangs moins de 6000 guérilleros contre 15.000 en 1998. Sur le plan économique, avec un PIB annuel de 98 milliards de $, la Colombie reste la quatrième puissance économique du sous-continent mais la 8ème si l'on prend en compte le PIB par habitant. La croissance du pays est au beau fixe, puisqu'après deux augmentations successives du PIB de plus de 6% en 2005 et 2006, la croissance prévue pour cette année dépasse les 5%. Quand au taux de chômage, la politique menée par Alvaro Uribe semble porter ses fruits puisque de 20% à son arrivée au pouvoir, il est passé à 10% en 2005.
Les principaux secteurs d'activités économiques de la Colombie sont l'agriculture, notamment celle du café qui contribue à 7% du PIB national. Bien entendu, le trafic de drogues, de cocaïne notamment, est extrêmement présent dans le quotidien des populations, la Colombie est d'ailleurs le premier producteur mondial de cocaïne.
Mais à l'est du pays, au Venezuela, la situation s'oppose en tout point à celle de la Colombie. Hugo Chavez, profondèment anti-américain, ne cesse d'accuser les Etats-Unis responsables de tous les maux de son pays. Il souligne son profond désaccord par le biais de propos acerbes, assimilant Bush à un tyran, un diable, un Dracula et un menteur. Il propose la délocalisation du siège de l'ONU vers un étât qui respecte les résolutions de l'Assemblée Générale, une accusation parmis d'autres envers les US, qu'il a maintes fois soupconné de conspirer contre lui et son gouvernement. Le leader déclaré de l'anti-impérialisme Américain a même mis en cause la responsabilité d'Al-Quaeda dans le cadre des attentats du 11 Septembre. Sur le plan économique, Hugo Chavez mène une pétro-diplomatie désormais mis en cause, exportant à prix coutant du pétrole dans treize pays des Caraïbes. Le pétrole constitue 85% des exportations du pays et 50% du budget de l'étât. En janvier 2006, il accorde aux Etats du Maine, du Massassuchets, dans le quartier New Yorkais du Bronx et du Rhode Island une réduction du baril de 40%, au nom de la défense des américains pauvres.
Cette pétro-diplomatie généreuse reste cependant dangereuse pour le Vénézuela, qui, extrêmement dépendant de l'or noir pourrait bientôt regretter ces contrats, tout d'abord car le pétrole n'est pas une énergie renouvelable et ces contrats sont signés au mépris de la modernisation des outils de production qui une fois sérieusement endommagés par des fuites notamment , pourraient comme c'est le cas au Nigéria, provoquer une perte d'extraction de l'ordre de 30% soit un manque à gagner de l'ordre de plusieurs milliards de dollards. Sur le plan sud-américain, Hugo Chavez a permis au Venezuela de rejoindre en 2006 le Mercosur, le marché commun d'Amérique du Sud, quelques mois précédent le retrait de son pays du Fonds Monétaire International.
Le Paraguay, lui, est un des membres fondateurs de l'union. L'actualité récente de ce pays de 6 millions d'habitants est marquée par l'élection présidentielle à un tour qui est survenue en avril dernier. Cette échéance historique a vu l'arrivée au pouvoir de l'évèqueFernando Lugo, qui a ainsi mis fin à l'omnipotence du parti Colorado, qui dirigeait le pays depuis 1946 sans la moindre interruption. Elu avec 40,8% des suffrages sous l'étiquette de l'Alliance Patriotique pour le Changement, son engagement en politique n'est que très récent puisqu'il ne s'est engagé dans l'APC qu'en 2006, obtenant par la suite l'investiture du parti dans un laps de temps, ce qui lui vaut d'être suspendu de son rôle d'évèque par le Vatican. Sa côte de Popularité grimpe de façon que le président sortant Nicanor Duarte (qui comme la constituion l'y contraint ne se représentera pas aux élections d'avril) cible ses attaques sur ce personnage déjà connu pour ses actions en faveur des paysans sans terre depuis 1977. Il l'accuse d'être un dangereux communiste et le compare à ses homologues Evo Morales et Hugo Chavez. Le parti Colorado, représenté par Blanca Ovelar réunit moins de 30,8%, certes défavorisé par la candidature de Lino Oviedo, dont la proximité avec Ovelar a souvent été soulignée. Fernando Lugo a avoué dans une interview se résoudre au fait que malgré les grands efforts faits par l’Église, avec les pastorales sociales notamment, les succès escomptés n’avaient pas eu lieu et parce que j’ai compris que les changements réels dans l’économie et le social ne pouvaient venir que de la politique.
Le Brésil, le géant sud-américain
Sa participation au PIB total latino-américain est supérieure à 50%, le Brésil, dixième puissance économique mondiale s'apprête à devenir dans les 50 ans à venir, une des quatres premières puissances du globe, devançant le Japon et la France. Ce pays, qui englobe la moitié du territoire sud-américain poursuit lentement son expansion économique malgré les Politiques de rigueur budgétaire entamées par le président Lula, dont la politique sociale visant à réduire les inégalités freine le développement économique brésilien, dont la croissance en 2008 peinera à atteindre les 4% selon les prévisions du FMI. Enfin, l'entreprenariat est découragé par les forts taux d'intérêt qui culminent à plus de 20%.
Ce développement économique morose reste cependant le seul point noir du bilan provisoire de « Luiz Inàcio Lula da Silva », élu en 2002 avec la promesse de réduire des inégalités pourtant colossales. En effet, 50% des terres agricoles sont le bien de 1% de la population et 10% des brésiliens les plus riches ont un patrimoine 80 fois plus élevé que 10% des brésiliens les plus pauvres. Le président Brésilien a donc engagé des réformes concrètes comme des opérations symboliques, en témoigne le programme « Vai Brasil » dont le principe consiste à offrir aux Brésiliens modestes des billets d'avions et des chambres d'hôtels à bas coût, afin de parcourir leur vaste pays de 8,5 millions de kilomètres carrés qu'ils connaissent si peu. Si cette opération ne relève que du superficiel, Lula s'est cependant engagé dans d'autres plans plus profonds, comme « Faim Zéro » mis en place depuis 2006. Nous allons créer les conditions pour que tous nos compatriotes puissent manger décemment trois fois par jour, tous les jours, sans avoir recours à l’aide de personne, le Brésil ne peut continuer à vivre avec tant d’inégalités. Nous devons vaincre la faim, la misère et l’exclusion sociale. Notre guerre n’a pas pour objectif de tuer qui que ce soit. Notre guerre consiste à sauver des vies avait déclaré le chef d'étât Brésilien lors de la mise en place de ce projet.
D'autres mesures visant à augmenter le taux de scolarisation ont été entreprises; ainsi, depuis 2005, les familles dont le revenu mensuel est inférieur à 1/3 du salaire minimum légal (le salaire minimum légal s'élevant à 130€) se voient attribuer des bourses selon le nombre d'enfants, en échange de la scolarisation de ces derniers.
Les opposants du président Brésilien décrient le principe de ces réformes qui favoriseraient l'assistanat. Cependant, l'organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) ont félicité Lula estimant que outre l'amélioration de la sécurité alimentaire du Brésil, « Faim Zero » a permis de contribuer à l’émancipation des plus démunis en leur donnant les conditions pour conquérir d’autres droits comme citoyens brésiliens .
Quoi qu'il en soit, le Brésil doit poursuivre ces luttes contres les inégalités afin de devenir prochainement une puissance économique de premier plan qui favorisera bien entendu le développement d'une Amérique Latine aujourd'hui en phase de développement.
18:51 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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