22 novembre 2009
La Marseillaise, symbole contestable de notre identité nationale
Le grand débat sur l'identité nationale, ouvert le 2 Novembre dernier par Eric Besson, suscite de vives réactions, en témoignent les nombreuses contributions postées sur le site internet : plus de 16 700 ont été publiées, auquelles s'ajoutent les contributions rejetées. Politiques, artistes, écrivains, philosophes, historiens et bien entendu, les internautes, se sont emparés du débat. Au-dela de notre incapacité collective à définir cette identité nationale, qui n'est plus qu'un mot, c'est l'élévation de notre hymne national La Marseillaise au statut de symbole de l'identité nationale française par une minorité non négligeable de contributions, qui s'avère problématique. Ainsi, le député UMP du Val d'Oise Yanick Paternotte estime que l’hymne national mérite le respect de tous les Français et de tous les étrangers résidant sur le territoire national. Quand à Eric Besson, il considère que l’ensemble des jeunes français devraient chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national. Même son de cloche pour Ségolène Royal, qui rappelle avoir souhaité faire chanter « la Marseillaise » dans ses meetings, souhaitant reconquérir ce symbole de la nation. Enfin, dans sa tribune publiée début novembre dans les colonnes du Monde, Manuel Valls assurait que nous aimons chanter La Marseillaise.
S'ajoute à ces contributions la polémique, en novembre dernier, suite à la décision de Brice Hortefeux (qui occupait alors le poste d'Eric Besson) de rendre obligatoire l'apprentissage de la Marseillaise aux candidats à la naturalisation française, alors que nombre de français ne connaissent guère que le premier rime du premier couplet. Cette volonté de sanctifier la Marseillaise, de lui échoir un statut de symbole, ne fait que suivre un processus engagé sous la mandature de Jacques Chirac. En 2003, un délit d'outrage à l'hymne national avait été institué, quand deux plus tard, François Fillon, alors ministre de l'éducation nationale, imposait l'apprentissage de la Marseillaise à tous les élèves de primaire.
Or, peut-on véritablement considérer comme symbole de la France un texte vilipendant les cohortes étrangères ? Comment un immigré pourrait-il respecter un texte pareil comme le souhaite M.Paternotte ? On peut également s'interroger sur l'extrait du premier refrain, qu'un sang impur n'abreuve nos sillons, ou l'étendart sanglant est levé. La Marseillaise n'est ni plus ni moins qu'un chant de guerre, composé pour motiver les troupes révolutionnaires face à la menace de la coalition européene. A l'heure de l'Union Européenne, il serait enfin temps de faire rimer notre hymne avec le siècle et l'époque dans lesquels nous vivons. Ce ne sans parler du sang impur, propos immonde à l'heure où la notion de race a été abolie. De fait, ne nous étonnons plus que la Marseillaise soit sifflée dans le cadre de rencontres sportives.
La Marseillaise n'est pas un symbole de notre identité nationale comme l'assure M.Paternotte. Nous n'aimons guère chanter ce chant raciste et guerrier comme l'affirme M.Valls. Nous n'avons pas à reconquérir cet hymne belliqueux comme nous invite à le faire Madame Royal. Et, en tant que collégien, si en conséquence de l'adoption du projet de loi d'Eric Besson je serai contraint de me lever et d'entonner la Marseille, je m'y refuserai. Cet hymne n'est que le vestige d'un passé peu reluisant, et à l'heure du XXIème siècle, réglons nos pendules à l'heure, et adoptons un nouvel hymne national à la hauteur du projet européen, à l'image de la société actuelle.
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05 septembre 2009
Vous prendrez bien un peu de réforme ?
Notre collège va mal. Ce constat, qui ne cesse de se vérifier d'années en années, s'est hâté de décrédibiliser cette pièce maîtresse de l'édifice éducationnel français. En première ligne, la régression du niveau des collégiens est régulièrement mise sur la table par des enquêtes, menées par des instituts de sondages, mais surtout par le biais d'évaluations gouvernementales bien souvent sources d'inquiétude. Récemment, le haut Conseil de l'éducation déplorait le niveau fragile de 25% des élèves de 6ème, «condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d'études incertaines au-delà». Quatre ans plus tard, à la sortie de 3ème, ce taux d'élèves n'ayant pas acquis le niveau minimum acceptable grimpe à 40% !
Autre donnée alarmante, une étude menée par deux institutrices et deux spécialistes du langage, qu'ils relatent dans leur ouvrage «Orthographe : à qui la faute ?», témoigne d'un important recul quant au niveau d'orthographe des collégiens. Ainsi, en 1987, 3000 élèves de 5ème avaient été amenés à faire une dictée, et comptabilisaient en moyenne 8 fautes. 18 ans plus tard, le même texte a été dicté à un échantillon d'élèves identiques, le nombre de fautes moyens a grimpé de plus de 60%, soit 13 erreurs.
Sur le plan européen, les résultats obtenus par les collégiens français ne sont guère plus reluisants : la France n'occupe que la 19ème position (sur 27) d'un classement annuel établi par l'OCDE après évaluation d'élèves de tout le continent.
Cette dégradation du niveau des collégiens, couplée à l'image d'insécurité reflétée par les médias (tout particulièrement les journaux télévisuels) fait du collège l'organe le plus impopulaire du système éducatif français, avec moins de 52% d'opinions favorables, quand le lycée et le supérieur recensent tous deux 55% d'opinions favorables, le primaire 69% et la maternelle 81% (sondage Ipsos «Les Français et l'éducation nationale»).
Reconsidérer la mission du collège
Face à cette situation préoccupante, les gouvernements successifs ont préféré s'attarder sur l'impossible réforme du lycée, sans prêter regard à un collège en quête de modernisation. En premier lieu, sa mission doit être reconsidérée. Alors qu'il est aujourd'hui censé apporter une culture "générale" en repoussant la spécialisation au plus tard, il devrait en priorité assurer l'intégration des nouvelles générations dans la société de demain en s'adaptant à chaque jeune. En clair, il faut tirer profit des préférences et des talents de chacun pour assurer notre compétitivité dans le monde de demain, en permettant aux élèves de composer leur emploi du temps, octroyant ainsi à leurs journées des matières pour lesquelles ils éprouvent un désintérêt profond et empêchent une progression avancée dans leurs domaines de prédilection.
Contraindre les élèves à assister à plus de 6-7 heures de cours par jour ne va en rien améliorer les performances scolaires des ces derniers : la Finlande, qui peut se targuer d'occuper régulièrement la première position du classement de l'OCDE (cf.deuxième paragraphe) n'impose à ses élèves que 4heures de cours quotidiens ! Nous ne pouvons que conclure que le temps passé en cours ne conditionne pas les résultats scolaires mais c'est bel et bien l'épanouissement personnel, les sorties et autres activités extra scolaires qui apportent la dimension suplémentaire nécessaire à la réussite.
Une telle mesure marquerait la fin du collège unique au profit d'un collège multiple, un collège multi-matières. Ainsi, des domaines aujourd'hui considérés comme "décalés" (cuisine, jardinage, langues étrangères méconnues, poterie, mécanique, théâtre, sports, couture, cinéma, littérature etc...) pourraient être enseignés par des intervenants naviguant d'un établissement à l'autre. Une sociétée équilibrée privilégie la diversité et la différence à l'uniformisation des masses. Aux Etats-Unis, cette recette est de mise et le succès est au rendez-vous, la compétitivité de la première puissance mondiale n'étant plus à démontrer.
Vers la pédagogie moderne
L'émergence de ces intervenants s'inscrirait dans la lignée d'une réforme de la pédagogie enseignante. Actuellement, le professeur dictant le cours à ses élèves sans interruptions est bien souvent un classique des établissements scolaires. Or, à l'ère du XXIème siècle, l'absurdité de ces méthodes ne fait nul doute. La encore, le collège (les enseignants dans ce cas précis) doivent être amenés à revoir leurs objectifs : inculquer un certain nombre de notions à des élèves, et employer les méthodes nécessaires à cet apprentissage.
Développer la confiance et l'assurance des élèves passe tout d'abord par la mise au placard des commentaires souvent négatifs des enseignants, ainsi que des remarques acerbes relatives au niveau des élèves, dont le moral s'en retrouve amoindri. Sur inspiration du modèle américain, n'importe quel pédagogue vous vantera les mérites du "feedback sandwich", en lieu et place des critiques assassines lors du rendu d'un devoir : un commentaire positif introduit le rendu, suivi d'une remarque relativement négative avant de finir par une nouvelle note positive.
En outre, j'évoquais précedemment la nécessité de réduire les heures de cours quotidiennes des élèves, ce qui impliquerait inévitablement un temps de travail allégé pour les enseignants. Or, sous inspiration du modèle finnois, ces plages horaires supprimées pourraient permettre d'instituer des cours de soutien particuliers ou en groupes restreints, compris dans les horaires de travail des enseignants (et dans leur fiche de paie de facto).
Autre forme de pédagogie obsolète à renouveler, l'absence de supports d'accompagnement dans le cadre des cours, pourtant susceptibles d'accroître l'intérêt des élèves. Le recours à la vidéo ou à l'image doit être encouragé. D'ailleurs, l'innovation pédagogique des enseignants doit pouvoir s'exercer au dela des supports multimédias. Ainsi, les chefs d'établissement pourraient se voir décerner comme nouvelle mission le recrutement de leurs enseignements, ces derniers devant fournir un projet pédagogique en phase avec celui du collège. Cette stimulation de la créativité enseignante n'ayant que pour seul but d'intéresser les élèves aux cours qui leur sont énoncés : pour enfin faire du collège un lieu de vie à part entière.
Collège lieu de vie : à quand la métamorphose ?
Cette aspiration à métamorphoser le collège français en un collège "lieu de vie" passe inévitablement par l'application des deux points abordés précedemment : le respect des goûts et préférences de chacun et une amélioration des méthodes pédagogiques au sein du corps enseignant. Une troisième donnée doit également être prise en compte : minimiser la réglementation et l'institutionnalisation de notre collège.
Il est interdit d'interdire : donnons enfin un sens à cette phrase !A quoi bon entraver l'expression des collégiens en prononçant l'interdiction des débardeurs et des signes religieux ? En refusant la libre expression au sein des classes, réduisant le rôle de délégué à celui d'un ramasse miettes ? En réclamant une tenue vestimentaire soit disant "décente" au nom de nous ne savons quel(s) principe(s) ? En installant portiques de sécurité et autres détecteurs de métaux ? Ce collège la ne possède rien du collège lieu de vie auquel nous devons aspirer ! D'autant plus que l'interdit incite à le braver...
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02 mai 2009
Front National : par ici la sortie
Scores électoraux en nette régression, dettes impayées, changement (contraint) de siège : le Front National est embourbé dans une situation délicate, en passe de marginaliser le parti frontiste sur l'échiquier politique français. Il y a deux ans, au lendemain d'élections présidentielles qui avaient vu l'échec de Jean Marie Le Pen, cantonné à un maigre 10,44% des suffrages exprimés, nul n'avait osé prédire une telle descente aux enfers pour le FN. Le déficit de voix alors rencontré par Jean-Marie Le Pen s'était elevé à plus d'un million de bulletin par rapport aux échéances de 2002. Quelques semaines après, la déroute des élections législatives, où le score moyen des candidats FN ne s'était pas élevé au dela des 4,8% des suffrages (contre 11% en 2002), avait été suivi de la très faible performance réalisée par le FN aux échéances municipales, incapable de dépasser la barre du simple pourcent.
Une situation financière délicate
Conséquence directe de ces scores électoraux bien ternes, une situation financière délicate, entachée par une dette estimée à 8 millions d'euros, due majoritairement (6,3M) à l'ancien député européen Fernand Le Rachinel et créancier non rémboursé du FN. La déroute des législatives a effectivement conduit à une baisse de 60% des subventions publiques accordées au FN, qui a par ailleurs du s'acquitter des dettes des nombreux candidats frontistes n'ayant pas dépassé la barre des 5% aux élections législatives, condition nécessaire au remboursement des frais de campagne. Un an plus tard, lors des échéances municipales, les candidats frontistes s'étant retrouvé dans une situation identique avaient du s'acquitter eux-mêmes du remboursement de leurs frais, le FN, faute de moyens, s'y était refusé.
Aujourd'hui, le parti a sensiblement freiné son train de vie, déplaçant son siège à Nanterre au profit des 5200 mètres carrés du "Paquebot", vendu à une université de Shangaï pour une quinzaine de millions d'euros. Cette somme avait permis au FN de s'acquitter d'une partie de sa dette, mais n'avait pas empêché le lienciement de 20 des 60 employés du parti.
Besancenot et Sarkozy, bêtes noires du parti frontiste
Qu'elle soit politique ou financière, la crise traversée par le Front National ne semble pas passagère. Le climat socio-économique, propice à une vague de contestation, n'a pas bénéficié au FN et à Jean-Marie Le Pen, qui, selon un sondage OpinionWay-LeFigaro publié aujourd'hui, ne récolterait que 7% des suffrages exprimés si le premier tour des élections présidentielles avait lieu demain.
Pis, l'action controversée et impopulaire de Nicolas Sarkozy n'a pas amorcée le retour au bercail des anciens électeurs frontistes, confirmant l'éfficacité du "ratissage" des électeurs FN mené par l'actuel président lors de sa campagne présidentielle. L'image du ministre qui voulait "nettoyer la cité avec du karcher"n'a pas quitté Nicolas Sarkozy, lui assurant une certaine audience auprès des anciens électeurs frontistes.
En outre, le 21 Avril 2002 a choqué nombre de français, si ce n'est des électeurs FN eux-mêmes, qui avaient accordé leur bulletin à Jean-Marie Le Pen en simple signe de protestation, tout en se refusant à l'idée d'une participation au second tour du président du Front National.
Autre handicap rencontré par le FN, la mutation de l'électorat protestataire, qui s'exprimait jusqu'à alors par le biais du bulletin Jean-Marie Le Pen. Mais le contexte économique a favorisé l'extrême-gauche, particulièrement Olivier Besancenot, dont les critiques à l'égard du "capitalisme sauvage" et des "patrons voyous" ont trouvé un échos à l'heure où les parachutes dorés et stocks-options des grands patrons font polémiques. Ainsi, l'électorat contestataire, qui avait muté au profit de Jean-Marie Le Pen à l'aube des années 1990 et aux dépents du PCF emprunte désormais le chemin inverse et c'est le NPA qui symbolise désormais l'électorat contestataire, témoignage de la mutation d'une classe, qui ne fustige plus les "racailles du 9-3" mais "les racailles du XVIème".
La succession de Jean-Marie Le Pen au coeur des convoitises
Le départ annoncé de Jean-Marie Le Pen au poste de président du FN, d'abord prévu pour 2010 puis repoussé à 2011, amorcera une période délicate et inédite pour le FN, dont le succès d'antan fut le fruit du seul Jean-Marie Le Pen. La succession de ce dernier a d'ores et déjà laissé apparaître plusieurs brèches de divisions, Carl Lang a ainsi quitté les instances du FN pour fonder le Parti de la France, qui présentera une liste concurrente à celle de Marine Le Pen lors des élections européennes.
Cette dernière, favorite pour succéder à son père, a d'ores et déjà reçu le soutien de ce dernier, qui avait estimé dans une interview accordée à Valeurs Actuelles qu'elle n'est pas populaire que sur son nom. Il y a sa personnalité,son charisme. Elle est sympathique et passe très bien dans les médias. Récemment, un sondage réalisé auprès de sympathisants frontistes dégageait une large majorité en faveur de Marine Le Pen (76%), en vue de la succession de Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen, qui a assuré vendredi sur l'antenne d'Europe 1 qu'elle serait belle et bien candidate au poste de présidente du FN, sera opposée à Bruno Gollnish, dont les critiques à son égard ont été des plus virulentes, il lui avait ainsi fait porter la responsabilité de l'échec des présidentielles 2007, qui serait due à la campagne de dédiabolisation qu'elle avait menée.
Mais au-dela de l'identité du successeur de Jean-Marie Le Pen, c'est la capacité de survie du mouvement sans son leader fondateur qui pose question. Les excellents résultats enregistrés lors des différentes présidentielles depuis 1988 n'ont effectivement jamais été suivis par des performances similaires lors des élections intermédiaires, posant la question de l'aura du FN lorsqu'il évolue en l'absence de son leader. En outre, l'hypothèse d'une éventuelle absence de candidat frontiste lors des élections présidentielles de 2012 n'est pas à exclure, faute de parrainages sufisants. Les élections municipales de l'an dernier ont effectivement vu le renouvellement des mandats de seuls 250 des 535 maires ayant accordé leur parrainage à M.Le Pen en 2007. La scission avec Carl Lang, qui pourrait être suivi par Bruno Gollnish compliquerait alors la chasse aux parrainages...au grand bohneur de Nicolas Sarkozy ?
19:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07 avril 2009
La Turquie, élément clé de la nouvelle politique étrangère américaine ?
Si la tournée européenne de Barack Obama aura constitué un succès dans son ensemble, elle se sera achevé sur l'ouverture d'une brèche de division, quand au degré de participation de la Turquie à l'union européenne. Les Etats-Unis et l'Europe doivent aborder les musulmans comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérance et la violence, (...) évoluer vers l'adhésion de la Turquie à l'UE constituerait un signal important de votre engagement dans ce sens et assurerait que nous continuons à ancrer fermement la Turquie en Europe a affirmé le président américain dans le cadre d'un discours à Prague, avant de réitérer ses propos à Ankara, affirmant devant les parlementaires turcs que les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE.
Barack Obama s'est immédiatement attiré les foudres de ses homologues français et allemands, Nicolas Sarkozy ayant affirmé sur le plateau de TF1 que j'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des états membres de l'Union Européenne est sur la position de la France, avant de rappeler que s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi regretté l'interventionnisme de Barack Obama.
Les déclarations de ce dernier, qui interviennent alors qu'il effectuait une visite d'état en Turquie lundi et mardi, ont replacées au cœur du débat la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, alors que les négociations, ouvertes en octobre 2005, végétaient au point mort. Barack Obama ne cache effectivement pas qu'il souhaite s'appuyer sur la Turquie dans le cadre des négociations avec les pays du Moyen-Orient, le premier ministre turque Recep Erdogan souhaitant d'ailleurs s'affirmer comme le médiateur entre l'Occident et l'Orient, justifiant ce statut par la relative neutralité militaire et politique de la Turquie.
La Turquie évolue effectivement dans une relative ambiguïté, développant des relations privilégiés avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad tout en s'affirmant comme un membre historique de l'OTAN. Cette position insolite justifie la danse du ventre de Barack Obama vis à vis des turques et du premier minsitre Recep Erdogan, parvenant d'ailleurs à se constituer un important socle de popularité, 40% des turcs désignant Barack Obama comme le dirigeant le plus fiable du monde.
Si il souhaite s'appuyer sur son allié turc, Barack Obama devra cependant tacher d'apporter des garanties et son soutien à Recep Erdogan, dont la décision en 2003, de ne pas autoriser l'armée américaine à traverser la Turquie afin de se rendre en Irak, avait institué une certaine tension entre les deux pays. Au-delà du soutien appuyé à l'entrée de la Turquie dans l'UE, Recep Erdogan attend par ailleurs de Barack Obama qu'il raffermisse la lutte contre la guérilla du PKK, qui milite pour la création d'un état kurde, comprenant le sud-est de la Turquie.
Passerelle entre l'Orient et l'Occident, la Turquie pourrait s'imposer dans les prochaines années comme un acteur géopolitique majeur, d'autant plus que les Etats-Unis souhaitent en faire un élément clé de sa nouvelle politique étrangère. La nouvelle dimension que pourrait, à terme, prendre la Turquie, va indéniablement replacer au coeur des débats la question de son adhésion à l'Union Européenne....
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01 avril 2009
Les eaux troubles de la mer méditerranée
Le conflit qui est survenu cet hiver à Gaza, (voir mon article à ce sujet)a suspendu le développement de l'activité de l'Union pour la Méditerranée, dont la création, impulsée par l'action de Nicolas Sarkozy, fut officialisée en grandes pompes à Paris, puis entérinée à Marseille en novembre dernier, lors d'un sommet réunissant les 43 ministres des affaires étrangères (voir mon article à ce sujet) des états membres, sommet auquel j'avais eu l'occasion de me rendre. Une réunion, programmée le 7 avril prochain, a à nouveau été reporté, les pays arabes refusant de siéger à la même table que celle d'un représentant israélien. La co-présidence Égyptienne réfute toute tentative de reprise du dialogue, d'autant plus compromise que le dernier message vidéo d'Oussama Ben-Laden met en cause le laxisme de Mohammed Moubarak, le chef d'état égyptien. L'Union pour la Méditerranée, et les objectifs ambitieux qu'elle s'était fixée, reste en état de végétation, au grand dam de la mer méditerranée, qui atteint des records de pollution de l'eau.
Une des priorités de l'UPM visait en effet la dépollution de la mer Méditerranée, un objectif qui s'inscrivait en parallèle des efforts récents fournis par l'Union Européenne. Les politiques continentales ont effectivement pris conscience de la situation gravissime dans laquelle est plongée la Méditerranée. La population du littoral méditerranéen a doublé en l'espace de quarante ans, le nombre de touristes progressant à vitesse comparable. Les observateurs tablent d'ailleurs sur une augmentation de l'ordre de 34% d'ici 2025 du nombre de touristes séjournant chaque année sur les côtés de la méditerranée.
Conséquence inéxorable de ce "boom", la population s'est développée et la méditerranée en fait les frais. Cette explosion démographique est d'autant plus inquiétante qu'elle a été suivie d'un essor du secteur agricole, augmentant considérablement la dose de pesticides et autres engrais déversés dans la méditerranée.
Autre problème préoccupant, celui relatif aux eaux usées. Elles sont effectivement rejetées dans la méditerranée, alors que seule la moitié des villes côtières les traitent avant de les rejeter dans la mer. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Par ailleurs, si la Méditerranée ne contribue qu'à hauteur de 0,7% aux eaux du globe, elle absorbe le tiers du commerce maritime international, 2000 navires voguant simultanément sur la Méditerranée. A en croire des experts algériens, 300 000 tonnes de pétrole auraient été déversés dans les eaux de la mer depuis 1977.
Cette forte fréquentation des eaux méditerranéennes reste cependant une source de pollution mineure, moins de 20%, les déchets, les eaux usées et autres pollutions agricoles étant responsables de 80% de la pollution de la mer. On estime ainsi à 2 mètres cube le volume de déchets déversés chaque jour, en période estivale, dans la méditerranée par kilomètre de côtes, sachant que 70% d'entre eux ne sont pas biodégradables.
Rejeter toutes sortes de déchets dans la mer est la façon la plus rapide, la moins chère et la plus pratique de s’en débarrasser. La mer a de remarquables capacités d’absorption, mais la Méditerranée est une mer fermée et elle n’est plus capable de digérer toutes les toxicités que l’homme lui déverse assure un écologiste algérien. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Aujourd'hui, les initiatives de dépollution de la mer Méditerranée sont prises au seul niveau national, sans qu'une coordination entre ces actions ne puisse être initiée. Les politiques continentales n'ont pris conscience que très récemment du problème, de façon que l'Union Européenne a pris l'initiative de débourser 2,1 milliards d'euros afin d'assurer la dépollution de 44 sites jugés comme prioritaires. En parallèle, l'initiative euromed "Horizon 2020", dont la création fut amorcée en 2005, vise à assurer la pérennisation d'actions communes des pays du pourtour méditerranéen. Mais, encore une fois, l'UPM et ses blocages institutionnels empêchent un éventuel développement d'"Horizon 2020"...tandis que la Méditerranée agonise.
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24 mars 2009
Européennes : la gauche radicale devancera-t-elle le PS ?
C'est un des principaux enseignements du sondage Ifop sur les intentions de vote aux élections européennes du 6 et 7 juin prochain, la percée de la gauche radicale, qui bénéficie de la décridibilisation du Parti Socialiste, des perspectives sombres de l'économie mondiale, ainsi que des répercussions sociales de la crise. Le NPA, le Front de Gauche (PCF et PG), les Verts et Lutte Ouvrière rassemblent ainsi à eux quatre, 23% des intentions de vote, soit un score identique que celui du Parti Socialiste. Ce dernier accuserait 3% de retard sur l'UMP (26%), et, fait marquant, voit son score chuter de plus de 5% par rapport aux échéances européennes de 2004. Un affaiblissement marquant au vu de la position dans laquelle le Parti Socialiste aborde ces élections européennes, celui d'une formation en opposition à un exécutif aussi impopulaire que ne l'était le tandem Chirac-Raffarin à la même époque (43,5% d'opinions favorables pour Fillon et Sarkozy contre 44,5% pour Raffarin et Chirac). La crise économique et ses conséquences sociales ont pourtant crée une forte vague de mécontentement dans l'opinion, 75% des français approuvent ainsi la mobilisation du 19 mars face à l'action du gouvernement, selon un sondage BVA-Les Echos.
En 2004, les listes socialistes avaient réuni 28,9% des suffrages; le climat politique et social n'était pourtant pas différent d'aujourd'hui (taux de chômage de 9,2% contre 8% aujourd'hui), si ce n'est que les perspectives économiques étaient moins sombres, et l'exécutif tout aussi impopulaire en raison de nombreuses réformes avortées. A l'heure actuelle, l'ensemble des conditions semblent donc requises pour assurer au Parti Socialiste une performance égale, si ce n'est meilleure, que les 28% obtenus en 2004. Comment donc expliquer ces sondages défavorables, qui le place derrière le parti de la majorité ? Le score élevé qu'obtiendrait une gauche radicale réunie (23%; contre 15,9% en 2004) explique pour beaucoup ce désarroi, par ailleurs influencé par une décridibilisation du Parti Socialiste. Martine Aubry n'a pas réussi jusqu'à maintenant a panser les plaies du Congrès de Reims, et les guerres internes, remises au goût de jour à l'heure de l'élaboration des listes européennes, se sont hâtées de dégouter une branche de l'électorat socialiste du PS.
La confiance vis à vis du premier parti de France en termes d'élus s'érode ainsi de jour en jour. 76% des français estiment qu'il n'a pas de réponses face à la crise, et 39% pensent qu'il a des dirigeants de qualité selon un sondage IFOP-JDD. Les querelles intestines qui nuisent à sa crédibilité sont pour beaucoup dans cette défiance de l'opinion vis à vis du PS. La crise idéologique dans laquelle il est plongé constitue un autre élément défavorable en ces temps de crise, où les propos discordants des différents chefs de file ne permettre pas d'imposer une ligne claire. La cohabitation entre sociaux-démocrates et socialistes convaincus s'avère relever du surréalisme. C'est pourtant la situation dans laquelle le PS est embourbée, scindé en deux branches bien distinctes. L'une souhaite accomplir un virage vers la social démocratie jugé inéluctable au vu de la politique menée par les derniers gouvernements socialistes, l'autre souhaite que le PS s'ancre dans les fondamentaux d'antan (voir mon article sur la crise idéologique du PS).
Face à la crise, le PS a perdu en légitimité, et voit ainsi la gauche radicale lui contester son autorité à gauche de l'échiquier politique. La radicalisation des mouvements contestataires et le dégoût vis à vis des patrons voyous, la "racaille du XVIème", deux phénomènes amplifiés par la crise sont exprimées avec plus de vigueur par la gauche radicale. La redistribution des richesses, l'interdiction des licenciements en cas de bénéfices sont des propositions qui ne peuvent être qu' appréciées alors que les fermetures d'usines se succèdent. La suppression de 655 postes par le groupe Total, dont les bénéfices ont excédé les 14 milliards d'euros l'an passé, se sont hâtées de mettre l'huile sur le feu. Et la gauche radicale, qui a fustigé des années durant le capitalisme sans règles ni morales s'en est retrouvé légitime.
Si les cinq formations de la gauche radicale pourraient devancer le Parti Socialiste, leur union reste inenvisageable. La proposition adressée à Olivier Besancenot de rejoindre un "front de gauche" n'a pas séduit le facteur trotskiste, qui préfère s'assurer son aura médiatique en faisant cavalier seul. La gauche radicale pourrait cependant s'inspirer de l'union de la famille écologiste, qui, au lendemain de la claque des présidentielles 2007 aborde ces échéances européennes dans une configuration inédite. Qui aurait pu croire que José Bové, Daniel Cohen-Bendit et Nicolas Hulot s'engageraient sous une bannière commune ? Les querelles de personnes ont été reléguées au second plan, et la question d'une candidature commune aux élections présidentielles 2012 est d'ores et déjà évoquée, les Verts pourraient alors céder la place à Nicolas Hulot. Un premier pas vers l'union de la gauche ?
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16 mars 2009
La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN en quatre questions
Nicolas Sarkozy a officialisé mercredi, dans le cadre d'une intervention à l'école militaire de Paris, la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, 43 ans après son retrait, initié par Charles de Gaulle. Vivement contestée, dans les rangs de l'opposition comme au sein de la majorité (Dominique de Villepin en première ligne), cette décision sera effective le 3 mars prochain, lors du 60ème anniversaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord qui se déroulera à Strasbourg et à Kehl, sur la frontière franco-allemande. La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, amorcée par l'action de Jacques Chirac et de François Mitterrand, s'apparente-t-elle à un changement de cap majeur dans l'histoire diplomatique de la France où a une simple formalité sans conséquences majeures ? Éléments de réponses.
Comment fonctionne l'OTAN ?
L'OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fut fondée en 1949 par les États-Unis, le Canada, la France, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas, l’Islande, le Danemark, le Luxembourg, le Portugal , le Royaume-Uni et la Norvège. La première mission de cette organisation, qui regroupait les alliés du bloc occidental, fut d'assurer le sécurité de l'"ouest" face à l'URSS, et d'agir en parallèle de l'ONU, dont la mission était entravée par les multiples vetos émis par les soviétiques, dès que les Etats-Unis se montraient favorables à un texte.
Les décisions politiques sont prises à l'unanimité par le Conseil de l'Atlantique Nord, composé de représentants des 26 états membres, et qui constitue l'organe de décision majeur de l'organisation. Le Conseil de l'Atlantique Nord se réunit plus d'une fois par semaine, où les états membres sont représentés par des ambassadeurs permanents. Une session bi-annuelle en présence des ministres de la défense des 26 états membres est convoquée, tandis que les chefs d'état sont présents lors de conseils extraordinaires.
Le commandement militaire de l'OTAN est l'organe stratégique de l'organisation, qui gère l'aspect purement militaire, c'est lui qui définit la stratégie des troupes sur le terrain. Jusqu'en 2003, l'Europe et l'Amérique du Nord assuraient la gestion de leurs commandements militaires respectifs, et cela avant qu'un commandement militaire unique n'ait été mis en place la même année. Le commandement militaire de l'OTAN comporte trois branches majeures : la première, le comité militaire, est la matière grise de l'OTAN, elle se charge ainsi de communiquer aux commandements ses recommandations politiques et militaires. La deuxième, le commandement allié opérations, est chargée de veiller au bon déroulement des opérations. Enfin, la troisième, le commandement allié transformation a pour mission d'assurer le développement des capacités militaires des 26 états membres, et d'assurer la modernisation de leurs systèmes de défense.
Quel est le rôle de la France dans l'OTAN ?
Pays fondateur de l'OTAN, la France est un membre historique du conseil de l'Atlantique Nord. Elle a cependant quitté le commandement militaire en 1966, sous l'impulsion du général de Gaulle. Ce dernier souhaitait ainsi que la France recouvre l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravée par la présence permanente d'éléments militaires alliés. On recensait effectivement à l'époque plus de 29 bases américaines (sous l'égide de l'OTAN) sur le territoire français, soit une communauté de 100 000 personnes. Le départ de ces derniers a entraîné une baisse conséquente de l'activité économique dans les villes où étaient installées les bases de l'OTAN (Tours, Laon, Orléans, La Rochelle etc...), plus de 18 000 emplois avaient effectivement été supprimés pour des raisons directement liées au départ des troupes.
En 1966, lorsque le Général de Gaulle fit part à son homologue américain Lyndon Johnson, de sa volonté de quitter le commandement militaire de l'OTAN, cette décision fut interprétée comme un premier pas vers une sortie définitive de l'organisation. La décision du Général en 1966 avait effectivement d'ores et déjà été balisée et préparée, la marine française ayant quitté l'égide de l'OTAN en 1964 et le stockage d'armes atomiques américaines sous le sol français ayant été suspendu en 1962. L'ensemble des observateurs nationaux s'accordaient donc à penser que le Général de Gaulle officialisait la sortie de la France de l'OTAN petits pas à petits pas.
Mais contrairement au souhait implicite qu'avait émis le général de Gaulle, la France n'affirmera pas son indépendance vis à vis à l'OTAN, bien au contraire puisque c'est un rapprochement qu'opéreront les successeurs de Charles de Gaulle. François Mitterrand avait ainsi engagé, et cela pour la première fois depuis 1966, des troupes françaises sous l'égide de l'OTAN lors d'une opération de maintien de la paix en Bosnie, entamant ainsi des négociations en vue d'un retour dans le commandement militaire de l'organisation. L'ancien chef d'état major Jacques Lanxade confit la semaine dernière au quotidien Le Figaro que Mitterrand a accepté, bien malgré lui, de se rapprocher du commandement intégré, parce qu'on ne pouvait pas engager nos forces dans le cadre de l'Alliance sans être impliqués dans la planification.
Jacques Chirac lui, ira plus loin en vue d'une réintégration dans le commandement militaire. Il participe en effet à l'ensemble des opérations de l'OTAN, exceptée celle en Irak, engageant ainsi 1774 soldats français au Kosovo et 2780 en Afghanistan. L'ancien président de la république aura énormément œuvré en faveur de la réintégration de la France dans l'OTAN, estimant que la construction de la défense européenne passerait inévitablement par le retour de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. Il entame ainsi des négociations durant plus de deuxans, entre 1995 et 1997, qui butent cependant sur le refus américain d'accorder à un français un commandement régional.
Aujourd'hui, la France est un acteur clé de l'organisation. Elle est la quatrième force militaire en termes de soldats déployés sous l'égide de l'OTAN et contribue à 7,3% du budget de l'organisation, ce qui fait d'elle le cinquième contributeur financier de l'organisation (derrière l'Italie - 7,67%, le Royaume-Uni - 11%, l'Allemagne - 19,2% et les Etats-Unis - 25,9%)
Quels sont les arguments de Nicolas Sarkozy ?
Le rapprochement avec l'Otan conforte notre indépendance nationale estime Nicolas Sarkozy, qui juge malsain d'engager la vie de nos soldats sur le terrain sans que la France ne soit en mesure d'influer sur les décisions stratégiques de l'OTAN. Le président de la république a par ailleurs estimé que la France doit co-diriger plutôt que subir, en assurant que ceux qui prétendent que notre indépendance serait en question trompent les Français.
Le député UMP Axel Poniatowski a lui aussi rappelé que l'indépendance de l'armée française restait intacte, démentant les critiques qui dénoncent un alignement sur les Etats-Unis, rappelant que l'Allemagne en Irak et la Grèce au Kosovo, bien qu'étant membres de l'OTAN n'avaient pas pris part à ces opérations. Le député Pierre Lelouche a lui estimé que cela fait vingt ans que la France se rapproche de manière rampantede l'OTAN et que de ce fait, le président a raison de mettre fin à un tabou et une hypocrisie. D'autres voix se sont élevées pour saluer cette décision, qui permettrait à la France d'influer sur les décisions stratégiques de l'organisation. Le commandement allié opération pourrait par ailleurs être assuré par un français.
Tout comme Jacques Chirac en son temps, Nicolas Sarkozy estime que le développement du projet d'une défense européenne passe inévitablement par une réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. Le président de la république française estime ainsi revenir à la situation de 2003, avec deux commandements militaires (un nord-américain et un européen). Enfin, la notion d'alignement sur les Etats-Unis est entièrement écartée par le gouvernement, qui rappelle que le situation géopolitique a profondément évolué depuis 1990, et que certains anciens satellites de l'URSS ont d'ores et déjà rejoints l'OTAN.
Qui s'oppose à cette réintégration ?
La majorité de la classe politique française a émis de vives critiques à l'égard de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, avec en première ligne le Parti Socialiste, dont la première secrétaire Martine Aubry a estimé que rien aujourd'hui ne justifie de rentrer dans le commandement militaire de l'Otan. Il n'y a pas d'urgence ni de raison fondamentale, si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie. L'opposition du PS à la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN conserve une part d'insolite, tant l'opposition menée par François Mitterrand et l'ensemble de la classe socialiste contre la décision du général de Gaulle avait été virulente. Mitterrand avait alors fustigé. à la tribune de l'Assemblée Nationale la volonté d'isolement fondée sur l'idée que le nationalisme est la vérité de notre temps..
Au centre, François Bayrou a rappelé que pendant des décennies, nous avions construit marque d'indépendance. Nous étions des alliés fiables et fidèles mais nous avions cette part de liberté. Aujourd'hui, en 2009, je considère que nous allons nous priver d'une (..) des seules cartes que nous avions dans notre jeu pour être autre chose qu'alignés à l'intérieur d'un ensemble occidental dont on a vu les bêtises qu'il pouvait faire. Même au sein de la majorité présidentielle certaines réserves ont été émises, les anciens premiers ministres Alain Juppé et Dominique de Villepin ont tout deux rendus publics leurs désaccords, le premier a estimé que je ne suis pas sur que cela soit le bon moment tandis que le deuxième a déclaré que nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale. La France est médiatrice entre l'Est et l'Ouest, médiatrice entre le Nord et le Sud, donc défendons cette voix originale.
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27 février 2009
Les axes du rapport Balladur rendus public
C'est un rapport déjà controversé que présentera la semaine prochaine l'ancien premier ministre Edouard Balladur, président du comité pour la réforme des collectivités territoriales, qui a étudié quatre mois durant un dossier qui n'a pas été réformé en profondeur depuis la décentralisation de 1982. Le comité, qui n'est pas allé jusqu'à requérir la suppression des départements comme les médias le supposaient, propose de restreindre le nombre de conseils régionaux qui passeront de 22 à une quinzaine. En contrepartie, les compétences des régions seront élargies, elles se verront ainsi attribuées la gestion des collèges, qui étaient jusqu'à alors du ressort du département.
Le comité Balladur préconise par ailleurs de favoriser le développement des intercommunalités (agglomérations, regroupement de communes au sein d'un organisme etc...), en leur accordant plus de marge de manœuvre , la commune n'étant pas l'échelon d'avenir a affirmé ce matin sur l'antenne de France Inter un des membres du comité, le socialiste André Valini. Le rapport préconise par ailleurs de supprimer les cantons, instituant de facto un nouveau mode d'élection des conseils généraux.
Point sensible du rapport, qui n'a pas été approuvé par les deux socialistes du comité que sont André Valini et Pierre Mauroy, la création d'un Grand Paris, collectivité regroupant près de 6 millions d'habitants et qui comprendrait les actuels départements de Paris, du Val-de-Marne, de la Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, qui seraient tous les quatre dissous, permettrait de résoudre les problèmes de logement et de transport auquel la capitale est confrontée. Le Grand Paris permettra par ailleurs une meilleure coopération au sein de la couronne parisienne, où un important écart de niveau de vie subsiste entre des départements tels que les Hauts de Seine et la Seine Saint Denis. La création du Grand Paris n'entrenera cependant en rien une suppression du conseil régional d'Ile de France et des communes de la couronne parisienne.
Selon les conclusions du comité, une stricte application des 20 mesures présentées dans le rapport Balladur, permettrait de réduire le nombre d'élus locaux en France, passant de 6000 à 4000. Cette réduction des "effectifs" n'entraînerait une économie que minime pour les collectivités, 0,73% du budget pour les départements et 0,36% pour les régions.
L'opposition a d'ores et déjà fustigé ce rapport, le président de la région Ile de France Jean-Paul Huchon voyant dans le texte une manoeuvre visant à déstabiliser le bloc de gauche, Bertrand Delanoe estimant lui que ce projet vise à casser Paris. Ségolène Royal, dans une démarche constructive, a quand elle estimé que c'est un sujet très important qui ne doit pas faire l'objet de propositions en catimini dans une commission, ni uniquement à être débattu au Parlement, mais qui doit associer tous les Français dans une démarche de démocratie participative.
La proposition de référendum émise par Ségolène Royal a été reprise par Edouard Balladur, qui propose quand à lui d'organiser une concertation en Ile de France, quand à la création du Grand Paris. Cette dernière, critiquée à gauche, l'est aussi à droite puisque l'ami de Nicolas Sarkozy Pierre Balkany a estimé que puisque Paris est à gauche et que le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis le sont aussi, faire le Grand Paris dans ces conditions reviendrait à organiser le dépouillement des Hauts-de-Seine. Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale J-F Copé a quand à lui déclaré que nous devons encore mener le travail de coproduction législative que nous avons réalisé sur le reste de la réforme territoriale.
03:33 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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13 février 2009
Le Parti Socialiste plongé dans une crise idéologique
Le 22 Juin dernier, le Parti Socialiste entérinait sa nouvelle déclaration de principes, cette ligne politique directrice, et prenait acte de sa propre évolution en excluant de ce texte de 21 articles, et cela pour la première fois, toute référence à la révolution. Cette nouvelle déclaration de principes définissait le PS comme un parti réformiste, une appellation moins radicale que celle de parti de la transformation sociale qui avait été retenue en 1990. En approuvant cette sixième déclaration de principes, le Parti Socialiste, avait, au lendemain de trois échecs présidentiels successifs, opté pour une évolution en douceur vers le courant social-démocrate, à l'image de ses partenaires européennes du SPD allemand ou du PD italien. Aujourd'hui, il est force de constater que l'approbation unanime de cette déclaration de principes n'a pas permis la résolution de la crise idéologique que traverse le Parti Socialiste. Bredouille, le premier parti de France en nombre d'élus se trouve tiraillé entre une gauche radicale séduisante en période de crise économique et un François Bayrou dont la performance lors des dernières échéances présidentielles n'a été oublié par personne.
Les changements voulus par Martine Aubry ne se concrétisent pas
L'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire, qui a porté à la direction du parti une classe dirigeante rajeunie et clairement ancrée à gauche (à l'image de Benoit Hamon) n'a toujours pas permis d'inverser la tendance. Le nouveau départ lancé par la première secrétaire, qui a tenu à ce que les cadres du parti limitent leurs interventions médiatiques, pour éviter des cafouillages préjudiciables, n'a pas permis de donner au PS l'apparence d'une formation unie idéologiquement. L'absence dans la direction des partisans de Ségolène Royal, qui représentent un peu moins de 50% de la base militante, y est pour beaucoup. Par ailleurs, la présence accrue de cadres socialistes dans les récentes manifestations n'ont pas séduit la gauche de la gauche, trop exaltée par la fondation du NPA, considéré par beaucoup comme le "vrai" parti de gauche français.
L'exil de la branche radicale du PS
Alors qu'il comptait quelques 280 000 adhérents à l'automne 2006, le Parti Socialiste en revendique aujourd'hui quelques 170 000, soit 40% de militants qui n'ont pas renouvelé leur cotisation. Symbole de la défection de la base militante du PS, ce recul d'adhésions considérable s'explique notamment par le concurrence accrue à la quelle doit faire face le PS, principalement à sa gauche. Le NPA d'Olivier Besancenot et le PG de Jean-Luc Mélenchon ne doivent leur popularité qu'à l'arrivée dans leurs rangs de socialistes déçus, qui reprochent au PS de ne pas aller assez loin. Cette branche radicale ne s'est jamais reconnue dans les mesures prises par le dernier gouvernement socialiste au pouvoir et se montre insatisfaite de l'évolution idéologique du PS, qui tend à sa rapprocher du centre-gauche.
Une mutation difficile, handicapée par l'élection de Martine Aubry
La mutation du Parti Socialiste vers la social-démocratie, inévitable si il souhaite accéder au pouvoir, ne se réalisera certainement pas sous la direction de Martine Aubry, qui depuis le début de son mandat, a réorienté le PS à la gauche de l'échiquier politique; bien qu'ayant lors de son passage au gouvernement Jospin, pour doper l'emploi, appliqué des exonérations de charges d'inspiration libérale, en contradiction avec les 35 Heures.
Cette exemple, qui pose Martine Aubry devant ses contradictions, symbolise une gauche hésitante, qui n'assume pas sa mutation en un parti social-démocrate, et qui se veut ancré à gauche, tout en ayant déjà eu l'occasion d'être freiné par les logiques économiques lors de leurs expériences gouvernementales. Le PS maintient ainsi sa branche radicale dans le rêve que la réforme socialiste est possible, tout en sachant pertinemment qu'une fois au pouvoir, ce sera une politique sociale démocrate que mènera le PS.
Pour renaître de ses cendres, le PS devra ainsi, à l'image de ses confrères européens, assumer sa mutation en un parti social-démocrate, une mutation qui repoussera certes la branche radicale du mouvement, mais qui lui permettra d'en finir avec les bredouillages permanents et les revirements de position incessants, et gagnera ainsi en légitimité.
18:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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07 février 2009
Le NPA, carrefour des sensibilités à la gauche de la gauche
Après près de 40 ans de luttes politiques et sociales, la Ligue Communiste Révolutionnaire a officialisé ce jeudi sa dissolution, dans le cadre du congrès fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste. Inpulsée par Olivier Besancenot, la fondation du NPA constitue un bouleversement inédit dans la paysage politique français, puisque ce mouvement ambitionne de rassembler l'ensemble de l'électorat anti-capitaliste d'extrême gauche au-delà de tout courant politique. La fédération de l'ensemble des forces militantes de la gauche de la gauche constituait d'ailleurs l'objectif avoué de la création du NPA, qui souhaite toucher un électorat plus populaire et sans doute moins intellectuel que la LCR. 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique précise d'ailleurs un responsable NPA, en conformité avec le souhait d'Olivier Besancenot, de faire du NPA le parti des sans voix.
Le NPA se pose dans une logique de rassemblement
Leur base d'adhésion, c'est le ras-le-bol de Sarkozy affirme quand à lui la figure historique de la LCR, Alain Krivine. Fort de quelques 9000 adhérents, et cela alors que sa fondation n'a toujours pas été officialisée, le Nouveau Parti Anticapitaliste compte ainsi dans ses rangs des altermondialistes, des troskistes, des communistes, des écologistes, quelques socialistes soit l'ensemble du peuple des rues, ceux qui ont le désir de concrétiser leur mécontentement de la politique gouvernementale, et qui récusent le manque de vigueur de l'opposition socialiste. La prolifération de mouvements à la gauche du PS ces dernières années les a par ailleurs incité au rassemblement dans une entité commune, ce que le NPA semble être en capacité de proposer, deux ans après la "victoire" unanime d'Olivier Besancenot aux élections présidentielles.
Une cohabition qui s'annonce difficile
Le défi du Nouveau Parti Anticapitaliste, sera de permettre la cohabitation de militants aux sensibilités aussi diverses et variées et cela au sein d'une même formation politique. La direction du mouvement a ainsi décidé de rompre tout lien avec la formation de la Quatrième Internationale Troskiste, un choix vivement dénoncé par les troskistes orthodoxes, bien que nécessaire dans la perspective de rassemblement de l'ensemble des forces de gauche. Reste que pour l'auteur Denis Pingaud, cette distance prise vis à vis du trotskisme n'est que très relative, le programme du NPA n'étant guère différent de celui de la LCR. Le choix de l'appelation définitive du NPA est d'ailleurs aujourd'hui une source de désaccords, entre communistes qui réclament que leur courant soit mentionné et troskistes qui regrettent la défunte LCR. La direction du NPA se dirigerait d'ailleurs vers un maintien du nom "Parti Anti Capitaliste", déjà connu par bon nombre de français.
Besancenot, l'élément moteur du NPA
Bien que démentant toute forme de dépendance à sa personne, Olivier Besancenot s'avère être l'élément moteur du Nouveau Parti Anticapitaliste et l'élément fédérateur de son réseau de militants. Sa jeunesse, son charisme et sa combativité, lui ont permis de supplanter le PCF à l'extrême gauche (voir mon article à ce sujet) tandis que son opposition virulente à Nicolas Sarkozy a tapé dans l'oeil à nombre de socialistes radicaux. Sa côte de popularité dépasse déosmrias les 60% et il se présente aujourd'hui tel le leader du vote contestataire, lui qui, à l'inverse du PCF, a su comprendre l'évolution sociologique de l'électorat populaire, qui ne se limite plus à la classe ouvrière.
Les européennes comme premier test
La fondation du NPA intervient à moins de quatre mois des élections européennes, échéances durant lesquelles les listes LCR avaient subi un échec cuisant il y a cinq ans, rassemblant moins de 2,6% des suffrages. Les analystes politiques avaient alors interprêté cet échec comme une non-capacité de la LCR à récupérer le mécontentement vis à vis de la politique gouvernementale, mécontentement qui avait largement profité aux listes socialistes. Aujourd'hui, ces échéances interviendront dans un tout autre contexte, Olivier Besancenot s'affirmant comme le leader du vote contestataire, souvent très prisé par les français lors des élections intermédiaires. Un bon score aux européennes de juin prochain constitueront donc un excellent départ pour le NPA, qui pourra alors envisager l'avenir en toute sérénité, et poursuivre la fédération de l'extrême gauche.
Cet article a été repris en une du "Post". Retrouvez le ici.
12:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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