05 avril 2009
Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
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Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
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03 mars 2009
Le lithium est-il le pétrole du futur ?
Si la presse internationale s'extasie régulièrement devant le cours du baril de pétrole qui s'est envolé de plus de 180% en cinq ans, celui du lithium a littéralement décollé : +857% sur la même période. Le prix de la tonne de lithium est ainsi passé de 350 dollars en 2003 à plus de 3000 aujourd'hui, témoignant d'un engouement international pour ce métal à la texture molle, présenté par certains comme le pétrole du futur.
Le lithium est effectivement utilisé pour concevoir les batteries lithium-ion, très légères, peu volumineuses, et dont la capacité de conduite d'électricité permet d'être utilisée dans le cadre d'automobiles électriques. Actuellement, les batteries lithium-ion ne sont utilisées que pour des appareils électroniques tels que portables et ordinateurs : la croissance des batteries lithium-ion a d'ailleurs pris des proportions vertigineuses ces dernières années : +50% de batteries lithium-ion dans les téléphones portables, +23% dans les ordinateurs portables. Les raisons de cet engouement ? La légèreté du lithium, un argument de poids face aux batteries nickel-métal hydrure, pourtant présentées il y a encore une vingtaine d'années comme batteries du futur.
Le lithium bolivien au coeur des convoitises
Si les batteries lithium-ion alimenteront plus tard nos automobiles, la Bolivie deviendra certainement le Moyen-Orient des prochaines décennies, un eldorado énergétique qui suscite beaucoup d'espoir au sein de ce pays de quelques 10 millions d'habitants. En effet, alors que 65% de la population vit sous le seuil de pauvreté et que l'indice de développement humain ne dépasse guère les 0,6 point, la Bolivie concentre sur son territoire plus de 70% des réserves mondiales de lithium, qui à défaut d'être aujourd'hui exploitées, suscitent nombre de convoitises.
Le groupe français Bolloré a d'ores déjà fait part de son intérêt pour le lithium bolivien, nécessaire à la commercialisation de sa "blue car", au même titre que les firmes japonaises Mitsubichi et Sumitomo. Depuis quelques temps, nous avons une proposition de la France, et il y a des experts dans le domaine du lithium pour construire des voitures avec des batteries au lithium avait affirmé le président bolivien Evo Morales, avant de se rendre en France pour entamer des négociations avec Vincent Bolloré. Les Etats-Unis lorgnent eux aussi depuis un certain nombre d'années sur le lithium de Bolivie, la société américaine Lithco avait d'ailleurs en 1990 commencé un travail d'extraction, avant que le nationaliste Gonzalo Sánchez de Lozada ne vienne l'empêcher.
Exploitation du lithium bolivien : un dilemme écologique
Mais le lithium bolivien présente une faille de poids, susceptible de ralentir la date de lancement de son exploitation. L'essentiel des réserves se trouvent en effet dans les bas-fonds du désert salé de Uyuni, vestiges d'un ancien lac d'eau de mer, merveille naturelle (voir photo) dont la destruction serait une conséquence inévitable de l'exploitation du lithium qu'il recèle.
Plusieurs associations environnementales se sont déjà dressées contre l'exploitation du désert d'Uyuni, ainsi que le secteur touristique local. Mais face à l'espoir de milliers de déshérites que véhicule l'exploitation du lithium et le travail qu'elle apportera aux populations locales, il sera difficile de parvenir à préserver cet édifice naturel somptueux. Aujourd'hui, rien ne certifie que le lithium d'Uyuni ne sera un jour exploité. Or, comme le souligne un économiste bolivien, si nous n’entrons pas dans la course maintenant, le marché trouvera d’autres solutions pour les besoins mondiaux de stockage de l’énergie.
Le lithium est-il une alternative au pétrole ?
Le lithium abonde-t-il en quantité suffisante sur la planète pour palier l'épuisement des nappes de pétrole ? Les experts ne cessent de se contredire sur la question, mettant en doute la capacité du lithium à alimenter les batteries lithium-ion pour l'ensemble du secteur automobile mondial les prochaines décennies.
En effet, tandis que le gouvernement américain évalue les réserves mondiales de lithium exploitables à 11 millions de tonnes, un cabinet scientifique français a quand lui émis le chiffre de 234.000 tonnes, ce qui, en prenant compte du lithium utilisé dans les mobiles et portables, ne permettrait de consacrer que 31.000 tonnes aux futures voitures électriques, soit moins de 1,5 millions d'automobiles. Mais si l'on se base sur les estimations américaines, les réserves de lithium seraient amplement nécessaires à la fabrication d'automobiles pour plus d'un siècle. Difficile donc, de promouvoir le lithium au titre de pétrole du futur si aucune garantie n'est apportée quand aux réserves disponibles...
Dans les conditions actuelles, affirmer avec certitude que l'ensemble de nos automobiles fonctionneront dans les prochaines décennies avec des batteries lithium-ion relève de la supposition. L'hypothèse la plus crédible se trouve dans le développement des voitures fonctionnant aux bio-carburants, tandis que la voiture électrique lithium-ion ne sera que minoritaire dans le parc automobile mondial. Quand à la Bolivie, le statut de moyen-orient du XXIème qu'elle compte obtenir nécessite que l'exploitation du lithium qu'elle possède soit entreprise prochainement, au risque de voir des technologies plus modernes émerger. Nissan a d'ores et déjà annoncé travailler sur un modèle de batteries dont l'autonomie, de 500 kilomètres, serait trois fois plus puissante que les lithium-ion...
Cet article à été repris sur Yahoo!.
00:27 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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24 janvier 2009
L’environnement peine à séduire les jeunes talents
La pénurie de professionnels pourrait pénaliser la création de 500.000 emplois liés à l’environnement d’ici à 2020, selon une étude récemment publiée. Le manque de personnel qualifié apparaît comme criant dans les secteurs de pointe et l’énergie. “Cette carence en capital humain peut tout simplement menacer la croissance de ce secteur dont les investissements ont affiché des progressions de 60 % en 2007“, explique à Réussir Luigi Slaviero, du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. L’entreprise, spécialisée dans l’emploi des cadres, pointe notamment du doigt les postes à hautes responsabilités, telles que les chief executive officers, les directeurs techniques ou les cadres expérimentés. Le développement de la filière étant relativement récent, les profils les plus qualifiés sont difficiles à dénicher. A la sortie des écoles, les grandes entreprises sont plus convoitées qu’une myriade de PME.Parmi ces emplois à pourvoir, figurent notamment les ingénieurs. Dans le domaine de l’énergie, les pétrolières et parapétrolières, telles que Technip, procèdent à de nombreux recrutements. La mobilité et l’adaptation à d’autres cultures sont les maîtres-mots dans le cadre de la recherche de nouveaux gisements de pétrole, par exemple. “L’entreprise offre de multiples opportunités à fort contenu international avec une prise de responsabilité rapide. Nos ingénieurs s’expatrient quelques années, en moyenne deux à trois ans“, indique au Figaro la responsable recrutement de Technip, Christine Brochard. Compte tenu de la forte croissance du marché de l’énergie, GE Energy anticipe les besoins à venir en procédant au recrutement de 250 ingénieurs, qui viendront s’ajouter aux 800 recrutés l’an dernier. Afin de séduire les jeunes, des concours en lien avec différents établissements sont mis en place.
Des freins identifiés par le Bureau international du travail
“Les données montrent que les emplois verts ne constituent pas automatiquement un travail décent. Nombre de ces emplois sont insalubres, dangereux et difficiles. L’emploi dans des activités comme le recyclage et la gestion des déchets, les bioénergies et le bâtiment tend à être précaire et peu rémunérateur“, avance le Bureau international du Travail pour justifier le rebut de certains candidats envers le secteur. Jusqu’à présent, l’environnement était essentiellement associé à la gestion des déchets, une activité qui génère de très nombreux emplois d’insertion mais peu attractive. Pourtant, les atouts sont nombreux en termes économiques, notamment en cette période de crise: les investissements visant à améliorer l’efficacité énergétique dans le bâtiment pourraient créer plus de 2 millions d’emplois, 20 millions de postes supplémentaires devraient se créer d’ici à 2030 dans les énergies renouvelables, tandis que le marché mondial des biens et services écologiques devrait doubler durant ce labs de temps.
Le manque de formations adaptées est cependant pointé du doigt par les recruteurs. Les filières universitaires seraient trop théoriques, tandis que les cursus professionnalisants souffrent d’un déficit d’image. L’enjeu se situe donc aujourd’hui davantage sur les compétences que sur la main-d’oeuvre potentielle, le développement durable ne devant pas seulement être considéré comme un eldorado mais surtout comme un moyen de mettre en oeuvre des savoirs-faire au service d’un secteur en pleine expansion. Afin de nourrir ce vivier de talents, les enseignants sont en première ligne; or, le manque de professeurs formés alerte les professionnels du secteur. L’environnement, prochain terrain de jeu de l’Education nationale ?
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19 novembre 2008
Vers un repoussement de l'âge de la retraite ?
Le gouvernement ouvre-t-il la voie à un repoussement de l'âge de la retraite ? Cette épineuse question fait à nouveau la une cette semaine, de part les grèves d'Air France qui contestent un amendement repoussant l'âge de la retraite des pilotes à 65 ans et la permission qu'a délivre le gouvernement de poursuivre son activité professionnelle jusqu'à 70 ans contre 65 auparavant. En effet, le Sénat a adopté mardi le projet de budget de la sécurité sociale 2009, qui inclut notamment l'autorisation pour les salariés du privé de travailler jusqu'à 70 ans.
En clair, lorsqu'un salarié aura atteint les 65 ans, son employeur ne sera désormais plus en droit de le mettre à la retraite d'office et devra demander l'avis du salarié concerné. Si ce dernier exprime son souhait de poursuivre sa carrière, son employeur n'aura désormais plus recours aux mises à la retraites automatiques. Une mesure fustigée par l'opposition ainsi que les syndicats, notamment l'organisation patronale des petites et moyennes entreprises françaises (CGPME) qui estime que poursuivre son activité au-delà de 65 ans exige une volonté réciproque du salarié et de l'employeur. Imposer le maintien d'un salarié jusqu'à 70 ans contre la volonté de son employeur, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives.
Même son de cloche pour le sénateur socialiste Jean-Pierre Bel qui accuse le gouvernement de préparer les esprits pour reculer l'âge de la retraite. Le député UMP M.Jacquat, qui est à l'origine de l'amendement en question, s'est défendu de ces critiques en estimant qu'il n'est plus acceptable qu'aujourd'hui qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes ses annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension.
En parallèle de cet amendement, le Sénat, en dépit de la grève des pilotes qui a fortement perturbé le trafic aérien ce week-end, a adopté l'amendement tant controversé qui stipule que les pilotes d'avion auront désormais la possibilité d'exercer leur profession jusqu'à 65 ans et 60 ans pour les hôtesses et stewards contre 60 et 55 auparavant , un amendement qui entrera en application dès 2010. A l'origine de la grève de ce week-end, il s'est avéré être extrêmement critiqué par les pilotes d'Air France, qui craignent que la vie des passagers soit mise en danger.
La problématique de l'âge de la retraite est plus que jamais présente, car il ne fait désormais plus de doute que du fait du vieillissement de la population, les cotisations actuelles ne permettront plus de financer l'ensemble des retraites. Car si cn compte actuellement 180 cotisants pour 100 retraités, ce chiffre sera de 120 pour 100 en 2050. Pis, le financement des retraites en 2020 s'élèvera à un montant de 25 milliards d'euros. Reste que face à cette situation, l'état reste inactif, se frottant lors du moindre projet de réforme aux réticences des syndicats, notamment lors de la remise en cause des régimes spéciaux. D'ailleurs, en refusant cette alternative au repoussement de l'âge de la retraite, les partenaires sociaux affichent leurs nombreuses et éternelles contradictions.
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10 novembre 2008
La démocratie à la Russe
Que reste-il aujourd'hui de l'euphorie provoquée par le chute de l'URSS, de la découverte de la démocratie, de l'apparition du pluralisme politique ? La démocratie est-elle sereinement installée en Russie aujourd'hui ? A l'heure, où vous lisez ces lignes, les journalistes indépendants, les opposants politiques et le peuple Russie vit-il dans la crainte de la mort ? A fortiori, la situation dans laquelle se trouve la Russie présente toutes les caractéristiques de l'autoritarisme soviétique. Pour les derniers opposants au Kremlin, il ne fait pas de doute que Vladimir Poutine a, en huit ans de présidence, annihilé l'ensemble des avantages acquis par le chute de l'Empire soviétique. Aperçu de la situation démocratique en Russie.
Quel statut pour l'opposition ?
Depuis la première élection de Vladimir Poutine, l'opposition est totalement marginalisée. 52%, 71%,70%, qu'il s'agisse de Dmitri Medvedev ou de Vladimir Poutine, les scores obtenus par les candidats de la majorité défient toute concurrence. Russie Unie, le parti affilié au Kremlin, contrôle l'ensemble du paysage politique et se charge de mettre de côté tout opposant crédible, de façon que la plupart des partis se réclamant de l'opposition sont montés de toute pièce par le Kremlin afin de légitimiser le système politique russe.
L'indépendance des formations politiques vis à vis du Kremlin est difficile à mesurer, d'autant que les médias ne fournissent qu'une information lue et approuvée par le Kremlin. De ce fait, un climat de méfiance s'est installé entre les Russes et l'opposition ce qui explique la très faible confiance qu'éprouve la population vis à vis des partis politiques. Un récent sondage ROMIR publié dans les colonnes du Jour de la Presse demandait aux sondés à quelles organisations publiques faisaient-ils le plus confiance. Seuls 1% des sondés ont répondu les partis politiques.
Parmi les 6 partis déclarés "d'opposition", affiliés lors des élections législatives de décembre 2007 et ayant obtenus plus d'1% des suffrages, seuls 2 peuvent clairement revendiquer le statut de parti d'opposition. Russie juste, le pouvoir civil, le Parti libéral-démocrate de Russie et le Parti agrarien de Russie affichent tous, leur sympathie pour le Kremlin. Ainsi, Russie Juste, fédération d'opposition fondée en 2006 des suites de la fusion de quatre mouvements, présente un message contradictoire en critiquant le programme de Russie Unie tout en approuvant son président, Vladimir Poutine; ce qui ne semble pas bouleverser les électeurs russes qui leur ont accordé plus de 7,74% des suffrages.L'affaire Rybkine est à ce jour le témoignage le plus flagrant de la mascarade politique Russe. Candidat aux présidentielles de 2004, il disparaît subitement durant trois jours, sans qu'il n'est mis au courant aucun de ses proches. Une fois réapparu, Rybkine assure qu'il a été victime d'un enlèvement, une déclaration que les autorités ne prennent cependant pas à sérieux puisqu'elles décident de ne pas ouvrir d'enquête.
Etrange, d'autant plus que Rybkine avait jusque la mené une campagne très critique vis à vis de Vladimir Poutine, ne manquant pas de le qualifier d'oligarque, dont Poutine s'était posé comme le principal opposant. Il avait, en parallèle de ces blâmes, menacé Vladimir Poutine, en direct à la télévision, de révéler une sombre histoire de son passé dont il avait connaissance. Se basant sur ces déclarations, certains journalistes indépendants, dont la reporter Anna Politkovskaia ont alors défendu la thèse de l'enlèvement par le Kremlin, qui aurait injecté du SP-117. Ce poison, utilisé par les services spéciaux, agit sur certaines parties du cerveau de façon telle que le patient devient incapable de se maîtriser, si bien qu'il répond à toutes les questions qui lui sont posées sans se souvenir par la suite des évènements qui se sont déroulés explique Anna Politkovskaia.
Une liberté de la presse bafouée
Si le Kremlin assure du contraire, la liberté de la presse reste bafouée en Russie. Dans son classement annuel de la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières n'accorde à la Russie que la 141ème position. Il y a très peu de journaux qui soient indépendants des autorités, et à l'extérieur de Moscou, c'est à peine s'ils existent affirme un journaliste. Il faut dire que la presse écrite Russe ne peut se targuer des mêmes chiffres de ventes que chez ses voisins occidentaux. La preuve avec les chiffres, puisqu'avec un tirage quotidien de 430.000 exemplaires, le principal quotidien national, Izvestia, devance le Figaro (premier quotidien français en terme de tirages) de moins de 24% alors que la population Russe représente le double de la population française !
Si la presse papier ne parvient pas à se hisser comme un média de première importance, c'est que la télévision occupe une place de poids dans la vie quotidienne russe . Ainsi, des sondages parus en 2001, indiquent que 54% des Russes laissent leur poste de télévision allumé même lorsque personne ne la regarde et 78% l'allument en se levant le matin. Du coup, le Kremlin se démène pour contrôler l'ensemble des grands groupes audiovisuels, comme en témoigne une journaliste qui déclarait récemment qu'on tente de nous imposer une ligne officielle dans le traitement de l'actualité, de la propagande à la place de discussions libres. En effet, depuis son accession à la présidence de la fédération, Vladimir Poutine s'est chargé de ramener à sa botte plusieurs chaînes télévisées tel NTV, qui, détenue par l'opposant Vladimir Goussinski, est désormais le bien du groupe Gazprom-Media, filiale de la compagnie énergétique éponyme (voir notre article à ce sujet). TV6, chaîne indépendante sur laquelle s'étaient repliés nombre d'ex-journalistes de NTV, a connu un sort identique de part sa liquidation pour mauvaise gestion. La chaîne, qui enregistrait par ailleurs d'excellentes audiences depuis un certain temps, a ainsi payé les divergences qu'elle affichait vis à vis du Kremlin.
18:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06 novembre 2008
Le nouveau souffle de l'Union pour la Méditerranée
Éclipsée par le scrutin présidentiel Américain, la réunion des 43 ministres des Affaires Etrangères de l'Union pour la Méditerranée, qui s'est tenue lundi et mardi au Palais du Pharo à Marseille, a abouti sur une déclaration commune historique qui imprime une nouvelle dynamique politique aux relations euro-méditerranéennes ont souligné les ministres dans une déclaration commune. Les désaccords de fond qui subsistaient entre états membres ont tous été réglés au terme de discussions rallongées par une demande Turque de dernière minute; rassemblant ainsi, et cela pour la première fois de l'histoire, Israël et l'Autorité Palestinienne dans une unique organisation internationale.
Ainsi, Israël a donc accepté que la Ligue Arabe bénéficie d'un statut de membre à part entière de l'UPM, de façon qu'elle participera à l'intégralité des réunions et qu'elle y sera autorisé à prendre la parole dans quelque cas de figure que ce soit. Par ailleurs, le siège du secrétariat général de l'Union sera basé à Barcelone, qui a été choisie aux dépends de La Valette et Marseille. Nicolas Sarkozy avait initialement souhaité que le siège soit basé sur la rive sud de la Méditerranéenne, mais s'était frotté aux réticences des pays arabes, non désireux d'accueillir le siège de l'organisation puisque cela engendrait une reconnaissance de facto d'Israël (présence d'une délégation Israélienne dans les locaux du siège).
Conscient du caractère historique de l'accord, Bernard Kouchner n'a pas caché sa déception lors de son arrivée en salle de conférence de presse, seulement occupée par une trentaine de journalistes. Accompagné par son homologue égyptien Ahmed Gheit, Bernard Kouchner a prié la presse de relever les points positifs d'une déclaration qu'il a qualifié d'historique et qui fait de trois grands chantiers que sont le dialogue politique et de sécurité, la sécurité maritime et la coopération sociale humaine et culturelle, les priorités de l'union concernant l'année 2009. Par ailleurs, les ministres ont décidé de planifier 15 évènements durant l'année à venir.
Afin d'assurer la sécurité maritime en Méditerranée, les 43 ministres présents se sont accordés pour annoncer la création d'un centre de coordination de la lutte anti-drogue et de l'organisation en 2009 par l'Italie d'un forum des services maritimes afin de partager des expériences. Sur le plan énergétique, la coopération avec le Maghreb sera renforcée précise la déclaration commune. Par ailleurs, les états membres de l'UPM ont fait part clairement de leur désir de créer une zone euro-méditerranéenne de libre échange, soulignant les progrès réalisés quand à la libéralisation des échanges agricoles.
Les ministres ont passé en revue les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des projets prioritaires sélectionnés (...) dans la déclaration de Paris précise le déclaration commune, qui prend note des bons résultats obtenus en terme d'énergies alternatives ainsi qu'au niveau de l'éducation avec la création en Slovénie d'une université euro-méditerranéenne, et qui sera bientôt suivie par le Maroc qui inaugurera prochainement une succursale de cet établissement à Fes.
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28 octobre 2008
Nicolas Sarkozy présente son plan de "mobilisation pour l'emploi"
Tel un symbole, c'est à Rethel, où Nicolas Sarkozy avait pour la première fois prononcé le slogan du Travailler plus pour gagner plus, où celui qui ne bénéficiait alors que du statut de candidat vantait les mérites d'une terre où il ne vient pas à l'idée des gens d'aller foutre le feu à une école ou à une voiture; que le président de la république a présenté son plan de mobilisation pour l'emploi, qu'il a qualifié en début de discours de 3e étape du plan d'action contre la crise financière. Lors de se discours d'une heure, prononcé devant l'ensemble du gouvernement, Nicolas Sarkozy a dénoncé les stratégies cyniques et opportunistes d'entreprises qui utiliseraient la crise ambiante pour justifier des réductions d'effectifs. Le président de la république a tenu a précisé que ce que les médias appellent "plan emploi" est fait pour les PME, les salariés et l'emploi, pas pour les banques, insistant quelques minutes plus tard sur ce point en affirmant que l'argent des banques est le nôtre.
Concernant les mesures concrètes en faveur des salariés, Nicolas Sarkozy a annoncé la création de 100.000 emplois aidés (contrats de travail que l'étât finance partiellement de part des subventions ou éxonérations) supplémentaires, pour un coût de 150 millions d'euros, s'adressant par la suite aux chercheurs d'emploi à qui il a promis que l'Etat vous permettra d'acquérir la formation pour un nouveau métier. Le chef de l'état a par ailleurs prévenu les partenaires sociaux que si un accord n'était pas trouvé, l'Etat prendra ses responsabilités».
Nicolas Sarkozy a aussi assuré que la fusion de l'ANPE et des Assedic sera effective dès l'été 2009, avec l'arrivée sur tout le territoire des guichets uniques afin que ce soit la même personne qui vous indemnise et vous aide à trouver un emploi . En terme d'indemnisation, il a jugé anormal qu'un CDD soit indemnisé moins longtemps qu'un CDI, une phrase qui s'inscrivait dans la lignée d'un discours où Nicolas Sarkozy aura proné une revalorisation du CDD estimant qu'en phase de ralentissement, un CDD en plus c'est un chômeur en moins.
Concernant le sujet polémique du travail le dimanche, Nicolas Sarkozy a exhorté les parlementaires de traiter du sujet, et cela sans tabou. Cette mesure risque cependant de rencontrer la vive opposition des partenaires sociaux, bien que 67% des français se déclarent prêts à travailler le dimanche si leur salaire est revalorisé par rapport à leurs honoraires semainiers.
Si ce plan a séduit Laurence Parisot qui a pris compte de la volonté du président de la République de lever les tabous, en particulier à propos du travail le dimanche et de l'utilisation des CDD pour stimuler l'économie, sont à saluer , il n'a pas suscité l'entoushiasme du côté de l'opposition, en témoigne François Hollande qui a déclaré que le discours du chef de l'étât n'a pas apporté les réponses qui étaient attendues par ceux qui craignent pour leur propre emploi.
La CGT quand elle, estime dans un communiqué que le président de la République n'a visiblement pas pris la mesure de l'urgence sociale. Son discours reste dans la logique des choix antérieurs où dominent les mesures de traitement social du chômage et de dérégulation du marché du travail.. Le syndicat ouvrier a par ailleurs annoncé établir sans attendre les contacts nécessaires en vue d'une mobilisation coordonnée et unitaire des syndicats dans les toutes prochaines semaines.
17:47 Publié dans Economie, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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26 octobre 2008
Energie : sommes-nous dépendants de la Russie ?
Premier producteur mondial de gaz, la Russie a fait de son potentiel énergétique une arme très dissuasive face au continent Européen. Coupures de gaz fréquentes et diverses menaces rappellent chaque jour au vieux continent que son indépendance énergétique est loin d'être acquise. Chaque année, 65% des exportations de gaz Russe sont acheminées en direction de l'Europe. Par ailleurs, la consommation annuelle de gaz Russe dans l'Union Européenne est évalué à plus de 25% de la consommation de gaz totale. Cette dépendance énergétique vis à vis de la Russie est cependant très répartie sur le territoire Européen puisque si la Slovaquie et la Finlande sont entièrement dépendantes du géant Russe, la France quand à elle, ne doit que 26,8% de sa consommation de gaz à la Russie. Cette tendance risque cependant de s'accélérer puisque les économistes prévoient que d'ici 2020, du fait des importantes réserves Russes, 70 % des importations européennes de gaz proviendront de Russie .
Comment mettre fin à cette dépendance ?
Si divers projets sont mis en place afin de réduire cette dépendance, la politique Européenne Énergétique est encore trop hétérogène pour aboutir à des résultats concrets. Seul le projet, certes ambitieux mais compromis de Nabucco est sérieusement évoqué. Ce gazoduc de 3300 kilomètres de long relierait la Géorgie au vieux continent, sans effectuer de détour par le géant russe (voir carte). Il traverserait la Géorgie, l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la République Thcèque et l'Allemagne.
La crise géorgienne estivale a cependant ralenti le projet puisque la Géorgie n'apparaît désormais plus comme un fournisseur stable. L'Iran, qui devait aussi participer au projet, n'apparaît plus non plus comme fiable depuis l'arrivée au pouvoir de l'extrêmiste Mahmoud Ahmadinejad qui nourri par ailleurs une excellente relation avec la Russie. Le manque de garanties quand aux réserves de l'Azerbaïdjan et de l'Iran est une autre problématique.
Les désaccords persistants entre membres de l'Europe Communautaire n'ont pas échappé au Kremlin qui s'efforce de contrecarer tout projet plausible tel que Nabucco. South Stream et North Stream font figure de réponse de la part de la Russie face au projet de Nabucco. En cours de construction, ils deserviraient l'Allemagne et l'Italie en contournant les ex-pays satellites de l'URSS, apportant ainsi de meilleures garanties quand à un approvisoinement régulier et stable. Seulement, ces deux gazoducs enterrent à nouveau l'idée d'un projet commun à l'Europe Communautaire.
Une utilisation politique du Kremlin
On s’est rendu compte que la Russie avait l’intention de se servir de cette énergie comme d’un instrument de puissance déclarait récemment un politique français. Cette constatation n'a rien d'anxiogène, elle est tout à fait réaliste. Le Kremlin est en effet a la tête, directement ou indirectement de l'ensenmble des grands groupes énergétiques Russes; à en croire que la Russie n'a toujours pas fait le deuil de sa période communiste. Gazprom, premier exportateur mondial de gaz appartient à l'étât pour 50,1%, et est fréquemment utilisé par le Kremlin comme une puissante arme de dissuasion. Conscient de l'intêret stratégique de Gazprom, Vladimir Poutine avait de 2004 à 2006 révoqué la privatisation de la compagnie voulue par son prédecesseur Boris Eltsine en augmentant la part de l'étât dans le capital de Gazprom, qui, en l'espace de deux ans passera de 38 à 50,1%.
La crise Ukrainienne de Janvier 2006 a démontré toute l'utilisation politique que fait le Kremlin de Gazprom. Cette dernière avait en effet brusquement décidé d'augmenter les prix du gaz pour l'Ukraine, qui bénéficiait jusque la de tarifs spéciaux du fait de leur adhésion à la CEI. Pour se justifier, Gazprom annonça que l'Ukraine était désormais considérée comme une économie de marché, et qu'elle devait accepter ce statut ainsi que les conséquences qui en incombent. Mais derrière ce prétexte maladroit, ce sont les désirs d'indépendance de l'Ukraine qui ont réellement motivé cette décision.
Toute puissante compagnie énergetique Russe est désormais sous la direction du Kremlin. Ioukos, cette compagnie pétrolière indépendante, n'a pas échappé à la règle. Le Kremlin s'est acharné en vain à placer sous son aile cette compagnie représentant 20% de la production pétrolière du pays. Afin d'y parvenir, elle accuse alors en 2004 son président directeur général, Mikhaïl Khodorkovski de vol par escroquerie à grande échelle et évasion fiscale, accablant alors Ioukos d'amendes considérables qui conduiront à la reprise de son activité par l'Etat ainsi que la vente aux enchères de plusieurs de ses filiales, actuellement détenues par Gazprom.
16:23 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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24 octobre 2008
La grande réforme du monde rural Chinois
Crise économique et prévisions de croissance à la baisse obligent, une grande réforme du monde rural chinois est étudié par le gouvernement qui traitera de la question lors du 17ème congrès du Parti Communiste qui se tient actuellement. En temps de crise, cette question semble primordiale d'autant plus que le ralentissement de l'économie chinoise s'est fait plus brusquement que prévu, en attestent les chiffres de la croissance du 3ème trimestre (9,1%) qui pour la première fois depuis six ans ne sont pas à deux chiffres. Par ailleurs, de multiples fermetures d'usines ont été observées dans tout le pays et la Chine est contrainte d'assumer sa dépendance auprès des grandes puissances mondiales.
Ce pays exportateur subit en effet de plein fouet la conjucture économique actuelle; en parallèle de l'ensemble des places financières nationales, les prix de l'immobilier ont lourdement chutés de plus de 40% et un ralentissement des exportations à été observé en août. Des suites de la fermeture de 67 000 PME sur l'ensemble du territoire, plus de 20 millions de Chinois auraient perdu leur emploi, un phénomène qui ne cesse d'amplifier en dépit des plans de relance du gouvernment Chinois qui ont distribué plus de 22 milliards d'€ d'aides aux entreprises. Dans ce contexte de crise financière, le gouvernement chinois peut regretter les fermetures d'usine qu'il avait réclamé lors des Jeux Olympiques de Pékin dans le but de réduire le taux très élevé de pollution, ce qui avait entraîné une nette baisse de la production.
Afin d'éviter un net ralentissement de la croissance pour l'année 2009, Pékin s'apprête à effectuer un nouveau pas vers le capitalisme (vers l'économie socialiste de marché comme tiennent à le préciser les autorités chinoises) en permettant aux paysans un droit d'usage sur les terres qu'ils exploitent tout en refusant d'abolir le principe de collectivité des terres. En clair, après avoir l'an passé reconnu le principe de propriété privée immobilière, le gouvernement Chinois néglige à nouveau un principe de base du communisme. Les conséquences attendues d'une telle mesure sont une stimulation de la production et par conséquent amener une couche sociale paysanne de plus de 750 millions de personnes vers un niveau de vie plus élevé et ainsi doper une croissance intérieure dont l'économie chinoise n'est que trop peu dépendante. Un autre objectif inavoué de cette réforme historique est de définitivement apaiser les régulières tensions qui ont lieu en milieu rural.
06:51 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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