13 février 2009

Le Parti Socialiste plongé dans une crise idéologique

Pupitre Vide du PS.jpgLe 22 Juin dernier, le Parti Socialiste entérinait sa nouvelle déclaration de principes, cette ligne politique directrice, et prenait acte de sa propre évolution en excluant de ce texte de 21 articles, et cela pour la première fois, toute référence à la révolution. Cette nouvelle déclaration de principes définissait le PS comme un parti réformiste, une appellation moins radicale que celle de parti de la transformation sociale qui avait été retenue en 1990. En approuvant cette sixième déclaration de principes, le Parti Socialiste, avait, au lendemain de trois échecs présidentiels successifs, opté pour une évolution en douceur vers le courant social-démocrate, à l'image de ses partenaires européennes du SPD allemand ou du PD italien. Aujourd'hui, il est force de constater que l'approbation unanime de cette déclaration de principes n'a pas permis la résolution de la crise idéologique que traverse le Parti Socialiste. Bredouille, le premier parti de France en nombre d'élus se trouve tiraillé entre une gauche radicale séduisante en période de crise économique et un François Bayrou dont la performance lors des dernières échéances présidentielles n'a été oublié par personne.

Les changements voulus par Martine Aubry ne se concrétisent pas
L'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire, qui a porté à la direction du parti une classe dirigeante rajeunie et clairement ancrée à gauche (à l'image de Benoit Hamon) n'a toujours pas permis d'inverser la tendance. Le nouveau départ lancé par la première secrétaire, qui a tenu à ce que les cadres du parti limitent leurs interventions médiatiques, pour éviter des cafouillages préjudiciables, n'a pas permis de donner au PS l'apparence d'une formation unie idéologiquement. L'absence dans la direction des partisans de Ségolène Royal, qui représentent un peu moins de 50% de la base militante, y est pour beaucoup. Par ailleurs, la présence accrue de cadres socialistes dans les récentes manifestations n'ont pas séduit la gauche de la gauche, trop exaltée par la fondation du NPA, considéré par beaucoup comme le "vrai" parti de gauche français.

L'exil de la branche radicale du PS
Alors qu'il comptait quelques 280 000 adhérents à l'automne 2006, le Parti Socialiste en revendique aujourd'hui quelques 170 000, soit 40% de militants qui n'ont pas renouvelé leur cotisation. Symbole de la défection de la base militante du PS, ce recul d'adhésions considérable s'explique notamment par le concurrence accrue à la quelle doit faire face le PS, principalement à sa gauche. Le NPA d'Olivier Besancenot et le PG de Jean-Luc Mélenchon ne doivent leur popularité qu'à l'arrivée dans leurs rangs de socialistes déçus, qui reprochent au PS de ne pas aller assez loin. Cette branche radicale ne s'est jamais reconnue dans les mesures prises par le dernier gouvernement socialiste au pouvoir et se montre insatisfaite de l'évolution idéologique du PS, qui tend à sa rapprocher du centre-gauche.

Une mutation difficile, handicapée par l'élection de Martine Aubry
La mutation du Parti Socialiste vers la social-démocratie, inévitable si il souhaite accéder au pouvoir, ne se réalisera certainement pas sous la direction de Martine Aubry, qui depuis le début de son mandat, a réorienté le PS à la gauche de l'échiquier politique; bien qu'ayant lors de son passage au gouvernement Jospin, pour doper l'emploi, appliqué des exonérations de charges d'inspiration libérale, en contradiction avec les 35 Heures.

Cette exemple, qui pose Martine Aubry devant ses contradictions, symbolise une gauche hésitante, qui n'assume pas sa mutation en un parti social-démocrate, et qui se veut ancré à gauche, tout en ayant déjà eu l'occasion d'être freiné par les logiques économiques lors de leurs expériences gouvernementales. Le PS maintient ainsi sa branche radicale dans le rêve que la réforme socialiste est possible, tout en sachant pertinemment qu'une fois au pouvoir, ce sera une politique sociale démocrate que mènera le PS.

Pour renaître de ses cendres, le PS devra ainsi, à l'image de ses confrères européens, assumer sa mutation en un parti social-démocrate, une mutation qui repoussera certes la branche radicale du mouvement, mais qui lui permettra d'en finir avec les bredouillages permanents et les revirements de position incessants, et gagnera ainsi en légitimité.

12 novembre 2008

Faut-il limiter les commémorations à trois par an?

033d023a-af63-11dd-97ed-4dc25ac71448.jpg C'est un rapport polémique qu'a rendu aujourd'hui l'historien André Kaspi au secrétaire d'état des anciens combattants, le socialiste Jean-Marie Bockel. Dans ce rapport rédigé à la demande de l'Elysée, André Kapsi préconise un abaissement du nombre de commémoration nationales à 3 contre 12 actuellement. Il n'est pas sain qu'en l'espace d'un demi-siècle, le nombre de commémorations ait doublé. Il n'est pas admissible que la nation cède aux intérêts communautaristes et que l'on multiplie les journées de repentance pour satisfaire un groupe de victimes, car ce serait affaiblir la conscience nationale estime la comission, justifiant sa position en dénonçant le clientélisme ou le communautarisme mémoriel qui provoque des revendications nouvelles et incessantes.

Ainsi, le rapport préconise de ne commémorer plus que le 8 Mai (date symbolique de la chute de l'Allemagne Nazie) , le 11 Novembre (en hommage aux millions de morts du premier conflit mondial) et le 14 Juillet (pour rappeler les valeurs de la révolution) afin de donner une signification particulière à ces trois évènements. De ce fait, les six commémorations nationales instaurées par Jacques Chirac durant son mandat (8 Juin pour les morts pour la France en Indochine, le 25 Septembre pour les harkis, le 16 Juillet pour les Justes, le 5 Septembre pour les anciens combattants du Maghreb, le 18 Juin pour l'anniversaire du discours du général de Gaulle et le 10 mai pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage) ne seraient plus que célébrées au niveau local, où, lors d'une date particulière tel un anniversaire.

Premier à régir, le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale Jean-François Copé s'est montré totalement hostile à supprimer les rendez-vous nationaux de commémoration ajoutant qu'à un moment où nous sommes en train de réfléchir à comment reconstituer une identité française, imaginer qu'on puisse le faire en foulant aux pieds des éléments majeurs de notre histoire, c'est un contresens vraiment très fort. Jean-Marie Bockel a lui aussi rejeté la proposition d'André Kapsi, affirmant être contre la remise en cause de commémorations existantes, qu'elles soient nationales ou autres. L'ancien minsitre de l'Intérieur socialiste de François Mitterrand, Paul Quiés, s'est quand à lui interrogé si la multiplication des commémorations ne risque pas d'en affaiblir la portée.

En rédigeant ce rapport, la comission Kapsi soulève une problématique bien réelle qui coïncide d'autant plus avec la première cérémonie du 11 Novembre célébrée sans poilu, et où l'utilité de commémorer un évènement que nul en France n'a vécu est mise en cause. Enfin, quelle est la signification de ces cérémonies pour la nouvelle génération ? La mise en place d'une unique journée de commémoration, afin de célébrer l'armistice des deux guerres mondiales ainsi que les autres conflits qui ont secoué la France (Algérie, Indochine etc...) lors du XXème siècle pourrait aussi être envisagée afin de redonner du sens à ces célébrations.