21 septembre 2009
José Socrates en quête d'une majorité
L’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n'est qu'un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n'en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu'aujourd'hui les conséquences d'une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s'est d'ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu'une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d'établir une majorité avec moins de 33% d'intentions de vote...
Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles
José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l'électorat populaire qu'il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l'est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu'un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.
Il allonge également l'âge de la retraite et ne se prive pas d'amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d'une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu'à 90% du dernier salaire).
Cette politique d'austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n'a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s'élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s'était fixé pour objectif d'annihlier les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).
La gauche gronde
Cette politique réformiste aux effets somme toute modestes s'avère problématique à l'heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l'orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.
Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu'en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l'éducation nationale, traditionnelement acquis au Parti Socialiste n'affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volontée affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l'éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient consitutés un cortège monstre au coeur de Lisbonne !
Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu'un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.
Un retour aux sources improvisé
Face à la gronde de l'électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n'a donc pas lésiné sur les moyens, quite à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L'allocation familiale de rentrée, jusqu'alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d'épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.
Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d'inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l'opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d'ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l'électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd'hui, la crise étant passé par la, les rapports de force ont évolué, et c'est à sa gauche que José Socrates doit s'assurer un capital de voix.
06:38 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : portugal, europe, élections, international, législatives, socrates, grève, crise, libéralisme, socialisme, ps, socialiste |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
02 septembre 2009
L'Islande au défi de l'Europe
L'Islande et ses quelques 320 000 habitants ont abordé la saison estivale avec la satisfaction du travail accompli : l'Althing, le parlement monocaméral de cette île frappée de plein fouet par la crise économique, a autorisé par une courte majorité (33 voix contre 28) la premier ministre Johanna Sigurdardottir a déposer la candidature de l'Islande à l'Union Européenne, légiférant ainsi sur la mesure phare du programme des sociaux-démocrates.
La question de l'adhésion à l'Islande à l'UE, jusqu'à alors exclue par les différentes forces de l'échiquier politique a été mise à l'ordre du jour au lendemain de la crise financière de l'automne 2008 : les trois premières banques du pays (Landbanski, Glitnir et Kauphting) ont dues être nationalisées faute de liquidités, les taux d'intérêt se sont élevés à plus de 20% et la couronne islandaise a perdu la moitié de sa valeur par rapport à l'euro.
Aujourd'hui, les conservateurs du Parti de l'Indépendance comme les sociaux-démocrates en passant par le Mouvement Vert de Gauche se sont accordés sur la nécessité d'adopter la monnaie unique afin de subir moins sévèrement une telle crise financière. Cependant, le premier et le troisième souhaiteraient négocier avec Bruxelles une adoption de l'euro sans adhésion, malgré un premier refus catégorique.
Une indépendance chèrement acquise
L'adhésion à l'UE ne rencontre effectivement guère d'opinions positives. Le réferundum, qui tranchera la question à l'issue des négociations d'adhésion risque d'être particulièrement disputé. Ce relatif eurosceptisme est à mettre sur le dos du caractère insulaire de la société islandaise : la faute à une histoire trouble qui a donné un caractère si cher et si précieux à la notion d'indépendance.
Effectivement, depuis sa fondation en 930, l'Islande, l'"Ile de Glace" n'a connu que 397 années de souveraineté pour 682 d'occupation étrangère ! La Norvège a pris le contrôle de l'île de 1262 à 1383, date où l'Union de Kalmar (rassemblement de la suède, de la norvège et du danemark) s'est formée, laissant place au Royaumme de Danemark-Norvège puis le Royaumme du Danemark à partir de 1814 avant que les Britanniques et les Américains n'occupent l'Islande dès 1940 jusqu'à la déclaration d'indépendance de 1944.
L'Islande craint de voir sa souveraineté entamée...
On comprend via ce bref historique l'importance qu'accorde l'Islande à l'indépendance et à la souveraineté. Or, face aux prérogatives accrues de l'Union dans nombre de domaines, le spectre du fédéralisme inquiète la toute jeune islande. De plus, au vu de sa faiblesse démographique (avec 320 000 habitants, la population islandaise représente moins de 0,06% de la population européenne), l'Islande craint d'être marginalisée au sein de l'Union.
Le risque de voir l'anglais gagner en importance au profit de l'islandais inquiète également un pays où la conservation du patrimoine lingustique possède une signification toute particulière. Les invasions étrangères ont en effet entravé une modernisation de l'islandais, la population ayant recours à des introductions de mots étrangers (danois principalement), dégradant de facto la pureté de l'islandais, musée lingustique à part entière puisque n'ayant subi que très peu de modifications depuis le XIIème siècle ! Afin d'éviter de nouvelles introductions de mots étrangers, les gouvernements successifs ont donc mis en place des comissions de terminologie qui assurent la perpétuelle modernisation et la pureté de la langue islandaise .
...et la santé du secteur halieutique déchoir
Mais au-dela de ces aspects historiques et affectifs l'adhésion de l'islande à l'Union Européenne rencontre des problématiques moins superficielles. Effectivement, la crise économique ayant mis à plat le système bancaire, la pêche est redevenu le premier secteur d'activité. Or, les conditions d'adhésion à l'UE exigent la libre circulation des navires communautaires au sein des espaces maritimes nationaux, permettant ainsi aux 27 états membres d'accéder aux ressources halieutiques islandaises. De plus, les quotas drastiques imposés par Bruxelles ne réjouissent guère les Islandais, qui seraient également contraints de cesser la pêche de baleines.
Cependant, ce point litigieux sera à priori le seul et unique à enrayer le bon déroulement des négociations, les conditions économiques, budgétaires et financières étant d'ores et déjà respectées pour l'Islande, adhérente à l'Espace Economique Européen. Quoi qu'il en soit, l'insularité conjuguée au fort ressentiment national islandais et les conditions sévères fixées par Bruxelles nous empêchent à l'heure actuelle de présenter l'Islande comme le 28ème état européen...
00:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : islande, crise, international, politique, europe, adhésion, élargissement, histoire, indépendance |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
05 avril 2009
Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
13:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : économie, sarkozy, actualité, développement, g20, crise, europe, obama, 2009, economie, nicolas sarkozy, barack obama, argent |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
24 mars 2009
Européennes : la gauche radicale devancera-t-elle le PS ?
C'est un des principaux enseignements du sondage Ifop sur les intentions de vote aux élections européennes du 6 et 7 juin prochain, la percée de la gauche radicale, qui bénéficie de la décridibilisation du Parti Socialiste, des perspectives sombres de l'économie mondiale, ainsi que des répercussions sociales de la crise. Le NPA, le Front de Gauche (PCF et PG), les Verts et Lutte Ouvrière rassemblent ainsi à eux quatre, 23% des intentions de vote, soit un score identique que celui du Parti Socialiste. Ce dernier accuserait 3% de retard sur l'UMP (26%), et, fait marquant, voit son score chuter de plus de 5% par rapport aux échéances européennes de 2004. Un affaiblissement marquant au vu de la position dans laquelle le Parti Socialiste aborde ces élections européennes, celui d'une formation en opposition à un exécutif aussi impopulaire que ne l'était le tandem Chirac-Raffarin à la même époque (43,5% d'opinions favorables pour Fillon et Sarkozy contre 44,5% pour Raffarin et Chirac). La crise économique et ses conséquences sociales ont pourtant crée une forte vague de mécontentement dans l'opinion, 75% des français approuvent ainsi la mobilisation du 19 mars face à l'action du gouvernement, selon un sondage BVA-Les Echos.
En 2004, les listes socialistes avaient réuni 28,9% des suffrages; le climat politique et social n'était pourtant pas différent d'aujourd'hui (taux de chômage de 9,2% contre 8% aujourd'hui), si ce n'est que les perspectives économiques étaient moins sombres, et l'exécutif tout aussi impopulaire en raison de nombreuses réformes avortées. A l'heure actuelle, l'ensemble des conditions semblent donc requises pour assurer au Parti Socialiste une performance égale, si ce n'est meilleure, que les 28% obtenus en 2004. Comment donc expliquer ces sondages défavorables, qui le place derrière le parti de la majorité ? Le score élevé qu'obtiendrait une gauche radicale réunie (23%; contre 15,9% en 2004) explique pour beaucoup ce désarroi, par ailleurs influencé par une décridibilisation du Parti Socialiste. Martine Aubry n'a pas réussi jusqu'à maintenant a panser les plaies du Congrès de Reims, et les guerres internes, remises au goût de jour à l'heure de l'élaboration des listes européennes, se sont hâtées de dégouter une branche de l'électorat socialiste du PS.
La confiance vis à vis du premier parti de France en termes d'élus s'érode ainsi de jour en jour. 76% des français estiment qu'il n'a pas de réponses face à la crise, et 39% pensent qu'il a des dirigeants de qualité selon un sondage IFOP-JDD. Les querelles intestines qui nuisent à sa crédibilité sont pour beaucoup dans cette défiance de l'opinion vis à vis du PS. La crise idéologique dans laquelle il est plongé constitue un autre élément défavorable en ces temps de crise, où les propos discordants des différents chefs de file ne permettre pas d'imposer une ligne claire. La cohabitation entre sociaux-démocrates et socialistes convaincus s'avère relever du surréalisme. C'est pourtant la situation dans laquelle le PS est embourbée, scindé en deux branches bien distinctes. L'une souhaite accomplir un virage vers la social démocratie jugé inéluctable au vu de la politique menée par les derniers gouvernements socialistes, l'autre souhaite que le PS s'ancre dans les fondamentaux d'antan (voir mon article sur la crise idéologique du PS).
Face à la crise, le PS a perdu en légitimité, et voit ainsi la gauche radicale lui contester son autorité à gauche de l'échiquier politique. La radicalisation des mouvements contestataires et le dégoût vis à vis des patrons voyous, la "racaille du XVIème", deux phénomènes amplifiés par la crise sont exprimées avec plus de vigueur par la gauche radicale. La redistribution des richesses, l'interdiction des licenciements en cas de bénéfices sont des propositions qui ne peuvent être qu' appréciées alors que les fermetures d'usines se succèdent. La suppression de 655 postes par le groupe Total, dont les bénéfices ont excédé les 14 milliards d'euros l'an passé, se sont hâtées de mettre l'huile sur le feu. Et la gauche radicale, qui a fustigé des années durant le capitalisme sans règles ni morales s'en est retrouvé légitime.
Si les cinq formations de la gauche radicale pourraient devancer le Parti Socialiste, leur union reste inenvisageable. La proposition adressée à Olivier Besancenot de rejoindre un "front de gauche" n'a pas séduit le facteur trotskiste, qui préfère s'assurer son aura médiatique en faisant cavalier seul. La gauche radicale pourrait cependant s'inspirer de l'union de la famille écologiste, qui, au lendemain de la claque des présidentielles 2007 aborde ces échéances européennes dans une configuration inédite. Qui aurait pu croire que José Bové, Daniel Cohen-Bendit et Nicolas Hulot s'engageraient sous une bannière commune ? Les querelles de personnes ont été reléguées au second plan, et la question d'une candidature commune aux élections présidentielles 2012 est d'ores et déjà évoquée, les Verts pourraient alors céder la place à Nicolas Hulot. Un premier pas vers l'union de la gauche ?
04:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : politique, france, ps, royal, sarkozy, besancenot, npa, crise, europe, européennes, élections, élections européennes, verts |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
25 février 2009
Le Parti Démocrate à bout de souffle
Walter Veltroni aura finalement payé de sa tête les déboires du Parti Démocrate dont il assurait la présidence. En Italie, l'ancien maire de Rome (voir image, premier plan) a décidé de quitter la présidence du Parti Démocrate, la défaite cuisante de Renato Soru aux élections régionales anticipées en Sicile (42% contre 51% pour la liste soutenue par le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi) ayant eu l'effet de la goutte d'eau faisant déborder un vase rempli de multiples couacs qui ont fait suite à la défaite aux élections générales (renouvellement des deux chambres du parlement) de 2008. L'optimisme est de retour, ainsi que la confiance et la volonté de combattre a affirmé samedi le successeur de Walter Veltroni, Dario Franceschini (voir image, second plan), élu avec 83% des suffrages par un collège électoral de 1258 délégués. La mission de cet avocat issue de la "Marguerite" (cf.paragraphe ci-dessous) ? Assurer durant les huit prochains mois la pérennité d'une formation dont l'équilibre se retrouve aujourd'hui menacé.
Aux origines d'un échec connu d'avance
Première force d'opposition italienne, le Parti Démocrate est le fruit de la fusion en octobre 2007 de sept formation au centre-gauche de l'échiquier politique italien, dont les plus influentes sont les "Démocrates de Gauche" (force de gauche historique, héritière du Parti Communiste Italien, formation sociale démocrate depuis les années 1990) et la Marguerite (formation centriste), qui peinent aujourd'hui encore à cohabiter, en raison de nombreux différents sur des sujets sociétaux. Voulue par Romano Prodi au lendemain de son élection à la présidence du conseil, la création du PD avait pour objectif de réunir au sein d'une même entité l'ensemble des forces membres de la coalition dite de "L'Union", qui avait porté en 2006, Romano Prodi à la présidence du conseil.
Quelle crédibilité ?
Approuvée par 75% des militants, la fondation du Parti Démocrate n'a pas apporté à ses fondateurs le crédit qu'ils espéraient. Un grand parti de rassemblement des communistes aux centristes, telle était la destinée que souhaitait au PD Romano Prodi, Walter Veltroni et consorts. Lors des dernières élections générales, en 2008, le Parti Démocrate avait réuni 33,17% des suffrages, auxquels doivent s'ajouter les 4,37% obtenus par le parti centriste allié au PD, l'Italie des Valeurs. Un score en augmentation de 4% vis à vis des élections générales de 2006 puisque le Parti Démocrate a bénéficié du vote utile, pour lequel avaient opté nombre d'électeurs de gauche. Mais une large branche de ces derniers se sont aussi réfugiés dans l'abstention (plus haut taux d'abstention de l'histoire), tandis que les électeurs du centre ont quand à eux privilégiés la coalition emmenée par Silvio Berlusconi. A gauche, comme au centre, le Parti Démocrate manque de crédibilité tant le rassemblement qu'il souhait opérer surprend par sa largeur.
Vers le schisme ?
Aujourd'hui, la menace pour le Parti Démocrate est celle du schisme. Deux ans après leur fusion, les Démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite semblent se rapprocher inexorablement d'une séparation, marquant ainsi l'échec retentissant d'un parti démocrate dont l'aspiration de rassembler de l'extrême gauche au centre apparaissait aux yeux des électeurs comme un grand écart manquant totalement de crédibilité. Le morcellement de l'opposition italienne, très probable à l'heure actuelle, constitue un nouvel avantage pour Silvio Berlusconi, qui n'a face à lui, qu'une multitude de mouvements incapables de s'unir. L'apogée d'un bipartisme en Italie n'est donc toujours pas d'actualité, et c'est encore le jeu des coalitions qui prévaudra dans un système politique en quête de modernité...
04:21 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, europe, crise, 2009, ps, actualité, actualités, crise économique, italie, prodi, pd, berlusconi |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
21 février 2009
Ça se soigne ?

Le fils d'une de mes amies a été hospitalisé à cause d'une appendicite, il a du attendre 12 heures avant d'être opéré alors qu'il se tordait le ventre; lorsque le médecin est enfin arrivé pour l'opération il faisait peur à voir, je ne pensais pas qu'il serait en état d'opérer son fils. L'hôpital va mal. Pour cette infirmière, qui nous livre ce témoignage frappant, le constat relève du pessimisme : l'hôpital public français a perdu de sa superbe. La récente inflation des décès par manque de soins au sein du milieu hospitalier a relancé le débat sur l'état de l'hôpital français, en manque de moyens pour l'opposition, en manque d'organisation pour la majorité.
Cela fait 10 ans que nous alertons les pouvoirs publics sur le manque de personnels et notamment de médecins, la nuit. Aujourd'hui, la sécurité des patients n'est pas assurée dans bon nombre d'établissements affirmait récemment une syndicaliste CFDT au quotidien Ouest-France. Le président de la république Nicolas Sarkozy, récuse quand à lui tout manque de moyen et estime que l'hôpital doit être mieux organisé, rappelant qu'entre 1998 et 2008, la France, au travers des dépenses de l'assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget [de l'hôpital] de 50%. C'est 23 milliards d'euros de plus pour l'hôpital au cours des dix derniers années.
Ces 23 milliards d'euros évoqués par le président de la république font cependant partis du domaine de l'hypothétique. Sur la période 1994-2006, l'hôpital public français a en effet perdu 16% de lits, puisque contre 523 242 places en 1994 selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, seuls 439 765 seraient encore en place. Cette détérioration se manifeste particulièrement dans des secteurs tels que la psychiatrie, où un tiers des places disponibles en 1994 ont été supprimés.
La réforme de l'hôpital, débattue en ce moment même par le Parlement sous le nom d'"Hôpital, patients, santé, territoires", est largement inspirée du rapport établi par le président du Sénat Gérard Larcher qui proposait un regroupement des établissements hospitaliers, interprété par certains comme la suppression à venir des hôpitaux à faible activité. La réforme permettra ainsi aux hôpitaux de développer une coopération entre établissements du même secteur, ce qui permettra selon la ministre de la santé Roselyne Bachelot de surmonter quelques blocages exceptionnels.
Exceptionnels les blocages ? A en croire infirmières et médecins, non. Les hôpitaux sont surchargés d'autant plus que le manque de personnel est criant. Plus de 5000 postes seraient vacants dans l'hôpital public, contraignant ainsi le personnel hospitalier à effectuer des heures supplémentaires qui restent bien souvent impayées. Le nombre d'infirmiers par lit en milieu hospitalier est ainsi un des plus bas d'Europe occidentale, avec 0,56 infirmiers par lit en France contre 0,75 en Allemagne, 1,36 en Italie, 1,68 en Espagne et plus d'1,8 au Royaume-Uni. L'atout de l'hôpital français reste cependant le nombre d'établissements qu'il compte (plus de 4,8 pour 100 000 habitants alors que la moyenne des cinq pays les plus nombreux de l'UE ne dépasse guère les 2,9 établissements pour 100 000 habitants), atout qui se retrouve aujourd'hui menacé par la réforme de l'hôpital.
Le manque de personnel constitue donc un des handicaps des plus préjudiciables pour l'hôpital, notamment victime d'une pénurie de médecins. Pénurie paradoxale puisque c'est l'étât lui même qui l'a initiée via le numerus clausus, principe limitant le nombre d'étudiants admis dans les écoles de médecines. L'étât avait commencé à employer ce procédé dès 1972 pour réduire le déficit de l'assurance maladie, un choix qui s'avère aujourd'hui très préjudiciable pour l'hôpital public. Face à la pénurie de médecins, le gouvernement Raffarin avait d'ailleurs décidé en 2003 de relever le nombre d'étudiants acceptés en médecine, un choix qui ne prendra effet que dans 10 ans. A l'heure actuelle, 11 000 étudiants en médecine sont reboutés chaque année dans leur ambition d'exercer des professions dont les sous-effectifs mettent pourtant en péril notre hôpital...
11:41 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : hôpital, politique, sarkozy, santé, gouvernement, crise, 2009, maladie, bachelot |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
13 février 2009
Le Parti Socialiste plongé dans une crise idéologique
Le 22 Juin dernier, le Parti Socialiste entérinait sa nouvelle déclaration de principes, cette ligne politique directrice, et prenait acte de sa propre évolution en excluant de ce texte de 21 articles, et cela pour la première fois, toute référence à la révolution. Cette nouvelle déclaration de principes définissait le PS comme un parti réformiste, une appellation moins radicale que celle de parti de la transformation sociale qui avait été retenue en 1990. En approuvant cette sixième déclaration de principes, le Parti Socialiste, avait, au lendemain de trois échecs présidentiels successifs, opté pour une évolution en douceur vers le courant social-démocrate, à l'image de ses partenaires européennes du SPD allemand ou du PD italien. Aujourd'hui, il est force de constater que l'approbation unanime de cette déclaration de principes n'a pas permis la résolution de la crise idéologique que traverse le Parti Socialiste. Bredouille, le premier parti de France en nombre d'élus se trouve tiraillé entre une gauche radicale séduisante en période de crise économique et un François Bayrou dont la performance lors des dernières échéances présidentielles n'a été oublié par personne.
Les changements voulus par Martine Aubry ne se concrétisent pas
L'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire, qui a porté à la direction du parti une classe dirigeante rajeunie et clairement ancrée à gauche (à l'image de Benoit Hamon) n'a toujours pas permis d'inverser la tendance. Le nouveau départ lancé par la première secrétaire, qui a tenu à ce que les cadres du parti limitent leurs interventions médiatiques, pour éviter des cafouillages préjudiciables, n'a pas permis de donner au PS l'apparence d'une formation unie idéologiquement. L'absence dans la direction des partisans de Ségolène Royal, qui représentent un peu moins de 50% de la base militante, y est pour beaucoup. Par ailleurs, la présence accrue de cadres socialistes dans les récentes manifestations n'ont pas séduit la gauche de la gauche, trop exaltée par la fondation du NPA, considéré par beaucoup comme le "vrai" parti de gauche français.
L'exil de la branche radicale du PS
Alors qu'il comptait quelques 280 000 adhérents à l'automne 2006, le Parti Socialiste en revendique aujourd'hui quelques 170 000, soit 40% de militants qui n'ont pas renouvelé leur cotisation. Symbole de la défection de la base militante du PS, ce recul d'adhésions considérable s'explique notamment par le concurrence accrue à la quelle doit faire face le PS, principalement à sa gauche. Le NPA d'Olivier Besancenot et le PG de Jean-Luc Mélenchon ne doivent leur popularité qu'à l'arrivée dans leurs rangs de socialistes déçus, qui reprochent au PS de ne pas aller assez loin. Cette branche radicale ne s'est jamais reconnue dans les mesures prises par le dernier gouvernement socialiste au pouvoir et se montre insatisfaite de l'évolution idéologique du PS, qui tend à sa rapprocher du centre-gauche.
Une mutation difficile, handicapée par l'élection de Martine Aubry
La mutation du Parti Socialiste vers la social-démocratie, inévitable si il souhaite accéder au pouvoir, ne se réalisera certainement pas sous la direction de Martine Aubry, qui depuis le début de son mandat, a réorienté le PS à la gauche de l'échiquier politique; bien qu'ayant lors de son passage au gouvernement Jospin, pour doper l'emploi, appliqué des exonérations de charges d'inspiration libérale, en contradiction avec les 35 Heures.
Cette exemple, qui pose Martine Aubry devant ses contradictions, symbolise une gauche hésitante, qui n'assume pas sa mutation en un parti social-démocrate, et qui se veut ancré à gauche, tout en ayant déjà eu l'occasion d'être freiné par les logiques économiques lors de leurs expériences gouvernementales. Le PS maintient ainsi sa branche radicale dans le rêve que la réforme socialiste est possible, tout en sachant pertinemment qu'une fois au pouvoir, ce sera une politique sociale démocrate que mènera le PS.
Pour renaître de ses cendres, le PS devra ainsi, à l'image de ses confrères européens, assumer sa mutation en un parti social-démocrate, une mutation qui repoussera certes la branche radicale du mouvement, mais qui lui permettra d'en finir avec les bredouillages permanents et les revirements de position incessants, et gagnera ainsi en légitimité.
18:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : politique, sarkozy, france, actualité, débat, crise, européennes |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
07 février 2009
Le NPA, carrefour des sensibilités à la gauche de la gauche
Après près de 40 ans de luttes politiques et sociales, la Ligue Communiste Révolutionnaire a officialisé ce jeudi sa dissolution, dans le cadre du congrès fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste. Inpulsée par Olivier Besancenot, la fondation du NPA constitue un bouleversement inédit dans la paysage politique français, puisque ce mouvement ambitionne de rassembler l'ensemble de l'électorat anti-capitaliste d'extrême gauche au-delà de tout courant politique. La fédération de l'ensemble des forces militantes de la gauche de la gauche constituait d'ailleurs l'objectif avoué de la création du NPA, qui souhaite toucher un électorat plus populaire et sans doute moins intellectuel que la LCR. 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique précise d'ailleurs un responsable NPA, en conformité avec le souhait d'Olivier Besancenot, de faire du NPA le parti des sans voix.
Le NPA se pose dans une logique de rassemblement
Leur base d'adhésion, c'est le ras-le-bol de Sarkozy affirme quand à lui la figure historique de la LCR, Alain Krivine. Fort de quelques 9000 adhérents, et cela alors que sa fondation n'a toujours pas été officialisée, le Nouveau Parti Anticapitaliste compte ainsi dans ses rangs des altermondialistes, des troskistes, des communistes, des écologistes, quelques socialistes soit l'ensemble du peuple des rues, ceux qui ont le désir de concrétiser leur mécontentement de la politique gouvernementale, et qui récusent le manque de vigueur de l'opposition socialiste. La prolifération de mouvements à la gauche du PS ces dernières années les a par ailleurs incité au rassemblement dans une entité commune, ce que le NPA semble être en capacité de proposer, deux ans après la "victoire" unanime d'Olivier Besancenot aux élections présidentielles.
Une cohabition qui s'annonce difficile
Le défi du Nouveau Parti Anticapitaliste, sera de permettre la cohabitation de militants aux sensibilités aussi diverses et variées et cela au sein d'une même formation politique. La direction du mouvement a ainsi décidé de rompre tout lien avec la formation de la Quatrième Internationale Troskiste, un choix vivement dénoncé par les troskistes orthodoxes, bien que nécessaire dans la perspective de rassemblement de l'ensemble des forces de gauche. Reste que pour l'auteur Denis Pingaud, cette distance prise vis à vis du trotskisme n'est que très relative, le programme du NPA n'étant guère différent de celui de la LCR. Le choix de l'appelation définitive du NPA est d'ailleurs aujourd'hui une source de désaccords, entre communistes qui réclament que leur courant soit mentionné et troskistes qui regrettent la défunte LCR. La direction du NPA se dirigerait d'ailleurs vers un maintien du nom "Parti Anti Capitaliste", déjà connu par bon nombre de français.
Besancenot, l'élément moteur du NPA
Bien que démentant toute forme de dépendance à sa personne, Olivier Besancenot s'avère être l'élément moteur du Nouveau Parti Anticapitaliste et l'élément fédérateur de son réseau de militants. Sa jeunesse, son charisme et sa combativité, lui ont permis de supplanter le PCF à l'extrême gauche (voir mon article à ce sujet) tandis que son opposition virulente à Nicolas Sarkozy a tapé dans l'oeil à nombre de socialistes radicaux. Sa côte de popularité dépasse déosmrias les 60% et il se présente aujourd'hui tel le leader du vote contestataire, lui qui, à l'inverse du PCF, a su comprendre l'évolution sociologique de l'électorat populaire, qui ne se limite plus à la classe ouvrière.
Les européennes comme premier test
La fondation du NPA intervient à moins de quatre mois des élections européennes, échéances durant lesquelles les listes LCR avaient subi un échec cuisant il y a cinq ans, rassemblant moins de 2,6% des suffrages. Les analystes politiques avaient alors interprêté cet échec comme une non-capacité de la LCR à récupérer le mécontentement vis à vis de la politique gouvernementale, mécontentement qui avait largement profité aux listes socialistes. Aujourd'hui, ces échéances interviendront dans un tout autre contexte, Olivier Besancenot s'affirmant comme le leader du vote contestataire, souvent très prisé par les français lors des élections intermédiaires. Un bon score aux européennes de juin prochain constitueront donc un excellent départ pour le NPA, qui pourra alors envisager l'avenir en toute sérénité, et poursuivre la fédération de l'extrême gauche.
Cet article a été repris en une du "Post". Retrouvez le ici.
12:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, besancenot, politique, france, actualité, crise, 2009 |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
03 février 2009
Benoît XVI : un pontificat sous le signe du dialogue et de la contradiction
Quatre ans se sont écoulés depuis la nomination de Joseph Ratzinger comme souverain pontife de l'Eglise Catholique Romaine et il est force de constater que Benoît XVI n'affiche pas la même popularité que son prédecesseur Jean-Paul II. Récemment, l'annulation de l'exco - mmunication de quatre évêques intégristes, dont le négationniste monseigneur Williamson qui avait affirmé voila un an ne pas croire qu’il n’y ai eu de chambres à gaz, a froissé la communauté juive et provoqué la colère du monde catholique, décidément hostile à ce pape profondément traditionaliste. En France, un manifeste signé par cinquante penseurs et philosophes catholiques s'indignant de cette décision a été publié dans le mensuel catholique La Vie.
Un dialogue gâché avec la communauté juive
D'un point de vue général, l'annulation de l'excommunication de Mgr Williamson illustre parfaitement le pontificat de Benoît XVI, résolument contradictoire. En prenant cette décision, Benoît XVI s'est en effet attiré les foudres de la communauté juive, un différent fort dommageable au vu des efforts engagés par Joseph Ratzinger pour améliorer les relations entre les deux communautés. Dès son élection, Benoit XVI avait effectivement engagé un dialogue, qui s'était traduit par une visite au camp de concentration d'Auschwitz, et, plus récemment à la Synagogue de New York où le pape avait tenu à réitérer l'engagement de l'Eglise au dialogue. Cette ouverture vis à vis de la communauté juive s'inscrit dans la logique de rassemblement prônée par Benoît XVI, que ce soit vis à vis de la branche conservatrice de l'Eglise Catholique, marginalisée sous le pontificat de Jean-Paul II, où de l'Eglise Orthodoxe, avec qui le dialogue a repris.
La réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe
Benoît XVI et le Patriarche de Constantinople Bartholomée (la religion orthodoxe en divisée en deux branches, celle de Moscou et celle de Constantinople) ont en effet entamé une correspondance épistolaire fertile, qui a abouti sur l'instauration d'une commission de travail commune au sujet du rôle de la papauté, un différent entre les deux Eglises qui est à l'origine du grand schisme d'Orient de 1054. Quand au patriarche de Moscou aujourd'hui décédé, Alexis II, il avait effectué une visite riche en symboles voila un an, en se rendant dans la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Désormais, une réunification des deux églises chrétiennes n'est plus, à long terme, inenvisageable.
Un conservatisme mal interprété
Si Benoit XVI a le mérite d'avoir engagé un processus de réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe, conformément à la tendance exprimée lors du concile de Vatican II (ce concile, qui s'est déroulé entre 1962-1965, a engagé un processus de modernisation de l'Eglise, en prônant les principes d'ouverture vis à vis des autres églises et de libéralisation des moeurs), il n'en reste pas moins que ses mains tendues à la branche conservatrice de l'Eglise a sérieusement entamé sa popularité. L'autorisation de célébrer la messe en latin accordée aux prêtres traditionalistes avait en effet été présenté comme une atteinte aux acquis du concile de Vatican II et fermement dénoncée par les progressistes, alors que cette décision s'inscrivait dans le processus de réunification de l'Eglise lancé par Benoît XVI. L'intégration de la très conservatrice Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est ainsi désormais envisagée du fait de l'annulation de l'excommunication de quatre évêques qui la composent. Au-delà de son conservatisme, Benoît XVI se présente donc comme le pape de la réconciliation...
La lente évolution des moeurs
L'ouverture à la branche conservatrice de l'Eglise qu'à prôné Benoît XVI a masqué une certaine évolution des mœurs, certes lente, mais tout du moins plus concrète que sous Jean-Paul II. Benoît XVI a ainsi été le premier pape a autorisé l'autorisation du préservatif...sous certaines conditions (couple marié dont l'un atteint du sida), ce qui constitue malgré tout une avancée notable. Sur d'autres domaine telles que l'euthanasie, le Vatican est resté campé dans ses positions, Benoit XVI assimilant cette pratique a un acte indigne de l'homme , en rappelant que Jésus a souffert et il est mort sur la croix par amour. De cette façon, il a donné sens à notre souffrance. Reste que Benoît XVI a souhaité privilégier le rassemblement des branches de l'Eglise à la modernisation de cette dernière, deux données incompatibles.
Cet article a été repris sur Yahoo!, retrouvez le à l'adresse suivante : http://fr.news.yahoo.com/13/20090204/tot-benoit-xvi-un-po...
22:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : vie, paris, crise, histoire, actualité, religion, avenir |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook
30 janvier 2009
Quel avenir pour la presse quotidienne régionale ?
Avec plus de 66 titres et un taux de pénétration de l'ordre de 35,8%, la presse quotidienne régionale est , aujourd'hui encore , l'organe de presse papier français le plus lu à l'heure où le journalisme traverse une crise sans précédant. Considérée comme une valeur sure par les investisseurs, la PQR n'en reste pas moins touchée par l'arrivée des nouveaux médias, tels la firme gratuite "Ville plus" qui concurrence l'implantation locale des quotidiens régionaux. Ces derniers connaissent ainsi une baisse non négligeable de leur diffusion, en chute de 700 000 exemplaires sur les dix derniers années. Les ventes ont quand à elles regréssées de 10%. Si l'on se base sur une plus grande échelle, le constat est frappant : contre 175 quotidiens régionaux en 1946, il n'en reste plus que 56 à l'heure actuelle.
Reste qu'en dépit de cette saignée, la PQR reste très prisée par les investisseurs, qui sont nombreux ces dernières années à s'être lancés dans l'aventure. On compte ainsi 20 reprises en main ces trois dernières années. La raison de cette attractivité ? La rentabilité des quotidiens régionaux, un aspect non négligeable face à une presse nationale moribonde sur le plan financier. La PQR a en effet su palier la défection de son lectorat par une revalorisation de ses revenus publicitaires, en hausse de 36% sur dix ans. La PQR constitue effectivement une vitrine de choix pour les annonceurs, tant elle possède un lectorat diverse et varié. Du retraité sexagénaire au jeune entrepreneur en passant par le chef d'entreprise, la PQR touche l'ensemble de la population. Une étude de la SPQR révèle ainsi que le taux de pénétration de la PQR chez les PDG et gérants d'entreprise est de 46,8%, soit un taux supérieur à la moyenne nationale. Aujourd'hui, la presse quotidienne régionale a pris conscience de l'importance de la publicité face à la crise de la presse écrite et a fondé une régie publicitaire commune à l'ensemble des quotidiens régionaux (Com Quotidiens) de façon que les recettes publicitaires représentent 41% du chiffre d'affaire de la PQR.
Mais la menace à terme pour la presse quotidienne régionale, c'est l'émergence des quotidiens gratuits qui concurrencent désormais l'approche locale de la PQR. En première ligne, le réseau Ville Plus émet des gratuits comportant un cahier régional et un cahier national dans plusieurs grandes localités telles que Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille et la Bretagne. Face à cette concurrence, les quotidiens régionaux tendent au rassemblement dans de grands groupes régionaux, à l'image du groupe Ouest-France en possession de 5 quotidiens bretons d'influence. Le groupe France-Est Médias rassemble ainsi sous sa direction quelques 10 quotidiens, du Dauphine Libéré aux Dernières Nouvelles d'Alsace en passant par l'Est Républicain. Idem dans le sud de la France où Hachette est en possession de Var-Matin, Nice-Matin et la Provence.
En conclusion, face à la crise de la presse écrite, la PQR parvient à palier la défection de son lectorat par des revenus publicitaires en hausse, témoignant de la diversité de son lectorat. Quand à l'émergence des gratuits, qui concurrencent l'approche locale de nombre de quotidiens régionaux, elle a incité les différentes rédactions à se rassembler dans de grands pôles de PQR, laissant ainsi envisager la disparition prochaine de titres mineurs au profit de grands quotidiens régionaux couvrant un territoire relativement éparse.
21:12 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : france, politique, écrire, écriture, sarkozy, crise, médias |
|
del.icio.us
|
Digg |
Facebook

