03 mars 2009

Le lithium est-il le pétrole du futur ?

bolivia_lithium_0116.jpg Si la presse internationale s'extasie régulièrement devant le cours du baril de pétrole qui s'est envolé de plus de 180% en cinq ans, celui du lithium a littéralement décollé : +857% sur la même période. Le prix de la tonne de lithium est ainsi passé de 350 dollars en 2003 à plus de 3000 aujourd'hui, témoignant d'un engouement international pour ce métal à la texture molle, présenté par certains comme le pétrole du futur.

Le lithium est effectivement utilisé pour concevoir les batteries lithium-ion, très légères, peu volumineuses, et dont la capacité de conduite d'électricité permet d'être utilisée dans le cadre d'automobiles électriques. Actuellement, les batteries lithium-ion ne sont utilisées que pour des appareils électroniques tels que portables et ordinateurs : la croissance des batteries lithium-ion a d'ailleurs pris des proportions vertigineuses ces dernières années : +50% de batteries lithium-ion dans les téléphones portables, +23% dans les ordinateurs portables. Les raisons de cet engouement ? La légèreté du lithium, un argument de poids face aux batteries nickel-métal hydrure, pourtant présentées il y a encore une vingtaine d'années comme batteries du futur.

Le lithium bolivien au coeur des convoitises
Si les batteries lithium-ion alimenteront plus tard nos automobiles, la Bolivie deviendra certainement le Moyen-Orient des prochaines décennies, un eldorado énergétique qui suscite beaucoup d'espoir au sein de ce pays de quelques 10 millions d'habitants. En effet, alors que 65% de la population vit sous le seuil de pauvreté et que l'indice de développement humain ne dépasse guère les 0,6 point, la Bolivie concentre sur son territoire plus de 70% des réserves mondiales de lithium, qui à défaut d'être aujourd'hui exploitées, suscitent nombre de convoitises.

bolloré morales.jpgLe groupe français Bolloré a d'ores déjà fait part de son intérêt pour le lithium bolivien, nécessaire à la commercialisation de sa "blue car", au même titre que les firmes japonaises Mitsubichi et Sumitomo. Depuis quelques temps, nous avons une proposition de la France, et il y a des experts dans le domaine du lithium pour construire des voitures avec des batteries au lithium avait affirmé le président bolivien Evo Morales, avant de se rendre en France pour entamer des négociations avec Vincent Bolloré. Les Etats-Unis lorgnent eux aussi depuis un certain nombre d'années sur le lithium de Bolivie, la société américaine Lithco avait d'ailleurs en 1990 commencé un travail d'extraction, avant que le nationaliste Gonzalo Sánchez de Lozada ne vienne l'empêcher.

Exploitation du lithium bolivien : un dilemme écologique
Mais le lithium bolivien présente une faille de poids, susceptible de ralentir la date de lancement de son exploitation. L'essentiel des réserves se trouvent en effet dans les bas-fonds du désert salé de Uyuni, vestiges d'un ancien lac d'eau de mer, merveille naturelle (voir photo) dont la destruction serait une conséquence inévitable de l'exploitation du lithium qu'il recèle.

Plusieurs associations environnementales se sont déjà dressées contre l'exploitation du désert d'Uyuni, ainsi que le secteur touristique local. Mais face à l'espoir de milliers de déshérites que véhicule l'exploitation du lithium et le travail qu'elle apportera aux populations locales, il sera difficile de parvenir à préserver cet édifice naturel somptueux. Aujourd'hui, rien ne certifie que le lithium d'Uyuni ne sera un jour exploité. Or, comme le souligne un économiste bolivien, si nous n’entrons pas dans la course maintenant, le marché trouvera d’autres solutions pour les besoins mondiaux de stockage de l’énergie.

Le lithium est-il une alternative au pétrole ?
extraction_lithium_46_5057b.jpgLe lithium abonde-t-il en quantité suffisante sur la planète pour palier l'épuisement des nappes de pétrole ? Les experts ne cessent de se contredire sur la question, mettant en doute la capacité du lithium à alimenter les batteries lithium-ion pour l'ensemble du secteur automobile mondial les prochaines décennies.

En effet, tandis que le gouvernement américain évalue les réserves mondiales de lithium exploitables à 11 millions de tonnes, un cabinet scientifique français a quand lui émis le chiffre de 234.000 tonnes, ce qui, en prenant compte du lithium utilisé dans les mobiles et portables, ne permettrait de consacrer que 31.000 tonnes aux futures voitures électriques, soit moins de 1,5 millions d'automobiles. Mais si l'on se base sur les estimations américaines, les réserves de lithium seraient amplement nécessaires à la fabrication d'automobiles pour plus d'un siècle. Difficile donc, de promouvoir le lithium au titre de pétrole du futur si aucune garantie n'est apportée quand aux réserves disponibles...

Dans les conditions actuelles, affirmer avec certitude que l'ensemble de nos automobiles fonctionneront dans les prochaines décennies avec des batteries lithium-ion relève de la supposition. L'hypothèse la plus crédible se trouve dans le développement des voitures fonctionnant aux bio-carburants, tandis que la voiture électrique lithium-ion ne sera que minoritaire dans le parc automobile mondial. Quand à la Bolivie, le statut de moyen-orient du XXIème qu'elle compte obtenir nécessite que l'exploitation du lithium qu'elle possède soit entreprise prochainement, au risque de voir des technologies plus modernes émerger. Nissan a d'ores et déjà annoncé travailler sur un modèle de batteries dont l'autonomie, de 500 kilomètres, serait trois fois plus puissante que les lithium-ion...

Cet article à été repris sur Yahoo!.

01 mars 2009

L'Edito d'Alex Joubert N°5

25 février 2009

Le Parti Démocrate à bout de souffle

610x.jpg Walter Veltroni aura finalement payé de sa tête les déboires du Parti Démocrate dont il assurait la présidence. En Italie, l'ancien maire de Rome (voir image, premier plan) a décidé de quitter la présidence du Parti Démocrate, la défaite cuisante de Renato Soru aux élections régionales anticipées en Sicile (42% contre 51% pour la liste soutenue par le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi) ayant eu l'effet de la goutte d'eau faisant déborder un vase rempli de multiples couacs qui ont fait suite à la défaite aux élections générales (renouvellement des deux chambres du parlement) de 2008. L'optimisme est de retour, ainsi que la confiance et la volonté de combattre a affirmé samedi le successeur de Walter Veltroni, Dario Franceschini (voir image, second plan), élu avec 83% des suffrages par un collège électoral de 1258 délégués. La mission de cet avocat issue de la "Marguerite" (cf.paragraphe ci-dessous) ? Assurer durant les huit prochains mois la pérennité d'une formation dont l'équilibre se retrouve aujourd'hui menacé.

Aux origines d'un échec connu d'avance
Première force d'opposition italienne, le Parti Démocrate est le fruit de la fusion en octobre 2007 de sept formation au centre-gauche de l'échiquier politique italien, dont les plus influentes sont les "Démocrates de Gauche" (force de gauche historique, héritière du Parti Communiste Italien, formation sociale démocrate depuis les années 1990) et la Marguerite (formation centriste), qui peinent aujourd'hui encore à cohabiter, en raison de nombreux différents sur des sujets sociétaux. Voulue par Romano Prodi au lendemain de son élection à la présidence du conseil, la création du PD avait pour objectif de réunir au sein d'une même entité l'ensemble des forces membres de la coalition dite de "L'Union", qui avait porté en 2006, Romano Prodi à la présidence du conseil.

Quelle crédibilité ?
Approuvée par 75% des militants, la fondation du Parti Démocrate n'a pas apporté à ses fondateurs le crédit qu'ils espéraient. Un grand parti de rassemblement des communistes aux centristes, telle était la destinée que souhaitait au PD Romano Prodi, Walter Veltroni et consorts. Lors des dernières élections générales, en 2008, le Parti Démocrate avait réuni 33,17% des suffrages, auxquels doivent s'ajouter les 4,37% obtenus par le parti centriste allié au PD, l'Italie des Valeurs. Un score en augmentation de 4% vis à vis des élections générales de 2006 puisque le Parti Démocrate a bénéficié du vote utile, pour lequel avaient opté nombre d'électeurs de gauche. Mais une large branche de ces derniers se sont aussi réfugiés dans l'abstention (plus haut taux d'abstention de l'histoire), tandis que les électeurs du centre ont quand à eux privilégiés la coalition emmenée par Silvio Berlusconi. A gauche, comme au centre, le Parti Démocrate manque de crédibilité tant le rassemblement qu'il souhait opérer surprend par sa largeur.

Vers le schisme ?
Aujourd'hui, la menace pour le Parti Démocrate est celle du schisme. Deux ans après leur fusion, les Démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite semblent se rapprocher inexorablement d'une séparation, marquant ainsi l'échec retentissant d'un parti démocrate dont l'aspiration de rassembler de l'extrême gauche au centre apparaissait aux yeux des électeurs comme un grand écart manquant totalement de crédibilité. Le morcellement de l'opposition italienne, très probable à l'heure actuelle, constitue un nouvel avantage pour Silvio Berlusconi, qui n'a face à lui, qu'une multitude de mouvements incapables de s'unir. L'apogée d'un bipartisme en Italie n'est donc toujours pas d'actualité, et c'est encore le jeu des coalitions qui prévaudra dans un système politique en quête de modernité...

16 janvier 2009

Les contours du remaniement ministériel

GOUVERNEMENT.jpg Annoncé depuis quelques semaines, le mini-remaniement gouvernemental a été officialisé aujourd'hui par l'Elysée; un remaniement sans grande ampleur d'autant plus que ses contours avaient déjà été révélés dans la presse. Le jeu des chaînes musicales a ainsi concerné Brice Hortefeux, qui hérite du portefeuille du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. L'ancien ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale remplace ainsi Xavier Bertrand, qui a été nommé au poste de secrétaire général de l'UMP. En accordant à son ami de vingt ans le ministère des relations sociales, Nicolas Sarkozy souhaite ainsi redorer l'image de Brice Hortefeux, entachée par son passage à l'Immigration, un handicap lourd alors qu'il était pressenti pour succéder à François Fillon.

Par ailleurs, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est vu confier le poste de secrétaire d'état à la prospective et au développement de l'économie numérique, un changement de cap conséquent alors qu'elle occupait auparavant le secrétaire d'état à l'écologie. L'Elysée n'a d'ailleurs pas jugé bon de pourvoir ce poste, son but de légiférer le Grenelle de l'Environnement ayant été atteint. Quand à l'ancien socialiste Eric Besson, qui occupait jusqu'aujourd'hui le poste de secrétaire d'état à la prospective et au développement de l'économie numérique, il s'est vu décerner le portefeuille de l'Immigration et de l'Identité Nationale, un moyen pour Nicolas Sarkozy d'apaiser les polémiques au sujet des chiffres des expulsions de sans-papiers.

14 janvier 2009

Quand s'arrêtera la crise démographique russe ?

Population_of_Russia_from_1992_to_January_2008.PNG Après deux décennies de baisse successive de sa population, la Russie semble s'engager lentement sur la voie de la stabilisation démographique, qui constituait une des priorités de Vladimir Poutine. La chute de l'U.R.S.S a en effet provoqué une importante crise démographique, causée par un taux de natalité particulièrement faible (1,092%) et un taux de mortalité (1,604%) comparable à ceux enregistrés dans des pays en voie de développement. Pour nombre d'experts, cette tendance serait amenée à se confirmer, de façon que la population russe pourrait atteindre en 2050 les quelques 77 millions d'habitants, soit une baisse de la population de l'ordre de 47% depuis 1992. La régression de l'espérance de vie, engendrée par les troubles politiques et économiques des années 1990 n'est pas étrangère à ce déclin démographique. La différence qui subsiste entre hommes et femmes est tout aussi frappante, puisqu'alors qu'un russe décède en moyenne à l'âge de 59 ans, une russe atteint en moyenne les 72 ans. Cet écart entre les deux sexes n'a fait qu'amplifier lors de l'adaptation dans les années 90 à l'économie marché et la régression du niveau de vie des populations, puisqu'alors que l'espérance de vie féminine ne régressait que très légèrement, celle des hommes chutait de 4 ans !

Booster la natalité
Conscient de la menace à long terme que représentait cette crise, Vladimir Poutine a engagé depuis sa prise de pouvoir les réformes nécessaires à la stabilisation démographique, qui, conjuguées à une nette amélioration de la situation économique du pays ont permis de limiter la casse (cf. graphique ci-dessus). Tout d'abord, les différentes administrations sous Vladimir Poutine ont développé les campagnes d'incitation à la procréation et revalorisées les allocations familiales de maternité. Ainsi, en juillet dernier, Vladimir Poutine avait annoncé une importante revalorisation de la prime mensuelle reversée lors de la naissance d'un premier enfant (accordée 18 mois durant), qui, de 16€/mois auparavant était relevée à 35€/mois. Cette mesure avait été suivi de la création d'une allocation pour un deuxième enfant, d'un montant de 71€ mensuels et couplée avec le reversement d'un compte bancaire d'investissement de quelques 6000€. L'administration russe ne lésine ainsi pas sur les moyens pour rétablir une croissance démographique positive, en s'attaquant à tout facteur susceptible de mettre à mal une des priorités de Vladimir Poutine.

L'alcool, fléau pour l'espérance de vie
55440683.jpgLa pente descendante dans laquelle s'était engagée l'espérance de vie au lendemain de la désarticulation de l'URSS semble s'être inversée depuis 2004 (cf. évolution de l'espérance de vie) mais reste très éloignée des taux enregistrés sous la période soviétique. Pour expliquer cette dégradation subite de l'espérance de vie, les experts avancent les chiffres alarmants de la consommation d'alcool, qui serait la cause de 30% des décès des hommes. Ainsi, la Russie compte 1 homme alcoolique sur 3 et 1 femme sur 7, un chiffre qui n'a cessé de croître depuis l'avènement des années 1990, de façon que la consommation d'alcool a grimpé de 30% en moins de 20 ans ! L'augmentation des prix de l'"alcool traditionnel" n'ont fait qu'empirer la situation, avec l'apparition sur le marché noir d'alcools artisanaux à la composition douteuse comme mortelle. La présidence de Boris Eltsine a par ailleurs annihilé l'ensemble des avancées enregistrées sous son prédécesseur Mikhail Gorbatchev, avec la perte de contrôle de l'état sur le marché de l'alcool et la suspension des principaux freins à la consommation d'alcool.

Un climat économique sous tension
Aucune des campagnes menées par l'administration Russe depuis Mikhail Gorbatchev n'ont permis de résorber la consommation d'alccol, témoignant de l'ancrage profond de cette maladie dans la société russe. Récemment, la fondation Obchtchestvennoïé mnienié tentait via une enquête d'opinion de grande ampleur de repérer les causes de l'alcoolisme. Il est ressorti de ce sondage que 32% des sondés impliquaient le désespoir,le stress et autres problèmes sociaux dans la consommation excessive d'alcool. D'un point de vue général, les problèmes d'ordres sociaux sont d'ailleurs une des, si ce n'est la, principale raison de la crise démographique russe. Le faible taux de fécondité (1,39 enfants par femme) peut ainsi être amputé au climat économique sous tension, qui n'incite pas à la procréation.

En effet, les taux de croissance particulièrement élevés enregistrés en Russie depuis le commencement du troisième millénaire n'ont pas rehaussé de manière conséquente le niveau de vie des 140 millions de russes, la croissance du PIB ne profitant qu'à une minorité citadine, regroupée dans les métropoles de Moscou et St-Pétersbourg ou à proximité d'importants gisements gaziers ou pétroliers. Ce problème récurrent déjà présent mais dissimulé sous la période de l'URSS devra être amoindri dans les prochaines années, élément indispensable du rebond démographique tant attendu.

La banalisation de l'avortement
L'avortement massif est une autre problématique, d'autant plus qu'elle est incontestablement lié à la crise démographique russe. Pour 100 naissances annuelles, la Russie recense en effet 105 avortements ! La banalisation d'une telle pratique, considérée parmi les populations comme un simple moyen de contraception, au même titre que le préservatif suscite l'inquiétude parmi les classes dirigeantes, qui ont entrepris un certain nombre d'action ces dernières années. La Douma s'est ainsi prononcée en faveur d'une réduction de la date limite de l'avortement, qui de 22 semaines après la conception de l'enfant avait été réévalué à 12 semaines après la conception, une modification de la loie en vigueur qui avait été suivi par l'interdiction de la publicité en faveur de l'avortement. Les conditions nécessaires à la pratique d'un avortement sont aussi régulièrement modifiées, et deviennent nettement plus exigeantes. Mais en dépit d'une volonté politique certaine, l'administration russe peine à modifier l'image de l'avortement, tant cette pratique a été légalisée très tôt, et donc désormais considérée comme naturelle.

Conclusion
La crise démographique dans laquelle s'est engagée la Russie au lendemain de la période incertaine que représentait la chute de l'U.R.S.S semble s'être quelque peu ralentie grâce à l'action de Vladimir Poutine qui pour encourager la natalité s'est résolu à une nette revalorisation des primes de maternité. La faible espérance de vie des hommes quand à elle, semble se stabiliser, mais ne sera vraisemblablement pas soumis à une forte hausse, du fait de l'ancrage profond de l'alcool dans la société russe, à l'origine de 30% des décès masculins. Par ailleurs, le climat économique sous tension, et la paupérisation de la population n'encouragent pas à la procréation. Enfin, un rebond démographique ne pourra avoir lieu sans une déconsidération de l'avortement, pratique devenue banale.

Cet article à été repris par Yahoo! à l'adresse suivante :
http://fr.news.yahoo.com/13/20090115/tot-quand-s-arretera-la-crise-demographi-89f340e.html

10 janvier 2009

Les heures sombres du régime Chavez

a.jpg Elu à la présidence du Venezuela il y a onze ans, puis confirmé dans ses fonctions à maintes reprises, Hugo Chavez ne se trouve pas moins affaibli à l'aube de cette année 2009, durant laquelle la crise économique devrait sérieusement mettre à mal son hégémonie politique. Le président vénézuélien risque par ailleurs d'être sujet à une érosion de sa côté de popularité et sera contraint d'adapter sa politique économique à la chute des cours du pétrole, élément moteur de l'économie vénézuélienne. Sur un plan politique, Hugo Chavez tentera probablement d'obtenir par référendum une révision de la constitution, lui permettant ainsi de briguer un nouveau mandat en 2013. Le succès d'un tel scrutin n'est cependant pas garanti puisque début 2008, lorsque Hugo Chavez avait déjà soulevé cette problématique, les électeurs s'étaient exprimés par un refus. Quels seront les évènements phares de cette année 2009 au Venezuela et quels éléments du bilan de Chavez seront mis en cause par la récession mondiale ? Enfin, le régime de ce dernier doit-il se préparer à des heures sombres. Éléments de réponse...

Une économie dépendante des cours du pétrole
La présidence d'Hugo Chavez, qui se vante d'avoir engagée une transition socialiste au Venezuela, a, au-delà de l'autoritarisme du locataire du palais de Miraflores, apporté au Venezuela une certaine prospérité économique. En effet, les années de récession de 1999,2002 et 2003 ont été supplantés par des taux de croissance particulièrement élevés (17% en 2004), dus à la flambée des cours du pétrole. Le Venezuela a en effet bati l'ensemble de son économie sur ses importantes réserves d'or noir, de façon que les bénéfices réalisés grâce au pétrole représentent 85% des exportations nationales et 50% des recettes gouvernementales.

chavez_orenoque.jpgCette dépendance a déjà montré ses aspects néfastes, notamment en 1999 où la chute des cours du baril (descendu jusqu'à 10,28$ en février, pour une moyenne annuelle à 17$) avait entraîné une récession de l'ordre de 7,2% du PIB. Mais dix ans après, l'administration vénézuélienne n'a toujours pas entamé de réforme permettant une dépendance du Venezuela vis à vis de l'or noir moins accentuée, menant par ailleurs une pétro-diplomatie basée sur le court-terme, en privilégiant la vente de barils à prix coutant à ses alliés sud-américains (Cuba,Nicaragua,Bolivie etc...) à une modernisation pourtant nécessaire des outils de production. (cf. le renouveau de l'amérique latine). Les risques pour le Venezuela dans les années à venir ? Des pertes d'extraction de l'ordre de 30% dus à des fuites et autres dysfonctionnements.

Des avancées sociales indéniables
Un des axes phares de la présidence d'Hiugo Chavez reste la révolution socialiste qu'il affirme avoir mené, en établissant un système de répartition des richesses qui a fourni ses preuves. L'enseigne alimentaire MERCAL fournit ainsi des produits de première nécessité à des prix netemment inférieurs à ceux du marché (27 à 39%), un programme bien entendu financé par les pétro-dollards de l'étât vénézuélien. Aujourd'hui, les centres d'alimentation MERCAL seraient au nombre de 15 000 sur le territoire vénézuélien. Le nombre d'enfants scolarisés a apr ailleurs grimpé de 369% entre 2000 et 2006 et le taux de pauvreté a régressé de 25% sur la même période, passant de 55,1 à 30,4%. L'accès à la santé a lui aussi été amélioré, grâce à un partenariat avec Cuba, qui expatrie des médecins au Venezuela, en l'échange de barils de pétrole à prix très avantageux. D'une manière plus globale, les dépenses sociales par personne du gouvernement vénézuélien ont augmenté de 314% en 8 ans, représentant ainsi 20,9% du PIB contre 8,2 entre 1998.

La fin de l'ère Chavez ?
61527-004-91D63A28.jpgCette politique sociale très interventioniste, qui a incontestablement porté ses fruits, n'en est pas moins basé sur un édifice économique très instable, puisqu'étroitement lié avec les cours du baril de pétrole. La chute des cours du pétrole, qui a vu le baril descendre de 144 à 70$ en l'espace de six mois, conjuguée aux prévisions tablant sur de nouvelles baisses en 2009 sont de mauvaises augures pour Hugo Chavez qui sera vraisemblablement contraint de revoir à la baisse la portée de ses programmes sociaux, entraînant de ce fait une chute de sa côté de popularité, de mauvaise augure alors qu'il souhaitait être reconduit dans ses fonctions en 2013, ce qui nécessiterait une réforme constitutionelle approuvée par réferundum.

Une érosion de la côté de popularité d'Hugo Chavez, aujourd'hui stabilisée aux alentours de 60% d'opinions favorables, pourrait être utilisée par les Etats-Unis tel un important moyen de pression, contraignant ainsi le président vénézuélien à raffermir ses positions sur la puissance américaine. En effet, derrière ses critiques belliqueuses vis à vis des Etats-Unis, Hugo Chavez cache une réalité économique qui fait des Etats-Unis le premier client mondial du Venezuela, qui dirige 58% de ses exportations en direction des Etats-Unis. Que diront ces derniers lorsqu'Hugo Chavez, désavoué par l'opinion, persistera dans ses attaques vis à vis de l'impérialisme américain ? Le leader populiste qu'il est devra alors contenir ses débordements médiatiques, et perdra ainsi l'âme qui l'avait jusqu'à présent confirmé dans ses fonctions. Les paris sont alors ouverts, Hugo Chavez gardera-t-il les rennes du pouvoir au dela de l'échéance de 2013 ? Rien n'est moins sur...

22 octobre 2008

Le chemin de croix de John McCain

mc-cain.jpg Bien que l'écart qui le sépare de Barack Obama se soit très légèrement réduit, médias et chroniqueurs s'accordent pour dire que les chances de victoire de John McCain sont désormais quasiment nulles. Pour Jonathan Mann, journaliste à la CNN, il semble bien que le Démocrate Barack Obama ait bouclé la boucle. Son avance est manifeste, elle ne cesse d'augmenter. Mais en dépis de nombreux sondages prêtant au pessimisme, les partisans du candidat républicain ne s'avouent pas vaincus et John McCain le premier. On m'a mis sur la touche tant de fois aime-t-il rappeler avant d'assurer qu'iladore être dans la position de celui qu'on ne donne pas favori. Malgré ces déclarations entoushiastes, John Mc Cain ne peut nier que ces quinze derniers jours de campagne s'apparentent à un chemin de croix. Tout ce qui pourrait jouer contre Mc Cain jouera contre lui souligne très justement le sénateur républicain John Danforth. Les médias comme l'actualité ne laissent en effet aucune chance à John McCain de combler son retard. Dernière polémique en date, le parti républicain aurait délivré à Sarah Palin une enveloppe de 150 000 dollars afin d'assurer tous les besoins de la colistière de John McCain en maquillage et vêtements. Incorrigible gaffeuse, Sarah Palin s'est défendu de cette accusation très maladroitement en affirmant qu'avec toutes les questions importantes auxquelles le pays est confronté, il est incroyable que nous passions du temps à parler de pantalons et de blouses. Pas sur que cette remarque ait entoushiasmé les petits donateurs républicains...

Les derniers sondages état par état se sont pas moins rassurants pour John McCain puisque même si l'ensemble des électeurs incédis accorderaient leur vote au sénateur républicain, Obama atteindrait néanmoins la barre fatidique des 270 grands électeurs. A titre de comparaison, il y a quatre ans à la même période, l'avance que comptait John Kerry (finalement battu) sur Georges W.Bush était nettement inférieure (292 voix contre 247). De plus, une tendance favorable à Obama (49,2% contre 46%) est observé dans certains étâts clés tels la Floride qui n'était plus passée en main démocrate depuis plus de 12 ans. En Caroline du Nord, étât où jamais un candidat démocrate ne l'a emporté depuis 32 ans, Obama bénéficie aussi d'une courte avance (47,3% contre 46,0%).

Enfin, McCain n'a pa su ou pu incarner ce bon vieux rêve Américain dont Obama s'est fait l'icône. Son âge, sa forme physique, ses déclarations pro-guerres et son incarnation de l'Amérique Profonde ne lui ont pas permis de contrer le formidable élan qu'a provoqué la candidature d'Obama. Le choix de sa colistière a aussi pesé dans la balance, ses multiples gaffes, son ignorance et son inexpérience ont rappelé que McCain n'avait plus 20 ans et que son éventuel décès propulserait à la tête de la première puissance mondiale une femme aux idées arrêtées et profondèment archaïques.

Alors qu'en 2004, la défaite surprise de John Kerry avait été attribué aux craintes terroristes suite à un message de menace d'Oussama Ben Laden quatre jours précédent les élections, Al-Quaïda a publiquement apporté son soutien à John McCain afin qu'il poursuive la marche d'échec de son prédécesseur, Bush. Le message, diffusé sur un site internet privé comporte d'autres déclarations telles que Si Al-Qaïda lance une grande opération contre les intérêts américains, cet acte sera un soutien apporté à McCain parce que cela incitera les Américains à voter pour McCain afin qu'il se venge d'Al-Qaïda; Al-Qaïda pourra alors clamer sa victoire dans sa quête pour ruiner l'Amérique. Il n'empêche que cette déclaration n'a que très peu de risques de perturber la donne. Réponse le 4 Novembre.

18 octobre 2008

L'Italie est-elle raciste ?

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Révulsant, Terrible, Honteux. Les mots ne manquaient pas pour qualifier la noyade de deux jeunes filettes Roms âgées de 11 et 12 ans, en juillet dernier, sur une plage Napolitaine, victimes de l'indiférence des baigneurs aux alentours. Les corps sans vie reposaient sur le sable et, à quelques mètres de là, les vacanciers continuaient à pique-niquer et à rendre le soleil. Nous avons récupéré les corps dans l'indifférence générale confiera un ambulancier au quotidien La Reppublica. Ce fait-divers marquant aura fait le tour des télévisions du monde entier qui s'empresseront de dénoncer ce témoignage flagrant de la discrimination anti-Rom qui règne en Italie. Politiques comme population n'ont en effet cessé ces dernières années d'accabler la communauté Romanichelle [160 000 recensés à ce jour], victime d'un racisme primaire.

Cette répression menée contre les Romanichelles n'est d'ailleurs pas une question de bord politique puisque le 8 Novembre dernier, le président du Conseil des ministres de centre gauche Romano Prodi avait, à la grande fureur de son homologue Roumain Calin Tariceanu, promulgué une loi permettant l'expulsion d'Italie de citoyens Roumains bien que leur soit conférés le statut de citoyens de l'Union Européenne. En effet, une directive datant de Mai 2004 interdit aux états membres de l'UE d'expulser des citoyens étrangers de l'Europe communautaire sauf si une menace suffisamment grave et actuelle touche un intérêt fondamental de l'Etat. Le gouvernement Italien s'était alors justifié en invoquant cet extrait de la directive du fait que la promulgation de la loi intervenait alors que plusieurs assassinats commis par des Romanichels avaient ébranlé l'Italie.

Ce qui ce passe en Italie est un énorme retour en arrière a récemment déclaré Saimir Mile, président de l'association la Voix des Roms. La considération des Roms en Italie régresse de jour en jour, pour preuve, l'excellent score du parti xénophobe et anti-immigrés la Ligue du Nord, qui a doublé son score à 8% lors des dernières élections législatives. Silvio Berlusconi, actuel président du Conseil des Ministres, avait d'ailleurs accordé à la Ligue du Nord quatre postes clés dans son gouvernement, l'intérieur, l'agriculture, les réformes et la vice-présidence du conseil. Un coup dur pour la communauté Romanichelle lorsque l'on sait qu'un des membres les plus éminents de la Ligue du Nord, Gianfranco Fini , avait déclaré lors de la campagne législative que les Roms ne sont pas intégrables.

e024a494-416a-11dd-b4ce-193203499975.jpgSommes-nous devenus racistes ? interrogeait récemment le cardinal Carlo Maria Martini dans les colonnes d'un journal indépendant. La question mérite d'être posée tant l'Italie semble s'être radicalisé ces dernières années, d'autant plus que les politiques suivent ce mouvement. La vague d'antisémitisme envers les Roms en ait le premier exemple, mais d'autres déclarations pour le moins choquantes telle celle du vice-président du conseil (soit le quatrième personnage de l'étât) Roberto Calderoli qui; au lendemain de la finale de la Coupe du Monde de Football 2006 remportée par l'Italie avait salué la victoire de l'identité Italienne au profit d'une équipe qui, pour obtenir des résultats, a sacrifié son identité en alignant des Noirs, des musulmans et des communistes ; n'émeuvent pas le moins du monde la population et les médias.

Depuis son retour aux affaires, Silvio Berlusconi a durçi la politique de répression envers les Romanichels en dévastant leurs quartiers de fortune mais principalement, et cela avec l'aide de la Croix-Rouge, en recensant les empreintes ADN des 160 000 Romanichels, y compris celles des enfants. Par ce fichage de la communauté rom, le gouvernement déclare vouloir garantir à ceux qui ont le droit de rester dans le pays de pouvoir vivre dans des conditions décentes et à renvoyer chez eux ceux qui n’ont pas le droit de rester en Italie. L'Eglise Catholique a émit de vives critiques envers ce fichage qui pourrait à terme raviver la discrimination raciale dont l’Italie a déjà fait l’amère expérience avec les lois raciales de Benito Mussolini. En parallèle, le magazine de l'église catholique Famiglia Cristina a dénoncé le silence révoltant de l’opinion publique contre une mesure indécente digne d’un État de police en ajoutant que le fichage aurait été acceptable si en parallèle le ministre de l’intérieur avait présenté un plan pour que tous les enfants roms soient scolarisés et puissent vivre ailleurs que dans des lieux partagés avec rats et souris . L'Eglise peine cependant à se faire entendre car plus de 61,7 % des Italiens se déclarent favorables au fichage des enfants Roms.

20080302FemmeRom.jpgUn autre fait divers a alimenté la presse Italienne le mois dernier, lors du passage à tabac d'un jeune immigré ghanéen de 22 ans du nom d'Emmanuel (qui se trouvait par ailleurs en situation régulière) , par les forces de l'ordre qui ont invoqué pour raisons officielles de cette véritable boucherie un "délit de fuite". Libéré après ce sinistre incident, Emmanuel a affirmé à la presse que les policiers l'avaient suivi puis lui avaient saisi les mains. Il avait alors tenté de s'enfuir, mais, vite ratrappé il est plaqué à terre par les forces de l'ordre. Ils m’ont mis un pied sur la tête et il ont commencé à me frapper. Puis ils m’ont menotté, l’un d’entre eux m’a donné un coup de poing affirme-t-il. La scène se serait alors poursuivi dans le véhicule des forces de l'ordre qui l'auraient à multiples reprises traité de nègre. Vient ensuite une série d'humiliations durant lesquelles les policiers le déshabille, le contraingne à signer des documents inconnus, l'accuse d'avoir tenté de fuire et de consommer de la drogue etc... Emmanuel ne craque pas et les policiers finissent par appeler les parents du jeune ghanéen qui, à la vue de leur fils demandent des explications. Les forces de l'ordre répondront alors il est tombé.

17 octobre 2008

Joe le vrai-faux plombier anime la campagne Américaine

005d1152-9c1e-11dd-a654-4196577aa312.jpgLa polémique autour de Bob Le Plombier ne cesse d'enfler et se retourne désormais contre John McCain qui l'avait paradoxalement hissé sur le devant de la scène en citant son nom à plus de vingt reprises lors du débat de mardi qui l'opposait à Barack Obama. Ce trentenaire originaire de l'Ohio avait interpellé le candidat démocrate lors d'un de ses déplacements en l'interrogeant sur son programme fiscal, estimant qu'il allait défavoriser les entrepreneurs tels que lui. J'envisage d'acheter une entreprise qui fait 250 000 à 280 000 dollars de chiffre d'affaires. Votre programme fiscal va me taxer davantage, n'est-ce pas ? avait-t-il déclaré. De ce fait, John McCain n'a pas manqué d'exploiter l'occasion rêvée de tacler Barack Obama lors du débat de mardi dernier faisant de "Joe le Plombier" l'icône des petits entrepreneurs Américains. Joe, non seulement, je vais vous aider à acheter cette affaire pour laquelle vous avez travaillé toute votre vie, mais je vais maintenir vos impôts à un niveau bas et vous fournir une assurance-maladie abordable pour vous et vos employés. Joe, vous êtes riche. Félicitations avait solennement déclaré le candidat républicain, mal en point dans les sondages.

Seulement, le beau symbole érigé par John McCain a pris l'eau puisque non seulement Joe le Plombier ne possède pas de licence pour exercer ce métier et n'a jamais suivi la moindre formation en plomberie, mais il est surtout un fervent militant du Parti Républicain ! Par ailleurs, le "porte-drapeau des entrepeneurs" a vu ses biens être hypothéqués par le Trésor du fait qu'il n'aurait pas réglé la totalité de ses impôts. La supercherie est d'autant plus grossière que les déclarations qu'il avait adressé à Barack Obama sont entièrement falsifiées; le chiffre de l'affaire de l'entreprise qu'il souhaite racheter n'est non pas de 250.000 mais de 40.000$ et, en cas d'élection de M.Obama, il bénéficierait alors de baisses d'impôts.

11 octobre 2008

Les Bleus et Domenech voués au succès

6K6NEXCAPMGGTLCA7HO2VUCA3K6LEACADDMV99CAE0HTDPCAF3M6H8CAS94M7TCAYFFFB2CAKAMWGTCAUDQTMWCAROWII8CAP5VA6QCAWHS0B2CAI26G09CAPDQJCCCAQTTUJQCAE96TUFCA0VX544.jpgBien que les retrouvailles Franco-Roumaines de ce soir soient un match couperet dans le cadre de la qualification au mondial sud-africain 2010, le débat médiatique s'est centré sur l'avenir du sélectionneur national Raymond Domenech, autre enjeu du duel, dont l'avenir sera déterminé à l'issue de la rencontre. Maintenu dans ses fonctions en dépit de l'échec retentissant enregistré lors de l'Euro 2008, Raymond Domenech, avait cependu reçu de nouvelles consignes et contraintes de la part de la Fédération Française de Football (FFF), notamment d'ajuster sa communication trop personnalisée et agressive selon les mots du présidents de la FFF Jean-Pierre Escallettes. Mais en dépit des conseils prodigués par le Conseil Fédéral de la FFF, la communication de Raymond Domenech n'a en aucun cas évolué.

Ses propos du 9 Septembre dernier sont la pour en témoigner, Raymond Domenech avait en effet déclaré à l'égard des journalistes des propos peu convenables dont la presse s'était fait un plaisir de souligner : avant de commencer, j'aimerais vous dire que je suis véritablement content que la peine de mort et la guillotine ait été abolies, sinon, quelques journalistes se seraient fait un plaisir de m'envoyer sur l'échafaud. Mais bon, je n'ai tué personne, peut-être aurais-je été mieux servi si cela avait été le cas... En tout cas, au regard du nombre de journalistes venus me voir ce mardi, je ne peux pas oublier que vous êtes attirés par l'odeur du sang. Que les choses soient claires, je suis venu parler de la rencontre face à la Serbie, et rien d'autre.

La communication du sélectionneur, toujours aussi défaillante donc, sera l'unique argument de Jean-Pierre Escalettes pour démettre Raymond Domenech de ses fonctions en cas de victoire à Constanta. Le président de la F.F.F est en effet conscient qu'il ne pourra garantir sa réelection à la tête de la fédération si il conserve le sélectionneur national, d'autant plus en cas de courte victoire à Constanta.

Plus c'est compliqué et plus j'ai envie de me battre. Je ne veux surtout pas que l'on puisse imaginer que je vais lâcher ou que je suis fatigué a déclaré vendredi Raymond Domenech. Pourtant, il sait que sa place est convoitée et qu'en cas de départ, nombre de prétendants à sa succession défileront devant le conseil fédéral. Didider Deschamps, à qui le poste de sélectionneur était passé sous le nez au lendemain de l'euro, s'imposerait comme le successeur naturel de Raymond Domenech. Soutenu par France 98 dont il fut le capitaine, "Dédé" est cependant peu apprécié au sein du conseil fédéral, qui souhaiterait, comme à son habitude, que le nouveau sélectionneur soit issue de la DTN.

Les chances de voir Didier Deschamps à la tête des bleus sont d'autant plus minces qu'après une expérience de quatre ans à Monaco, il susciterait les convoitises d'un autre club français, le Paris Saint Germain, sur qui le président Charles Villeneuve aurait jeté son dévolu D'ailleurs, dans un communiqué daté de jeudi, le PSG dément la rumeur mais avoue attendre de Paul Le Guen de "meilleurs résultats". Tout est dit...

entraineur-girondins-bordeaux-laurent-blanc.jpgL'autre éventuel successeur à Raymond Domenech n'est autre que Laurent Blanc, l'entraîneur des Girondins, freiné dans ses ambitions de prendre la tête des Bleus en 2004 pour cause d'un manque d'expérience a vu ce critère retourner à son avantage puisque l'ex-libéro des Bleus a prouvé l'an passé ses capacités en permettant aux Girondins de Bordeaux d'accrocher le roi Lyon jusqu'à la 38ème et ultime journée et de terminer en deuxième position du classement à quatre points des Rhodaniens. Cependant, Laurent Blanc reste sous contrat avec Bordeaux d'autant plus que la saison est désormais engagée. Evoquer Blanc pour l'équipe de France est une sorte d'hommage, mais Blanc a un contrat et je n'imagine pas une seule seconde que la Fédération puisse ne pas respecter un contrat. Blanc est à Bordeaux jusqu'au mininum la fin de saison a d'ailleurs averti le principal actionnaire du club Bordelais Nicolas de Tavernost.

Si ni Blanc, ni Deschamps ne succèdent à Domenech lors du conseil fédéral du 15 novembre prochain, Alain Boghossian, qui a obtenu son diplôme d'entraîneur professionnel il y a tout juste deux ans pourrait apparaître comme un recours envisageable.

Quoi qu'il en soit, si la France parvient à l'emporter ce soir, toute cette agitation n'aura plus raison d'être...

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