22 novembre 2009
La Marseillaise, symbole contestable de notre identité nationale
Le grand débat sur l'identité nationale, ouvert le 2 Novembre dernier par Eric Besson, suscite de vives réactions, en témoignent les nombreuses contributions postées sur le site internet : plus de 16 700 ont été publiées, auquelles s'ajoutent les contributions rejetées. Politiques, artistes, écrivains, philosophes, historiens et bien entendu, les internautes, se sont emparés du débat. Au-dela de notre incapacité collective à définir cette identité nationale, qui n'est plus qu'un mot, c'est l'élévation de notre hymne national La Marseillaise au statut de symbole de l'identité nationale française par une minorité non négligeable de contributions, qui s'avère problématique. Ainsi, le député UMP du Val d'Oise Yanick Paternotte estime que l’hymne national mérite le respect de tous les Français et de tous les étrangers résidant sur le territoire national. Quand à Eric Besson, il considère que l’ensemble des jeunes français devraient chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national. Même son de cloche pour Ségolène Royal, qui rappelle avoir souhaité faire chanter « la Marseillaise » dans ses meetings, souhaitant reconquérir ce symbole de la nation. Enfin, dans sa tribune publiée début novembre dans les colonnes du Monde, Manuel Valls assurait que nous aimons chanter La Marseillaise.
S'ajoute à ces contributions la polémique, en novembre dernier, suite à la décision de Brice Hortefeux (qui occupait alors le poste d'Eric Besson) de rendre obligatoire l'apprentissage de la Marseillaise aux candidats à la naturalisation française, alors que nombre de français ne connaissent guère que le premier rime du premier couplet. Cette volonté de sanctifier la Marseillaise, de lui échoir un statut de symbole, ne fait que suivre un processus engagé sous la mandature de Jacques Chirac. En 2003, un délit d'outrage à l'hymne national avait été institué, quand deux plus tard, François Fillon, alors ministre de l'éducation nationale, imposait l'apprentissage de la Marseillaise à tous les élèves de primaire.
Or, peut-on véritablement considérer comme symbole de la France un texte vilipendant les cohortes étrangères ? Comment un immigré pourrait-il respecter un texte pareil comme le souhaite M.Paternotte ? On peut également s'interroger sur l'extrait du premier refrain, qu'un sang impur n'abreuve nos sillons, ou l'étendart sanglant est levé. La Marseillaise n'est ni plus ni moins qu'un chant de guerre, composé pour motiver les troupes révolutionnaires face à la menace de la coalition européene. A l'heure de l'Union Européenne, il serait enfin temps de faire rimer notre hymne avec le siècle et l'époque dans lesquels nous vivons. Ce ne sans parler du sang impur, propos immonde à l'heure où la notion de race a été abolie. De fait, ne nous étonnons plus que la Marseillaise soit sifflée dans le cadre de rencontres sportives.
La Marseillaise n'est pas un symbole de notre identité nationale comme l'assure M.Paternotte. Nous n'aimons guère chanter ce chant raciste et guerrier comme l'affirme M.Valls. Nous n'avons pas à reconquérir cet hymne belliqueux comme nous invite à le faire Madame Royal. Et, en tant que collégien, si en conséquence de l'adoption du projet de loi d'Eric Besson je serai contraint de me lever et d'entonner la Marseille, je m'y refuserai. Cet hymne n'est que le vestige d'un passé peu reluisant, et à l'heure du XXIème siècle, réglons nos pendules à l'heure, et adoptons un nouvel hymne national à la hauteur du projet européen, à l'image de la société actuelle.
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La Marseillaise, symbole contestable de notre identité nationale
Le grand débat sur l'identité nationale, ouvert le 2 Novembre dernier par Eric Besson, suscite de vives réactions, en témoignent les nombreuses contributions postées sur le site internet : plus de 16 700 ont été publiées, auquelles s'ajoutent les contributions rejetées. Politiques, artistes, écrivains, philosophes, historiens et bien entendu, les internautes, se sont emparés du débat. Au-dela de notre incapacité collective à définir cette identité nationale, qui n'est plus qu'un mot, c'est l'élévation de notre hymne national La Marseillaise au statut de symbole de l'identité nationale française par une minorité non négligeable de contributions, qui s'avère problématique. Ainsi, le député UMP du Val d'Oise Yanick Paternotte estime que l’hymne national mérite le respect de tous les Français et de tous les étrangers résidant sur le territoire national. Quand à Eric Besson, il considère que l’ensemble des jeunes français devraient chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national. Même son de cloche pour Ségolène Royal, qui rappelle avoir souhaité faire chanter « la Marseillaise » dans ses meetings, souhaitant reconquérir ce symbole de la nation. Enfin, dans sa tribune publiée début novembre dans les colonnes du Monde, Manuel Valls assurait que nous aimons chanter La Marseillaise.
S'ajoute à ces contributions la polémique, en novembre dernier, suite à la décision de Brice Hortefeux (qui occupait alors le poste d'Eric Besson) de rendre obligatoire l'apprentissage de la Marseillaise aux candidats à la naturalisation française, alors que nombre de français ne connaissent guère que le premier rime du premier couplet. Cette volonté de sanctifier la Marseillaise, de lui échoir un statut de symbole, ne fait que suivre un processus engagé sous la mandature de Jacques Chirac. En 2003, un délit d'outrage à l'hymne national avait été institué, quand deux plus tard, François Fillon, alors ministre de l'éducation nationale, imposait l'apprentissage de la Marseillaise à tous les élèves de primaire.
Or, peut-on véritablement considérer comme symbole de la France un texte vilipendant les cohortes étrangères ? Comment un immigré pourrait-il respecter un texte pareil comme le souhaite M.Paternotte ? On peut également s'interroger sur l'extrait du premier refrain, qu'un sang impur n'abreuve nos sillons, ou l'étendart sanglant est levé. La Marseillaise n'est ni plus ni moins qu'un chant de guerre, composé pour motiver les troupes révolutionnaires face à la menace de la coalition européene. A l'heure de l'Union Européenne, il serait enfin temps de faire rimer notre hymne avec le siècle et l'époque dans lesquels nous vivons. Ce ne sans parler du sang impur, propos immonde à l'heure où la notion de race a été abolie. De fait, ne nous étonnons plus que la Marseillaise soit sifflée dans le cadre de rencontres sportives.
La Marseillaise n'est pas un symbole de notre identité nationale comme l'assure M.Paternotte. Nous n'aimons guère chanter ce chant raciste et guerrier comme l'affirme M.Valls. Nous n'avons pas à reconquérir cet hymne belliqueux comme nous invite à le faire Madame Royal. Et, en tant que collégien, si en conséquence de l'adoption du projet de loi d'Eric Besson je serai contraint de me lever et d'entonner la Marseille, je m'y refuserai. Cet hymne n'est que le vestige d'un passé peu reluisant, et à l'heure du XXIème siècle, réglons nos pendules à l'heure, et adoptons un nouvel hymne national à la hauteur du projet européen, à l'image de la société actuelle.
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08 septembre 2009
Hervé Morin a un coup à jouer
Les deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.
Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...
En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.
Cependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.
En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...
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02 mai 2009
Front National : par ici la sortie
Scores électoraux en nette régression, dettes impayées, changement (contraint) de siège : le Front National est embourbé dans une situation délicate, en passe de marginaliser le parti frontiste sur l'échiquier politique français. Il y a deux ans, au lendemain d'élections présidentielles qui avaient vu l'échec de Jean Marie Le Pen, cantonné à un maigre 10,44% des suffrages exprimés, nul n'avait osé prédire une telle descente aux enfers pour le FN. Le déficit de voix alors rencontré par Jean-Marie Le Pen s'était elevé à plus d'un million de bulletin par rapport aux échéances de 2002. Quelques semaines après, la déroute des élections législatives, où le score moyen des candidats FN ne s'était pas élevé au dela des 4,8% des suffrages (contre 11% en 2002), avait été suivi de la très faible performance réalisée par le FN aux échéances municipales, incapable de dépasser la barre du simple pourcent.
Une situation financière délicate
Conséquence directe de ces scores électoraux bien ternes, une situation financière délicate, entachée par une dette estimée à 8 millions d'euros, due majoritairement (6,3M) à l'ancien député européen Fernand Le Rachinel et créancier non rémboursé du FN. La déroute des législatives a effectivement conduit à une baisse de 60% des subventions publiques accordées au FN, qui a par ailleurs du s'acquitter des dettes des nombreux candidats frontistes n'ayant pas dépassé la barre des 5% aux élections législatives, condition nécessaire au remboursement des frais de campagne. Un an plus tard, lors des échéances municipales, les candidats frontistes s'étant retrouvé dans une situation identique avaient du s'acquitter eux-mêmes du remboursement de leurs frais, le FN, faute de moyens, s'y était refusé.
Aujourd'hui, le parti a sensiblement freiné son train de vie, déplaçant son siège à Nanterre au profit des 5200 mètres carrés du "Paquebot", vendu à une université de Shangaï pour une quinzaine de millions d'euros. Cette somme avait permis au FN de s'acquitter d'une partie de sa dette, mais n'avait pas empêché le lienciement de 20 des 60 employés du parti.
Besancenot et Sarkozy, bêtes noires du parti frontiste
Qu'elle soit politique ou financière, la crise traversée par le Front National ne semble pas passagère. Le climat socio-économique, propice à une vague de contestation, n'a pas bénéficié au FN et à Jean-Marie Le Pen, qui, selon un sondage OpinionWay-LeFigaro publié aujourd'hui, ne récolterait que 7% des suffrages exprimés si le premier tour des élections présidentielles avait lieu demain.
Pis, l'action controversée et impopulaire de Nicolas Sarkozy n'a pas amorcée le retour au bercail des anciens électeurs frontistes, confirmant l'éfficacité du "ratissage" des électeurs FN mené par l'actuel président lors de sa campagne présidentielle. L'image du ministre qui voulait "nettoyer la cité avec du karcher"n'a pas quitté Nicolas Sarkozy, lui assurant une certaine audience auprès des anciens électeurs frontistes.
En outre, le 21 Avril 2002 a choqué nombre de français, si ce n'est des électeurs FN eux-mêmes, qui avaient accordé leur bulletin à Jean-Marie Le Pen en simple signe de protestation, tout en se refusant à l'idée d'une participation au second tour du président du Front National.
Autre handicap rencontré par le FN, la mutation de l'électorat protestataire, qui s'exprimait jusqu'à alors par le biais du bulletin Jean-Marie Le Pen. Mais le contexte économique a favorisé l'extrême-gauche, particulièrement Olivier Besancenot, dont les critiques à l'égard du "capitalisme sauvage" et des "patrons voyous" ont trouvé un échos à l'heure où les parachutes dorés et stocks-options des grands patrons font polémiques. Ainsi, l'électorat contestataire, qui avait muté au profit de Jean-Marie Le Pen à l'aube des années 1990 et aux dépents du PCF emprunte désormais le chemin inverse et c'est le NPA qui symbolise désormais l'électorat contestataire, témoignage de la mutation d'une classe, qui ne fustige plus les "racailles du 9-3" mais "les racailles du XVIème".
La succession de Jean-Marie Le Pen au coeur des convoitises
Le départ annoncé de Jean-Marie Le Pen au poste de président du FN, d'abord prévu pour 2010 puis repoussé à 2011, amorcera une période délicate et inédite pour le FN, dont le succès d'antan fut le fruit du seul Jean-Marie Le Pen. La succession de ce dernier a d'ores et déjà laissé apparaître plusieurs brèches de divisions, Carl Lang a ainsi quitté les instances du FN pour fonder le Parti de la France, qui présentera une liste concurrente à celle de Marine Le Pen lors des élections européennes.
Cette dernière, favorite pour succéder à son père, a d'ores et déjà reçu le soutien de ce dernier, qui avait estimé dans une interview accordée à Valeurs Actuelles qu'elle n'est pas populaire que sur son nom. Il y a sa personnalité,son charisme. Elle est sympathique et passe très bien dans les médias. Récemment, un sondage réalisé auprès de sympathisants frontistes dégageait une large majorité en faveur de Marine Le Pen (76%), en vue de la succession de Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen, qui a assuré vendredi sur l'antenne d'Europe 1 qu'elle serait belle et bien candidate au poste de présidente du FN, sera opposée à Bruno Gollnish, dont les critiques à son égard ont été des plus virulentes, il lui avait ainsi fait porter la responsabilité de l'échec des présidentielles 2007, qui serait due à la campagne de dédiabolisation qu'elle avait menée.
Mais au-dela de l'identité du successeur de Jean-Marie Le Pen, c'est la capacité de survie du mouvement sans son leader fondateur qui pose question. Les excellents résultats enregistrés lors des différentes présidentielles depuis 1988 n'ont effectivement jamais été suivis par des performances similaires lors des élections intermédiaires, posant la question de l'aura du FN lorsqu'il évolue en l'absence de son leader. En outre, l'hypothèse d'une éventuelle absence de candidat frontiste lors des élections présidentielles de 2012 n'est pas à exclure, faute de parrainages sufisants. Les élections municipales de l'an dernier ont effectivement vu le renouvellement des mandats de seuls 250 des 535 maires ayant accordé leur parrainage à M.Le Pen en 2007. La scission avec Carl Lang, qui pourrait être suivi par Bruno Gollnish compliquerait alors la chasse aux parrainages...au grand bohneur de Nicolas Sarkozy ?
19:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07 avril 2009
La Turquie, élément clé de la nouvelle politique étrangère américaine ?
Si la tournée européenne de Barack Obama aura constitué un succès dans son ensemble, elle se sera achevé sur l'ouverture d'une brèche de division, quand au degré de participation de la Turquie à l'union européenne. Les Etats-Unis et l'Europe doivent aborder les musulmans comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérance et la violence, (...) évoluer vers l'adhésion de la Turquie à l'UE constituerait un signal important de votre engagement dans ce sens et assurerait que nous continuons à ancrer fermement la Turquie en Europe a affirmé le président américain dans le cadre d'un discours à Prague, avant de réitérer ses propos à Ankara, affirmant devant les parlementaires turcs que les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE.
Barack Obama s'est immédiatement attiré les foudres de ses homologues français et allemands, Nicolas Sarkozy ayant affirmé sur le plateau de TF1 que j'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des états membres de l'Union Européenne est sur la position de la France, avant de rappeler que s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi regretté l'interventionnisme de Barack Obama.
Les déclarations de ce dernier, qui interviennent alors qu'il effectuait une visite d'état en Turquie lundi et mardi, ont replacées au cœur du débat la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, alors que les négociations, ouvertes en octobre 2005, végétaient au point mort. Barack Obama ne cache effectivement pas qu'il souhaite s'appuyer sur la Turquie dans le cadre des négociations avec les pays du Moyen-Orient, le premier ministre turque Recep Erdogan souhaitant d'ailleurs s'affirmer comme le médiateur entre l'Occident et l'Orient, justifiant ce statut par la relative neutralité militaire et politique de la Turquie.
La Turquie évolue effectivement dans une relative ambiguïté, développant des relations privilégiés avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad tout en s'affirmant comme un membre historique de l'OTAN. Cette position insolite justifie la danse du ventre de Barack Obama vis à vis des turques et du premier minsitre Recep Erdogan, parvenant d'ailleurs à se constituer un important socle de popularité, 40% des turcs désignant Barack Obama comme le dirigeant le plus fiable du monde.
Si il souhaite s'appuyer sur son allié turc, Barack Obama devra cependant tacher d'apporter des garanties et son soutien à Recep Erdogan, dont la décision en 2003, de ne pas autoriser l'armée américaine à traverser la Turquie afin de se rendre en Irak, avait institué une certaine tension entre les deux pays. Au-delà du soutien appuyé à l'entrée de la Turquie dans l'UE, Recep Erdogan attend par ailleurs de Barack Obama qu'il raffermisse la lutte contre la guérilla du PKK, qui milite pour la création d'un état kurde, comprenant le sud-est de la Turquie.
Passerelle entre l'Orient et l'Occident, la Turquie pourrait s'imposer dans les prochaines années comme un acteur géopolitique majeur, d'autant plus que les Etats-Unis souhaitent en faire un élément clé de sa nouvelle politique étrangère. La nouvelle dimension que pourrait, à terme, prendre la Turquie, va indéniablement replacer au coeur des débats la question de son adhésion à l'Union Européenne....
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05 avril 2009
Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
13:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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25 février 2009
Le Parti Démocrate à bout de souffle
Walter Veltroni aura finalement payé de sa tête les déboires du Parti Démocrate dont il assurait la présidence. En Italie, l'ancien maire de Rome (voir image, premier plan) a décidé de quitter la présidence du Parti Démocrate, la défaite cuisante de Renato Soru aux élections régionales anticipées en Sicile (42% contre 51% pour la liste soutenue par le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi) ayant eu l'effet de la goutte d'eau faisant déborder un vase rempli de multiples couacs qui ont fait suite à la défaite aux élections générales (renouvellement des deux chambres du parlement) de 2008. L'optimisme est de retour, ainsi que la confiance et la volonté de combattre a affirmé samedi le successeur de Walter Veltroni, Dario Franceschini (voir image, second plan), élu avec 83% des suffrages par un collège électoral de 1258 délégués. La mission de cet avocat issue de la "Marguerite" (cf.paragraphe ci-dessous) ? Assurer durant les huit prochains mois la pérennité d'une formation dont l'équilibre se retrouve aujourd'hui menacé.
Aux origines d'un échec connu d'avance
Première force d'opposition italienne, le Parti Démocrate est le fruit de la fusion en octobre 2007 de sept formation au centre-gauche de l'échiquier politique italien, dont les plus influentes sont les "Démocrates de Gauche" (force de gauche historique, héritière du Parti Communiste Italien, formation sociale démocrate depuis les années 1990) et la Marguerite (formation centriste), qui peinent aujourd'hui encore à cohabiter, en raison de nombreux différents sur des sujets sociétaux. Voulue par Romano Prodi au lendemain de son élection à la présidence du conseil, la création du PD avait pour objectif de réunir au sein d'une même entité l'ensemble des forces membres de la coalition dite de "L'Union", qui avait porté en 2006, Romano Prodi à la présidence du conseil.
Quelle crédibilité ?
Approuvée par 75% des militants, la fondation du Parti Démocrate n'a pas apporté à ses fondateurs le crédit qu'ils espéraient. Un grand parti de rassemblement des communistes aux centristes, telle était la destinée que souhaitait au PD Romano Prodi, Walter Veltroni et consorts. Lors des dernières élections générales, en 2008, le Parti Démocrate avait réuni 33,17% des suffrages, auxquels doivent s'ajouter les 4,37% obtenus par le parti centriste allié au PD, l'Italie des Valeurs. Un score en augmentation de 4% vis à vis des élections générales de 2006 puisque le Parti Démocrate a bénéficié du vote utile, pour lequel avaient opté nombre d'électeurs de gauche. Mais une large branche de ces derniers se sont aussi réfugiés dans l'abstention (plus haut taux d'abstention de l'histoire), tandis que les électeurs du centre ont quand à eux privilégiés la coalition emmenée par Silvio Berlusconi. A gauche, comme au centre, le Parti Démocrate manque de crédibilité tant le rassemblement qu'il souhait opérer surprend par sa largeur.
Vers le schisme ?
Aujourd'hui, la menace pour le Parti Démocrate est celle du schisme. Deux ans après leur fusion, les Démocrates de gauche et les centristes de la Marguerite semblent se rapprocher inexorablement d'une séparation, marquant ainsi l'échec retentissant d'un parti démocrate dont l'aspiration de rassembler de l'extrême gauche au centre apparaissait aux yeux des électeurs comme un grand écart manquant totalement de crédibilité. Le morcellement de l'opposition italienne, très probable à l'heure actuelle, constitue un nouvel avantage pour Silvio Berlusconi, qui n'a face à lui, qu'une multitude de mouvements incapables de s'unir. L'apogée d'un bipartisme en Italie n'est donc toujours pas d'actualité, et c'est encore le jeu des coalitions qui prévaudra dans un système politique en quête de modernité...
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13 février 2009
Le Parti Socialiste plongé dans une crise idéologique
Le 22 Juin dernier, le Parti Socialiste entérinait sa nouvelle déclaration de principes, cette ligne politique directrice, et prenait acte de sa propre évolution en excluant de ce texte de 21 articles, et cela pour la première fois, toute référence à la révolution. Cette nouvelle déclaration de principes définissait le PS comme un parti réformiste, une appellation moins radicale que celle de parti de la transformation sociale qui avait été retenue en 1990. En approuvant cette sixième déclaration de principes, le Parti Socialiste, avait, au lendemain de trois échecs présidentiels successifs, opté pour une évolution en douceur vers le courant social-démocrate, à l'image de ses partenaires européennes du SPD allemand ou du PD italien. Aujourd'hui, il est force de constater que l'approbation unanime de cette déclaration de principes n'a pas permis la résolution de la crise idéologique que traverse le Parti Socialiste. Bredouille, le premier parti de France en nombre d'élus se trouve tiraillé entre une gauche radicale séduisante en période de crise économique et un François Bayrou dont la performance lors des dernières échéances présidentielles n'a été oublié par personne.
Les changements voulus par Martine Aubry ne se concrétisent pas
L'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire, qui a porté à la direction du parti une classe dirigeante rajeunie et clairement ancrée à gauche (à l'image de Benoit Hamon) n'a toujours pas permis d'inverser la tendance. Le nouveau départ lancé par la première secrétaire, qui a tenu à ce que les cadres du parti limitent leurs interventions médiatiques, pour éviter des cafouillages préjudiciables, n'a pas permis de donner au PS l'apparence d'une formation unie idéologiquement. L'absence dans la direction des partisans de Ségolène Royal, qui représentent un peu moins de 50% de la base militante, y est pour beaucoup. Par ailleurs, la présence accrue de cadres socialistes dans les récentes manifestations n'ont pas séduit la gauche de la gauche, trop exaltée par la fondation du NPA, considéré par beaucoup comme le "vrai" parti de gauche français.
L'exil de la branche radicale du PS
Alors qu'il comptait quelques 280 000 adhérents à l'automne 2006, le Parti Socialiste en revendique aujourd'hui quelques 170 000, soit 40% de militants qui n'ont pas renouvelé leur cotisation. Symbole de la défection de la base militante du PS, ce recul d'adhésions considérable s'explique notamment par le concurrence accrue à la quelle doit faire face le PS, principalement à sa gauche. Le NPA d'Olivier Besancenot et le PG de Jean-Luc Mélenchon ne doivent leur popularité qu'à l'arrivée dans leurs rangs de socialistes déçus, qui reprochent au PS de ne pas aller assez loin. Cette branche radicale ne s'est jamais reconnue dans les mesures prises par le dernier gouvernement socialiste au pouvoir et se montre insatisfaite de l'évolution idéologique du PS, qui tend à sa rapprocher du centre-gauche.
Une mutation difficile, handicapée par l'élection de Martine Aubry
La mutation du Parti Socialiste vers la social-démocratie, inévitable si il souhaite accéder au pouvoir, ne se réalisera certainement pas sous la direction de Martine Aubry, qui depuis le début de son mandat, a réorienté le PS à la gauche de l'échiquier politique; bien qu'ayant lors de son passage au gouvernement Jospin, pour doper l'emploi, appliqué des exonérations de charges d'inspiration libérale, en contradiction avec les 35 Heures.
Cette exemple, qui pose Martine Aubry devant ses contradictions, symbolise une gauche hésitante, qui n'assume pas sa mutation en un parti social-démocrate, et qui se veut ancré à gauche, tout en ayant déjà eu l'occasion d'être freiné par les logiques économiques lors de leurs expériences gouvernementales. Le PS maintient ainsi sa branche radicale dans le rêve que la réforme socialiste est possible, tout en sachant pertinemment qu'une fois au pouvoir, ce sera une politique sociale démocrate que mènera le PS.
Pour renaître de ses cendres, le PS devra ainsi, à l'image de ses confrères européens, assumer sa mutation en un parti social-démocrate, une mutation qui repoussera certes la branche radicale du mouvement, mais qui lui permettra d'en finir avec les bredouillages permanents et les revirements de position incessants, et gagnera ainsi en légitimité.
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07 février 2009
Le NPA, carrefour des sensibilités à la gauche de la gauche
Après près de 40 ans de luttes politiques et sociales, la Ligue Communiste Révolutionnaire a officialisé ce jeudi sa dissolution, dans le cadre du congrès fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste. Inpulsée par Olivier Besancenot, la fondation du NPA constitue un bouleversement inédit dans la paysage politique français, puisque ce mouvement ambitionne de rassembler l'ensemble de l'électorat anti-capitaliste d'extrême gauche au-delà de tout courant politique. La fédération de l'ensemble des forces militantes de la gauche de la gauche constituait d'ailleurs l'objectif avoué de la création du NPA, qui souhaite toucher un électorat plus populaire et sans doute moins intellectuel que la LCR. 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique précise d'ailleurs un responsable NPA, en conformité avec le souhait d'Olivier Besancenot, de faire du NPA le parti des sans voix.
Le NPA se pose dans une logique de rassemblement
Leur base d'adhésion, c'est le ras-le-bol de Sarkozy affirme quand à lui la figure historique de la LCR, Alain Krivine. Fort de quelques 9000 adhérents, et cela alors que sa fondation n'a toujours pas été officialisée, le Nouveau Parti Anticapitaliste compte ainsi dans ses rangs des altermondialistes, des troskistes, des communistes, des écologistes, quelques socialistes soit l'ensemble du peuple des rues, ceux qui ont le désir de concrétiser leur mécontentement de la politique gouvernementale, et qui récusent le manque de vigueur de l'opposition socialiste. La prolifération de mouvements à la gauche du PS ces dernières années les a par ailleurs incité au rassemblement dans une entité commune, ce que le NPA semble être en capacité de proposer, deux ans après la "victoire" unanime d'Olivier Besancenot aux élections présidentielles.
Une cohabition qui s'annonce difficile
Le défi du Nouveau Parti Anticapitaliste, sera de permettre la cohabitation de militants aux sensibilités aussi diverses et variées et cela au sein d'une même formation politique. La direction du mouvement a ainsi décidé de rompre tout lien avec la formation de la Quatrième Internationale Troskiste, un choix vivement dénoncé par les troskistes orthodoxes, bien que nécessaire dans la perspective de rassemblement de l'ensemble des forces de gauche. Reste que pour l'auteur Denis Pingaud, cette distance prise vis à vis du trotskisme n'est que très relative, le programme du NPA n'étant guère différent de celui de la LCR. Le choix de l'appelation définitive du NPA est d'ailleurs aujourd'hui une source de désaccords, entre communistes qui réclament que leur courant soit mentionné et troskistes qui regrettent la défunte LCR. La direction du NPA se dirigerait d'ailleurs vers un maintien du nom "Parti Anti Capitaliste", déjà connu par bon nombre de français.
Besancenot, l'élément moteur du NPA
Bien que démentant toute forme de dépendance à sa personne, Olivier Besancenot s'avère être l'élément moteur du Nouveau Parti Anticapitaliste et l'élément fédérateur de son réseau de militants. Sa jeunesse, son charisme et sa combativité, lui ont permis de supplanter le PCF à l'extrême gauche (voir mon article à ce sujet) tandis que son opposition virulente à Nicolas Sarkozy a tapé dans l'oeil à nombre de socialistes radicaux. Sa côte de popularité dépasse déosmrias les 60% et il se présente aujourd'hui tel le leader du vote contestataire, lui qui, à l'inverse du PCF, a su comprendre l'évolution sociologique de l'électorat populaire, qui ne se limite plus à la classe ouvrière.
Les européennes comme premier test
La fondation du NPA intervient à moins de quatre mois des élections européennes, échéances durant lesquelles les listes LCR avaient subi un échec cuisant il y a cinq ans, rassemblant moins de 2,6% des suffrages. Les analystes politiques avaient alors interprêté cet échec comme une non-capacité de la LCR à récupérer le mécontentement vis à vis de la politique gouvernementale, mécontentement qui avait largement profité aux listes socialistes. Aujourd'hui, ces échéances interviendront dans un tout autre contexte, Olivier Besancenot s'affirmant comme le leader du vote contestataire, souvent très prisé par les français lors des élections intermédiaires. Un bon score aux européennes de juin prochain constitueront donc un excellent départ pour le NPA, qui pourra alors envisager l'avenir en toute sérénité, et poursuivre la fédération de l'extrême gauche.
Cet article a été repris en une du "Post". Retrouvez le ici.
12:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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03 février 2009
Benoît XVI : un pontificat sous le signe du dialogue et de la contradiction
Quatre ans se sont écoulés depuis la nomination de Joseph Ratzinger comme souverain pontife de l'Eglise Catholique Romaine et il est force de constater que Benoît XVI n'affiche pas la même popularité que son prédecesseur Jean-Paul II. Récemment, l'annulation de l'exco - mmunication de quatre évêques intégristes, dont le négationniste monseigneur Williamson qui avait affirmé voila un an ne pas croire qu’il n’y ai eu de chambres à gaz, a froissé la communauté juive et provoqué la colère du monde catholique, décidément hostile à ce pape profondément traditionaliste. En France, un manifeste signé par cinquante penseurs et philosophes catholiques s'indignant de cette décision a été publié dans le mensuel catholique La Vie.
Un dialogue gâché avec la communauté juive
D'un point de vue général, l'annulation de l'excommunication de Mgr Williamson illustre parfaitement le pontificat de Benoît XVI, résolument contradictoire. En prenant cette décision, Benoît XVI s'est en effet attiré les foudres de la communauté juive, un différent fort dommageable au vu des efforts engagés par Joseph Ratzinger pour améliorer les relations entre les deux communautés. Dès son élection, Benoit XVI avait effectivement engagé un dialogue, qui s'était traduit par une visite au camp de concentration d'Auschwitz, et, plus récemment à la Synagogue de New York où le pape avait tenu à réitérer l'engagement de l'Eglise au dialogue. Cette ouverture vis à vis de la communauté juive s'inscrit dans la logique de rassemblement prônée par Benoît XVI, que ce soit vis à vis de la branche conservatrice de l'Eglise Catholique, marginalisée sous le pontificat de Jean-Paul II, où de l'Eglise Orthodoxe, avec qui le dialogue a repris.
La réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe
Benoît XVI et le Patriarche de Constantinople Bartholomée (la religion orthodoxe en divisée en deux branches, celle de Moscou et celle de Constantinople) ont en effet entamé une correspondance épistolaire fertile, qui a abouti sur l'instauration d'une commission de travail commune au sujet du rôle de la papauté, un différent entre les deux Eglises qui est à l'origine du grand schisme d'Orient de 1054. Quand au patriarche de Moscou aujourd'hui décédé, Alexis II, il avait effectué une visite riche en symboles voila un an, en se rendant dans la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Désormais, une réunification des deux églises chrétiennes n'est plus, à long terme, inenvisageable.
Un conservatisme mal interprété
Si Benoit XVI a le mérite d'avoir engagé un processus de réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe, conformément à la tendance exprimée lors du concile de Vatican II (ce concile, qui s'est déroulé entre 1962-1965, a engagé un processus de modernisation de l'Eglise, en prônant les principes d'ouverture vis à vis des autres églises et de libéralisation des moeurs), il n'en reste pas moins que ses mains tendues à la branche conservatrice de l'Eglise a sérieusement entamé sa popularité. L'autorisation de célébrer la messe en latin accordée aux prêtres traditionalistes avait en effet été présenté comme une atteinte aux acquis du concile de Vatican II et fermement dénoncée par les progressistes, alors que cette décision s'inscrivait dans le processus de réunification de l'Eglise lancé par Benoît XVI. L'intégration de la très conservatrice Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est ainsi désormais envisagée du fait de l'annulation de l'excommunication de quatre évêques qui la composent. Au-delà de son conservatisme, Benoît XVI se présente donc comme le pape de la réconciliation...
La lente évolution des moeurs
L'ouverture à la branche conservatrice de l'Eglise qu'à prôné Benoît XVI a masqué une certaine évolution des mœurs, certes lente, mais tout du moins plus concrète que sous Jean-Paul II. Benoît XVI a ainsi été le premier pape a autorisé l'autorisation du préservatif...sous certaines conditions (couple marié dont l'un atteint du sida), ce qui constitue malgré tout une avancée notable. Sur d'autres domaine telles que l'euthanasie, le Vatican est resté campé dans ses positions, Benoit XVI assimilant cette pratique a un acte indigne de l'homme , en rappelant que Jésus a souffert et il est mort sur la croix par amour. De cette façon, il a donné sens à notre souffrance. Reste que Benoît XVI a souhaité privilégier le rassemblement des branches de l'Eglise à la modernisation de cette dernière, deux données incompatibles.
Cet article a été repris sur Yahoo!, retrouvez le à l'adresse suivante : http://fr.news.yahoo.com/13/20090204/tot-benoit-xvi-un-po...
22:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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