17 octobre 2009

L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy

2-nicolas-sarkozy.jpgEssayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.

 

Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).

 

Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.

 

Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.

 

En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.

08 septembre 2009

Hervé Morin a un coup à jouer

e2bea074-a786-11dd-a2f6-63704ef9f9b4.jpgLes deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.

 

Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...

 

En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.

 

Meeting nouveau centre.jpgCependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.

 

En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...

15 novembre 2008

Londres 2012 en grosse difficulté

Londres2012.JPG "Si nous avions su ce que nous savons maintenant, [la crise financière] aurions-nous postulé pour accueillir les JO? Il est quasiment certain que non". Cette déclaration de la ministre britannique en charge des Jeux 2012 Tessa Jowell témoigne des difficultés qu'éprouvent les organisateurs des JO 2012 pour maintenir le budget de l'évènement à un montant acceptable. En effet, alors que Londres prévoyait en 2005, lors de sa sélection comme ville organisatrice, un budget de 3,4 milliards de livres, il s'élève désormais à plus de 9,3 milliards de livres. La faute à la crise financière, qui ralentit considérablement le bon déroulement de l'organisation.

En premier lieu, la société Lend Lease, qui devait injecter 650 millions dans le chantier du village olympique ne parvient à régler l'addition du fait de la frilosité des banques qui refusent désormais d'accorder le moindre prêt. Pourtant, sur les 4300 logements prévus initialement, moins de 3000 seront finalement construits avait récemment annoncé le comité d'organisation. Cette importante concession se justifie par la crise immobilière qui a généré de façon assez significative une baisse des prix de l'immobilier, mettant ainsi à mal les recettes que devait générer la vente des appartements du village olympique. De ce fait, la construction du village olympique, qui devait être entièrement financé par des fonds privés risque de revenir à la charge de l'état.

L'autre raison de cette surprenante inflation du budget initial, ce sont les erreurs commises par le comité de candidature de Londres 2012 dans la rédaction du budget prévisionnel, omettant d'y inclure les taxes et le coût du dispositif de sécurité, évalué à quelques 800 millions de livres.

Boris Johnson, maire de Londres nouvellement élu, s'est clairement engagé pour une réduction des dépenses relatives aux JO, assurant d'ailleurs lors de la cérémonie de cloture des JO de Pékin que Londres ferait aussi bien que Pékin mais sans les dépenses colossales . Le maire de Londres a ainsi exhorté les organisateurs de ne pas effectuer de dépenses superflues. Quand au développement de la banlieue est de Londres, grand objectif de ces Jeux et qui avait d'ailleurs permis à la capitale britannique d'emporter l'organisation de la compétition aux dépents de Paris (54 voix contre 50), risque lui aussi de payer les frais de la crise financière et de passer à la trappe. Quoi qu'il en soit, c'est dans la difficulté que s'organisent ces Jeux Olympiques londoniens.