07 octobre 2009

L'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales

UMP_RILLIEUX_ete_2009_-2.JPGLe secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a donné lundi à Saverdun dans l'Arriège, le coup d'envoi de la campagne des élections régionales du Mouvement Populaire. Créditée de 31-32% des suffrages, auxquels s'ajoutent le score du Nouveau Centre, qui ne s'est pas encore prononcé sur la présentation de listes autonomes,  l'Union pour un Mouvement Populaire sait que la vague rose des élections régionales 2004 (20 régions socialistes et 2 seulement pour l'UMP) ne pourra se rééditer, qui plus est avec une telle ampleur. Le renouvellement des conseils régionaux ne pourra donc être de facto, que plus favorable à la majorité présidentielle. Reste à déterminer l'ampleur de la victoire.

 

D'ailleurs, en Champagne-Ardennes, en Franche-Comté, en Basse-Normandie, au Pays de la Loire et en Lorraine, la droite a de réelles chances d'obtenir la victoire. Dans d'autres régions, comme en Ile de France ou en PACA, l'UMP a également les moyens de reléguer le PS dans l'opposition.

 

Un succès aux régionales sera cependant conditionné par la capacité de la majorité à faire abstraction des enjeux nationaux pour mener une campagne sur des enjeux locaux, et ainsi éviter un vote sanction : au risque d'être confronté à l'excellent bilan de la plupart des conseils régionaux socialistes. C'est donc non sans risque que Nicolas Sarkozy a permis à plusieurs de ses ministres de se porter candidat, tel que Xavier Darcos, Bruno Le Maire, Chantal Jouanno ou encore Valérie Pécresse, car l'investiture de telles figures pourrait dénaturer le véritable enjeu du scrutin, au profit d'un référendum portant sur la politique de l'exécutif.

 

Pour l'UMP, ces élections régionales seront également l'occasion de tester la stratégie de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles. En intégrant le MPF et CPNT au comité de liaison de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy a effectivement voulu rassembler l'ensemble de la droite dans une coalition qui rassemble des nationalistes jusqu'aux sociaux-libéraux. Pariant sur un large succès au premier tour (pourquoi pas 40%), Nicolas Sarkozy pense pouvoir pallier l'absence de réservoir de voix par une dynamique de premier tour. La théorie est recevable, les élections régionales seront l'occasion de passer aux travaux pratiques...

 

50550_sarkozy-cohn-une.jpgEn outre, la Majorité Présidentielle n'ignore pas le potentiel des Verts à rogner sur son électorat : des bourgeois-bohèmes, des centristes nouvellement sensibilisés à la cause écologiste ne sont pas restés insensibles à l'évolution de discours des Verts, particulièrement de Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier, qui n'hésite pas à affirmer que des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État ou encore que le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison a séduit cette frange de l'électorat. Or, il a d'ores et déjà assuré ses collèges de sa mobilisation pour les échéances régionales...

 

Face aux Verts, Nicolas Sarkozy aura l'occasion de faire valoir sa fibre écologiste au sommet de Cophenague en décembre, (qui a vocation à donner suite au protocole de Kyoto) ainsi que lors de l'examen du texte relatif à la taxe carbone. De plus, la question écologiste sera un des points centraux de la campagne de l'UMP. La secrétaire d'état à l'écologie Chantal Jouanno, favorite pour défier Ségolène Royal en Poitou-Charentes, va remettre à Xavier Bertrand un argumentaire visant à défendre la vision de l'écologie défendue par l'UMP face aux Verts. Elle y dénonce l'interdiction de tout progrès et la décroissance défendue par les Verts face aux valeurs de liberté, de libre choix et de travail qui fondent notre [celle de l'UMP] vision de l'écologie. Étrange de qualifier le parti du développement durable de partisan de la décroissance, alors que le courant se réclamant de cette vision reste très minoritaire...

03 octobre 2009

3D : les écrans font leur révolution

3D1.jpgC'est une révolution numérique programmée à laquelle nous assisterons, le 16 décembre prochain, lors de la sortie en salles du film Avatar. La nouvelle production de James Cameron devrait marquer un basculement dans l'ère de la trois dimensions, introduisant une année 2010 charnière en la matière. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur les consoles de jeu, la 3D va véritablement bousculer notre quotidien. Avatar, qui avec un budget de 300 millions de dollars s'est d'ores et déjà assuré une place dans le livre des records est moins attendu pour son scénario que par la révolution numérique qu'il amorcera : en terme de 3D, Avatar s'imposera comme la marque de référence, après des débuts peu convaincants cet été.

 

Le cinéma compte sur la 3D pour faire face au piratage

Si la fréquentation des cinémas ne cesse de croître depuis 2000 (23 millions d'entrées supplémentaires soit 3,1 entrée par habitant et par an en 2008 contre 2,8 il y a huit ans), le phénomène du piratage informatique gagne lui aussi du terrain : en 2008, 450.000 films ont été quotidiennement téléchargés illégalement, une donnée qui permet de mesurer l'ampleur du manque à gagner pour l'industrie cinématographique.

 

On ne voit plus d'adolescents dans les cinémas parce qu'ils ont déjà piraté les films avant. Le relief est un excellent moyen de les faire revenir vers nous assure Jocelyn Bouyssy, directeur général du distributeur CRG. Les films 3D ont effectivement démontré leur attractivité économique. A titre d'exemple, l'Age de Glace 3 a réuni huit millions de spectateurs, dont deux en 3D, quand moins d'un cinquième des salles qui le distribuaient détenaient un équipement relief.

 

Un avenir incertain

D'ailleurs, face à l'accroissement de l'offre 3D, les salles françaises, d'abord réticentes, consentent désormais à s'acquitter des 60 000€ nécessaires à la transition vers le cinéma numérique (fini les pellicules, place aux caméras numériques qui permettent aux cinémas de projeter le film via un réseau de fichiers et non plus les bobines d'antan), indispensable à une projection 3D, pour laquelle il faut ajouter 25 000€. Il faut dire que James Cameron avait donné le ton cet été : Avatar ne sortira pas en version 2D, seules les salles relief pourront le distribuer.

 

E9062C9B0A1F4B1EBE2B9EA70C7D93B4.jpgReste que la 3D peine à s'imposer comme un moyen durable d'accroître l'intérêt du public pour les salles obscures. Au cours du XXème siècle, le taux de pénétration actif des nouveautés technologiques a sans cesse diminué : trente ans pour la télé, vingt ans pour le baladeur, dix ans pour l'ordinateur portable, sept ans pour le mobile. Qu'en sera-t-il pour la télévision et l'ordinateur 3D ?

 

De plus, ni les distributeurs ni les exploitants ne souhaitant payer de leur poche, la rentabilisation d'un équipement 3D nécessitera l'augmentation du prix du ticket : de 2 à 3€, soit une revalorisation de 33,6 à 50% du prix du ticket.  Or, les spectateurs seront-ils prêt à faire ce sacrifice, qui plus est en temps de crise ?

 

En outre, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la susceptibilité de la 3D à faire mal aux yeux des téléspectateurs qui dans une grande majorité éprouveraient des difficultés à suivre un contenu 3D dans son intégralité. La faute également au manque de confort des lunettes. Face à ces critiques, le fabricant de lunettes Real D assure avoir mis au point des lunettes de meilleure qualité et a élaboré un partenariat avec l'opticien Gucci afin de mettre au point des lunettes plus confortables et esthétiques.

 

C'est sans parler d'un disfonctionnement occulaire qui touche 5% de la population, les empêchant de percevoir les effets du 3D. Selon Slate, 20 à 30% sont également touchés par cette maladie, mais dans une moindre mesure.

 

La 3D dans nos salons

Si l'année 2010 va marquer l'émergence du 3D sur les grands écrans, le petit écran va lui aussi faire sa révolution. En effet, dès juin, Sony, qui veut faire rentrer la 3D dans les maisons, proposera une télévision 3D pour moins de 2000€, loin des montants exorbitants que pouvait laisser présager la mise en circulation de tels appareils sur le marché.

 

3dtv.jpgPanasonic va lui aussi commercialiser sa télé 3D et a d'ailleurs entrepris un tour de France pour la populariser auprès du public. Son "road show" du 23 Septembre au 12 Décembre, passera notamment par la Part-Dieu à Lyon, le Forum des Halles à Paris et le Centre Commercial Valentine à Marseille. Quand à Philipps, la firme néerlandaise commercialisera à Noël 2010 des téléviseurs 3D...sans lunettes !

 

Ces téléviseurs (outre celui de Philipps) pourront également permettre de visionner les contenus en 2D. D'ailleurs, il faudra encore patienter pour que l'offre de programmes en 3D soit alléchante pour les téléspectateurs. Seuls quelques films seront proposés ainsi qu'éventuellement des matchs de football. Nous sommes en discussions avec la FIFA pour tourner certains matches de la prochaine coupe du monde en 3D assure Sony.