03 novembre 2009
Nadine Morano officialise la révolution institutionnelle
Lorsque l'on n’est pas d’accord soit on se tait, soit on s’en va a lancé avant hier sur le plateau de Dimanche + la secrétaire d'état à la Famille et à la Solidarité, Nadine Morano, en réponse au sceptiscisme exprimé par la secrétaire d'état aux Sports Rama Yade quand à la suppression des avantages fiscaux des footballeurs professionnels (voir mon article à ce sujet). Quand on n'est pas d'accord avec la politique menée par le gouvernement, c'est simple : ou on ferme sa gueule, ou on démissionne a précisément déclaré la député de Meurthe-et-Moselle, reprenant à son compte la maxime de Jean-Pierre Chevènement. Au delà de la polémique qu'elle a engendré, cette déclaration n'est-elle pas l'aveu implicite formulé par Nadine Morano de la lente révolution de nos institutions opérée, notamment, par Nicolas Sarkozy ?
La Vème république est officiellement un régime parlementaire (doublé d'un pouvoir présidentiel fort) présenté comme le garant de notre démocratie à l'inverse du régime présidentiel américain. Or, le lent déclin de notre parlementarisme, miné par des députés godillots et le départ des grands orateurs du Palais-Bourbon a sapé notre régime parlementaire et renforcé le pouvoir présidentiel. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy, la Vème république est entré dans une nouvelle phase, celle d'un véritable régime présidentiel, encore plus fort qu'aux Etats-Unis d'Amérique. Les ministres godillots côtoient désormais les députés godillots, laissant au président de la république le monopole de l'initiative, les ministres devant se contenter de suivre les directives de l'Elysée.
Ainsi, Rama Yade, qui a simplement contesté la venue à Paris de Mouammar Kadhafi, émis des doutes sur le bien-fondé de la suppression du DIC et adoptée une position modérée quand à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, est considérée comme la "tête-brûlée" de Nicolas Sarkozy, la figure contestataire du gouvernement. Pourtant, ses objections sur la politique de la majorité ne concernent en aucun cas des problématiques de fond mais de forme. Quand à Nadine Morano, qui estime qu'un ministre en désaccord avec la politique gouvernementale est prié de démissionner, elle considère ainsi néfaste tout débat au sein de la majorité, assurant au président de la république la gestion solitaire du pays.
Notre pays se dirige donc vers un régime présidentiel, une révolution institutionnelle, et ne peut plus ainsi faire valoir son régime parlementaire, garant absolu d'une démocratie saine face à la soi-disante présidentialisation des Etats-Unis : car c'est bel et bien de l'autre côté de l'Atlantique que la fermeture de la prison de Guantanamo a été refusé par 90 voix sur 96 au Sénat, tranchant avec les aimables questions des députés de la majorité à l'attention du gouvernement le mardi au Palais-Bourbon, les pseudo-débats ministériels où chaque prise de position contraire à celle du gouvernement est réprimée.
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29 octobre 2009
L'UE face à la concurrence des pôles régionaux

A l'heure où l'approbation du Traité de Lisbonne est quasiment acquise, le processus de construction européenne pourrait être concurrencé par la formation, au sein du vieux continent, de nouveaux pôles régionaux. Face à une Union Européenne dont l'accroissement des prérogatives empiète sur la souveraineté nationale, les eurosceptiques voient dans la coopération régionale le moyen de palier le développement de l'Europe Communautaire. Ces organismes rassemblent, à défaut de l'UE, plusieurs états dont la proximité linguistique, culturelle ou historique favorise la mise en place de pareilles associations. Plongés dans une relative torpeur depuis quelques années, ces pôles régionaux occupent à nouveau le devant de la scène.
Au sud, la Yougoslavie ressuscitée
Au sud, en ex-Yougoslavie, l'amorce d'une coopération régionale avait été érigée dès 1999, où un Processus de Stabilisation et d'association (PSA) avait été instauré. Orchestré par l'Union Européenne qui souhaitait stabiliser la région, il avait pour mission de permettre aux états des balkans occidentaux de réunir rapidement les critères d'adhésion à l'UE en misant sur leur synergie. De plus, du fait d'accords bilatéraux, une zone de libre-échange avait été institué (sauf avec la Slovénie). La coopération régionale en ex-Yougoslavie n'est donc pas un phénomène récent.
En revanche, depuis 2008, sa finalité n'est plus la même. Auparavant censée permettre aux états d'ex-Yougoslavie de faciliter leur adhésion à l'UE, le dessein de la coopération inter-étatique est désormais plus centré sur la formation d'un nouvel acteur économique et politique, la "Yougosphère". La dissolution du PSA l'an dernier au profit d'un Conseil de Coopération Régional (incluant également l'Albanie, la Roumanie et la Bulgarie) incarne ce changement de mentalité, puisque la coopération régionale ne sera ainsi plus chapeautée par Bruxelles mais résultant de la volonté propre des états.
Ce conseil de coopération régionale a d'ores et déjà permit la formation d'un centre de pompiers commun à tous les pays d'Europe du Sud-Est, un projet auquel l'Europe n'a jamais réussi à aboutir, laissant à chaque état la gestion de ses propres soldats du feu. Pareille réussite incite donc les républiques d'ex-yougoslavie à intensifier la coopération, le premier ministre serbe Boris Tadic a d'ailleurs récemment souligné l'importance d'unir les entreprises d'ex-yougoslavie. Le conseil de coopération régionale exerce également des responsabilités en matière de lutte contre le crime organisé et la résorption des inégalités sociales. Et l'adhésion à l'UE apparaît presque comme secondaire...
Visegrad : l'ultime combat de Vaclav Klaus ?
En Europe Centrale, le Groupe de Visegrad réunit depuis 1991 la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie au sein de cet organe de coopération régionale, qui s'offre une nouvelle jeunesse après plusieurs années de doute sur la pertinence de son existence. Sa création résultait effectivement de la volonté des pays d'Europe Centrale d'allier leurs efforts dans l'optique d'une adhésion à l'Union Européenne. Désormais, les quatre états ont tous rejoints l'UE en même temps qu'une majeure partie de l'ex-bloc soviétique en 2004, et le Groupe de Visegrad est devenu un accessoire.
Cependant, le président tchèque souverainiste Vaclav Klaus, qui se résignera très probablement à apposer sa signature au Traité de Lisbonne n'entamera pas pour autant une lune de miel avec l'UE et on peut s'attendre à ce qu'il trouve un nouveau cheval de bataille pour justifier sa lutte avec Bruxelles. Or, ce néo-libéral affirmé n'a que cesse de vanter les mérites du Groupe de Visegrad, qu'il considère comme le meilleur moyen pour faire entendre la voix des états d'Europe centrale. Fervent partisan d'une modernisation de l'organisme, Vaclav Klaus a d'ores et déjà soutenu des projets d'une chaîne de télévision Visegrad, de compétitions sportives communes ainsi que l'adoption de positions communes en matière de politique étrangère : en somme, faire de Visegrad un véritable acteur politique...et concurrent de l'Union Européenne.
Vaclav Klaus n'est d'ailleurs pas dépourvu d'alliés dans cette bataille : dans les quatres états membres du groupe de Visegrad, l'adhésion à l'UE n'a pas engendré les performances économiques espérées et l'euroscepticisme grimpe : ainsi, la Hongrie, avec seulement 39% de la population qui approuve l'appartenance à l'UE est le pays de l'Union Européenne où l'adhésion à l'Europe est la plus impopulaire. En Slovaquie, la coalition gouvernementale nationaliste-socialiste (sans mauvais jeu de mot) a, à l'instar de la République Tchèque, formulé une demande de dérogation quand à l'application de la Charte des Droits Fondamentaux, retardant à nouveau l'approbation unanime du Traité de Lisbonne.
Les pays nordiques gagnés par la nostalgie du nordisme
C'est sans doute la seule région d'Europe ou la coopération régionale est un phénomène de longue date. Les cinq pays nordiques que sont l'Islande, la Norvège, la Finlande, la Suède et le Danemark n'ont cessé à travers les siècles de développer des liens. En ce qui concerne l'Islande, la Suède, la Norvège et le Danemark, leur unité linguistique les a amené de nombreuses fois à se confondre au sein d'entités politiques : l'Union de Kalmar, préfigure d'une confédération monarchique rassemblait du XIV au XVIème siècle, l'ensemble des pays nordiques. Par la suite, le scandinavisme et le nordisme appelaient au XIXème siècle à la réunification des royaumes scandinaves et nordiques.
Dans l'histoire moderne, les pays nordiques ont également été les premiers à élaborer un processus de coopération régionale : un Conseil Nordique a été mis en place dès 1952, qui, à l'image de l'UE, rassemble périodiquement les ministres de 5 pays nordiques dans le cadre de conseils des ministres particulièrement productifs : préfigurant l'Espace Schengen mais sur une plus petite échelle, l'Union Nordique des Passeports permettait dès 1958 à tous les citoyens des pays membres du Conseil Nordique de voyager librement à travers la région. Le Conseil Nordique a également initié dans certains pays comme en Allemagne, la fusion des ambassades de ses états membres au profit d'ambassades nordiques. Autre réussite, la compagnie aérienne scandinave SAS (Scandinavian Airlines System).
Aujourd'hui, à l'heure où les nordiques, dont l'euroscepticisme n'est plus à démontrer, s'apprêtent à concéder à nouveau quelque peu de leur souveraineté à l'Union Européenne, les eurosceptiques agitent la flamme de la coopération nordique. Les pays nordiques (dont deux sont restés en marge de la construction européenne) n'ont jamais acquis une véritable conscience européenne : la peur de voir leur cocon social-démocrate ébranlé. D'ailleurs, le nordisme redevient au goût du jour à l'occasion du bicentenaire de la séparation de la Suède et de la Finlande et la perspective de donner une nouvelle impulsion à la coopération nordique fait son chemin....au détriment à nouveau de l'UE ?
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07 octobre 2009
L'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a donné lundi à Saverdun dans l'Arriège, le coup d'envoi de la campagne des élections régionales du Mouvement Populaire. Créditée de 31-32% des suffrages, auxquels s'ajoutent le score du Nouveau Centre, qui ne s'est pas encore prononcé sur la présentation de listes autonomes, l'Union pour un Mouvement Populaire sait que la vague rose des élections régionales 2004 (20 régions socialistes et 2 seulement pour l'UMP) ne pourra se rééditer, qui plus est avec une telle ampleur. Le renouvellement des conseils régionaux ne pourra donc être de facto, que plus favorable à la majorité présidentielle. Reste à déterminer l'ampleur de la victoire.
D'ailleurs, en Champagne-Ardennes, en Franche-Comté, en Basse-Normandie, au Pays de la Loire et en Lorraine, la droite a de réelles chances d'obtenir la victoire. Dans d'autres régions, comme en Ile de France ou en PACA, l'UMP a également les moyens de reléguer le PS dans l'opposition.
Un succès aux régionales sera cependant conditionné par la capacité de la majorité à faire abstraction des enjeux nationaux pour mener une campagne sur des enjeux locaux, et ainsi éviter un vote sanction : au risque d'être confronté à l'excellent bilan de la plupart des conseils régionaux socialistes. C'est donc non sans risque que Nicolas Sarkozy a permis à plusieurs de ses ministres de se porter candidat, tel que Xavier Darcos, Bruno Le Maire, Chantal Jouanno ou encore Valérie Pécresse, car l'investiture de telles figures pourrait dénaturer le véritable enjeu du scrutin, au profit d'un référendum portant sur la politique de l'exécutif.
Pour l'UMP, ces élections régionales seront également l'occasion de tester la stratégie de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles. En intégrant le MPF et CPNT au comité de liaison de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy a effectivement voulu rassembler l'ensemble de la droite dans une coalition qui rassemble des nationalistes jusqu'aux sociaux-libéraux. Pariant sur un large succès au premier tour (pourquoi pas 40%), Nicolas Sarkozy pense pouvoir pallier l'absence de réservoir de voix par une dynamique de premier tour. La théorie est recevable, les élections régionales seront l'occasion de passer aux travaux pratiques...
En outre, la Majorité Présidentielle n'ignore pas le potentiel des Verts à rogner sur son électorat : des bourgeois-bohèmes, des centristes nouvellement sensibilisés à la cause écologiste ne sont pas restés insensibles à l'évolution de discours des Verts, particulièrement de Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier, qui n'hésite pas à affirmer que des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État ou encore que le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison a séduit cette frange de l'électorat. Or, il a d'ores et déjà assuré ses collèges de sa mobilisation pour les échéances régionales...
Face aux Verts, Nicolas Sarkozy aura l'occasion de faire valoir sa fibre écologiste au sommet de Cophenague en décembre, (qui a vocation à donner suite au protocole de Kyoto) ainsi que lors de l'examen du texte relatif à la taxe carbone. De plus, la question écologiste sera un des points centraux de la campagne de l'UMP. La secrétaire d'état à l'écologie Chantal Jouanno, favorite pour défier Ségolène Royal en Poitou-Charentes, va remettre à Xavier Bertrand un argumentaire visant à défendre la vision de l'écologie défendue par l'UMP face aux Verts. Elle y dénonce l'interdiction de tout progrès et la décroissance défendue par les Verts face aux valeurs de liberté, de libre choix et de travail qui fondent notre [celle de l'UMP] vision de l'écologie. Étrange de qualifier le parti du développement durable de partisan de la décroissance, alors que le courant se réclamant de cette vision reste très minoritaire...
15:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03 octobre 2009
3D : les écrans font leur révolution
C'est une révolution numérique programmée à laquelle nous assisterons, le 16 décembre prochain, lors de la sortie en salles du film Avatar. La nouvelle production de James Cameron devrait marquer un basculement dans l'ère de la trois dimensions, introduisant une année 2010 charnière en la matière. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur les consoles de jeu, la 3D va véritablement bousculer notre quotidien. Avatar, qui avec un budget de 300 millions de dollars s'est d'ores et déjà assuré une place dans le livre des records est moins attendu pour son scénario que par la révolution numérique qu'il amorcera : en terme de 3D, Avatar s'imposera comme la marque de référence, après des débuts peu convaincants cet été.
Le cinéma compte sur la 3D pour faire face au piratage
Si la fréquentation des cinémas ne cesse de croître depuis 2000 (23 millions d'entrées supplémentaires soit 3,1 entrée par habitant et par an en 2008 contre 2,8 il y a huit ans), le phénomène du piratage informatique gagne lui aussi du terrain : en 2008, 450.000 films ont été quotidiennement téléchargés illégalement, une donnée qui permet de mesurer l'ampleur du manque à gagner pour l'industrie cinématographique.
On ne voit plus d'adolescents dans les cinémas parce qu'ils ont déjà piraté les films avant. Le relief est un excellent moyen de les faire revenir vers nous assure Jocelyn Bouyssy, directeur général du distributeur CRG. Les films 3D ont effectivement démontré leur attractivité économique. A titre d'exemple, l'Age de Glace 3 a réuni huit millions de spectateurs, dont deux en 3D, quand moins d'un cinquième des salles qui le distribuaient détenaient un équipement relief.
Un avenir incertain
D'ailleurs, face à l'accroissement de l'offre 3D, les salles françaises, d'abord réticentes, consentent désormais à s'acquitter des 60 000€ nécessaires à la transition vers le cinéma numérique (fini les pellicules, place aux caméras numériques qui permettent aux cinémas de projeter le film via un réseau de fichiers et non plus les bobines d'antan), indispensable à une projection 3D, pour laquelle il faut ajouter 25 000€. Il faut dire que James Cameron avait donné le ton cet été : Avatar ne sortira pas en version 2D, seules les salles relief pourront le distribuer.
Reste que la 3D peine à s'imposer comme un moyen durable d'accroître l'intérêt du public pour les salles obscures. Au cours du XXème siècle, le taux de pénétration actif des nouveautés technologiques a sans cesse diminué : trente ans pour la télé, vingt ans pour le baladeur, dix ans pour l'ordinateur portable, sept ans pour le mobile. Qu'en sera-t-il pour la télévision et l'ordinateur 3D ?
De plus, ni les distributeurs ni les exploitants ne souhaitant payer de leur poche, la rentabilisation d'un équipement 3D nécessitera l'augmentation du prix du ticket : de 2 à 3€, soit une revalorisation de 33,6 à 50% du prix du ticket. Or, les spectateurs seront-ils prêt à faire ce sacrifice, qui plus est en temps de crise ?
En outre, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la susceptibilité de la 3D à faire mal aux yeux des téléspectateurs qui dans une grande majorité éprouveraient des difficultés à suivre un contenu 3D dans son intégralité. La faute également au manque de confort des lunettes. Face à ces critiques, le fabricant de lunettes Real D assure avoir mis au point des lunettes de meilleure qualité et a élaboré un partenariat avec l'opticien Gucci afin de mettre au point des lunettes plus confortables et esthétiques.
C'est sans parler d'un disfonctionnement occulaire qui touche 5% de la population, les empêchant de percevoir les effets du 3D. Selon Slate, 20 à 30% sont également touchés par cette maladie, mais dans une moindre mesure.
La 3D dans nos salons
Si l'année 2010 va marquer l'émergence du 3D sur les grands écrans, le petit écran va lui aussi faire sa révolution. En effet, dès juin, Sony, qui veut faire rentrer la 3D dans les maisons, proposera une télévision 3D pour moins de 2000€, loin des montants exorbitants que pouvait laisser présager la mise en circulation de tels appareils sur le marché.
Panasonic va lui aussi commercialiser sa télé 3D et a d'ailleurs entrepris un tour de France pour la populariser auprès du public. Son "road show" du 23 Septembre au 12 Décembre, passera notamment par la Part-Dieu à Lyon, le Forum des Halles à Paris et le Centre Commercial Valentine à Marseille. Quand à Philipps, la firme néerlandaise commercialisera à Noël 2010 des téléviseurs 3D...sans lunettes !
Ces téléviseurs (outre celui de Philipps) pourront également permettre de visionner les contenus en 2D. D'ailleurs, il faudra encore patienter pour que l'offre de programmes en 3D soit alléchante pour les téléspectateurs. Seuls quelques films seront proposés ainsi qu'éventuellement des matchs de football. Nous sommes en discussions avec la FIFA pour tourner certains matches de la prochaine coupe du monde en 3D assure Sony.
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12 septembre 2009
Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"
Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.
Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?
D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.
Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.
Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.
Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?
Tout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.
C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.
C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.
Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.
Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?
D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.
A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.
Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?
M.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.
On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?
C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.
07:50 Publié dans Interviews, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08 septembre 2009
Hervé Morin a un coup à jouer
Les deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.
Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...
En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.
Cependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.
En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...
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02 mai 2009
Front National : par ici la sortie
Scores électoraux en nette régression, dettes impayées, changement (contraint) de siège : le Front National est embourbé dans une situation délicate, en passe de marginaliser le parti frontiste sur l'échiquier politique français. Il y a deux ans, au lendemain d'élections présidentielles qui avaient vu l'échec de Jean Marie Le Pen, cantonné à un maigre 10,44% des suffrages exprimés, nul n'avait osé prédire une telle descente aux enfers pour le FN. Le déficit de voix alors rencontré par Jean-Marie Le Pen s'était elevé à plus d'un million de bulletin par rapport aux échéances de 2002. Quelques semaines après, la déroute des élections législatives, où le score moyen des candidats FN ne s'était pas élevé au dela des 4,8% des suffrages (contre 11% en 2002), avait été suivi de la très faible performance réalisée par le FN aux échéances municipales, incapable de dépasser la barre du simple pourcent.
Une situation financière délicate
Conséquence directe de ces scores électoraux bien ternes, une situation financière délicate, entachée par une dette estimée à 8 millions d'euros, due majoritairement (6,3M) à l'ancien député européen Fernand Le Rachinel et créancier non rémboursé du FN. La déroute des législatives a effectivement conduit à une baisse de 60% des subventions publiques accordées au FN, qui a par ailleurs du s'acquitter des dettes des nombreux candidats frontistes n'ayant pas dépassé la barre des 5% aux élections législatives, condition nécessaire au remboursement des frais de campagne. Un an plus tard, lors des échéances municipales, les candidats frontistes s'étant retrouvé dans une situation identique avaient du s'acquitter eux-mêmes du remboursement de leurs frais, le FN, faute de moyens, s'y était refusé.
Aujourd'hui, le parti a sensiblement freiné son train de vie, déplaçant son siège à Nanterre au profit des 5200 mètres carrés du "Paquebot", vendu à une université de Shangaï pour une quinzaine de millions d'euros. Cette somme avait permis au FN de s'acquitter d'une partie de sa dette, mais n'avait pas empêché le lienciement de 20 des 60 employés du parti.
Besancenot et Sarkozy, bêtes noires du parti frontiste
Qu'elle soit politique ou financière, la crise traversée par le Front National ne semble pas passagère. Le climat socio-économique, propice à une vague de contestation, n'a pas bénéficié au FN et à Jean-Marie Le Pen, qui, selon un sondage OpinionWay-LeFigaro publié aujourd'hui, ne récolterait que 7% des suffrages exprimés si le premier tour des élections présidentielles avait lieu demain.
Pis, l'action controversée et impopulaire de Nicolas Sarkozy n'a pas amorcée le retour au bercail des anciens électeurs frontistes, confirmant l'éfficacité du "ratissage" des électeurs FN mené par l'actuel président lors de sa campagne présidentielle. L'image du ministre qui voulait "nettoyer la cité avec du karcher"n'a pas quitté Nicolas Sarkozy, lui assurant une certaine audience auprès des anciens électeurs frontistes.
En outre, le 21 Avril 2002 a choqué nombre de français, si ce n'est des électeurs FN eux-mêmes, qui avaient accordé leur bulletin à Jean-Marie Le Pen en simple signe de protestation, tout en se refusant à l'idée d'une participation au second tour du président du Front National.
Autre handicap rencontré par le FN, la mutation de l'électorat protestataire, qui s'exprimait jusqu'à alors par le biais du bulletin Jean-Marie Le Pen. Mais le contexte économique a favorisé l'extrême-gauche, particulièrement Olivier Besancenot, dont les critiques à l'égard du "capitalisme sauvage" et des "patrons voyous" ont trouvé un échos à l'heure où les parachutes dorés et stocks-options des grands patrons font polémiques. Ainsi, l'électorat contestataire, qui avait muté au profit de Jean-Marie Le Pen à l'aube des années 1990 et aux dépents du PCF emprunte désormais le chemin inverse et c'est le NPA qui symbolise désormais l'électorat contestataire, témoignage de la mutation d'une classe, qui ne fustige plus les "racailles du 9-3" mais "les racailles du XVIème".
La succession de Jean-Marie Le Pen au coeur des convoitises
Le départ annoncé de Jean-Marie Le Pen au poste de président du FN, d'abord prévu pour 2010 puis repoussé à 2011, amorcera une période délicate et inédite pour le FN, dont le succès d'antan fut le fruit du seul Jean-Marie Le Pen. La succession de ce dernier a d'ores et déjà laissé apparaître plusieurs brèches de divisions, Carl Lang a ainsi quitté les instances du FN pour fonder le Parti de la France, qui présentera une liste concurrente à celle de Marine Le Pen lors des élections européennes.
Cette dernière, favorite pour succéder à son père, a d'ores et déjà reçu le soutien de ce dernier, qui avait estimé dans une interview accordée à Valeurs Actuelles qu'elle n'est pas populaire que sur son nom. Il y a sa personnalité,son charisme. Elle est sympathique et passe très bien dans les médias. Récemment, un sondage réalisé auprès de sympathisants frontistes dégageait une large majorité en faveur de Marine Le Pen (76%), en vue de la succession de Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen, qui a assuré vendredi sur l'antenne d'Europe 1 qu'elle serait belle et bien candidate au poste de présidente du FN, sera opposée à Bruno Gollnish, dont les critiques à son égard ont été des plus virulentes, il lui avait ainsi fait porter la responsabilité de l'échec des présidentielles 2007, qui serait due à la campagne de dédiabolisation qu'elle avait menée.
Mais au-dela de l'identité du successeur de Jean-Marie Le Pen, c'est la capacité de survie du mouvement sans son leader fondateur qui pose question. Les excellents résultats enregistrés lors des différentes présidentielles depuis 1988 n'ont effectivement jamais été suivis par des performances similaires lors des élections intermédiaires, posant la question de l'aura du FN lorsqu'il évolue en l'absence de son leader. En outre, l'hypothèse d'une éventuelle absence de candidat frontiste lors des élections présidentielles de 2012 n'est pas à exclure, faute de parrainages sufisants. Les élections municipales de l'an dernier ont effectivement vu le renouvellement des mandats de seuls 250 des 535 maires ayant accordé leur parrainage à M.Le Pen en 2007. La scission avec Carl Lang, qui pourrait être suivi par Bruno Gollnish compliquerait alors la chasse aux parrainages...au grand bohneur de Nicolas Sarkozy ?
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07 avril 2009
La Turquie, élément clé de la nouvelle politique étrangère américaine ?
Si la tournée européenne de Barack Obama aura constitué un succès dans son ensemble, elle se sera achevé sur l'ouverture d'une brèche de division, quand au degré de participation de la Turquie à l'union européenne. Les Etats-Unis et l'Europe doivent aborder les musulmans comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérance et la violence, (...) évoluer vers l'adhésion de la Turquie à l'UE constituerait un signal important de votre engagement dans ce sens et assurerait que nous continuons à ancrer fermement la Turquie en Europe a affirmé le président américain dans le cadre d'un discours à Prague, avant de réitérer ses propos à Ankara, affirmant devant les parlementaires turcs que les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE.
Barack Obama s'est immédiatement attiré les foudres de ses homologues français et allemands, Nicolas Sarkozy ayant affirmé sur le plateau de TF1 que j'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des états membres de l'Union Européenne est sur la position de la France, avant de rappeler que s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi regretté l'interventionnisme de Barack Obama.
Les déclarations de ce dernier, qui interviennent alors qu'il effectuait une visite d'état en Turquie lundi et mardi, ont replacées au cœur du débat la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, alors que les négociations, ouvertes en octobre 2005, végétaient au point mort. Barack Obama ne cache effectivement pas qu'il souhaite s'appuyer sur la Turquie dans le cadre des négociations avec les pays du Moyen-Orient, le premier ministre turque Recep Erdogan souhaitant d'ailleurs s'affirmer comme le médiateur entre l'Occident et l'Orient, justifiant ce statut par la relative neutralité militaire et politique de la Turquie.
La Turquie évolue effectivement dans une relative ambiguïté, développant des relations privilégiés avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad tout en s'affirmant comme un membre historique de l'OTAN. Cette position insolite justifie la danse du ventre de Barack Obama vis à vis des turques et du premier minsitre Recep Erdogan, parvenant d'ailleurs à se constituer un important socle de popularité, 40% des turcs désignant Barack Obama comme le dirigeant le plus fiable du monde.
Si il souhaite s'appuyer sur son allié turc, Barack Obama devra cependant tacher d'apporter des garanties et son soutien à Recep Erdogan, dont la décision en 2003, de ne pas autoriser l'armée américaine à traverser la Turquie afin de se rendre en Irak, avait institué une certaine tension entre les deux pays. Au-delà du soutien appuyé à l'entrée de la Turquie dans l'UE, Recep Erdogan attend par ailleurs de Barack Obama qu'il raffermisse la lutte contre la guérilla du PKK, qui milite pour la création d'un état kurde, comprenant le sud-est de la Turquie.
Passerelle entre l'Orient et l'Occident, la Turquie pourrait s'imposer dans les prochaines années comme un acteur géopolitique majeur, d'autant plus que les Etats-Unis souhaitent en faire un élément clé de sa nouvelle politique étrangère. La nouvelle dimension que pourrait, à terme, prendre la Turquie, va indéniablement replacer au coeur des débats la question de son adhésion à l'Union Européenne....
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05 avril 2009
Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
13:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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16 mars 2009
La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN en quatre questions
Nicolas Sarkozy a officialisé mercredi, dans le cadre d'une intervention à l'école militaire de Paris, la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, 43 ans après son retrait, initié par Charles de Gaulle. Vivement contestée, dans les rangs de l'opposition comme au sein de la majorité (Dominique de Villepin en première ligne), cette décision sera effective le 3 mars prochain, lors du 60ème anniversaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord qui se déroulera à Strasbourg et à Kehl, sur la frontière franco-allemande. La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, amorcée par l'action de Jacques Chirac et de François Mitterrand, s'apparente-t-elle à un changement de cap majeur dans l'histoire diplomatique de la France où a une simple formalité sans conséquences majeures ? Éléments de réponses.
Comment fonctionne l'OTAN ?
L'OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fut fondée en 1949 par les États-Unis, le Canada, la France, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas, l’Islande, le Danemark, le Luxembourg, le Portugal , le Royaume-Uni et la Norvège. La première mission de cette organisation, qui regroupait les alliés du bloc occidental, fut d'assurer le sécurité de l'"ouest" face à l'URSS, et d'agir en parallèle de l'ONU, dont la mission était entravée par les multiples vetos émis par les soviétiques, dès que les Etats-Unis se montraient favorables à un texte.
Les décisions politiques sont prises à l'unanimité par le Conseil de l'Atlantique Nord, composé de représentants des 26 états membres, et qui constitue l'organe de décision majeur de l'organisation. Le Conseil de l'Atlantique Nord se réunit plus d'une fois par semaine, où les états membres sont représentés par des ambassadeurs permanents. Une session bi-annuelle en présence des ministres de la défense des 26 états membres est convoquée, tandis que les chefs d'état sont présents lors de conseils extraordinaires.
Le commandement militaire de l'OTAN est l'organe stratégique de l'organisation, qui gère l'aspect purement militaire, c'est lui qui définit la stratégie des troupes sur le terrain. Jusqu'en 2003, l'Europe et l'Amérique du Nord assuraient la gestion de leurs commandements militaires respectifs, et cela avant qu'un commandement militaire unique n'ait été mis en place la même année. Le commandement militaire de l'OTAN comporte trois branches majeures : la première, le comité militaire, est la matière grise de l'OTAN, elle se charge ainsi de communiquer aux commandements ses recommandations politiques et militaires. La deuxième, le commandement allié opérations, est chargée de veiller au bon déroulement des opérations. Enfin, la troisième, le commandement allié transformation a pour mission d'assurer le développement des capacités militaires des 26 états membres, et d'assurer la modernisation de leurs systèmes de défense.
Quel est le rôle de la France dans l'OTAN ?
Pays fondateur de l'OTAN, la France est un membre historique du conseil de l'Atlantique Nord. Elle a cependant quitté le commandement militaire en 1966, sous l'impulsion du général de Gaulle. Ce dernier souhaitait ainsi que la France recouvre l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravée par la présence permanente d'éléments militaires alliés. On recensait effectivement à l'époque plus de 29 bases américaines (sous l'égide de l'OTAN) sur le territoire français, soit une communauté de 100 000 personnes. Le départ de ces derniers a entraîné une baisse conséquente de l'activité économique dans les villes où étaient installées les bases de l'OTAN (Tours, Laon, Orléans, La Rochelle etc...), plus de 18 000 emplois avaient effectivement été supprimés pour des raisons directement liées au départ des troupes.
En 1966, lorsque le Général de Gaulle fit part à son homologue américain Lyndon Johnson, de sa volonté de quitter le commandement militaire de l'OTAN, cette décision fut interprétée comme un premier pas vers une sortie définitive de l'organisation. La décision du Général en 1966 avait effectivement d'ores et déjà été balisée et préparée, la marine française ayant quitté l'égide de l'OTAN en 1964 et le stockage d'armes atomiques américaines sous le sol français ayant été suspendu en 1962. L'ensemble des observateurs nationaux s'accordaient donc à penser que le Général de Gaulle officialisait la sortie de la France de l'OTAN petits pas à petits pas.
Mais contrairement au souhait implicite qu'avait émis le général de Gaulle, la France n'affirmera pas son indépendance vis à vis à l'OTAN, bien au contraire puisque c'est un rapprochement qu'opéreront les successeurs de Charles de Gaulle. François Mitterrand avait ainsi engagé, et cela pour la première fois depuis 1966, des troupes françaises sous l'égide de l'OTAN lors d'une opération de maintien de la paix en Bosnie, entamant ainsi des négociations en vue d'un retour dans le commandement militaire de l'organisation. L'ancien chef d'état major Jacques Lanxade confit la semaine dernière au quotidien Le Figaro que Mitterrand a accepté, bien malgré lui, de se rapprocher du commandement intégré, parce qu'on ne pouvait pas engager nos forces dans le cadre de l'Alliance sans être impliqués dans la planification.
Jacques Chirac lui, ira plus loin en vue d'une réintégration dans le commandement militaire. Il participe en effet à l'ensemble des opérations de l'OTAN, exceptée celle en Irak, engageant ainsi 1774 soldats français au Kosovo et 2780 en Afghanistan. L'ancien président de la république aura énormément œuvré en faveur de la réintégration de la France dans l'OTAN, estimant que la construction de la défense européenne passerait inévitablement par le retour de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. Il entame ainsi des négociations durant plus de deuxans, entre 1995 et 1997, qui butent cependant sur le refus américain d'accorder à un français un commandement régional.
Aujourd'hui, la France est un acteur clé de l'organisation. Elle est la quatrième force militaire en termes de soldats déployés sous l'égide de l'OTAN et contribue à 7,3% du budget de l'organisation, ce qui fait d'elle le cinquième contributeur financier de l'organisation (derrière l'Italie - 7,67%, le Royaume-Uni - 11%, l'Allemagne - 19,2% et les Etats-Unis - 25,9%)
Quels sont les arguments de Nicolas Sarkozy ?
Le rapprochement avec l'Otan conforte notre indépendance nationale estime Nicolas Sarkozy, qui juge malsain d'engager la vie de nos soldats sur le terrain sans que la France ne soit en mesure d'influer sur les décisions stratégiques de l'OTAN. Le président de la république a par ailleurs estimé que la France doit co-diriger plutôt que subir, en assurant que ceux qui prétendent que notre indépendance serait en question trompent les Français.
Le député UMP Axel Poniatowski a lui aussi rappelé que l'indépendance de l'armée française restait intacte, démentant les critiques qui dénoncent un alignement sur les Etats-Unis, rappelant que l'Allemagne en Irak et la Grèce au Kosovo, bien qu'étant membres de l'OTAN n'avaient pas pris part à ces opérations. Le député Pierre Lelouche a lui estimé que cela fait vingt ans que la France se rapproche de manière rampantede l'OTAN et que de ce fait, le président a raison de mettre fin à un tabou et une hypocrisie. D'autres voix se sont élevées pour saluer cette décision, qui permettrait à la France d'influer sur les décisions stratégiques de l'organisation. Le commandement allié opération pourrait par ailleurs être assuré par un français.
Tout comme Jacques Chirac en son temps, Nicolas Sarkozy estime que le développement du projet d'une défense européenne passe inévitablement par une réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. Le président de la république française estime ainsi revenir à la situation de 2003, avec deux commandements militaires (un nord-américain et un européen). Enfin, la notion d'alignement sur les Etats-Unis est entièrement écartée par le gouvernement, qui rappelle que le situation géopolitique a profondément évolué depuis 1990, et que certains anciens satellites de l'URSS ont d'ores et déjà rejoints l'OTAN.
Qui s'oppose à cette réintégration ?
La majorité de la classe politique française a émis de vives critiques à l'égard de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN, avec en première ligne le Parti Socialiste, dont la première secrétaire Martine Aubry a estimé que rien aujourd'hui ne justifie de rentrer dans le commandement militaire de l'Otan. Il n'y a pas d'urgence ni de raison fondamentale, si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie. L'opposition du PS à la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN conserve une part d'insolite, tant l'opposition menée par François Mitterrand et l'ensemble de la classe socialiste contre la décision du général de Gaulle avait été virulente. Mitterrand avait alors fustigé. à la tribune de l'Assemblée Nationale la volonté d'isolement fondée sur l'idée que le nationalisme est la vérité de notre temps..
Au centre, François Bayrou a rappelé que pendant des décennies, nous avions construit marque d'indépendance. Nous étions des alliés fiables et fidèles mais nous avions cette part de liberté. Aujourd'hui, en 2009, je considère que nous allons nous priver d'une (..) des seules cartes que nous avions dans notre jeu pour être autre chose qu'alignés à l'intérieur d'un ensemble occidental dont on a vu les bêtises qu'il pouvait faire. Même au sein de la majorité présidentielle certaines réserves ont été émises, les anciens premiers ministres Alain Juppé et Dominique de Villepin ont tout deux rendus publics leurs désaccords, le premier a estimé que je ne suis pas sur que cela soit le bon moment tandis que le deuxième a déclaré que nous avons besoin d'expression forte et indépendante sur la scène internationale. La France est médiatrice entre l'Est et l'Ouest, médiatrice entre le Nord et le Sud, donc défendons cette voix originale.
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