12 novembre 2008

Faut-il limiter les commémorations à trois par an?

033d023a-af63-11dd-97ed-4dc25ac71448.jpg C'est un rapport polémique qu'a rendu aujourd'hui l'historien André Kaspi au secrétaire d'état des anciens combattants, le socialiste Jean-Marie Bockel. Dans ce rapport rédigé à la demande de l'Elysée, André Kapsi préconise un abaissement du nombre de commémoration nationales à 3 contre 12 actuellement. Il n'est pas sain qu'en l'espace d'un demi-siècle, le nombre de commémorations ait doublé. Il n'est pas admissible que la nation cède aux intérêts communautaristes et que l'on multiplie les journées de repentance pour satisfaire un groupe de victimes, car ce serait affaiblir la conscience nationale estime la comission, justifiant sa position en dénonçant le clientélisme ou le communautarisme mémoriel qui provoque des revendications nouvelles et incessantes.

Ainsi, le rapport préconise de ne commémorer plus que le 8 Mai (date symbolique de la chute de l'Allemagne Nazie) , le 11 Novembre (en hommage aux millions de morts du premier conflit mondial) et le 14 Juillet (pour rappeler les valeurs de la révolution) afin de donner une signification particulière à ces trois évènements. De ce fait, les six commémorations nationales instaurées par Jacques Chirac durant son mandat (8 Juin pour les morts pour la France en Indochine, le 25 Septembre pour les harkis, le 16 Juillet pour les Justes, le 5 Septembre pour les anciens combattants du Maghreb, le 18 Juin pour l'anniversaire du discours du général de Gaulle et le 10 mai pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage) ne seraient plus que célébrées au niveau local, où, lors d'une date particulière tel un anniversaire.

Premier à régir, le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale Jean-François Copé s'est montré totalement hostile à supprimer les rendez-vous nationaux de commémoration ajoutant qu'à un moment où nous sommes en train de réfléchir à comment reconstituer une identité française, imaginer qu'on puisse le faire en foulant aux pieds des éléments majeurs de notre histoire, c'est un contresens vraiment très fort. Jean-Marie Bockel a lui aussi rejeté la proposition d'André Kapsi, affirmant être contre la remise en cause de commémorations existantes, qu'elles soient nationales ou autres. L'ancien minsitre de l'Intérieur socialiste de François Mitterrand, Paul Quiés, s'est quand à lui interrogé si la multiplication des commémorations ne risque pas d'en affaiblir la portée.

En rédigeant ce rapport, la comission Kapsi soulève une problématique bien réelle qui coïncide d'autant plus avec la première cérémonie du 11 Novembre célébrée sans poilu, et où l'utilité de commémorer un évènement que nul en France n'a vécu est mise en cause. Enfin, quelle est la signification de ces cérémonies pour la nouvelle génération ? La mise en place d'une unique journée de commémoration, afin de célébrer l'armistice des deux guerres mondiales ainsi que les autres conflits qui ont secoué la France (Algérie, Indochine etc...) lors du XXème siècle pourrait aussi être envisagée afin de redonner du sens à ces célébrations.