03 novembre 2009

Nadine Morano officialise la révolution institutionnelle

morano yade.jpgLorsque l'on n’est pas d’accord soit on se tait, soit on s’en va a lancé avant hier sur le plateau de Dimanche + la secrétaire d'état à la Famille et à la Solidarité, Nadine Morano, en réponse au sceptiscisme exprimé par la secrétaire d'état aux Sports Rama Yade quand à la suppression des avantages fiscaux des footballeurs professionnels (voir mon article à ce sujet). Quand on n'est pas d'accord avec la politique menée par le gouvernement, c'est simple : ou on ferme sa gueule, ou on démissionne a précisément déclaré la député de Meurthe-et-Moselle, reprenant à son compte la maxime de Jean-Pierre Chevènement. Au delà de la polémique qu'elle a engendré, cette déclaration n'est-elle pas l'aveu implicite formulé par Nadine Morano de la lente révolution de nos institutions opérée, notamment, par Nicolas Sarkozy ?

 

La Vème république est officiellement un régime parlementaire (doublé d'un pouvoir présidentiel fort) présenté comme le garant de notre démocratie à l'inverse du régime présidentiel américain. Or, le lent déclin de notre parlementarisme, miné par des députés godillots et le départ des grands orateurs du Palais-Bourbon a sapé notre régime parlementaire et renforcé le pouvoir présidentiel. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy, la Vème république est entré dans une nouvelle phase, celle d'un véritable régime présidentiel, encore plus fort qu'aux Etats-Unis d'Amérique. Les ministres godillots côtoient désormais les députés godillots, laissant au président de la république le monopole de l'initiative, les ministres devant se contenter de  suivre les directives de l'Elysée.

 

Ainsi, Rama Yade, qui a simplement contesté la venue à Paris de Mouammar Kadhafi, émis des doutes sur le bien-fondé de la suppression du DIC et adoptée une position modérée quand à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, est considérée comme la "tête-brûlée" de Nicolas Sarkozy, la figure contestataire du gouvernement. Pourtant, ses objections sur la politique de la majorité ne concernent en aucun cas des problématiques de fond mais de forme. Quand à Nadine Morano, qui estime qu'un ministre en désaccord avec la politique gouvernementale est prié de démissionner, elle considère ainsi néfaste tout débat au sein de la majorité, assurant au président de la république la gestion solitaire du pays.

 

Notre pays se dirige donc vers un régime présidentiel, une révolution institutionnelle, et ne peut plus ainsi faire valoir son régime parlementaire, garant absolu d'une démocratie saine face à la soi-disante présidentialisation des Etats-Unis : car c'est bel et bien de l'autre côté de l'Atlantique que la fermeture de la prison de Guantanamo a été refusé par 90 voix sur 96 au Sénat, tranchant avec les aimables questions des députés de la majorité à l'attention du gouvernement le mardi au Palais-Bourbon, les pseudo-débats ministériels où chaque prise de position contraire à celle du gouvernement est réprimée.

 

Edit : cette note a été reprise à la une d'Agoravox.

25 octobre 2009

Le PS doit réinventer le statut de premier opposant

images-4-france-politics-opposition-congress_119.jpgLundi dernier, au micro de Jean-Michel Apathie, Frédéric Lefebvre assurait que l'opposition ne fait plus son travail et ce sont les médias qui la remplace, citant pour exemple les affaires Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand rappelant que cette dernière a commencé avec des journalistes qui ont essayé de faire croire que mitterrand était pédophile. Le porte-flingue parole de l'UMP a ainsi ouvert le débat sur un Parti Socialiste qui peine à donner un nouveau souffle au statut de premier opposant, qui requiert une évolution à l'heure du XXIème siècle. Qu'attend-on désormais de l'opposition ? Qu'elle alimente la polémique en permanence comme l'indique M.Lefebvre ? Cette vision du rôle d'opposant politique fait justement référence à une conception archaïque de la politique.

 

Ce que l'on attend de l'opposition, ce sont des contre-propositions aux projets de loi de la majorité. Qu'attend le PS pour plancher sur une dizaine de mesures phares, ambitieuses, modernes et visionnaires et non pas des vieilles recettes de l'ère Mitterrand ou Jospin. Des mesures avant-gardistes qui permettront au PS d'inverser la tendance en vue des élections présidentielles 2012 (Etats-Unis d'Europe, salaire maximum, désarmement nucléaire etc...). Les Français attendent toute autre forme de contestation que celle qui se limite à incriminer les figures de la majorité dans de sordides affaires médiatiques.

 

Or, le PS s'embourbe souvent à force de s'immiscer dans les polémiques de forme qui touchent la majorité, qui plus est en présentant plusieurs réponses divergentes, voire contradictoires. On ne peut effectivement que regretter que le discours des différentes personnalités socialistes ne soit pas sur une longueur d'ondes commune, reflétant l'image d'un conglomérat de personnalités au détriment d'un parti uni et cohérent.

 

Si elle souhaite redresser son parti, Martine Aubry doit canaliser les interventions des socialistes, qui, à défaut d'être pilotées par Solférino ne sont qu'un ramassis de propos discordants. A l'inverse de l'UMP, où chaque sujet fait l'objet d'une intervention unique ou d'interventions contrôlées, Martine Aubry semble privilégier, à son insu, un foisonnement d'interventions certes démocratiques mais handicapantes pour le parti socialiste. La maire de Lille doit imposer son leadership et ainsi réguler la visibilité médiatique des caciques du parti. En somme, devenir une leader...

19 octobre 2009

Renaud Dély a-t-il plagié Sabine Herold ?

podcast

 

Quand Renaud Dély fait la promotion de son livre "L'idiot utile du sarkozysme", le directeur adjoint de la rédaction de Marianne s'essaye à une remarquable démonstration de mimétisme. La thèse qu'il défend mérite bien entendu de s'y attarder si ce n'est qu'elle reprend mot pour mot celle défendue par la présidente d'Alternative Libérale Sabine Herold, en mai dernier, dans son livre "Le Bouffon du Roi".

17 octobre 2009

L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy

2-nicolas-sarkozy.jpgEssayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.

 

Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).

 

Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.

 

Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.

 

En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.

07 octobre 2009

L'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales

UMP_RILLIEUX_ete_2009_-2.JPGLe secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a donné lundi à Saverdun dans l'Arriège, le coup d'envoi de la campagne des élections régionales du Mouvement Populaire. Créditée de 31-32% des suffrages, auxquels s'ajoutent le score du Nouveau Centre, qui ne s'est pas encore prononcé sur la présentation de listes autonomes,  l'Union pour un Mouvement Populaire sait que la vague rose des élections régionales 2004 (20 régions socialistes et 2 seulement pour l'UMP) ne pourra se rééditer, qui plus est avec une telle ampleur. Le renouvellement des conseils régionaux ne pourra donc être de facto, que plus favorable à la majorité présidentielle. Reste à déterminer l'ampleur de la victoire.

 

D'ailleurs, en Champagne-Ardennes, en Franche-Comté, en Basse-Normandie, au Pays de la Loire et en Lorraine, la droite a de réelles chances d'obtenir la victoire. Dans d'autres régions, comme en Ile de France ou en PACA, l'UMP a également les moyens de reléguer le PS dans l'opposition.

 

Un succès aux régionales sera cependant conditionné par la capacité de la majorité à faire abstraction des enjeux nationaux pour mener une campagne sur des enjeux locaux, et ainsi éviter un vote sanction : au risque d'être confronté à l'excellent bilan de la plupart des conseils régionaux socialistes. C'est donc non sans risque que Nicolas Sarkozy a permis à plusieurs de ses ministres de se porter candidat, tel que Xavier Darcos, Bruno Le Maire, Chantal Jouanno ou encore Valérie Pécresse, car l'investiture de telles figures pourrait dénaturer le véritable enjeu du scrutin, au profit d'un référendum portant sur la politique de l'exécutif.

 

Pour l'UMP, ces élections régionales seront également l'occasion de tester la stratégie de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles. En intégrant le MPF et CPNT au comité de liaison de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy a effectivement voulu rassembler l'ensemble de la droite dans une coalition qui rassemble des nationalistes jusqu'aux sociaux-libéraux. Pariant sur un large succès au premier tour (pourquoi pas 40%), Nicolas Sarkozy pense pouvoir pallier l'absence de réservoir de voix par une dynamique de premier tour. La théorie est recevable, les élections régionales seront l'occasion de passer aux travaux pratiques...

 

50550_sarkozy-cohn-une.jpgEn outre, la Majorité Présidentielle n'ignore pas le potentiel des Verts à rogner sur son électorat : des bourgeois-bohèmes, des centristes nouvellement sensibilisés à la cause écologiste ne sont pas restés insensibles à l'évolution de discours des Verts, particulièrement de Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier, qui n'hésite pas à affirmer que des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État ou encore que le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison a séduit cette frange de l'électorat. Or, il a d'ores et déjà assuré ses collèges de sa mobilisation pour les échéances régionales...

 

Face aux Verts, Nicolas Sarkozy aura l'occasion de faire valoir sa fibre écologiste au sommet de Cophenague en décembre, (qui a vocation à donner suite au protocole de Kyoto) ainsi que lors de l'examen du texte relatif à la taxe carbone. De plus, la question écologiste sera un des points centraux de la campagne de l'UMP. La secrétaire d'état à l'écologie Chantal Jouanno, favorite pour défier Ségolène Royal en Poitou-Charentes, va remettre à Xavier Bertrand un argumentaire visant à défendre la vision de l'écologie défendue par l'UMP face aux Verts. Elle y dénonce l'interdiction de tout progrès et la décroissance défendue par les Verts face aux valeurs de liberté, de libre choix et de travail qui fondent notre [celle de l'UMP] vision de l'écologie. Étrange de qualifier le parti du développement durable de partisan de la décroissance, alors que le courant se réclamant de cette vision reste très minoritaire...

15 septembre 2009

Enquête : les dessous de l'adhésion politique

Graphique partis (n°4).jpgC'est un véritable culte du secret auquel s'adonnent nos formations politiques. N'étant pas, légalement parlant, contraintes de divulguer leur nombre d'adhérents à jour de cotisation, les données de l'adhésion politique en France s'en retrouvent pour la plupart erronnées. J'ai en conséquence entrepris d'interroger 25 sièges nationaux sans préciser dans quel contexte seraient publiées les données qu'ils me fourniraient, afin d'éclaircir, mieux que possible l'opacité du système de l'adhésion politique. Effectivement, lorsque je les ai interrogés quand au nombre d'adhérents qu'ils reçensaient, la plupart des secrétariats nationaux ont rechigné à me fournir une réponse : quatre (Mouvement Démocrate, Parti Socialiste, Les Progressistes et Debout la République) ont refusé d'aboutir à ma requête, deux m'ont fourni un chiffre dont l'exorbitance laissait à deviner quelque supercherie (Parti Fédéraliste, Union pour un Mouvement Populaire) tandis que deux (Lutte Ouvrière, Les Verts) n'étaient pas même au courant du nombre d'adhérents qu'ils revendiquaient, auquels s'ajoutent deux injoignables (Mouvement Républicain et Citoyen et La Gauche Moderne). En dépit de ces apparentes difficultés je suis parvenir à établir un graphique (cf. ci-dessus) dont la justesse, n'est, certes, pas assurée mais semble correspondre à une réalité dont nul ne peut fournir d'estimations avec exactitude. Eclairages.

 

L'UMP, première formation militante de France

Forts d'un réseau de 200 adhérents, le Mouvement Populaire s'impose très clairement comme la première formation militante de France. Ce statut s'en retrouve d'autant plus renforcé que ce chiffre ne prend pas en compte les autres composantes de la Majorité Présidentielle : le Nouveau Centre (11 000 adhérents), le Parti Radical (10 000 adhérents), le Parti Chrétien-Démocrate (8500 adhérents) et la Gauche Moderne (2000 adhérents). Au final, avec 230 000 adhérents, la Majorité Présidentielle représente plus du tiers des adhérents politiques en France !

 

Mais derrière cette apparente vigueur des rangs de la majorité, se cache un certain nombre d'éléments troubles. Tout d'abord, lorsque je les ai contacté, le secrétariat national de l'UMP m'avait assuré recenser entre 350 000 et 400 000 adhérents...quand le chiffre officiel est de 277 000 ! Mais même ce chiffre nourrit de nombreux doutes. Il faut effectivement savoir que l'UMP comptabilise l'ensemble des adhérents ayant renouvelé une cotisation durant les deux dernières années. Ainsi, ceux qui, enthousiasmés par le début de mandat dynamique et prolifique de Nicolas Sarkozy, mais aujourd'hui déçus et n'ayant donc pas renouvelé leur cotisation en 2008 sont encore comptabilisés.

 

En outre, le Mouvement Populaire avait, à l'aube de l'élection de Nicolas Sarkozy lancé une formule d'adhésion quinquennale sur la période 2007-2012. Nombre d'enthousiastes ont souscrit à cette formule, séduisante par son coût et l'originalité de son concept. Or, l'enthousiasme du début de mandat a désormais perdu de sa superbe et cette formule permet aujourd'hui d'enrayer une défection d'adhérents trop importante.

 

En outre, le canard enchaîne assurait à l'été 2007 avoir piraté l'équivalent du fichier ROSAM du Mouvement Populaire et ne reçensait guère plus de 135 000 adhérents. Qui croire ? La police ou les syndicats ? La moins pire des solutions étant d'établir une moyenne, 200 000 adhérents semble être l'estimation la plus recevable...

 

 

meeting-front-de-gauche-1.jpgLes formations radicales dans l'ombre du Parti Communiste Français

Si la gauche radicale représente le quart du militantisme politique, 130 000 des 156 000 adhérents recensés par le NPA, le POI, le PCF et LO sont issus du Parti Communiste Français. Fort de cet important vivier militant, le PCF s'impose comme le deuxième parti de France en nombre d'adhérents, un statut qui fait mouche au vu de la modestie des scores obtenus par le parti de Marie George Buffet (1,94% aux présidentielles, 4,29% aux législatives, 2,62% aux municipales et 6,05% aux européennes).

 

Loin derrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste  peine à tirer profit de la crise sociale et ne revendique que 10 000 adhérents. Les deux formations trotskites que sont Lutte Ouvrière (8200 adhérents) et le Parti Ouvrier Indépendant (8000 adhérents) présentent un réseau non négligeable mais très loin de celui du Parti Communiste.

 

Malgré son inexorable déclin, dont les prémices sont à mettre sur le dos de l'Union de la Gauche de 1974, le PCF conserve son âme militante, que, certes, bon nombre de mouvements politiques envient mais qui ne sont guère plus compatibles aux 700 000 adhérents revendiqués après la Libération.

 

Cet important vivier militant, en discordances avec les performances électorates du PCF, se justifie certainement par le militantisme historique qui a marqué le Parti Communiste Français, et quelques résidus de la grande époque sont toujours présents. Ce dernier reste également une plateforme d'échanges et débats internes au sein de la gauche radicale, ce qui séduit nombre de partisans de la mouvance radicale à adhérer au PCF plutôt qu'à d'autres formations tels que le NPA.

 

 

Le Parti Socialiste, ou la loi des fédérations

photo_1227026763803-1-0_zoom.jpgDifficile d'établir l'estimation d'une donnée dont nul ne connaît la valeur exacte... Le nombre d'adhérents recensés par le Parti Socialiste s'élève officiellement à 203 000 mais officieusement, il ne dépasse pas 120 000... La décentralisation des pouvoirs internes au profit des fédérations (une fédération correspond à un département, ce sont elles qui enregistrent les adhésions transmettant ensuite leurs données locales au Bureau des Adhésions qui établit le chiffre national) assure, certes, l'implantation locale du PS mais entrave la transparence du fichier ROSAM qui recense l'ensemble des adhérents.

 

Ainsi, sachant que leur poids au sein de l'appareil socialiste est subordonné à la vigueur des rangs de leur fédération, certains barons locaux n'hésitent pas à communiquer à Solférino des données anormalement élevées. Des enquêtes du Point et du Canard Enchaîné ont ainsi émis des doutes sur la véracité du listing de la fédération du Pas de Calais, vraisemblablement jonché de militants fantômes et autres doubles noms. Au sein même de l'appareil socialiste un élu assurait au Point, sous couvert d'anonymat, que "la fédé du Pas de Calais édite ses propres cartes ou les commande par paquets entiers à Solférino sans aucune justification" les attribuant par la suite à adhérents fantômes dont seul Jean Tibéri avait le secret.

 

Un autre responsable socialiste émettait quand à lui de sérieux doutes quand aux 50 000 nouvelles adhésions qui avaient précédé le Congrès de Reims, les mettant sur le dos des fédérations, soucieuses de conserver leur position au sein de l'appareil socialiste.

 

En outre, le PS, à l'instar de l'UMP, continue de considérer comme militant un adhérent ayant renouvelé une cotisation durant les deux dernières années écoulées : ainsi, sur 203 000 adhérents officiels il faut en soustraire 65 000 qui ne ne sont pas à jour de cotisation ! Si l'on soustrait à cette différence une quantité non négligeable de tripatouillages locaux, 120 000 adhérents s'apparente à une estimation proche de la réalité. Encore faudrait-il que Martine Aubry elle-même soit tenue au courant de cette réalité...


 

Le socle solide et constant de la droite nationale cb.jpg

Si le Front National (60 000 adhérents) et le Mouvement pour la France (15 000 adhérents) se classent respectivement 4ème et 6ème du classement, c'est que leur socle militant se distingue par sa fiabilité et sa constance. Effectivement, tandis que les performances électorales du Front ne cessent de chuter (0,94% aux municipales, 10% aux présidentielles contre 16 en 2002, 4% aux législatives contre 7 de plus en 2002), moins de 15 000 des 75 000 adhérents recensés en Avril 2007 ont quitté le Paquebot. Le Mouvement pour la France, lui aussi, en dépit du revers des européennes et des présidentielles est parvenu à conserver son rang, n'enregistrant que 7000 défections sur les 22 000 recensés sur la période précédant les échéances présidentielles.

 

Le rapprochement opéré avec l'UMP risque cependant d'enrayer cette relative constance. Il y a fort à parier que la branche orthodoxe de l'électorat viliériste se repliera sur Debout la République ou le Front National tandis qu'au sein de l'UMP, le MPF n'est pas encore assuré de ratiser les conservateurs ! Il doit effectivement affronter la concurrence du Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin.

 

 

La longue marche vers la transparence

Au dela des données que cette enquête tente, le mieux possible, de hiérarchiser et d'estimer , elle lève le voile, et elle est loin d'être pionnière dans le domaine, sur l'absence de transparence des formations politiques quand aux adhérents qu'ils revendiquent. A quoi bon surréevaluer ces données ? A quand l'établissement d'une autorité chargée d'établir la transparence dans le domaine ? Le nombre d'adhérents revendiqués par les formations politiques ne devrait-il pas être une donnée informative accessible à tous ? Sinon, comment donner du crédit aux élections internes, où la fraude s'est généralisée ? La route vers la transparence sera longue...et semée d'embûches.

12 septembre 2009

Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"


Jean-Jack Queyranne, député de la 7ème circonscription du Rhône (mon député en l'occurence), président socialiste du conseil régional Rhône-Alpes et ancien ministre de l'Intérieur et des Relations avec le Parlement a accepté de répondre à mes questions dans le cadre de cette interview, qui intervient à quelques mois d'élections régionales cruciales pour le PS et pour M.Queyranne lui-même qui briguera un nouveau mandat à la présidence du conseil régional Rhône-Alpes, où il sera opposé à la député européenne François Grossetête. Merci à lui pour le temps qu'il a accepté de me consacrer.


Avez-vous un commentaire à faire au sujet de la publication du livre Hold-ups, arnaques et trahsisons qui met en doute la légitimité de l'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire ?

 

Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.


Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?

 

D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.

 

Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.

 

Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.

 

Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?

 

2094362720.jpgTout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais  le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.

 

C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.

 

C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.

 

Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.

 

Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?

 

D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.

 

A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.

 

Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?

 

barroso.jpgM.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.

 

On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?

 

C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.

08 septembre 2009

Hervé Morin a un coup à jouer

e2bea074-a786-11dd-a2f6-63704ef9f9b4.jpgLes deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.

 

Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...

 

En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.

 

Meeting nouveau centre.jpgCependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.

 

En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...

14 juin 2009

L'erreur stratégique de Martine Aubry

photo_0302_459_306_25195.jpgUn semestre après son élection controversée à la tête du Parti Socialiste et au lendemain de la déroute cuisante des élections européennes (16% des suffrages, presque deux fois moins que l'UMP), Martine Aubry se doit de tirer les enseignements d'un tel échec, enregistré alors que l'exécutif doit faire face à une défiance et une impopularité croissante. Tout d'abord, la tentative d'unification du parti, alors empêtré dans d'inexorables divisions internes, s'est soldé par un échec cuisant : en priant les différentes personnalités socialistes de limiter leurs interventions médiatiques afin d'afficher une ligne politique claire et unie, Martine Aubry a préféré ignorer les fortes divergences idéologiques qui existent au sein du PS (voir mon article "Le PS plongé dans une crise idéologique") que de solutionner cette problématique. Conséquence directe de cette stratégie alors encensée par les chroniqueurs : l'absence d'engagement des socialistes dans la campagne européenne, que les français ont vivement réprouvé via le bulletin de vote Europe-Ecologie. L'unification des courants au sein du parti se solde donc par un échec criant, et Martine Aubry va être contrainte de les affronter de face.

 

Effectivement, le Parti Socialiste ne pourra assurer sa pérennisation si il ne tranche pas entre la démocratie participative moderne de Mme Royal, (bien souvent assimilée à la social-démocratie européenne) et le socialisme à l'état brut, grand dilemme de ce siècle. Trouver une issue à cette impasse avant les présidentielles de 2012 ne paraît cependant pas concevable : si le PS tangue vers la gauche radicale, son statut de parti de gouvernement prendra un coup, tandis que si il se rapproche de la social-démocratie, le poids de la gauche radicale sur l'échiquier politique s'en verra accru. A fortiori, aucune de ces deux alternatives ne semble en mesure de résorber la crise dans laquelle s'est embourbé le PS.

 

On en revient donc à la troisième stratégie, que Martine Aubry aura en vain tenté d'imposer, celle de l'unification de façcade, responsable de la déroute des socialistes. L'image d'unité, bien que fourvoyée, a incontestablement bénéficié à l'UMP, pourtant elle aussi caractérisée par des multiples divergences au sein-même des organes de la formation. Seule différence avec le Parti Socialiste, le Mouvement Populaire possède un avantage de marque, celui de posséder un leader incontesté et fort d'une légitimité que nul ne conteste. Si il souhaite enfin remporter une élection présidentielle, en 2012, ce qui constituerait une première depuis 24 ans, le Parti Socialiste n'a plus qu'espérer l'arrivée du messie...ou se replonger dans d'interminables luttes internes en quête d'un(e) leader...

13 juin 2009

Europe-Ecologie remet au goût du jour la question environnementale

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Au-delà de la surprise électorale qu'a constitué l'imprévisible et étonnante troisième position des listes Europe-Ecologie, c'est un tournant politique et sociétal non négligeable qu'amorce la performance des listes menées par Daniel Cohn-Bendit. Tout d'abord, elle intervient au moment où la culture verte et l'implication des français dans la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution avaient tendance à régresser dans l'hexagone. Les mesures de bonus-malus sur l'automobile mais également les projets de taxes environnementales avaient entravés l'adhésion des français aux discours environnementaux. 43% des français estimaient ainsi que le réchauffement climatique n'est pas aussi grave qu'on le pense tandis que 2/3 des sondés attribuaient au gouvernement une utilisation perverse des questions environnementales pour lever plus d'impôts. Les 16% des suffrages réunis par les listes Europe-Ecologie vont donc remettre les questions environnementales au coeur du débat et ainsi aiguiser la conscience verte en déclin des français.

 

En outre, la percée de l'écologie politique va inexorablement conduire le gouvernement à accélérer les réformes environnementales. Ainsi, le projet de taxe pour le climat est d'ores et déjà dans le collimateur du président de la république, qui espère un soutien accru des français sur cette mesure au lendemain de la victoire des écologistes. La mise en place de cette taxe, que Jean-Louis Borloo désigne par le terme contribution climat énergie consiste à imposer la consommation d'énergies fossiles des contribuables. Sa promulgation, qui ne devrait intervenir qu'à l'horizon 2011-2012, soulève encore quelques interrogations, telle que l'identité de l'imposé, le consommateur ou le producteur, la première éventualité ayant pour vertu de sensibiliser au plus près les français.

 

Cependant, les associations de consommateurs ont d'ores et déjà vivement protesté à l'égard de la contribution climat énergie, prétextant qu'elle agirait aux dépends des ménages à bas revenus, souvent peu à mêmes de moderniser leurs installations énergétiques. Face à ce risque, l'idée de chèque vert, afin d'épauler les bas revenus pourrait faire son bout de chemin, portée par les mouvements écologistes et un groupe non négligeable de sénateurs UMP.

 

L'instauration de cette contribution énergie climat s'inscrit dans la ligne du champ d'actions accru du gouvernement sur le thème de l'environnement, priorité numéro 2 de l'éxécutif avait assuré Nicolas Sarkozy. Nous devons prendre des décisions pour que les énergies renouvelables soient aussi importantes que celles qui ont été prises par de Gaulle dans les années soixante en faveur du nucléaire avait d'ailleurs affirmé le président de la république au lendemain des échéances européennes, dans le cadre d'une visite dans les locaux de l'Institut National de l'Energie Solaire (INES). Sa probable prochaine intervention radiotélévisée, afin de tracer la route de la deuxième moitié de quinquennat, devrait d'ailleurs être l'occasion pour le président de la république d'acter ce virage vert.

 

Politiquement parlant, cette nouvelle orientation pourrait profiter en tous points à Nicolas Sarkozy ! Elle confirmerait effectivement son caractère d'ouverture, un avantage qui pourrait faire la différence en vue des échéances présidentielles de 2012. Comme ce fut le cas pour François Mitterrand (1988) et Jacques Chirac (2002), l'image de rassembleur au-dela des divisions partisanes et idéologiques est un avantage de taille lorsqu'un candidat brigue sa réelection à la Présidence de la République. En se faisant l'apôtre du développement durable (il en aura l'occasion en décembre lors de la conférence de Copenhague chargée de donner suite au protocole de Kyoto) Nicolas Sarkozy pourrait consolider les bases de sa candidature...

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