12 septembre 2009
Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"
Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.
Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?
D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.
Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.
Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.
Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?
Tout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.
C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.
C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.
Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.
Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?
D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.
A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.
Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?
M.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.
On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?
C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.
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15 mai 2009
Sabine Herold : "les artistes n'ont rien à gagner à Hadopi"
Présidente d'Alternative Libérale, qui, à l'inverse des autres formations libérales prône un libéralisme grand angle qui ne se limite pas aux sujets économiques mais également aux questions de société (ex. légalisation du cannabis), Sabine Herold, 27 ans, a accepté de répondre à mes questions dans le cadre des cet interview axé sur les élections européennes ainsi que la crise économique. Sabine Herold fait ainsi part de son opposition au texte de loi Hadopo qui va fliquer l'internaute, réclame la promulgation d'un texte consitutionnel clair et concis en 5 pages, et reproche à la classe dirigeante internationale de fournir une mauvaise interprétation de la crise.
Je tiens bien entendu à remercier Sabine Herold qui a accepté de me consacrer ces quelques minutes, et qui a par la suite inséré l'interview sur le site d'Alternative Libérale (cf. capture d'écran) ainsi que sur son blog (cf.capture d'écran).
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31 mars 2008
Interview de Maxime Verner
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21 mars 2008
Frédéric Nihous au micro du Lectumag
Le charismatique Jean St Josse a quitté en début d'année la présidence du parti qu'il avait cofondé, CPNT, et laisse donc s'installer à la tête de ce mouvement Frédéric Nihous qui avait déjà porté les couleurs de CPNT lors des dernières échéances présidentielles. Agent de développement, Frédéric Nihous nous a accordé une interview très enrichissante où il tout en analysant son score lors des présidentielles il évoque différentes questions comme celle des biocarburants. Nous diffusons donc notre interview de Frédéric Nihous que nous remercions pour le temps qu'il nous a accordé.
Etes-vous satisfait de la politique rurale menée par Nicolas Sarkozy ?
Pas spécialement même si on peut considérer qu’elle fait partie des réflexions suivies ; ceci se manifeste d’ailleurs par le fait que le gouvernement m’a confié une mission prospective sur le développement des territoires ruraux au travers des activités économiques des agriculteurs.
L’attente est toujours là et CPNT attend du président qu’il tienne son engagement pris en 2007 de créer un vrai ministère des affaires rurales. Nous revendiquons une politique rurale au même titre que celle menée par la ville : elle n’est pas encore mise en œuvre, ni annoncée d’où notre frustration même si tout un ensemble de mesures annoncées et lancées, en terme d’emplois et de soutien à l’économie, vont dans le bon sens tout en étant insuffisantes.
Quelle est votre position vis à vis des biocarburants ?
Il faut être prudent et je ne suis pas sûr que ce soit la solution idéale même si elle est intéressante. La question fait débat et il ne faut pas oublier la fonction première de l’agriculture qui est d’assurer une production alimentaire. La demande en carburants est telle que la production de biocarburants peut être globalement dévoreuse d’espaces alimentaires !
Je suis donc plutôt pour mais de façon mesurée et je note que le sujet fait débat et polémique tant chez les scientifiques que chez les agriculteurs eux-mêmes !
Le ministère de l'agriculture Michel Barnier vous a confié une mission sur la diversification et la valorisation des activités agricoles pouvez-vous nous dévoiler quelques unes des propositions que vous présenterez au ministre ?
Je réserve bien sûr mes propositions au ministre à qui je remettrai mon rapport fin avril. Cependant, d’ores et déjà, je peux annoncer que mon rapport sera quelque chose d’opérationnel et de concret pour booster la diversification économique agricole.
Il me faut donc faire un inventaire de la situation en identifiant les pratiques de diversification des activités agricoles et leur développement potentiel et en identifiant les freins et obstacles au développement de ces activités tout en examinant les éléments d’acceptabilité sociétale de ces activités. Au final, il me faudra proposer des solutions concrètes et d’application rapide pour aider au développement rural via l’agriculture.
Dans les faits, les activités de diversification des exploitations agricoles, hors production agricole, sont très nombreuses. Celles liées à la valorisation des productions (transformation à la ferme, vente directe, circuits courts de commercialisation…) ou aux activités touristiques (hébergements à la ferme, restauration,…) sont aisément identifiées. De même, des services participants au développement rural, tels l’encadrement d’activités de pleine nature, l’entretien rémunéré de l’espace pour le compte de collectivités, sont pratiqués que ce soit dans le cadre du statut des exploitations agricoles ou d’autres statuts (salarié, indépendant,…) : les gisements et potentialités sont donc nombreux.
Cependant, de nombreuses autres activités comme les activités environnementales, énergétiques, cynégétiques, halieutiques, équestres, et plus largement de loisirs et de nature, recèlent un réel potentiel de développement insuffisamment connu et valorisé, sans oublier leur rôle dans la gestion et l’entretien des territoires.
Au final, ce rapport visera à mettre en cohérence et en réseau les dispositifs et expériences, simplifier les procédures, développer l’accompagnement de projets territorialisés et mutualiser les moyens de façon partagée.
Vous avez été élu en début d'année à la tête de CPNT, comment mieux présider ce mouvement que votre prédécesseur Jean St Josse ?
Il ne s’agit pas de « mieux » présider mais de présider autrement : il n’y a pas de rupture mais simplement une réorientation du positionnement.
Succéder à Jean SAINT-JOSSE n'est guère chose facile tant il a porté haut les couleurs de CPNT en lui faisant respirer la victoire et les succès, notamment en 1999 et en 2002. Il a su faire de notre Mouvement une force politique qui compte et qui s'est ouvert à la ruralité. Il faut s'inspirer de ce passé glorieux pour préparer le futur, reprenant en cela notre slogan des régionales de 1992: "des racines fortes pour un avenir serein".
C'est pourquoi j'ai décidé de composer un nouveau Bureau National à l'image de notre Mouvement et comprenant pour moitié des représentants historiques du Mouvement et pour autre moitié des représentants de la nouvelle génération, ce qui montre par leur complémentarité que CPNT est pérennisé et durable.
Nous travaillerons en équipe, de façon dynamique, partagée et réactive, pour renforcer nos zones de force et nos bastions tout en se réimplantant sur les secteurs plus fragiles.
Chacun doit se mobiliser sur le terrain et s'organiser. Chacun peut apporter au mouvement, à sa façon, pour qu'il se développe et pèse politiquement car ce n'est qu'à cette condition qu'on pourra se faire entendre. C'est le collectif qui fait notre force: nous devons "chasser en meute"!
Les chantiers ne manquent pas tant nous subissons l'action néfaste de l'écologie people à paillettes de l'actuel ministre de l'écologie qui visiblement a décidé de faire plus vert que les verts en écartant même les engagements présidentiels qui ont été pris l'année passée et auxquels ont pu croire les ruraux.
Ainsi, nos instances se sont déjà mises au travail pour répondre aux enjeux et objectifs que nous nous sommes fixés :
En 2008, rendre définitivement CPNT incontournable politiquement sur les questions de ruralité allant de l'aménagement du territoire et d'une autre écologie jusqu'à nos fondamentaux que sont la chasse et la pêche;
En 2009, développer notre réflexion et nos propositions pour une ruralité plus juste et respectée;
En 2010, développer nos réseaux de terrain notamment via les adhésions et les prochaines élections municipales puis enfin dès 2011 préparer les échéances futures cruciales pour notre avenir que sont les élections régionales et européennes.
Quel bilan de ce premier tour des échéances municipales pouvez-vous effectuer au nom de CPNT ? (l'interview a été réalisé avant le second tour)
CPNT se félicite des résultats, et de l’élection, de ses très nombreux candidats (plusieurs centaines) aux élections municipales dans les communes rurales françaises.Ces élections confirment l’implantation locale et le réseau de CPNT dans les terroirs et les « petites » communes dont malheureusement on ne parle jamais, ou si peu, dans les commentaires médiatiques et politiques. Elles montrent le sérieux et la crédibilité du discours de CPNT et sa capacité à gérer les affaires publiques grâce à sa politique de proximité.
CPNT enregistre également l’élection au 1er tour, en liste entière, de son Président,moi-même, à BAUDREIX (Pyrénées Atlantiques) ainsi que de Jean SAINT-JOSSE, ancien Président du Mouvement, dans sa commune de COARRAZE. Par ailleurs, CPNT exprime sa satisfaction à l’égard des résultats très positifs et encourageants de ses candidats aux élections cantonales : les deux Conseillers généraux sortants CPNT sont réélus, l’un avec 72% et l’autre avec 56% en triangulaire, ce qui est une reconnaissance de l’excellent travail qu’ils ont effectué au Conseil Général depuis 2001.
Les autres candidats CPNT aux élections cantonales font également de très bons scores, montrant l’ancrage croissant du Mouvement, entre 17% et 33%, ce qui montre bien l’ancrage local et le poids politique et électoral de CPNT dans les zones rurales. Ceci devra être pris en compte par ceux qui gouvernent.
CPNT confirme sa relance et ces très bons résultats montrent que son discours, son programme et ses prises de position sont reconnues. La marche vers la reconnaissance générale du rôle incontournable de CPNT sur la ruralité est engagée !
Lors des présidentielles, vous n'aviez réuni qu'un tiers des électeurs de Jean St Josse comment expliquez-vous cet échec moins de cinq ans après ?
Si le résultat a été décevant, il faut voir clairement que des réussites ont été au rendez-vous :
1ère réussite : alors que certains nous disaient morts et incapables d’être candidat, nous avons réuni 655 parrainages et pu être candidat.
2ème réussite : nous avons porté et imposé le débat sur la ruralité et la chasse dans cette campagne et amené tous les autres candidats à se positionner sur le sujet ; reste à espérer (et à peser politiquement) pour qu’ils ne l’oublient pas aussi vite et ne virent pas dans l’autisme.
En fait, l’échec s’explique par le fait que, comme les autres candidats, nous avons été victimes du syndrome VOTE UTILE, l’argument qui ne sert qu’à ceux qui n’en ont pas. Les Français ont eu peur et ont soldé les comptes de 2002 : le 22 avril n’aura été que le 3ème tour de 2002 et nous avons été laminés, COMME LES AUTRES « petits » candidats car je rappelle que mis à part le trotskyste Besancenot, nous finissons tous dans le grupetto où du PCF au MPF en passant par les verts ou CPNT, on se tient tous dans les mêmes résultats.
Les chiffres ne veulent rien dire et j’insiste plutôt sur ma « victoire » dans cette campagne : avoir réussi à imposer la ruralité dans le débat public et politique alors qu’auparavant, personne ne s’en préoccupait.
Entre l'UMP, le PS et le MoDem, dans quel parti vous sentez-vous le plus proche ?
Le parti dont je me sens le plus proche est … CPNT ! Mon obsession politique, c’est de défendre la ruralité dans sa globalité alors je continue à me battre pour cela afin de peser et imposer sa prise en compte par ceux qui gouvernent, aujourd’hui comme demain. Peu importe les étiquettes, ce qui compte, c’est l’efficacité et les résultats pour la ruralité et les 15 millions de Français qui y vivent ou en vivent.
Pour ce qui est des partis politiques que vous citez, je note simplement que certains nous écoutent et nous respectent plus que les autres qui préfèrent travailler durablement avec nos « ennemis » les verts en soutenant leurs délires écolomaniaques antiruraux que nous ne pouvons accepter. CPNT développe et soutient une écologie humaine et réaliste, équilibrée et incitative et non une écologie punitive, sectaire et de sanction, comme la portent les verts. Avec nous, une autre écologie est possible !
Quant au Modem, faire la girouette en suivant le vent ou les simples ambitions présidentielles personnelles de son leader n’est pas un discours politique, ni un programme, surtout pour la ruralité. D’ailleurs, je note également qu’il a recyclé beaucoup de verts dans ses équipes…


















