03 octobre 2009
3D : les écrans font leur révolution
C'est une révolution numérique programmée à laquelle nous assisterons, le 16 décembre prochain, lors de la sortie en salles du film Avatar. La nouvelle production de James Cameron devrait marquer un basculement dans l'ère de la trois dimensions, introduisant une année 2010 charnière en la matière. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur les consoles de jeu, la 3D va véritablement bousculer notre quotidien. Avatar, qui avec un budget de 300 millions de dollars s'est d'ores et déjà assuré une place dans le livre des records est moins attendu pour son scénario que par la révolution numérique qu'il amorcera : en terme de 3D, Avatar s'imposera comme la marque de référence, après des débuts peu convaincants cet été.
Le cinéma compte sur la 3D pour faire face au piratage
Si la fréquentation des cinémas ne cesse de croître depuis 2000 (23 millions d'entrées supplémentaires soit 3,1 entrée par habitant et par an en 2008 contre 2,8 il y a huit ans), le phénomène du piratage informatique gagne lui aussi du terrain : en 2008, 450.000 films ont été quotidiennement téléchargés illégalement, une donnée qui permet de mesurer l'ampleur du manque à gagner pour l'industrie cinématographique.
On ne voit plus d'adolescents dans les cinémas parce qu'ils ont déjà piraté les films avant. Le relief est un excellent moyen de les faire revenir vers nous assure Jocelyn Bouyssy, directeur général du distributeur CRG. Les films 3D ont effectivement démontré leur attractivité économique. A titre d'exemple, l'Age de Glace 3 a réuni huit millions de spectateurs, dont deux en 3D, quand moins d'un cinquième des salles qui le distribuaient détenaient un équipement relief.
Un avenir incertain
D'ailleurs, face à l'accroissement de l'offre 3D, les salles françaises, d'abord réticentes, consentent désormais à s'acquitter des 60 000€ nécessaires à la transition vers le cinéma numérique (fini les pellicules, place aux caméras numériques qui permettent aux cinémas de projeter le film via un réseau de fichiers et non plus les bobines d'antan), indispensable à une projection 3D, pour laquelle il faut ajouter 25 000€. Il faut dire que James Cameron avait donné le ton cet été : Avatar ne sortira pas en version 2D, seules les salles relief pourront le distribuer.
Reste que la 3D peine à s'imposer comme un moyen durable d'accroître l'intérêt du public pour les salles obscures. Au cours du XXème siècle, le taux de pénétration actif des nouveautés technologiques a sans cesse diminué : trente ans pour la télé, vingt ans pour le baladeur, dix ans pour l'ordinateur portable, sept ans pour le mobile. Qu'en sera-t-il pour la télévision et l'ordinateur 3D ?
De plus, ni les distributeurs ni les exploitants ne souhaitant payer de leur poche, la rentabilisation d'un équipement 3D nécessitera l'augmentation du prix du ticket : de 2 à 3€, soit une revalorisation de 33,6 à 50% du prix du ticket. Or, les spectateurs seront-ils prêt à faire ce sacrifice, qui plus est en temps de crise ?
En outre, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la susceptibilité de la 3D à faire mal aux yeux des téléspectateurs qui dans une grande majorité éprouveraient des difficultés à suivre un contenu 3D dans son intégralité. La faute également au manque de confort des lunettes. Face à ces critiques, le fabricant de lunettes Real D assure avoir mis au point des lunettes de meilleure qualité et a élaboré un partenariat avec l'opticien Gucci afin de mettre au point des lunettes plus confortables et esthétiques.
C'est sans parler d'un disfonctionnement occulaire qui touche 5% de la population, les empêchant de percevoir les effets du 3D. Selon Slate, 20 à 30% sont également touchés par cette maladie, mais dans une moindre mesure.
La 3D dans nos salons
Si l'année 2010 va marquer l'émergence du 3D sur les grands écrans, le petit écran va lui aussi faire sa révolution. En effet, dès juin, Sony, qui veut faire rentrer la 3D dans les maisons, proposera une télévision 3D pour moins de 2000€, loin des montants exorbitants que pouvait laisser présager la mise en circulation de tels appareils sur le marché.
Panasonic va lui aussi commercialiser sa télé 3D et a d'ailleurs entrepris un tour de France pour la populariser auprès du public. Son "road show" du 23 Septembre au 12 Décembre, passera notamment par la Part-Dieu à Lyon, le Forum des Halles à Paris et le Centre Commercial Valentine à Marseille. Quand à Philipps, la firme néerlandaise commercialisera à Noël 2010 des téléviseurs 3D...sans lunettes !
Ces téléviseurs (outre celui de Philipps) pourront également permettre de visionner les contenus en 2D. D'ailleurs, il faudra encore patienter pour que l'offre de programmes en 3D soit alléchante pour les téléspectateurs. Seuls quelques films seront proposés ainsi qu'éventuellement des matchs de football. Nous sommes en discussions avec la FIFA pour tourner certains matches de la prochaine coupe du monde en 3D assure Sony.
11:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, 2009, 2010, avatar, 3d, prix, piratage, hadopi |
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26 septembre 2009
L'Edito d'Alex Joubert N°11
Le fédéralisme peut-il être bénéfique pour notre pays ? A quelques mois des élections régionales, tour d'horizon des avantages dont nous pouvons tirer du fédéralisme, en France...mais aussi en Europe.
14:50 Publié dans Mes éditos et reportages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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21 septembre 2009
José Socrates en quête d'une majorité
L’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n'est qu'un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n'en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu'aujourd'hui les conséquences d'une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s'est d'ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu'une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d'établir une majorité avec moins de 33% d'intentions de vote...
Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles
José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l'électorat populaire qu'il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l'est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu'un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.
Il allonge également l'âge de la retraite et ne se prive pas d'amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d'une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu'à 90% du dernier salaire).
Cette politique d'austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n'a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s'élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s'était fixé pour objectif d'annihlier les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).
La gauche gronde
Cette politique réformiste aux effets somme toute modestes s'avère problématique à l'heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l'orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.
Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu'en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l'éducation nationale, traditionnelement acquis au Parti Socialiste n'affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volontée affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l'éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient consitutés un cortège monstre au coeur de Lisbonne !
Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu'un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.
Un retour aux sources improvisé
Face à la gronde de l'électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n'a donc pas lésiné sur les moyens, quite à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L'allocation familiale de rentrée, jusqu'alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d'épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.
Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d'inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l'opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d'ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l'électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd'hui, la crise étant passé par la, les rapports de force ont évolué, et c'est à sa gauche que José Socrates doit s'assurer un capital de voix.
06:38 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : portugal, europe, élections, international, législatives, socrates, grève, crise, libéralisme, socialisme, ps, socialiste |
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