13 octobre 2009

Klaus et Cameron à l'assaut du traité de Lisbonne

Klaus cameron.jpgL'Irlande a désormais ratifié par référendum le Traité de Libsonne, et cela par une écrasante majorité (67,13%), suivie quelques jours après du président polonais Lech Kaczynski, suspendant ainsi la validation du Traité de Lisbonne à la volonté seule du président de la république tchèque Vaclav Klaus, qui oppose son refus à la promulgation d'un texte pourtant ratifié par le Parlement de Tchéquie.

 

Eurosceptique décomplexé, il a déposé un recours devant la Cour Constitutionnelle tchèque afin d'invalider le traité, tout en sachant les délais extensibles que s'octroie cette instance. Le recours de Vaclav Klaus est relatif à la Charte des Droits Fondamentaux, qui acquerra un statut juridique avec le Traité de Lisbonne et qui serait susceptible de permettre une révision par le Cour Européenne des Justices des décrets tchèques qui avaient permis l'expulsion et la confiscation des biens de 2,5 Millions de Sudètes accusés de collaboration avec le régime nazi au lendemain de la seconde guerre mondiale. Or, pour Vaclav Klaus, la République Tchèque doit négocier une dérogation; la garantie que le Traité de Lisbonne ne pourra pas conduire à l'abolition des décrets Benes nous sera ainsi donnée.

 

63723de8-5b82-11de-a982-ae9612fd9d31.jpgEn somme, le président tchèque souhaite retarder au plus tard le moment ou il lui sera nécessaire d'apposer sa signature au traité. Il espère tenir jusqu'au printemps, où le conservateur britannique David Cameron est quasiment assuré de devenir le nouveau locataire du 10 Downing Street. Or, cet eurosceptique convaincu (qui a amorcé la scission des Torries avec le PPE au Parlement Européen au profit d'un groupe nationaliste comprenant l'ODS de Vaclav Klaus) a d'ores et déjà promis aux électeurs qu'il organiserait un référendum sur le Traité de Lisbonne. Et l'euro scepticisme des britanniques, soucieux du maintien de leur souveraineté, ne laisse aucun doute planer sur l'issue du scrutin.

 

Cependant, David Cameron a subordonné l'organisation d'un réferundum au Royaumme-Uni au refus de Vaclav Klaus de signer Lisbonne afin d'éviter de froisser ses potentiels homologues européens qui s'activent pour contraindre Vaclav Klaus d'apposer sa signature dans les plus brefs délais, une fois que la Cour Constitutionnelle Tchèque se sera prononcé. Or, les moyens de pression ne manquent pas : sabordage de la candidature de Prague pour accueillir le siège de Galileo, vetos sur le nouveau commissaire tchèque... Dans une lettre, Cameron a sommé son allié tchèque de tenir jusqu'au départ des Travaillistes et de Gordon Brown. Pour le jeune conservateur, qui a fédéré une partie importante de son électorat sur sa promesse d'organiser un réferundum, une signature de Klaus serait un véritable coup de massue dans le cadre des législatives.

11 octobre 2009

Quand l'éducation nationale a peur du rouge

urss.jpg

Ni noir, ni blanc. La supposée impartialité politique de l'éducation nationale dans la conception des programmes ne serait-elle qu'une objectivité de façade  ? A la vue du chapitre d'histoire géographie consacré en classe de troisième à l'URSS de Staline, il est tout à fait légitime de s'interroger. Que le totalitarisme de Staline, le goulag et les conséquences tragiques de l'industrialisation pour les soviétiques soient dénoncés, oui car qui comprend les erreurs passées bâtit l'avenir. Que la théorie marxiste soit enseignée, oui car cela est nécessaire à la constitution de la culture politique de base attendue du futur citoyen. En revanche, qu'il soit demandé à l'élève de développer une argumentation visant à expliquer en quoi la volonté des marxistes de créer un "homme nouveau" est utopique, c'est nettement plus contestable. La réponse attendue était la nécessité anti-démocratique de formater l'être humain pour aboutir à ce zénith. Cette position est bien entendu recevable mais l'on aurait pu également défendre que l'apparition d'un homme nouveau nécessite certes un formatage de l'être humain mais peut en revanche permettre d'éradiquer les vices et la bestialité qui empoisonnent la nature humaine. Loin de moi la volonté de défendre cette vision mais nul ne peut la considérer comme irrecevable.

 

Demander aux élèves d'établir une critique de l'"homme nouveau" est d'autant plus aberrant qu'aujourd'hui encore, 12,13% des français votent en faveur d'un parti se réclamant du marxisme (en fonction des résultats obtenus par le Front de Gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste et Lutte Ouvrière aux élections européennes de juin dernier). Alors que ce chapitre sur l'URSS de Staline a pour mission de dénoncer le totalitarisme stalinien, on ne peut que s'étonner de pareille réprobation de l'opposition au régime capitaliste.

09 octobre 2009

Obama prix nobel : un choix contestable ?

000_Was2616942--469x239.jpgLe comité nobel a décerné aujourd'hui, à Oslo, au président des Etats-Unis d'Amérique Barack Obama le prix nobel de la paix, au nom de ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples. Cette distinction, obtenue seulement dix mois après l'investiture d'Obama peine à faire l'unanimité. Barack Obama en personne a avoué avoir reçu le prix avec surprise sans avoir l'impression que je mérite de me retrouver en compagne de tant personnalités qui ont transformé leur époque et qui ont été distinguées par ce prix. Effectivement, comme l'a souligné la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, le 43ème président des Etats-Unis doit moins cette récompense aux succès de sa diplomatie qu'à son discours, certes volontariste mais qui n'a guère contribué à la diffusion de la paix sur le globe. Effectivement, sur les trois dossiers prioritaires du président Obama, sa détermination n'a aucun cas abouti à une réelle amélioration sur le fond.


En Afghanistan, où durant sa campagne présidentielle Barack Obama avait faire part de sa volonté d'y délocaliser l'épicentre de la lutte contre le terrorisme, les alliés s'enlisent au point qu'une majorité d'américains réclament désormais un retrait des troupes. Effectivement, 953 soldats américains ont péri depuis le début du conflit en 2001 (dont 478 depuis 2008) et les alliés peinent à lutter efficacement contre une guérilla invisible, qui privilégie les actions sporadiques aux affrontements directs. Pour le général McChrystal, commandant en chef, les difficultés des alliés nécessitent l'envoi de renforts afin d'assurer la mobilisation nécessaire sur tous les fronts du pays. Or, ni les Américains qui ne sont plus que 39% à approuver la présence américaine en Afghanistan, ni les parlementaires, ne sont enthousiasmés par l'envoi de nouvelles troupes.

 

Quand au conflit israélo-palestinien, certes Barack Obama a orchestrée en septembre dernier une rencontre entre Benjamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas mais rien n'a résulté de cet entretien, outre la photographie officielle. De plus, l'envoi de George Mitchell en émissaire spécial n'a produit aucun effet. Benjamin Nétanyahou, qui avait pourtant adhéré sous conditions en juin au projet d'établissement d'un état palestinien indépendant, refuse quand à lui de concéder la moindre miette sur le gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens, pierre d'achoppement à la poursuite du processus de paix.

 

actu-monde-Mahmoud-Ahmadinejad_articlephoto.jpgQuid du dossier iranien, où les tensions sont à leur paroxysme ? La réélection entachée de fraudes de Mahmoud Ahmadinejad, l'échec de la politique de la main tendue de Barack Obama et la découverte d'un nouveau site secret d'enrichissement de l'uranium ont amené Barack Obama à revoir sa copie et réclamer un durcissement des sanctions vis à vis de Mahmoud Ahmadinejad.

 

Au vu de l'absence de résultats de Barack Obama en matière de politique étrangère, il est donc légitime de s'étonner de l'attribution de pareille distinction au président américain. Il n'en reste pas moins qu'il marque un virage dans les critères de désignation du prix nobel de la paix : face à Helmut Kohl, favori, icone du rapprochement est/ouest et favori à l'heure du vingtième anniversaire de la chute du bloc soviétique, le comité a fait le choix de l'avenir et de l'initiative. Désormais, le poids qui pèse sur les épaules de Barack Obama est à l'image des attentes qu'il suscite...