21 octobre 2009

Un ordinateur par élève : ambitieux ou utopique ?

élève ordi.jpgChaque année, la Fédération des conseils de parents d'élèves entreprend une pesée nationale des cartables des élèves, constatant une surcharge de poids dans près de 9/10 des cas (87% l'an passé). Les conséquences sur la santé des élèves n'ont rien d'anecdotique : croissance perturbée, scolioses, courbure du dos modifiée etc... Face à cette problématique, remise au goût du jour à chaque rentrée scolaire, la solution de la généralisation de l'outil informatique doit être posée.

 

Allons plus loin : pourquoi ne pas proposer que chaque élève soit équipé d'un ordinateur pour les quatre années qui composent le collège ? Cela permettrait d'alléger considérablement leur sac et éviterait des pertes de cahiers, de manuels. En outre, en matière d'empreinte écologique, la solution informatique reste beaucoup plus respectueuse de l'environnement que les cahiers et copies papiers; ainsi que la colle et les effaceurs qui contiennent des hydrocarbures chlorés, susceptibles de provoquer des allergies et de l'asthme.

 

De plus, l'équipement des élèves en ordinateurs allégerait considérablement le budget des ménages. Si aucune statistique sur les dépenses annuelles des ménages en matériaux scolaires n'a encore été mise en point, un rapide calcul indique que la somme moyenne dépensée par les familles par an est de 50-60€ par an. Multipliez ce chiffre par 4 et vous obtiendrez la somme déboursée durant les quatre années du collège soit environ 200-240€.

 

A l'inverse, l'association "One Laptop per Child" (OLPC) a mis au point des ordinateurs portables pour moins de 132€, distribués dans des pays en voie de développement, financés par les gouvernements qui ont souhaité acquérir le "XO-1". L'OLPC va également fournir dès 2010 le "XO-2", pour 50€. Ces ordinateurs portables ont été conçus spécifiquement pour un usage scolaire. Ses capacités sont donc basiques et se limitent au traitement de texte (ex. Word), au tableur grapheur (ex. Excel), à la présentation (ex. PowerPoint), à l'édition d'image (ex. Paint), à un usage modéré d'Internet et à la lecture de contenus audiovisuels. Tout le nécessaire pour un collégien, et à un prix tout à fait abordable.

 

xo1.jpgSa solidité remarquable constitue également un argument choc. De plus, la consommation d'électricité du "XO-1" et du "XO-2" est quasiment nulle : seulement 2 Watts contre en moyenne 200 pour un ordinateur portable ! Une manivelle permet de recharger l'ordinateur, qui, et il s'agit de son unique point faible, permet à l'ordinateur d'acquérir seulement 10 minutes d'autonomie pour une minute passée à tourner la manivelle.

 

Écologique, économique et pratique : l'équipement des élèves en ordinateurs portables individuels présente tous les ingrédients nécessaires à une amélioration de la condition des collégiens. De plus, l'apparition de tels appareils sur le marché va stimuler la concurrence et permettre de baisser les tarifs des produits informatiques.

19 octobre 2009

Renaud Dély a-t-il plagié Sabine Herold ?

podcast

 

Quand Renaud Dély fait la promotion de son livre "L'idiot utile du sarkozysme", le directeur adjoint de la rédaction de Marianne s'essaye à une remarquable démonstration de mimétisme. La thèse qu'il défend mérite bien entendu de s'y attarder si ce n'est qu'elle reprend mot pour mot celle défendue par la présidente d'Alternative Libérale Sabine Herold, en mai dernier, dans son livre "Le Bouffon du Roi".

17 octobre 2009

L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy

2-nicolas-sarkozy.jpgEssayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.

 

Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).

 

Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.

 

Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.

 

En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.