19 octobre 2009

Renaud Dély a-t-il plagié Sabine Herold ?

podcast

 

Quand Renaud Dély fait la promotion de son livre "L'idiot utile du sarkozysme", le directeur adjoint de la rédaction de Marianne s'essaye à une remarquable démonstration de mimétisme. La thèse qu'il défend mérite bien entendu de s'y attarder si ce n'est qu'elle reprend mot pour mot celle défendue par la présidente d'Alternative Libérale Sabine Herold, en mai dernier, dans son livre "Le Bouffon du Roi".

17 octobre 2009

L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy

2-nicolas-sarkozy.jpgEssayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.

 

Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).

 

Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.

 

Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.

 

En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.

13 octobre 2009

Klaus et Cameron à l'assaut du traité de Lisbonne

Klaus cameron.jpgL'Irlande a désormais ratifié par référendum le Traité de Libsonne, et cela par une écrasante majorité (67,13%), suivie quelques jours après du président polonais Lech Kaczynski, suspendant ainsi la validation du Traité de Lisbonne à la volonté seule du président de la république tchèque Vaclav Klaus, qui oppose son refus à la promulgation d'un texte pourtant ratifié par le Parlement de Tchéquie.

 

Eurosceptique décomplexé, il a déposé un recours devant la Cour Constitutionnelle tchèque afin d'invalider le traité, tout en sachant les délais extensibles que s'octroie cette instance. Le recours de Vaclav Klaus est relatif à la Charte des Droits Fondamentaux, qui acquerra un statut juridique avec le Traité de Lisbonne et qui serait susceptible de permettre une révision par le Cour Européenne des Justices des décrets tchèques qui avaient permis l'expulsion et la confiscation des biens de 2,5 Millions de Sudètes accusés de collaboration avec le régime nazi au lendemain de la seconde guerre mondiale. Or, pour Vaclav Klaus, la République Tchèque doit négocier une dérogation; la garantie que le Traité de Lisbonne ne pourra pas conduire à l'abolition des décrets Benes nous sera ainsi donnée.

 

63723de8-5b82-11de-a982-ae9612fd9d31.jpgEn somme, le président tchèque souhaite retarder au plus tard le moment ou il lui sera nécessaire d'apposer sa signature au traité. Il espère tenir jusqu'au printemps, où le conservateur britannique David Cameron est quasiment assuré de devenir le nouveau locataire du 10 Downing Street. Or, cet eurosceptique convaincu (qui a amorcé la scission des Torries avec le PPE au Parlement Européen au profit d'un groupe nationaliste comprenant l'ODS de Vaclav Klaus) a d'ores et déjà promis aux électeurs qu'il organiserait un référendum sur le Traité de Lisbonne. Et l'euro scepticisme des britanniques, soucieux du maintien de leur souveraineté, ne laisse aucun doute planer sur l'issue du scrutin.

 

Cependant, David Cameron a subordonné l'organisation d'un réferundum au Royaumme-Uni au refus de Vaclav Klaus de signer Lisbonne afin d'éviter de froisser ses potentiels homologues européens qui s'activent pour contraindre Vaclav Klaus d'apposer sa signature dans les plus brefs délais, une fois que la Cour Constitutionnelle Tchèque se sera prononcé. Or, les moyens de pression ne manquent pas : sabordage de la candidature de Prague pour accueillir le siège de Galileo, vetos sur le nouveau commissaire tchèque... Dans une lettre, Cameron a sommé son allié tchèque de tenir jusqu'au départ des Travaillistes et de Gordon Brown. Pour le jeune conservateur, qui a fédéré une partie importante de son électorat sur sa promesse d'organiser un réferundum, une signature de Klaus serait un véritable coup de massue dans le cadre des législatives.