21 décembre 2009
Les 10 personnalités qui ont marqué la décennie (1/2)

Élu président des Etats-Unis d'Amérique suite aux élections chaotiques du 7 novembre 2000, indécises au point de procéder à plusieurs décomptes, puis confirmé à son poste en 2004, George W.Bush aura été le locataire de la Maison Blanche sur les huit des dix années de la décennie, ce qui en fait une, si ce n'est la, personnalité marquante de cette décennie. Arrivé au pouvoir dans un climat pour le moins serein, le contexte géopolitique mondial uni-polaire étant dominé par des Etats-Unis que la dislocation du bloc soviétique a hissé au statut d'unique hyper-puissance du globe, George W.Bush tentera tout au long de son mandat de maintenir une position hégémonique des Etats-Unis, interventionniste, une utilisation du "hard power" alors que les attentats du 11 Septembre avaient consacré l'émergence d'un monde multipolaire. George Bush restera également comme l'initiateur de la Guerre en Irak et en Afghanistan, deux bourbiers ou "busheries", dont les Américains n'ont toujours pas trouvé la sortie. Deux guerres de prévention, symboles d'une administration passée à côté de son temps. George Bush restera également comme le président des Etats-Unis le plus impopulaire de l'histoire, avec plus de 71% d'opinions défavorables en mai 2008, franchissant ainsi le seuil des 70% et par la même occasion les records de Richard Nixon et Harry Truman.
2 - Oussama Ben Laden
Le dirigeant le plus médiatique de l'organisation terroriste d'Al-Qaida, considéré par Washington comme l'ennemi public numéro 1, instigateur assumé de l'évènement le plus marquant de la décennie, les attentats du 11 septembre 2001, qui ont causé la mort de 3000 personnes et bouleversé l'équilibre géopolitique mondial, Oussama Ben Laden s'affirme comme une des personnalités les plus marquantes de cette décennie. Al-Qaida, "la base", a mis à mal l'occident à trois reprises au cours des dix dernières années : à New York en 2001, à Madrid en 2004 et à Londres en 2005, portant ainsi préjudice à sa présumé intouchabilité. C'est également Al-Qaida qui exacerbe les tensions religieuses en Irak, provoquant la guerre civile que l'on sait. L'organisation nourrit également les rangs de la guérilla à la lutte contre la coalition de l'OTAN. Quand à Oussama Ben Laden, la CIA en a fait l'aveu il y a quelques semaines, il reste introuvable sans que sa mort ne soit envisagée : son dernier message vidéo date de 2007, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy.
3 - Larry Page
Son nom ne vous dit certainement pas grand chose mais cet informaticien de 36 ans n'est autre que le co-fondateur de Google, vingt-septième fortune de la planète selon Forbes. Google, c'est le moteur de recherche le plus influent du globe, avec 67,4% des parts du marché selon comScore et plus de 2,55 milliards de requêtes quotidiennes. En Europe, sa prédominance sur le secteur est incontestée : en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaumme-Uni, Google représente 90% du marché. Même constat outre-atlantique, où Google se taille la part du lion avec 72% du marché. Et dans les pays où son influence reste limitée, comme en Russie, Google grappille progressivement des parts de marché sur ses concurrents, comme Yandex en Russie. Google s'est tout de suite imposé, de par son efficacité et son répertoire de liens défiant toute concurrence : près de 1000 milliards de pages sont référencées. Cependant, de par son influence, (le moteur de recherche mais également Gmail et Youtube), Google pourrait acquérir une base de données à la valeur inestimable sur nos goûts, notre vie etc... Or, la censure à laquelle il procède en Chine (sur demande de Pékin) nous indique que la société ne nourrit que peu de scrupules à l'idée de bafouer notre vie privée...
4 - Herman Van Rompuy
En 2000, à l'orée de cette décennie, Herman Van Rompuy n'était alors qu'un député fédéral belge, ministre du budget tout juste démis de ses fonctions suite à un renouvellement de la chambre des représentants. En décembre 2008, il devient premier ministre belge après un passage au perchoir de la chambre des représentants. Ce n'est qu'en novembre 2009 que cet homme de consensus et de dossiers n'acquiert une stature au-delà des frontières belges, lorsqu'un consensus sur son nom semble se dessiner quand à la présidence du conseil européen. Il ne prendra son poste qu'au 1er Janvier 2010 mais s'est d'ores et déjà immiscé dans les dossiers. Alors comment justifier sa présence dans ce top 10 des personnalités les plus marquantes de la décennie et sa quatrième position ? Faisons un pari, et si Herman Van Rompuy restait dans les livres d'histoires comme la première pierre fondatrice de la construction d'un état européen ? Et si, à l'image de George Washington, ce belge de 62 ans, inscrivait son destin dans les pas de Robert Schumann, Konrad Adenauer et Jean Monnet ? Dans ce cas la, Herman Van Rompuy n'aurait pas volé sa place dans ce top 10...
5 - Roger Federer
Un tennis man dans ce top 10 ? Mais quel tennis man ! Il serait d'ailleurs réducteur d'inscrire le suisse dans une liste des personnalités qui ont marqué la décennie tant la marque qu'il laisse dans son domaine ne peut se réduire à une période si étriquée. Roger Federer, avec quinze tournois du grand-chelem à son actif et une cinquantaine de records, à seulement 28 ans, est sans doute le meilleur joueur de l'histoire du tennis. Le chemin parcouru est immense : au début de sa carrière, le suisse était réputé par son manque de sang froid et chaque défaite s'accompagnaient de raquettes brisées. Depuis, son imperméabilité est une de ses qualités premières. En novembre dernier, en demi-finale de l'US Open 2009, opposé à Novak Djokovic, Federer a sans doute inscrit un des plus beaux points de l'histoire du tennis (voir vidéo) : sur le service du serbe, Roger parvient dans la difficulté à renvoyer la balle à deux reprises, avant d'être lobé par le numéro 4 mondial qui ne peut qu'être éberlué lorsque le suisse renvoie, dos tourné, entre les jambes, une balle parfaitement orienté. Un point à l'image de sa carrière...
07:19 Publié dans Economie, France, International, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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28 novembre 2009
Faut-il légaliser le cannabis ?
Endetté à hauteur de 42 milliards de dollars, l'état de Californie avait songé, en pleine crise financière, à légaliser le cannabis, afin de s'assurer de nouvelles recettes fiscales. L'état le plus riche des Etats-Unis (son PIB équivaut quasiment à celui de la France) est précurseur en la matière puisqu'il était devenu, en 1996, le premier état états-unien à légaliser le cannabis médical, imité depuis par douze autres états. En effet, outre-Atlantique, la position des élus et de la société quand à la question de la dépénalisation du cannabis n'est pas aussi catégorique qu'en France et en Europe. Ainsi, 40% des états-uniens seraient favorables à la légalisation contre 28% des français et 26% des européens. Légaliser la consommation et la vente de la marijuana serait pourtant bénéfique d'un point de vue économique pour l'état : le cout de la prohibition s'élève à 523 millions d'euros annuels qui pourraient être économisés, sans compter les recettes fiscales qu'engendreraient la légalisation du cannabis.
Mais peut-on passer outre les effets du cannabis sur l'organisme pour un simple motif cupide ? Car si l'additivité du cannabis est moins importante que le tabac et l'alcool, ses effets sur la santé n'en restent pas moins lourds de conséquence : hallucinations, concentration difficile , productivité des spermatozoïdes amoindrie, anxiété, vomissements, troubles de la mémoire. De plus, la fumée d'un joint de marijuana comporte 8 fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette. Mais n'est-ce pas en faisant perdre à la marijuana son caractère rebelle, illégal, en banalisant son usage par la légalisation que sa consommation tendra à la baisse ? En effet, alors que la France est un des pays d'Europe où la législation est la plus dure concernant la consommation et la revente de marijuana, nous nous affirmons comme le premier consommateur du continent.
Si la dépénalisation du cannabis semble n'être qu'un voeux pieux dans le contexte politique actuel, la légalisation du cannabis médical reste en revanche réalisable. En effet, jusqu'en 1961, le cannabis était reconnu dans nombre de pays pour ses vertus médicales. Un joint de cannabis est composé à hauteur de 0,5 à 5% de THC, qui peut remédier à l'anorexie, atténuer les effets de Parkinson, de l'épilepsie, du syndrome de la Tourette, apaiser les douleurs des malades du SIDA, du cancer et agir contre les maux de tête. 4 états l'ont légalisé (Bangladesh, Espagne, Pays-Bas, Pérou), 16 l'ont dépénalisé ainsi que 13 états des Etats-Unis. En revanche, le joint est la plus mauvaise des solutions dans le cadre de la consommation de THC : la fumée ne laisse pas intact les composants, le fumeur dispose d'une manière personnelle de fumer qui ne permet pas de s'assurer que le THC a été intégralement consommé, sans compter le taux de monoxyde de carbone dégagé par un joint de cannabis, huit fois plus élevé qu'une cigarette. En substitut, des gâteaux, de l'huile, des glaces et bien entendu, des vaporisateurs, permettent un usage plus sur et efficace du cannabis thérapeutique.
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| Tags : cannabis, drogue, france, 2009, santé |
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30 octobre 2009
Les footballeurs doivent-ils conserver leurs avantages fiscaux ?
Les députés UMP Yves Bur et Marc Le Fur ont déposé deux amendements, approuvés aujourd'hui à l'Assemblée Nationale par 91 voix contre 22, dans le cadre du Budget de l'Etat 2010, qui mettent fin aux avantages fiscaux dont bénéficiaient les footballeurs, et qui seront désormais réservés aux footballeurs amateurs. Ainsi, disparaît le DIC (Droit d'Image Collectif), qui permettait aux footballeurs d'exonérer de charges 30% de leur revenu, considérés comme des droits à l'image. Les recrues en provenance de l'étranger, qui bénéficiaient de 30% d'exonérations, perdront également ce privilège. Lors de la dernière saison écoulée, le manque à gagner pour l'état s'élevait à plus de 30 millions d'euros.
Pour le député des Côtes d'Armor Marc Le Fur, ces amendements veulent faire en sorte que les footballeurs redeviennnent des contribuables comme les autres alors que les départs chaque été, des figures de la Ligue 1 (Karim Benzema en 2009, Franck Ribéry en 2008, Didier Drogba en 2004, Michael Essien en 2005 etc...) ont démontré de manière éclatante l'inutilité des niches fiscales et sociales accordées aux sportifs professionnels. Les clubs français ne pourront jamais rivaliser avec la démesure financière du Real Madrid, de Chelsea et du Milan AC et les contribuables français ne doivent pas faire les frais d'une course à l'échalote sportive malsaine.
A l'inverse, la minsitre des Sports Rama Yade a estimé que la suppression du DIC était dangereuse, s'associant aux protestations des députés David Douillet et Jean-François Lamour, anciens champions sportifs de judo et d'escrime. Et c'est en toute logique que le milieu du football a également protesté. Ainsi, pour le directeur général de l'Union des clubs professionnels de football Philippe Diallo, la suppression de ces avantages va à l'évidence induire une perte de compétitivité et vont faire passer la France en deuxième division du football européen. Quand au président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, il assure que sans ces avantages fiscaux, il n'aurait pu compenser cet été le départ de Karim Benzema par l'achat de Lisandro Lopez (voir photo) et d'Aly Cissokho et a d'ores et déjà prévenu que nous serons obligés de vendre nos meilleurs joueurs la saison prochaine pour faire face.
Quand au gain que la suppression des avantages fiscaux des footballeurs va engendrer pour l'état, il ne représente que 0,01% du budget de la sécurité sociale ! Pas suffisant pour combler le trou de la sécu comme l'affirme M.Bur... De plus, les bonnes performances d'un club français en Ligue des Champions, voire une victoire, provoquent d'importantes retombées économiques, dues à la stimulation de la consommation des ménages. Quid de l'Euro 2016, où la France a déposé sa candidature mais qui risque de ne pas aboutir en raison de la suppression du DIC : on voit mal l'UEFA décerner l'organisation d'un championnat d'europe à un pays qui se donne tant de mal à affaiblir l'influence du football...
Edit : L'article a été repris à la une du Post (article + capture d'écran)
09:28 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : football, sport, dic, fiscalité, besson, yade, douillet, judo, foot, ump, politique, benzema, ribéry |
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21 octobre 2009
Un ordinateur par élève : ambitieux ou utopique ?
Chaque année, la Fédération des conseils de parents d'élèves entreprend une pesée nationale des cartables des élèves, constatant une surcharge de poids dans près de 9/10 des cas (87% l'an passé). Les conséquences sur la santé des élèves n'ont rien d'anecdotique : croissance perturbée, scolioses, courbure du dos modifiée etc... Face à cette problématique, remise au goût du jour à chaque rentrée scolaire, la solution de la généralisation de l'outil informatique doit être posée.
Allons plus loin : pourquoi ne pas proposer que chaque élève soit équipé d'un ordinateur pour les quatre années qui composent le collège ? Cela permettrait d'alléger considérablement leur sac et éviterait des pertes de cahiers, de manuels. En outre, en matière d'empreinte écologique, la solution informatique reste beaucoup plus respectueuse de l'environnement que les cahiers et copies papiers; ainsi que la colle et les effaceurs qui contiennent des hydrocarbures chlorés, susceptibles de provoquer des allergies et de l'asthme.
De plus, l'équipement des élèves en ordinateurs allégerait considérablement le budget des ménages. Si aucune statistique sur les dépenses annuelles des ménages en matériaux scolaires n'a encore été mise en point, un rapide calcul indique que la somme moyenne dépensée par les familles par an est de 50-60€ par an. Multipliez ce chiffre par 4 et vous obtiendrez la somme déboursée durant les quatre années du collège soit environ 200-240€.
A l'inverse, l'association "One Laptop per Child" (OLPC) a mis au point des ordinateurs portables pour moins de 132€, distribués dans des pays en voie de développement, financés par les gouvernements qui ont souhaité acquérir le "XO-1". L'OLPC va également fournir dès 2010 le "XO-2", pour 50€. Ces ordinateurs portables ont été conçus spécifiquement pour un usage scolaire. Ses capacités sont donc basiques et se limitent au traitement de texte (ex. Word), au tableur grapheur (ex. Excel), à la présentation (ex. PowerPoint), à l'édition d'image (ex. Paint), à un usage modéré d'Internet et à la lecture de contenus audiovisuels. Tout le nécessaire pour un collégien, et à un prix tout à fait abordable.
Sa solidité remarquable constitue également un argument choc. De plus, la consommation d'électricité du "XO-1" et du "XO-2" est quasiment nulle : seulement 2 Watts contre en moyenne 200 pour un ordinateur portable ! Une manivelle permet de recharger l'ordinateur, qui, et il s'agit de son unique point faible, permet à l'ordinateur d'acquérir seulement 10 minutes d'autonomie pour une minute passée à tourner la manivelle.
Écologique, économique et pratique : l'équipement des élèves en ordinateurs portables individuels présente tous les ingrédients nécessaires à une amélioration de la condition des collégiens. De plus, l'apparition de tels appareils sur le marché va stimuler la concurrence et permettre de baisser les tarifs des produits informatiques.
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05 septembre 2009
Vous prendrez bien un peu de réforme ?
Notre collège va mal. Ce constat, qui ne cesse de se vérifier d'années en années, s'est hâté de décrédibiliser cette pièce maîtresse de l'édifice éducationnel français. En première ligne, la régression du niveau des collégiens est régulièrement mise sur la table par des enquêtes, menées par des instituts de sondages, mais surtout par le biais d'évaluations gouvernementales bien souvent sources d'inquiétude. Récemment, le haut Conseil de l'éducation déplorait le niveau fragile de 25% des élèves de 6ème, «condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d'études incertaines au-delà». Quatre ans plus tard, à la sortie de 3ème, ce taux d'élèves n'ayant pas acquis le niveau minimum acceptable grimpe à 40% !
Autre donnée alarmante, une étude menée par deux institutrices et deux spécialistes du langage, qu'ils relatent dans leur ouvrage «Orthographe : à qui la faute ?», témoigne d'un important recul quant au niveau d'orthographe des collégiens. Ainsi, en 1987, 3000 élèves de 5ème avaient été amenés à faire une dictée, et comptabilisaient en moyenne 8 fautes. 18 ans plus tard, le même texte a été dicté à un échantillon d'élèves identiques, le nombre de fautes moyens a grimpé de plus de 60%, soit 13 erreurs.
Sur le plan européen, les résultats obtenus par les collégiens français ne sont guère plus reluisants : la France n'occupe que la 19ème position (sur 27) d'un classement annuel établi par l'OCDE après évaluation d'élèves de tout le continent.
Cette dégradation du niveau des collégiens, couplée à l'image d'insécurité reflétée par les médias (tout particulièrement les journaux télévisuels) fait du collège l'organe le plus impopulaire du système éducatif français, avec moins de 52% d'opinions favorables, quand le lycée et le supérieur recensent tous deux 55% d'opinions favorables, le primaire 69% et la maternelle 81% (sondage Ipsos «Les Français et l'éducation nationale»).
Reconsidérer la mission du collège
Face à cette situation préoccupante, les gouvernements successifs ont préféré s'attarder sur l'impossible réforme du lycée, sans prêter regard à un collège en quête de modernisation. En premier lieu, sa mission doit être reconsidérée. Alors qu'il est aujourd'hui censé apporter une culture "générale" en repoussant la spécialisation au plus tard, il devrait en priorité assurer l'intégration des nouvelles générations dans la société de demain en s'adaptant à chaque jeune. En clair, il faut tirer profit des préférences et des talents de chacun pour assurer notre compétitivité dans le monde de demain, en permettant aux élèves de composer leur emploi du temps, octroyant ainsi à leurs journées des matières pour lesquelles ils éprouvent un désintérêt profond et empêchent une progression avancée dans leurs domaines de prédilection.
Contraindre les élèves à assister à plus de 6-7 heures de cours par jour ne va en rien améliorer les performances scolaires des ces derniers : la Finlande, qui peut se targuer d'occuper régulièrement la première position du classement de l'OCDE (cf.deuxième paragraphe) n'impose à ses élèves que 4heures de cours quotidiens ! Nous ne pouvons que conclure que le temps passé en cours ne conditionne pas les résultats scolaires mais c'est bel et bien l'épanouissement personnel, les sorties et autres activités extra scolaires qui apportent la dimension suplémentaire nécessaire à la réussite.
Une telle mesure marquerait la fin du collège unique au profit d'un collège multiple, un collège multi-matières. Ainsi, des domaines aujourd'hui considérés comme "décalés" (cuisine, jardinage, langues étrangères méconnues, poterie, mécanique, théâtre, sports, couture, cinéma, littérature etc...) pourraient être enseignés par des intervenants naviguant d'un établissement à l'autre. Une sociétée équilibrée privilégie la diversité et la différence à l'uniformisation des masses. Aux Etats-Unis, cette recette est de mise et le succès est au rendez-vous, la compétitivité de la première puissance mondiale n'étant plus à démontrer.
Vers la pédagogie moderne
L'émergence de ces intervenants s'inscrirait dans la lignée d'une réforme de la pédagogie enseignante. Actuellement, le professeur dictant le cours à ses élèves sans interruptions est bien souvent un classique des établissements scolaires. Or, à l'ère du XXIème siècle, l'absurdité de ces méthodes ne fait nul doute. La encore, le collège (les enseignants dans ce cas précis) doivent être amenés à revoir leurs objectifs : inculquer un certain nombre de notions à des élèves, et employer les méthodes nécessaires à cet apprentissage.
Développer la confiance et l'assurance des élèves passe tout d'abord par la mise au placard des commentaires souvent négatifs des enseignants, ainsi que des remarques acerbes relatives au niveau des élèves, dont le moral s'en retrouve amoindri. Sur inspiration du modèle américain, n'importe quel pédagogue vous vantera les mérites du "feedback sandwich", en lieu et place des critiques assassines lors du rendu d'un devoir : un commentaire positif introduit le rendu, suivi d'une remarque relativement négative avant de finir par une nouvelle note positive.
En outre, j'évoquais précedemment la nécessité de réduire les heures de cours quotidiennes des élèves, ce qui impliquerait inévitablement un temps de travail allégé pour les enseignants. Or, sous inspiration du modèle finnois, ces plages horaires supprimées pourraient permettre d'instituer des cours de soutien particuliers ou en groupes restreints, compris dans les horaires de travail des enseignants (et dans leur fiche de paie de facto).
Autre forme de pédagogie obsolète à renouveler, l'absence de supports d'accompagnement dans le cadre des cours, pourtant susceptibles d'accroître l'intérêt des élèves. Le recours à la vidéo ou à l'image doit être encouragé. D'ailleurs, l'innovation pédagogique des enseignants doit pouvoir s'exercer au dela des supports multimédias. Ainsi, les chefs d'établissement pourraient se voir décerner comme nouvelle mission le recrutement de leurs enseignements, ces derniers devant fournir un projet pédagogique en phase avec celui du collège. Cette stimulation de la créativité enseignante n'ayant que pour seul but d'intéresser les élèves aux cours qui leur sont énoncés : pour enfin faire du collège un lieu de vie à part entière.
Collège lieu de vie : à quand la métamorphose ?
Cette aspiration à métamorphoser le collège français en un collège "lieu de vie" passe inévitablement par l'application des deux points abordés précedemment : le respect des goûts et préférences de chacun et une amélioration des méthodes pédagogiques au sein du corps enseignant. Une troisième donnée doit également être prise en compte : minimiser la réglementation et l'institutionnalisation de notre collège.
Il est interdit d'interdire : donnons enfin un sens à cette phrase !A quoi bon entraver l'expression des collégiens en prononçant l'interdiction des débardeurs et des signes religieux ? En refusant la libre expression au sein des classes, réduisant le rôle de délégué à celui d'un ramasse miettes ? En réclamant une tenue vestimentaire soit disant "décente" au nom de nous ne savons quel(s) principe(s) ? En installant portiques de sécurité et autres détecteurs de métaux ? Ce collège la ne possède rien du collège lieu de vie auquel nous devons aspirer ! D'autant plus que l'interdit incite à le braver...
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08 juin 2009
Le collège unique, plaie ouverte de notre système éducatif
A l'heure où fréquemment, des études témoignent de la faiblesse du niveau scolaire des collégiens français vis à vis de leurs homologues européens, la contestation à l'égard de la réforme Haby, qui a instauré le collège unique en 1975, trouve une certaine légitimité. Cette réforme, de tout temps source de polémique, avait pour objectif d'assurer pour tous les élèves un même bagage de connaissances dans les mêmes disciplines. Fini les classes de niveaux, bonjour les classes hétérogènes ! Pis, le collège unique a sur le dos la responsabilité non seulement de l'uniformisation des connaissances scolaires des collégiens mais également de notre société toute entière. Uniformiser les programmes et donc les connaissances n'est jamais souhaitable dans une société, en quête de diversité et de multiculturalisme.
Le système d'options ou d'emploi du temps à la carte avec un nombre très restreint de matières obligatoires, qui a prouvé son efficacité aux Etats-Unis d'Amérique, assure un très large choix de disciplines potentiellement enseignées qui correspondent aux goûts de chacun. A l'âge de 13-14 si ce n'est 11-12 ans, les préférences d'un élève pour telle ou telle thématique sont d'ores et déjà tranchées. Une vocation peut d'ailleurs s'être ouverte chez un élève (poterie, danse, sport, journalisme, cuisine, jardinage etc...) qui, plus tôt ses connaissances progresseront dans son domaine de prédilection, plus ses compétences dans son métier seront riches, et ne sera pas ainsi contraint de ratrapper le retard accumulé au collège par un travail soutenu et acharné en école supérieure ou en apprentissage.
Autre aspect néfaste du collège unique, l'hétérogénéité des classes, présentée par les défenseurs du collège unique comme "mixité des niveaux". Cette mixité ne profite à personne. Ni aux bons élèves, handicapés par des camarades de classe présentant de grosses lacunes et qui nécessitent une plus longue explication des notions étudiées en cours; ni aux mauvais élèves qui ne suivent pas la cadence imposée par les élèves disposant de plus facilité.
Pis, l'hétérogénéité des classes crée une insupportable inégalité entre les classes populaires et supérieures : dans l'impossibilité de sélectionner son établissement en raison de la carte scolaire, les bons élèves issus des classes aisés se rendent au collège privé, tandis que les bons élèves dont les moyens ne permettent pas l'inscription à un établissement privé, stagnent au sein de collèges public dont le niveau est incompatible avec l'épanouissement et la progression sereine d'un élève possédant certaines capacités.
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09 mai 2009
Guadeloupe : deux mois après, qu'a apporté la grève générale ?

44 jours de grève générale, des commerces fermés, des approvisionnements alimentaires et énergétiques fortement perturbés, une économie à la dérive : deux mois après la signature d'un accord mettant fin au conflit guadeloupéen, le bilan des 44 jours de grève générale présente nombre d'épines pour des avancées bien dérisoires. Pourtant, dès la première semaine de crise, le Medef Guadeloupe avait averti le LKP que la grève générale générerait un important manque à gagner, le syndicat avait ainsi évalué à 130 millions d'euros le montant des pertes d'ores et déjà engendrées, qualifiant de mortel pour la plupart des entreprises de Guadeloupe cette grève générale de plus de 44 jours. Ce constat a été confirmé au fil des jours, de façon que la grève générale a amorcé une forte hausse du chômage, 30% contre 23% auparavant soit 14.000 guadeloupéens ayant perdus leur emploi.
Nouveau coup dur pour le secteur de la canne à sucre
Les principales pertes ont été enregistrées dans le secteur touristique mais également dans celui de la canne à sucre, la grève générale ayant particulièrement affecté le bon déroulement des récoltes. Elles ont effectivement lieu durant la saison sèche, soit la période février-juillet. Or, la dose de saccharine contenue par les cannes varie en fonction des mois, la période la plus faste et la plus riche en saccharine (12% du poids total de la canne à sucre contre 7% à l'accoutumé) étant celle de février-mars : soit des dates superposables à celles de la grève générale.
La qualité de la récolte s'en est retrouvée amoindrie, au grand dam d'un secteur en proies à de multiples difficultés financières depuis le début du siècle. La canne à sucre antillaise a effectivement subi de plein fouet la mondialisation et l'émergence de nouveaux concurrents à l'image du Brésil et de l'Inde, la rendant dépendante des aides nationales et européennes : en 3 ans, l'état a revalorisé ses aides à destination des producteurs et transformateurs de plus de 46%.
Tourisme : la saison noire
Premier employeur de l'île (10 000 emplois), le secteur touristique guadeloupéen, qui représente 7% du PIB local, a vécu une saison 2009 cauchemardesque marquée par des pertes hebdomadaires de l'ordre de 10 millions d'euros ! Le Club Med de l'île avait ainsi fermé dès la première semaine de grève, symbole d'un secteur qui n'a pas été épargné par la grève générale. Sur les 15.000 lits marchands normalement occupés en cette saison, les deux tiers furent vides assure le président d'une chaîne hotelière.
Les réservations étaient pourtant en hausse de plus de 8%, un terrible gâchis pour le secteur touristique qui au dela des pertes enregistrées cette saison devra assurer la pérennité de son image, et ainsi accepter quelques concessions tels que des tarifs revus à la baisse afin d'attirer une clientèle en mal de confiance. On est en train de réduire à néant les efforts de promotion et de communication qui avaient été entrepris depuis dix-huit mois pour redresser la situation. L'image de cette destination devenait un peu plus positive alors que la concurrence avec les îles voisines, comme la République dominicaine ou Cuba, est de plus en plus forte avait ainsi affirmé le président du syndicat des agences de voyage.
Conséquences désastreuses, bilan salué par l'opinion
Si les conséquences de la grève générale sur l'économie guadeloupéenne ont été désastreuses, le mouvement a été unanimement salué par l'opinion : à en croire un sondage RFOGuadeloupe, 90% des guadeloupéens affirment avoir soutenu l'action menée par le LKP et 70% estiment que le conflit va améliorer leur vie.
L'accord du 5 mars, signé par le préfet de Guadeloupe, le président du conseil régional Victorin Lurel ainsi qu'Elie Domota a effectivement repris la grande majorité des revendications du LKP, y compris le très controversé article acques Bino, relatif à l'augmentation de 200€ des bas salaires. Vilipendée par le patronat, cette mesure n'avait été signé que par des organisations patronales mineures, au grand dam d'Elie Domota qui avait alors affirmé soit elles [les entreprises] appliqueront l'accord, soit elles quitteront la Guadeloupe. Au final, le gouvernement avait accepté d'étendre l'article à l'ensemble des entreprises de Guadeloupe, tout en assurant le financement d'une large partie du montant.
Par ailleurs, la grève générale en Guadeloupe a mis en lumières les problèmes liés à la vie chère que rencontrent les guadeloupéens, en raison du monopole que détiennent certaines familles sur des secteurs divers et variés. Voulus par Nicolas Sarkozy, les états généraux de l'Outre-Mer ne manqueront pas d'aborder la question, afin de mettre un terme à cette situation, derniers résidus de l'esclavage...
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27 février 2009
Les axes du rapport Balladur rendus public
C'est un rapport déjà controversé que présentera la semaine prochaine l'ancien premier ministre Edouard Balladur, président du comité pour la réforme des collectivités territoriales, qui a étudié quatre mois durant un dossier qui n'a pas été réformé en profondeur depuis la décentralisation de 1982. Le comité, qui n'est pas allé jusqu'à requérir la suppression des départements comme les médias le supposaient, propose de restreindre le nombre de conseils régionaux qui passeront de 22 à une quinzaine. En contrepartie, les compétences des régions seront élargies, elles se verront ainsi attribuées la gestion des collèges, qui étaient jusqu'à alors du ressort du département.
Le comité Balladur préconise par ailleurs de favoriser le développement des intercommunalités (agglomérations, regroupement de communes au sein d'un organisme etc...), en leur accordant plus de marge de manœuvre , la commune n'étant pas l'échelon d'avenir a affirmé ce matin sur l'antenne de France Inter un des membres du comité, le socialiste André Valini. Le rapport préconise par ailleurs de supprimer les cantons, instituant de facto un nouveau mode d'élection des conseils généraux.
Point sensible du rapport, qui n'a pas été approuvé par les deux socialistes du comité que sont André Valini et Pierre Mauroy, la création d'un Grand Paris, collectivité regroupant près de 6 millions d'habitants et qui comprendrait les actuels départements de Paris, du Val-de-Marne, de la Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, qui seraient tous les quatre dissous, permettrait de résoudre les problèmes de logement et de transport auquel la capitale est confrontée. Le Grand Paris permettra par ailleurs une meilleure coopération au sein de la couronne parisienne, où un important écart de niveau de vie subsiste entre des départements tels que les Hauts de Seine et la Seine Saint Denis. La création du Grand Paris n'entrenera cependant en rien une suppression du conseil régional d'Ile de France et des communes de la couronne parisienne.
Selon les conclusions du comité, une stricte application des 20 mesures présentées dans le rapport Balladur, permettrait de réduire le nombre d'élus locaux en France, passant de 6000 à 4000. Cette réduction des "effectifs" n'entraînerait une économie que minime pour les collectivités, 0,73% du budget pour les départements et 0,36% pour les régions.
L'opposition a d'ores et déjà fustigé ce rapport, le président de la région Ile de France Jean-Paul Huchon voyant dans le texte une manoeuvre visant à déstabiliser le bloc de gauche, Bertrand Delanoe estimant lui que ce projet vise à casser Paris. Ségolène Royal, dans une démarche constructive, a quand elle estimé que c'est un sujet très important qui ne doit pas faire l'objet de propositions en catimini dans une commission, ni uniquement à être débattu au Parlement, mais qui doit associer tous les Français dans une démarche de démocratie participative.
La proposition de référendum émise par Ségolène Royal a été reprise par Edouard Balladur, qui propose quand à lui d'organiser une concertation en Ile de France, quand à la création du Grand Paris. Cette dernière, critiquée à gauche, l'est aussi à droite puisque l'ami de Nicolas Sarkozy Pierre Balkany a estimé que puisque Paris est à gauche et que le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis le sont aussi, faire le Grand Paris dans ces conditions reviendrait à organiser le dépouillement des Hauts-de-Seine. Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale J-F Copé a quand à lui déclaré que nous devons encore mener le travail de coproduction législative que nous avons réalisé sur le reste de la réforme territoriale.
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21 février 2009
Ça se soigne ?

Le fils d'une de mes amies a été hospitalisé à cause d'une appendicite, il a du attendre 12 heures avant d'être opéré alors qu'il se tordait le ventre; lorsque le médecin est enfin arrivé pour l'opération il faisait peur à voir, je ne pensais pas qu'il serait en état d'opérer son fils. L'hôpital va mal. Pour cette infirmière, qui nous livre ce témoignage frappant, le constat relève du pessimisme : l'hôpital public français a perdu de sa superbe. La récente inflation des décès par manque de soins au sein du milieu hospitalier a relancé le débat sur l'état de l'hôpital français, en manque de moyens pour l'opposition, en manque d'organisation pour la majorité.
Cela fait 10 ans que nous alertons les pouvoirs publics sur le manque de personnels et notamment de médecins, la nuit. Aujourd'hui, la sécurité des patients n'est pas assurée dans bon nombre d'établissements affirmait récemment une syndicaliste CFDT au quotidien Ouest-France. Le président de la république Nicolas Sarkozy, récuse quand à lui tout manque de moyen et estime que l'hôpital doit être mieux organisé, rappelant qu'entre 1998 et 2008, la France, au travers des dépenses de l'assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget [de l'hôpital] de 50%. C'est 23 milliards d'euros de plus pour l'hôpital au cours des dix derniers années.
Ces 23 milliards d'euros évoqués par le président de la république font cependant partis du domaine de l'hypothétique. Sur la période 1994-2006, l'hôpital public français a en effet perdu 16% de lits, puisque contre 523 242 places en 1994 selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, seuls 439 765 seraient encore en place. Cette détérioration se manifeste particulièrement dans des secteurs tels que la psychiatrie, où un tiers des places disponibles en 1994 ont été supprimés.
La réforme de l'hôpital, débattue en ce moment même par le Parlement sous le nom d'"Hôpital, patients, santé, territoires", est largement inspirée du rapport établi par le président du Sénat Gérard Larcher qui proposait un regroupement des établissements hospitaliers, interprété par certains comme la suppression à venir des hôpitaux à faible activité. La réforme permettra ainsi aux hôpitaux de développer une coopération entre établissements du même secteur, ce qui permettra selon la ministre de la santé Roselyne Bachelot de surmonter quelques blocages exceptionnels.
Exceptionnels les blocages ? A en croire infirmières et médecins, non. Les hôpitaux sont surchargés d'autant plus que le manque de personnel est criant. Plus de 5000 postes seraient vacants dans l'hôpital public, contraignant ainsi le personnel hospitalier à effectuer des heures supplémentaires qui restent bien souvent impayées. Le nombre d'infirmiers par lit en milieu hospitalier est ainsi un des plus bas d'Europe occidentale, avec 0,56 infirmiers par lit en France contre 0,75 en Allemagne, 1,36 en Italie, 1,68 en Espagne et plus d'1,8 au Royaume-Uni. L'atout de l'hôpital français reste cependant le nombre d'établissements qu'il compte (plus de 4,8 pour 100 000 habitants alors que la moyenne des cinq pays les plus nombreux de l'UE ne dépasse guère les 2,9 établissements pour 100 000 habitants), atout qui se retrouve aujourd'hui menacé par la réforme de l'hôpital.
Le manque de personnel constitue donc un des handicaps des plus préjudiciables pour l'hôpital, notamment victime d'une pénurie de médecins. Pénurie paradoxale puisque c'est l'étât lui même qui l'a initiée via le numerus clausus, principe limitant le nombre d'étudiants admis dans les écoles de médecines. L'étât avait commencé à employer ce procédé dès 1972 pour réduire le déficit de l'assurance maladie, un choix qui s'avère aujourd'hui très préjudiciable pour l'hôpital public. Face à la pénurie de médecins, le gouvernement Raffarin avait d'ailleurs décidé en 2003 de relever le nombre d'étudiants acceptés en médecine, un choix qui ne prendra effet que dans 10 ans. A l'heure actuelle, 11 000 étudiants en médecine sont reboutés chaque année dans leur ambition d'exercer des professions dont les sous-effectifs mettent pourtant en péril notre hôpital...
11:41 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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30 janvier 2009
Quel avenir pour la presse quotidienne régionale ?
Avec plus de 66 titres et un taux de pénétration de l'ordre de 35,8%, la presse quotidienne régionale est , aujourd'hui encore , l'organe de presse papier français le plus lu à l'heure où le journalisme traverse une crise sans précédant. Considérée comme une valeur sure par les investisseurs, la PQR n'en reste pas moins touchée par l'arrivée des nouveaux médias, tels la firme gratuite "Ville plus" qui concurrence l'implantation locale des quotidiens régionaux. Ces derniers connaissent ainsi une baisse non négligeable de leur diffusion, en chute de 700 000 exemplaires sur les dix derniers années. Les ventes ont quand à elles regréssées de 10%. Si l'on se base sur une plus grande échelle, le constat est frappant : contre 175 quotidiens régionaux en 1946, il n'en reste plus que 56 à l'heure actuelle.
Reste qu'en dépit de cette saignée, la PQR reste très prisée par les investisseurs, qui sont nombreux ces dernières années à s'être lancés dans l'aventure. On compte ainsi 20 reprises en main ces trois dernières années. La raison de cette attractivité ? La rentabilité des quotidiens régionaux, un aspect non négligeable face à une presse nationale moribonde sur le plan financier. La PQR a en effet su palier la défection de son lectorat par une revalorisation de ses revenus publicitaires, en hausse de 36% sur dix ans. La PQR constitue effectivement une vitrine de choix pour les annonceurs, tant elle possède un lectorat diverse et varié. Du retraité sexagénaire au jeune entrepreneur en passant par le chef d'entreprise, la PQR touche l'ensemble de la population. Une étude de la SPQR révèle ainsi que le taux de pénétration de la PQR chez les PDG et gérants d'entreprise est de 46,8%, soit un taux supérieur à la moyenne nationale. Aujourd'hui, la presse quotidienne régionale a pris conscience de l'importance de la publicité face à la crise de la presse écrite et a fondé une régie publicitaire commune à l'ensemble des quotidiens régionaux (Com Quotidiens) de façon que les recettes publicitaires représentent 41% du chiffre d'affaire de la PQR.
Mais la menace à terme pour la presse quotidienne régionale, c'est l'émergence des quotidiens gratuits qui concurrencent désormais l'approche locale de la PQR. En première ligne, le réseau Ville Plus émet des gratuits comportant un cahier régional et un cahier national dans plusieurs grandes localités telles que Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille et la Bretagne. Face à cette concurrence, les quotidiens régionaux tendent au rassemblement dans de grands groupes régionaux, à l'image du groupe Ouest-France en possession de 5 quotidiens bretons d'influence. Le groupe France-Est Médias rassemble ainsi sous sa direction quelques 10 quotidiens, du Dauphine Libéré aux Dernières Nouvelles d'Alsace en passant par l'Est Républicain. Idem dans le sud de la France où Hachette est en possession de Var-Matin, Nice-Matin et la Provence.
En conclusion, face à la crise de la presse écrite, la PQR parvient à palier la défection de son lectorat par des revenus publicitaires en hausse, témoignant de la diversité de son lectorat. Quand à l'émergence des gratuits, qui concurrencent l'approche locale de nombre de quotidiens régionaux, elle a incité les différentes rédactions à se rassembler dans de grands pôles de PQR, laissant ainsi envisager la disparition prochaine de titres mineurs au profit de grands quotidiens régionaux couvrant un territoire relativement éparse.
21:12 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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