03 octobre 2009

3D : les écrans font leur révolution

3D1.jpgC'est une révolution numérique programmée à laquelle nous assisterons, le 16 décembre prochain, lors de la sortie en salles du film Avatar. La nouvelle production de James Cameron devrait marquer un basculement dans l'ère de la trois dimensions, introduisant une année 2010 charnière en la matière. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur les consoles de jeu, la 3D va véritablement bousculer notre quotidien. Avatar, qui avec un budget de 300 millions de dollars s'est d'ores et déjà assuré une place dans le livre des records est moins attendu pour son scénario que par la révolution numérique qu'il amorcera : en terme de 3D, Avatar s'imposera comme la marque de référence, après des débuts peu convaincants cet été.

 

Le cinéma compte sur la 3D pour faire face au piratage

Si la fréquentation des cinémas ne cesse de croître depuis 2000 (23 millions d'entrées supplémentaires soit 3,1 entrée par habitant et par an en 2008 contre 2,8 il y a huit ans), le phénomène du piratage informatique gagne lui aussi du terrain : en 2008, 450.000 films ont été quotidiennement téléchargés illégalement, une donnée qui permet de mesurer l'ampleur du manque à gagner pour l'industrie cinématographique.

 

On ne voit plus d'adolescents dans les cinémas parce qu'ils ont déjà piraté les films avant. Le relief est un excellent moyen de les faire revenir vers nous assure Jocelyn Bouyssy, directeur général du distributeur CRG. Les films 3D ont effectivement démontré leur attractivité économique. A titre d'exemple, l'Age de Glace 3 a réuni huit millions de spectateurs, dont deux en 3D, quand moins d'un cinquième des salles qui le distribuaient détenaient un équipement relief.

 

Un avenir incertain

D'ailleurs, face à l'accroissement de l'offre 3D, les salles françaises, d'abord réticentes, consentent désormais à s'acquitter des 60 000€ nécessaires à la transition vers le cinéma numérique (fini les pellicules, place aux caméras numériques qui permettent aux cinémas de projeter le film via un réseau de fichiers et non plus les bobines d'antan), indispensable à une projection 3D, pour laquelle il faut ajouter 25 000€. Il faut dire que James Cameron avait donné le ton cet été : Avatar ne sortira pas en version 2D, seules les salles relief pourront le distribuer.

 

E9062C9B0A1F4B1EBE2B9EA70C7D93B4.jpgReste que la 3D peine à s'imposer comme un moyen durable d'accroître l'intérêt du public pour les salles obscures. Au cours du XXème siècle, le taux de pénétration actif des nouveautés technologiques a sans cesse diminué : trente ans pour la télé, vingt ans pour le baladeur, dix ans pour l'ordinateur portable, sept ans pour le mobile. Qu'en sera-t-il pour la télévision et l'ordinateur 3D ?

 

De plus, ni les distributeurs ni les exploitants ne souhaitant payer de leur poche, la rentabilisation d'un équipement 3D nécessitera l'augmentation du prix du ticket : de 2 à 3€, soit une revalorisation de 33,6 à 50% du prix du ticket.  Or, les spectateurs seront-ils prêt à faire ce sacrifice, qui plus est en temps de crise ?

 

En outre, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la susceptibilité de la 3D à faire mal aux yeux des téléspectateurs qui dans une grande majorité éprouveraient des difficultés à suivre un contenu 3D dans son intégralité. La faute également au manque de confort des lunettes. Face à ces critiques, le fabricant de lunettes Real D assure avoir mis au point des lunettes de meilleure qualité et a élaboré un partenariat avec l'opticien Gucci afin de mettre au point des lunettes plus confortables et esthétiques.

 

C'est sans parler d'un disfonctionnement occulaire qui touche 5% de la population, les empêchant de percevoir les effets du 3D. Selon Slate, 20 à 30% sont également touchés par cette maladie, mais dans une moindre mesure.

 

La 3D dans nos salons

Si l'année 2010 va marquer l'émergence du 3D sur les grands écrans, le petit écran va lui aussi faire sa révolution. En effet, dès juin, Sony, qui veut faire rentrer la 3D dans les maisons, proposera une télévision 3D pour moins de 2000€, loin des montants exorbitants que pouvait laisser présager la mise en circulation de tels appareils sur le marché.

 

3dtv.jpgPanasonic va lui aussi commercialiser sa télé 3D et a d'ailleurs entrepris un tour de France pour la populariser auprès du public. Son "road show" du 23 Septembre au 12 Décembre, passera notamment par la Part-Dieu à Lyon, le Forum des Halles à Paris et le Centre Commercial Valentine à Marseille. Quand à Philipps, la firme néerlandaise commercialisera à Noël 2010 des téléviseurs 3D...sans lunettes !

 

Ces téléviseurs (outre celui de Philipps) pourront également permettre de visionner les contenus en 2D. D'ailleurs, il faudra encore patienter pour que l'offre de programmes en 3D soit alléchante pour les téléspectateurs. Seuls quelques films seront proposés ainsi qu'éventuellement des matchs de football. Nous sommes en discussions avec la FIFA pour tourner certains matches de la prochaine coupe du monde en 3D assure Sony.

05 avril 2009

Les trois grands piliers de mesures prises par le G20

34ed395e-2028-11de-b02b-76f68444491f.jpg Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.

Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.

Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.

Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.

Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.

Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.

Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.

Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.

Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.

23 février 2009

Trop de vert nuit à la publicité

greenwashing-01796s.jpgSelon un sondage Ipsos commandé par la Région Rhône-Alpes, le mois dernier, pour 87 % des Français, la notion de développement durable évoque en premier lieu l’écologie, mais pas seulement : l’activité économique et financière ainsi que la solidarité sociale y entrent, selon les répondants. Le champ très large réuni par le concept de développement durable et à la très institutionnelle responsabilité sociétale des entreprises - actée par le ministère de l’Environnement -, permettent aux firmes de s’exprimer de manière globale à la fois sur l’impact écologique de leurs activités et sur leurs actions éthiques ou tournées vers l’Homme. Il n’en reste pas moins que ce terrain de communication doit être emprunté à bon escient. Des dérives sont d’ores et déjà pointées du doigt.

Le greenwashing, qui consiste à repeindre en vert ses publications, slogans et affiches dans le but de jouir des retombées positives générées par une attitude tournée vers l’environnement, est aujourd’hui pointée du doigt à tous les échelons de la société. La dernière contestation en date est celle du collectif d’ONG Alliance pour la planète, qui a lancé un Observatoire indépendant de la publicité destiné à scruter la politique de communication des entreprises. L’organisation se veut proche des citoyens et beaucoup plus réactive que l’Association pour une régulation professionnelle de la publicité (l’ancien BVP), dont les avis ne sont que consultatifs. Les agences de notation émettent également leurs griefs : confrontées à cette avalanche de documents plus verts et éthiques les uns que les autres, elles font valoir leur expérience et leur position pour s’aventurer sur ce terrain. Quelques poids lourds de l’économie ont tout simplement dû faire marche arrière !

Le secteur de l’énergie est particulièrement pointé du doigt. Suite aux avis de l’ARPP, Areva a été incitée à ne plus utiliser son slogan « L’énergie au sens propre » et Total a transformé sa signature « notre énergie est votre énergie » en « pour vous, notre énergie est inépuisable ». Quelques entreprises plus éloignées de cette thématique environnementale ont, elles aussi, été tentées de “verdir” leur image. C’est notamment le cas de BNP Paribas, qui a publié un rapport de 214 pages uniquement consacré au développement durable et qui a lancé un blog, Pour un monde qui change. Des risques de confusion subsistent, en particulier lorsque l’aspect écologique est étendu aux participations et initiatives éthiques. L’armement ou les soupçons de corruption viennent perturber ce petit jeu de la communication « positive ».

Mais c’est le secteur automobile qui accumule le plus de griefs. L’idée d’une règlementation spécifique au matériel de transport poursuit son chemin, comme le proposait l’an dernier l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie : « l’information, pour les véhicules, sur les taux d’émission de CO2 n’est pas systématiquement affichée, même en cas d’argumentation écologique. Elle n’est en effet actuellement obligatoire que pour certains supports publicitaires. Compte tenu de l’intérêt de cette donnée pour une bonne information des consommateurs, la question se pose de la généraliser », suggérait-t-elle.

Afin d’éviter trop de problèmes liés à cette question, les entreprises sont de plus en plus tentées de concevoir des gammes de produits en prise directe avec l’environnement ou la responsabilité sociale - fonds de placements éthiques, véhicules électriques… -. Il n’en reste pas moins que cette approche reste, par sa nature, limitée. Et ce ne sont pas les mesures d’auto-régulation qui changeront radicalement la donne, explique à L’Express Jacques-Olivier Barthes, de l’Alliance pour la planète : « Il y a un problème d’évaluation des publicités en amont. Le système n’est pas étanche et on voit qu’il y a des gros poissons qui traversent le filet. Il y a eu des modifications positives mais on voit que le système est très largement perfectible ».

Merci à Franck Stassi, auteur de cet article, qui a accepté que je le publie sur le blog.

24 janvier 2009

L’environnement peine à séduire les jeunes talents

Retrouvez cet article dans son contexte original, sur le site de Franck Stassi, www.problematiques.fr


arton286.jpgLa pénurie de professionnels pourrait pénaliser la création de 500.000 emplois liés à l’environnement d’ici à 2020, selon une étude récemment publiée. Le manque de personnel qualifié apparaît comme criant dans les secteurs de pointe et l’énergie. “Cette carence en capital humain peut tout simplement menacer la croissance de ce secteur dont les investissements ont affiché des progressions de 60 % en 2007“, explique à Réussir Luigi Slaviero, du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. L’entreprise, spécialisée dans l’emploi des cadres, pointe notamment du doigt les postes à hautes responsabilités, telles que les chief executive officers, les directeurs techniques ou les cadres expérimentés. Le développement de la filière étant relativement récent, les profils les plus qualifiés sont difficiles à dénicher. A la sortie des écoles, les grandes entreprises sont plus convoitées qu’une myriade de PME.

Parmi ces emplois à pourvoir, figurent notamment les ingénieurs. Dans le domaine de l’énergie, les pétrolières et parapétrolières, telles que Technip, procèdent à de nombreux recrutements. La mobilité et l’adaptation à d’autres cultures sont les maîtres-mots dans le cadre de la recherche de nouveaux gisements de pétrole, par exemple. “L’entreprise offre de multiples opportunités à fort contenu international avec une prise de responsabilité rapide. Nos ingénieurs s’expatrient quelques années, en moyenne deux à trois ans“, indique au Figaro la responsable recrutement de Technip, Christine Brochard. Compte tenu de la forte croissance du marché de l’énergie, GE Energy anticipe les besoins à venir en procédant au recrutement de 250 ingénieurs, qui viendront s’ajouter aux 800 recrutés l’an dernier. Afin de séduire les jeunes, des concours en lien avec différents établissements sont mis en place.

Des freins identifiés par le Bureau international du travail
“Les données montrent que les emplois verts ne constituent pas automatiquement un travail décent. Nombre de ces emplois sont insalubres, dangereux et difficiles. L’emploi dans des activités comme le recyclage et la gestion des déchets, les bioénergies et le bâtiment tend à être précaire et peu rémunérateur“, avance le Bureau international du Travail pour justifier le rebut de certains candidats envers le secteur. Jusqu’à présent, l’environnement était essentiellement associé à la gestion des déchets, une activité qui génère de très nombreux emplois d’insertion mais peu attractive. Pourtant, les atouts sont nombreux en termes économiques, notamment en cette période de crise: les investissements visant à améliorer l’efficacité énergétique dans le bâtiment pourraient créer plus de 2 millions d’emplois, 20 millions de postes supplémentaires devraient se créer d’ici à 2030 dans les énergies renouvelables, tandis que le marché mondial des biens et services écologiques devrait doubler durant ce labs de temps.

Le manque de formations adaptées est cependant pointé du doigt par les recruteurs. Les filières universitaires seraient trop théoriques, tandis que les cursus professionnalisants souffrent d’un déficit d’image. L’enjeu se situe donc aujourd’hui davantage sur les compétences que sur la main-d’oeuvre potentielle, le développement durable ne devant pas seulement être considéré comme un eldorado mais surtout comme un moyen de mettre en oeuvre des savoirs-faire au service d’un secteur en pleine expansion. Afin de nourrir ce vivier de talents, les enseignants sont en première ligne; or, le manque de professeurs formés alerte les professionnels du secteur. L’environnement, prochain terrain de jeu de l’Education nationale ?

10 janvier 2009

Les heures sombres du régime Chavez

a.jpg Elu à la présidence du Venezuela il y a onze ans, puis confirmé dans ses fonctions à maintes reprises, Hugo Chavez ne se trouve pas moins affaibli à l'aube de cette année 2009, durant laquelle la crise économique devrait sérieusement mettre à mal son hégémonie politique. Le président vénézuélien risque par ailleurs d'être sujet à une érosion de sa côté de popularité et sera contraint d'adapter sa politique économique à la chute des cours du pétrole, élément moteur de l'économie vénézuélienne. Sur un plan politique, Hugo Chavez tentera probablement d'obtenir par référendum une révision de la constitution, lui permettant ainsi de briguer un nouveau mandat en 2013. Le succès d'un tel scrutin n'est cependant pas garanti puisque début 2008, lorsque Hugo Chavez avait déjà soulevé cette problématique, les électeurs s'étaient exprimés par un refus. Quels seront les évènements phares de cette année 2009 au Venezuela et quels éléments du bilan de Chavez seront mis en cause par la récession mondiale ? Enfin, le régime de ce dernier doit-il se préparer à des heures sombres. Éléments de réponse...

Une économie dépendante des cours du pétrole
La présidence d'Hugo Chavez, qui se vante d'avoir engagée une transition socialiste au Venezuela, a, au-delà de l'autoritarisme du locataire du palais de Miraflores, apporté au Venezuela une certaine prospérité économique. En effet, les années de récession de 1999,2002 et 2003 ont été supplantés par des taux de croissance particulièrement élevés (17% en 2004), dus à la flambée des cours du pétrole. Le Venezuela a en effet bati l'ensemble de son économie sur ses importantes réserves d'or noir, de façon que les bénéfices réalisés grâce au pétrole représentent 85% des exportations nationales et 50% des recettes gouvernementales.

chavez_orenoque.jpgCette dépendance a déjà montré ses aspects néfastes, notamment en 1999 où la chute des cours du baril (descendu jusqu'à 10,28$ en février, pour une moyenne annuelle à 17$) avait entraîné une récession de l'ordre de 7,2% du PIB. Mais dix ans après, l'administration vénézuélienne n'a toujours pas entamé de réforme permettant une dépendance du Venezuela vis à vis de l'or noir moins accentuée, menant par ailleurs une pétro-diplomatie basée sur le court-terme, en privilégiant la vente de barils à prix coutant à ses alliés sud-américains (Cuba,Nicaragua,Bolivie etc...) à une modernisation pourtant nécessaire des outils de production. (cf. le renouveau de l'amérique latine). Les risques pour le Venezuela dans les années à venir ? Des pertes d'extraction de l'ordre de 30% dus à des fuites et autres dysfonctionnements.

Des avancées sociales indéniables
Un des axes phares de la présidence d'Hiugo Chavez reste la révolution socialiste qu'il affirme avoir mené, en établissant un système de répartition des richesses qui a fourni ses preuves. L'enseigne alimentaire MERCAL fournit ainsi des produits de première nécessité à des prix netemment inférieurs à ceux du marché (27 à 39%), un programme bien entendu financé par les pétro-dollards de l'étât vénézuélien. Aujourd'hui, les centres d'alimentation MERCAL seraient au nombre de 15 000 sur le territoire vénézuélien. Le nombre d'enfants scolarisés a apr ailleurs grimpé de 369% entre 2000 et 2006 et le taux de pauvreté a régressé de 25% sur la même période, passant de 55,1 à 30,4%. L'accès à la santé a lui aussi été amélioré, grâce à un partenariat avec Cuba, qui expatrie des médecins au Venezuela, en l'échange de barils de pétrole à prix très avantageux. D'une manière plus globale, les dépenses sociales par personne du gouvernement vénézuélien ont augmenté de 314% en 8 ans, représentant ainsi 20,9% du PIB contre 8,2 entre 1998.

La fin de l'ère Chavez ?
61527-004-91D63A28.jpgCette politique sociale très interventioniste, qui a incontestablement porté ses fruits, n'en est pas moins basé sur un édifice économique très instable, puisqu'étroitement lié avec les cours du baril de pétrole. La chute des cours du pétrole, qui a vu le baril descendre de 144 à 70$ en l'espace de six mois, conjuguée aux prévisions tablant sur de nouvelles baisses en 2009 sont de mauvaises augures pour Hugo Chavez qui sera vraisemblablement contraint de revoir à la baisse la portée de ses programmes sociaux, entraînant de ce fait une chute de sa côté de popularité, de mauvaise augure alors qu'il souhaitait être reconduit dans ses fonctions en 2013, ce qui nécessiterait une réforme constitutionelle approuvée par réferundum.

Une érosion de la côté de popularité d'Hugo Chavez, aujourd'hui stabilisée aux alentours de 60% d'opinions favorables, pourrait être utilisée par les Etats-Unis tel un important moyen de pression, contraignant ainsi le président vénézuélien à raffermir ses positions sur la puissance américaine. En effet, derrière ses critiques belliqueuses vis à vis des Etats-Unis, Hugo Chavez cache une réalité économique qui fait des Etats-Unis le premier client mondial du Venezuela, qui dirige 58% de ses exportations en direction des Etats-Unis. Que diront ces derniers lorsqu'Hugo Chavez, désavoué par l'opinion, persistera dans ses attaques vis à vis de l'impérialisme américain ? Le leader populiste qu'il est devra alors contenir ses débordements médiatiques, et perdra ainsi l'âme qui l'avait jusqu'à présent confirmé dans ses fonctions. Les paris sont alors ouverts, Hugo Chavez gardera-t-il les rennes du pouvoir au dela de l'échéance de 2013 ? Rien n'est moins sur...

29 novembre 2008

L'Europe face à la crise

c1aedbc2-922a-11dd-8129-8eecddf95cf2.jpg

Face à la crise économique, la commission européenne a annoncé mercredi que près de 200 milliards d'euros seront injectés dans l'économie européenne (chaque pays membre y contribuera en reversant 1,5% de son PIB) dans le cadre d'un plan de relance qui préconise aux états membres de l'U.E de privilégier la stimulation économique au profit de la rigueur budgétaire. Bruxelles suspend donc provisoirement ses sanctions en cas de dépassement des plafonds, qui contraignaient les membres de l'Eurogroupe à ce que leur déficit public n'atteigne pas les 3% de leur PIB et que leur dette ne soit pas supérieure à 60% du PIB. En mettant de côté ces contraintes, Bruxelles ouvre la voie à des plans de relances nationaux, afin de répondre précisément à des situations différentes. Tour d'horizon de la situation économique et des impacts de la crise sur les poids lourds européens.

Les baisses d'impôts font débat en Allemagne
Nous sommes en récession et nous avons une année 2009 difficile devant nous. Peer Steinbrück le sait, le ministre allemand des finances a solennellement prévenu ses compatriotes que la crise économique n'épargnera pas l'Allemagne, dont le PIB s'est contracté de 0,5% au troisième trimestre. Les indicateurs prévoient pour l'année 2009 une récession sévère, qui va contraindre le gouvernement d'Angela Merkel à alléger les impôts pour les salaires faibles et moyennement élévés d'ici 2009, alors que la feuille de route de la chancelière prévoyait d'effectuer de telles éxonérations à l'horizon 2010.

A dix mois d'échéances législatives cruciales, la question des baisses d'impôts fait débat outre-rhin, le CSU les réclamant tandis que le CDU hésite à les appliquer, tout en étant conscient que les rejeter constituerait en soit un lourd handicap dans le cadre des élections législatives. Angela Merkel s'y refuse pour le moment, ayant fait de la rigueur budgétaire une des priorités de son mandat, tout comme M.Steinbrück qui estime que cette orientation est mauvaise parce qu'elle pèsera sur nos enfants et petits-enfants sans obtenir d'effets fiables sur la croissance.

Le projet de Berlusconi en suspend
En 2008, la croissance du PIB restera modérée en Italie a prévenu l'OCDE et l'UE, qui tablent sur une croissance annuelle de l'ordre de 0,1%, contre les 0,5% prévus initialement. Pour l'année 2009, les prévisions de croissance ont elles aussi été revues à la baisse, pas plus de 0,5% estime l'UE, soit moins que les 0,9% qu'espérait le gouvernement. Il est clair que la réalisation de notre programme est conditionnée par trois éléments essentiels : l'actuelle crise économique dans le monde et en Italie, les contraintes du traité européen et l'équilibre précaire des comptes publics rappelle Silvio Berlusconi, qui élu récemment, risque de renoncer à certaines de ses promesses.

En première ligne, son grand plan de réduction de la fracture économique entre l'Italie du nord et l'Italie du sud risque d'être sérieusement retardé. Par ailleurs, le gouvernement risque de ne pas être en mesure d'appliquer la revalorisation des allocations sociales et l'instauration de "primes bébés" afin de stimuler la natalité et que Berlusconi avait promis lors de sa campagne. Cependant, afin que ces promesses puissent être au moins partiellement tenues, le gouvernement italien s'est engagé à réduire les dépenses publiques et augmenter les taxes sur les grands groupes économiques et énergétiques lors de l'année à venir.

Le Royaume-Uni en première ligne
Le premier ministre britannique Gordon Brown tente de convaincre la chambre des communes de voter favorablement son pré-budget 2009-2010, un plan de sortie de crise de l'ordre de 20 millions de livres (24 millions d'euros). Il nous faut maintenant une action à point nommé pour éviter des dégâts permanents a déclaré Gordon Brown, qui bénéficie d'un regain de popularité depuis le début de la crise financière. Son budget prévoit notamment un abaissement de la TVA de 17,5 à 15% et une dévalorisation du taux d'imposition pour les salaires annuels supérieurs à 180 000€.

Mais malgré les critiques du camp conservateur qui craint un remboursement extrêmement conséquent, le gouvernement de Gordon Brown se doit de réagir, face à une crise économique qui touche particulièrement le Royaumme-Uni. En effet, les prévisions quand à l'année 2009 ne sont que très pessimisstes, et tablent sur une contraction du PIB de l'ordre de 1,3%, le Royaumme-Uni étant particulièrement touché par la crise du fait de l'importance de son secteur financier. L'état britannique va par ailleurs être contraint d'emprunter en masse, de façon que le déficit public atteindra 8% du PIB en 2008.

La dette publique grimpe en Belgique
La crise économique a supplanté la crise politique en Belgique, où les prévisions économiques pour l'année 2009 vont contraindre Flamands et Wallons a établir un consensus pour éviter des dégâts économiques irrémédiables. Après une période 2005-2008 très prospère au niveau de l'emploi, le royaume d'Albert II se prépare à une reprise du chômage quand à l'année 2009, qui atteindra les 8%. Le PIB va lui aussi entamer une période de stagnation, avec une croissance qui atteindra les 0,1% en 2009, quand le gouvernement misait sur un excédent de l'ordre de 0,5%. La dette publique, après une période de résorption de 15 ans va elle aussi grimper en 2009 estime la commission européenne, elle atteindra en effet les 86% contre 83% en 2007. La Wallonie, brebis galeuse de la Belgique, ne sortira pas indemne de la crise, certes, mais devrait voir ses pertes limitées.

28 octobre 2008

Nicolas Sarkozy présente son plan de "mobilisation pour l'emploi"

h_9_ill_1112103_604157.jpg Tel un symbole, c'est à Rethel, où Nicolas Sarkozy avait pour la première fois prononcé le slogan du Travailler plus pour gagner plus, où celui qui ne bénéficiait alors que du statut de candidat vantait les mérites d'une terre où il ne vient pas à l'idée des gens d'aller foutre le feu à une école ou à une voiture; que le président de la république a présenté son plan de mobilisation pour l'emploi, qu'il a qualifié en début de discours de 3e étape du plan d'action contre la crise financière. Lors de se discours d'une heure, prononcé devant l'ensemble du gouvernement, Nicolas Sarkozy a dénoncé les stratégies cyniques et opportunistes d'entreprises qui utiliseraient la crise ambiante pour justifier des réductions d'effectifs. Le président de la république a tenu a précisé que ce que les médias appellent "plan emploi" est fait pour les PME, les salariés et l'emploi, pas pour les banques, insistant quelques minutes plus tard sur ce point en affirmant que l'argent des banques est le nôtre.

Concernant les mesures concrètes en faveur des salariés, Nicolas Sarkozy a annoncé la création de 100.000 emplois aidés (contrats de travail que l'étât finance partiellement de part des subventions ou éxonérations) supplémentaires, pour un coût de 150 millions d'euros, s'adressant par la suite aux chercheurs d'emploi à qui il a promis que l'Etat vous permettra d'acquérir la formation pour un nouveau métier. Le chef de l'état a par ailleurs prévenu les partenaires sociaux que si un accord n'était pas trouvé, l'Etat prendra ses responsabilités».

Nicolas Sarkozy a aussi assuré que la fusion de l'ANPE et des Assedic sera effective dès l'été 2009, avec l'arrivée sur tout le territoire des guichets uniques afin que ce soit la même personne qui vous indemnise et vous aide à trouver un emploi . En terme d'indemnisation, il a jugé anormal qu'un CDD soit indemnisé moins longtemps qu'un CDI, une phrase qui s'inscrivait dans la lignée d'un discours où Nicolas Sarkozy aura proné une revalorisation du CDD estimant qu'en phase de ralentissement, un CDD en plus c'est un chômeur en moins.

Concernant le sujet polémique du travail le dimanche, Nicolas Sarkozy a exhorté les parlementaires de traiter du sujet, et cela sans tabou. Cette mesure risque cependant de rencontrer la vive opposition des partenaires sociaux, bien que 67% des français se déclarent prêts à travailler le dimanche si leur salaire est revalorisé par rapport à leurs honoraires semainiers.

Si ce plan a séduit Laurence Parisot qui a pris compte de la volonté du président de la République de lever les tabous, en particulier à propos du travail le dimanche et de l'utilisation des CDD pour stimuler l'économie, sont à saluer , il n'a pas suscité l'entoushiasme du côté de l'opposition, en témoigne François Hollande qui a déclaré que le discours du chef de l'étât n'a pas apporté les réponses qui étaient attendues par ceux qui craignent pour leur propre emploi.

La CGT quand elle, estime dans un communiqué que le président de la République n'a visiblement pas pris la mesure de l'urgence sociale. Son discours reste dans la logique des choix antérieurs où dominent les mesures de traitement social du chômage et de dérégulation du marché du travail.. Le syndicat ouvrier a par ailleurs annoncé établir sans attendre les contacts nécessaires en vue d'une mobilisation coordonnée et unitaire des syndicats dans les toutes prochaines semaines.

24 octobre 2008

La grande réforme du monde rural Chinois

Paysans_chine-2.jpgCrise économique et prévisions de croissance à la baisse obligent, une grande réforme du monde rural chinois est étudié par le gouvernement qui traitera de la question lors du 17ème congrès du Parti Communiste qui se tient actuellement. En temps de crise, cette question semble primordiale d'autant plus que le ralentissement de l'économie chinoise s'est fait plus brusquement que prévu, en attestent les chiffres de la croissance du 3ème trimestre (9,1%) qui pour la première fois depuis six ans ne sont pas à deux chiffres. Par ailleurs, de multiples fermetures d'usines ont été observées dans tout le pays et la Chine est contrainte d'assumer sa dépendance auprès des grandes puissances mondiales.

Ce pays exportateur subit en effet de plein fouet la conjucture économique actuelle; en parallèle de l'ensemble des places financières nationales, les prix de l'immobilier ont lourdement chutés de plus de 40% et un ralentissement des exportations à été observé en août. Des suites de la fermeture de 67 000 PME sur l'ensemble du territoire, plus de 20 millions de Chinois auraient perdu leur emploi, un phénomène qui ne cesse d'amplifier en dépit des plans de relance du gouvernment Chinois qui ont distribué plus de 22 milliards d'€ d'aides aux entreprises. Dans ce contexte de crise financière, le gouvernement chinois peut regretter les fermetures d'usine qu'il avait réclamé lors des Jeux Olympiques de Pékin dans le but de réduire le taux très élevé de pollution, ce qui avait entraîné une nette baisse de la production.

Afin d'éviter un net ralentissement de la croissance pour l'année 2009, Pékin s'apprête à effectuer un nouveau pas vers le capitalisme (vers l'économie socialiste de marché comme tiennent à le préciser les autorités chinoises) en permettant aux paysans un droit d'usage sur les terres qu'ils exploitent tout en refusant d'abolir le principe de collectivité des terres. En clair, après avoir l'an passé reconnu le principe de propriété privée immobilière, le gouvernement Chinois néglige à nouveau un principe de base du communisme. Les conséquences attendues d'une telle mesure sont une stimulation de la production et par conséquent amener une couche sociale paysanne de plus de 750 millions de personnes vers un niveau de vie plus élevé et ainsi doper une croissance intérieure dont l'économie chinoise n'est que trop peu dépendante. Un autre objectif inavoué de cette réforme historique est de définitivement apaiser les régulières tensions qui ont lieu en milieu rural.

08 octobre 2008

L'Amérique choquée par le séjour luxueux des dirigeants d'AIG

3XTOPDCA055UOICAI2IVJZCA0CMWEECAJH21AYCAY952VUCA9N8DFTCAQJCDVHCACWA7GQCA4BMTM1CA41R6R8CATTE022CAS0622BCAM29ML3CA50TNHSCA8R7H9GCASAO4DACAHGBHQ1CA7K2H21.jpg La crise financière perdure mais les comportements ne changent pas. A la tribune de la commission de la Transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants, le démocrate Henry Waxman a provoqué un scandale qui n'est pas passé inaperçu en ces temps de crise. Des dirigeants de l'assurreur AIG auraient une semaine suivant la nationalisation de l'ex-premier assurreur mondial passé une semaine de vacances dans un complexe hôtelier Californien pour un coût total de 440.000$ dont 23 000 de remises en forme pour l'intégralité des invités, 200 000 de chambres et 100.000 de restauration.

Georges W.Bush s'est dit scandalisé par ces révélations, tandis que sa porte-parole Dana Perino a elle assuré comprendre que le peuple américain soit scandalisé. Je le suis. C'est assez méprisable. L'Americain International Group a imméditement tenu à justifier ce séjour en invoquant la préservation de la productivité du groupe. Le directeur du service des assurances de l'Etat de New York Eric Dinallo a quand à lui déclaré qu'il était d'accord sur le fait qu'il y a eu quelques dépenses inconsidérées, mais l'idée de réunir les principaux cadres pour faire en sorte que les 85 milliards puissent, dans la mesure du possible, être remboursés, n'est pas forcément une décision insensée de la part de l'entreprise.

Le gouvernement Américain avait en effet le 17 septembre dernier décidé d'injecter 85 milliars de dollars dans le capital d'AIG la nationalisant de facto, ralentissant ainsi la crise mondiale qui aurait été très problablement précipitée par une faillite de l'assureur Américain, présent sur la moitié du globe.

21 juillet 2008

Euro : réussite économique et échec sportif pour la Suisse

59c7f1621ccef0fea55b54da44b02796.jpg Malgré les nombreux espoirs que fondaient en lui les amateurs de football Suisses, l'Euro 2008 n'a pas tenu ses promesses d'élan footballistique pour nos voisins Helvètes, qui, à l'heure de la reprise du Championnat National conservent le sentiment d'un profond gâchis. En effet, au lendemain de la première journée de la Super-League, championnat Suisse de football, les médias locaux sont forcés de constater que l'Euro n'a pas apporté les ingrédients nécessaires au développement du football hélvète, invisible sur la scène Européenne. Les problèmes rencontrés par les actionnaires et dirigeants sont de même nature qu'en France : exil des cadres vers l'étranger, et budgets incapables de rivaliser avec les grandes puissances Anglaises et Espagnoles. Mais en Suisse, la situation est nettement plus calamiteuse qu'en France, où des clubs destinés à un avenir Européen tels Lyon, Marseille et Bordeaux parviennent encore à freiner l'exil de leurs perles rares. Ce n'est pas le cas des clubs Suisses tels le FC Bâle, qui, malgré sa domination incontestable sur la Super League en terme sportif comme économique, ne peut empêcher la fuite des leaders, et cela en dépit de son statut.

Il faut dire que le tenant du titre de Super League présente un budget de moins de 30 Millions de Francs Suisse (18,5 Millions d'€), soit le 17ème budget de L1 l'an passé ! Impossible ainsi de décliner des offres émanant de grands clubs européens ou de puissances miliardaires du Moyen-Orient, tel le Al Gharrafa Doha qui s'est d'ailleurs attaché cet été les services du célèbre meneur Suisse Hakan Yakin, en provenance des Young Boys Berne.

A l'indice UEFA qui, chaque mois, établit un classement des meilleurs clubs européens selon leurs performances aux niveaux continental et national, le premier club Suisse, le FC Bâle, ne pointe qu'à la 40ème marche du classement.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, le directeur de la Swiss Football League, Edmond Isoz, se montre très pessimisse quand à l'étât actuel du football Helvète, et ne peut qu'établir un constat désolant de la performance de la Suisse lors de "son" Euro, qui avait pourtant l'occasion de réaliser une performance historique.

C'est comme chaque année. Les clubs suisses doivent faire face à de nombreux départs, les meilleurs éléments nous quittent pour des offres supérieures à l'étranger. Le défi consiste à les remplacer, soit avec des jeunes formés chez nous, soit par de nouvelles recrues en devenir. Dans ces conditions, on ne sait jamais si le niveau du championnat sera meilleur que celui de la saison précédente a-t-il estimé avant d'affirmer ne pas avoir le sentiment que l'Euro a changé grand-chose.

0abd600705b15f009d174cb936cae09c.jpgEdmond Isoz met cet échec sur le dos de la sélection de Kobi Khun en déclarant que si l'équipe de Suisse avait effectué un très bon parcours, c'eut été différent. Mais elle a été décevante avant de poursuivre que le tournoi n'a donc pas suscité d'enthousiasme particulier dans un pays où le sport ne fait pas partie de la culture populaire.

En Suisse, les retombées économiques de l'Euro ne se sont pas encore fait sentir et le seul indicateur actuellement disponible, celui des ventes de peluche à l'effigie des mascottes Trix et Flix, révèle des résultats bien moyen vis à vis des précédentes éditions du Championnat d'Europe des Nations.

Initialement commercialisées à 16 francs suisse (9,8€), ces peluches étaient disponibles et cela dès la fin Juin à moins de 4 francs (2,4€). Pire, malgré cette dévaluation de plus de 400% en moins d'un mois, seuls 50 000 des 500 000 peluches mises en vente se sont écoulées.

Cet échec économique reste cependant relatif vis à vis des profits enregsitrés lors de cette compétition, un record pour la Suisse qui n'avait jusqu'à alors jamais organisé de tel évènement sportif . Un rapport de l'Office fédéral du sport prévoit un chiffre d'affaire variant de 1,1 à 1,5 milliards d'euro pour l'Euro et la contribution du Championnat d'Europe au PIB annuel Suisse sera vraisemblablement de 0,15%.

Toutes les notes