22/06/2010

Le voile des illusions

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La France a conclu son mondial 2010 par une défaite (1-2) contre le pays organisateur, l'Afrique du Sud, (83ème nation au classement FIFA) et rentre à la maison avec seulement un point au compteur, dans un groupe pourtant largement à sa portée. Raymond Domenech, qui disputait son ultime match sur le banc de l'équipe de France, aura titularisé un 4-3-3 renouvelé, avec six entrants par rapport à au onze qui avait débuté la rencontre contre le Mexique. Les bleus ne manquent pas d'intentions durant les dix premières minutes, mais contre la dix-septième équipe africaine, pareil constat est une illusion. Car dès la vingtième minute, le puissant défenseur central Khumalo prend le dessus sur Abou Diaby sur corner et ouvre le score. Six minutes plus tard, l'arbitre Oscar Ruiz invite Yoann Gourcuff à rejoindre les vestiaires pour une faute inexistante sur Sibaya.  Le sort semble s'acharner sur les français, et Mphela double la mise pour les Bafanas Bafanas qui se mettent à croire au miracle (37"). Meilleurs en seconde période, Malouda réduit la marque (70") grâce au travail de Ribéry et sauve l'honneur (peut-on parler d'honneur avec cette équipe de france ?) d'un mondial sans but. Le score ne bougera pas, les deux équipes sont éliminées.

 

Tout sauf la pire équipe de France de l'histoire

Cette ultime défaite, après les frasques extrasportives qui ont couvert de ridicule la sélection de Raymond Domenech, font déjà jaser les commentateurs, qui parlent de la page la plus sombre de l'histoire du football français.

 

Toutes proportions gardées, cette piteuse performance signe, certes, un arrêt brutal pour cette équipe de France habituée à côtoyer les sommets depuis l'euro 1996, mais ces Bleus ont au moins eu le mérite de se qualifier pour le mondial.

 

Les Bleus de 1990, 1994 et tous ceux qui ont précédé la bande à Fontaine de 58, n'ont même pas eu la chance de participer à cette épreuve. Ne cédons pas à l'abus d'hyperboles et à l'auto-flagellation.

 

1998 nous a bercé d'illusions

Ce mondial 2010 signe la fin d'un monde. Avec le départ d'un géant, Thierry Henry, se ferme la plus glorieuse des pages de l'équipe de France de football, ouverte lors du mondial 1998. Certes, le départ de Zinedine Zidane et ses acolytes au lendemain de la finale du mondial de 2006, signait la véritable conclusion de cette ère.

 

Mais bercée par l'illusion d'une génération talentueuse, la France a cru qu'elle pouvait continuer à côtoyer les sommets. Comme une vraie nation du football, au même titre que l'Allemagne, l'Italie, le Brésil, l'Espagne, les Pays-Bas. 1998, 2000 et 2006 nous ont rendus trop exigeants. Nous avons oublié que la France, excepté les générations Platini et Zidane, n'a jamais été qu'une petite nation du football.

 

Laurent Blanc prendra les rênes d'une sélection abattue. Ou plutôt d'un désert. Le Président aura face à lui Ground Zero. Plus facile pour reconstruire ? Certainement. Mais il faut faire preuve d'humilité, accepter que ce 12 juillet 1998 appartient à l'histoire. Se qualifier pour l'euro 2012 serait déjà une performance honorable.

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