28/03/2010

La taxe carbone au placard : zéro pointé pour l'UMP

photo_1269344758185-6-0.jpgLorsque j'étais candidat à la présidentielle, Monsieur Nicolas Hulot et ses amis nous ont fait signé à tous un pacte. Mais la signature, ça a une valeur. Les deux premiers engagement étaient de faire un grand ministère de l'environnement, c'est fait, et la création de la taxe carbone. Je ne comprends pas comment on peut avoir signé le pacte de Nicolas Hulot et aujourd'hui renier sa parole. Je l'ai signé, je le fais. C'est une question d'honnêteté. Si on ne le fait pas, on n'est pas honnête et la démocratie républicaine ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas leur signature. La scène a moins d'un an, Nicolas Sarkozy, en déplacement dans l'Ain, s'exprime alors sur la taxe carbone, en débat au parlement. Aujourd'hui, le premier ministre François Fillon, au lendemain des élections régionales, a balayé d'un revers de main cette mesure phare du gouvernement, devant un Palais-Bourbon conquis.

 

François Fillon s'est dédouané en assurant que la taxe carbone sera mis en place sur le plan européen et que dans un contexte uniquement national, elle aurait plombé la compétitivité des entreprises françaises. Les députés UMP, dont le retournement de veste est ma foi génétique, ont tous applaudi cette décision alors qu'elle avait été approuvée avec 72% des suffrages exprimés à l'automne dernier à l'Assemblée. La secrétaire d'état à l'écologie Chantal Jouanno s'est dite désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte. Je ne suis pas en phase avec cette décision. C'était possible de le faire en France avant de le faire en Europe.

 

D'autant plus que quoi qu'en dise François Fillon, la taxe carbone à l'échelle européenne reste, dans l'état actuel des choses, un voeu pieux. Nicolas Sarkozy avait annoncé vendredi que les chefs d'états européens avaient trouvé un accord et que la commission européenne mettrait sur la table une proposition au mois de juin pour élaborer une taxe carbone aux frontières. Egalement interrogé, José Manuel Barroso s'est lui montré moins optimiste et déclara que l'on en discutera plus tard. Trop rapide le président français ?

 

En effet, la Comission Européenne n'envisage nullement de mettre sur la table une proposition, les divergences entre les états membres ne permettant pas de mettre en place un calendrier. Un revanche, un rapport sera publié courant juin par le commissaire à la fiscalité sur une taxe carbone intérieure à l'union. Mais aucune décision ne devrait être prise dans le courant de l'année.

 

L'abandon du projet de taxe carbone par le gouvernement sonne comme la seule leçon que la majorité aie tiré des élections régionales, les français assistant éberlués, à la pirouette de classe olympique du président de la république qui tonnait en début de semaine contre le dumping environnemental [qui] menace nos emplois. Mais, en votant massivement dimanche dernier pour les listes de gauche, les électeurs ont-ils exigé du gouvernement le retrait de la taxe carbone ? En confirmant leur vote des élections européennes l'an passé, faisant d'Europe-Ecologie la troisième force politique nationale, ont-ils exigé le retrait de la taxe carbone ? En abandonnant la taxe carbone, le gouvernement tente de ratisser sur sa droite, perpétuant la stratégie de vidange de l'électorat frontiste, opérée avec succès en 2007 par Nicolas Sarkozy. Or, l'UMP se trompe de cible. Les échéances présidentielles 2012, après dix-sept années de présidence à droite, dont douze de gouvernance, ne se joueront pas à la droite de l'échiquier politique, les électeurs porteront au pouvoir un projet consensuel, d'harmonie sociale, après cinq ans de présidence Sarkozy dont le mandat restera affublé, volontairement ou non, d'une image conflictuelle et de divisions.

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