30 octobre 2009

Les footballeurs doivent-ils conserver leurs avantages fiscaux ?

2009-08-26-lisandro.jpgLes députés UMP Yves Bur et Marc Le Fur ont déposé deux amendements, approuvés aujourd'hui à l'Assemblée Nationale par 91 voix contre 22, dans le cadre du Budget de l'Etat 2010, qui mettent fin aux avantages fiscaux dont bénéficiaient les footballeurs, et qui seront désormais réservés aux footballeurs amateurs. Ainsi, disparaît le DIC (Droit d'Image Collectif), qui permettait aux footballeurs d'exonérer de charges 30% de leur revenu, considérés comme des droits à l'image. Les recrues en provenance de l'étranger, qui bénéficiaient de 30% d'exonérations, perdront également ce privilège. Lors de la dernière saison écoulée, le manque à gagner pour l'état s'élevait à plus de 30 millions d'euros.

 

Pour le député des Côtes d'Armor Marc Le Fur, ces amendements veulent faire en sorte que les footballeurs redeviennnent des contribuables comme les autres alors que les départs chaque été, des figures de la Ligue 1 (Karim Benzema en 2009, Franck Ribéry en 2008, Didier Drogba en 2004, Michael Essien en 2005 etc...) ont démontré de manière éclatante l'inutilité des niches fiscales et sociales accordées aux sportifs professionnels. Les clubs français ne pourront jamais rivaliser avec la démesure financière du Real Madrid, de Chelsea et du Milan AC et les contribuables français ne doivent pas faire les frais d'une course à l'échalote sportive malsaine.

 

aulas.jpgA l'inverse, la minsitre des Sports Rama Yade a estimé que la suppression du DIC était dangereuse, s'associant aux protestations des députés David Douillet et Jean-François Lamour, anciens champions sportifs de judo et d'escrime. Et c'est en toute logique que le milieu du football a également protesté. Ainsi, pour le directeur général de l'Union des clubs professionnels de football Philippe Diallo, la suppression de ces avantages va à l'évidence induire une perte de compétitivité et vont faire passer la France en deuxième division du football européen. Quand au président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, il assure que sans ces avantages fiscaux, il n'aurait pu compenser cet été le départ de Karim Benzema par l'achat de Lisandro Lopez (voir photo) et d'Aly Cissokho et a d'ores et déjà prévenu que nous serons obligés de vendre nos meilleurs joueurs la saison prochaine pour faire face.

 

Quand au gain que la suppression des avantages fiscaux des footballeurs va engendrer pour l'état, il ne représente que 0,01% du budget de la sécurité sociale ! Pas suffisant pour combler le trou de la sécu comme l'affirme M.Bur... De plus, les bonnes performances d'un club français en Ligue des Champions, voire une victoire, provoquent d'importantes retombées économiques, dues à la stimulation de la consommation des ménages. Quid de l'Euro 2016, où la France a déposé sa candidature mais qui risque de ne pas aboutir en raison de la suppression du DIC : on voit mal l'UEFA décerner l'organisation d'un championnat d'europe à un pays qui se donne tant de mal à affaiblir l'influence du football...

 

Edit : L'article a été repris à la une du Post (article + capture d'écran)

29 octobre 2009

L'UE face à la concurrence des pôles régionaux

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A l'heure où l'approbation du Traité de Lisbonne est quasiment acquise, le processus de construction européenne pourrait être concurrencé par la formation, au sein du vieux continent, de nouveaux pôles régionaux. Face à une Union Européenne dont l'accroissement des prérogatives empiète sur la souveraineté nationale, les eurosceptiques voient dans la coopération régionale le moyen de palier le développement de l'Europe Communautaire. Ces organismes rassemblent, à défaut de l'UE, plusieurs états dont la proximité linguistique, culturelle ou historique favorise la mise en place de pareilles associations. Plongés dans une relative torpeur depuis quelques années, ces pôles régionaux occupent à nouveau le devant de la scène.

 

 

Au sud, la Yougoslavie ressuscitée

Au sud, en ex-Yougoslavie, l'amorce d'une coopération régionale avait été érigée dès 1999, où un Processus de Stabilisation et d'association (PSA) avait été instauré. Orchestré par l'Union Européenne qui souhaitait stabiliser la région, il avait pour mission de permettre aux états des balkans occidentaux de réunir rapidement les critères d'adhésion à l'UE en misant sur leur synergie. De plus, du fait d'accords bilatéraux, une zone de libre-échange avait été institué (sauf avec la Slovénie). La coopération régionale en ex-Yougoslavie n'est donc pas un phénomène récent.

 

En revanche, depuis 2008, sa finalité n'est plus la même. Auparavant censée permettre aux états d'ex-Yougoslavie de faciliter leur adhésion à l'UE, le dessein de la coopération inter-étatique est désormais plus centré sur la formation d'un nouvel acteur économique et politique, la "Yougosphère". La dissolution du PSA l'an dernier au profit d'un Conseil de Coopération Régional (incluant également l'Albanie, la Roumanie et la Bulgarie) incarne ce changement de mentalité, puisque la coopération régionale ne sera ainsi plus chapeautée par Bruxelles mais résultant de la volonté propre des états.

 

Ce conseil de coopération régionale a d'ores et déjà permit la formation d'un centre de pompiers commun à tous les pays d'Europe du Sud-Est, un projet auquel l'Europe n'a jamais réussi à aboutir, laissant à chaque état la gestion de ses propres soldats du feu. Pareille réussite incite donc les républiques d'ex-yougoslavie à intensifier la coopération, le premier ministre serbe Boris Tadic a d'ailleurs récemment souligné l'importance d'unir les entreprises d'ex-yougoslavie. Le conseil de coopération régionale exerce également des responsabilités en matière de lutte contre le crime organisé et la résorption des inégalités sociales. Et l'adhésion à l'UE apparaît presque comme secondaire...

 

 

Visegrad : l'ultime combat de Vaclav Klaus ?

Vaclav-Klaus_1213834c.jpgEn Europe Centrale, le Groupe de Visegrad réunit depuis 1991 la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie au sein de cet organe de coopération régionale, qui s'offre une nouvelle jeunesse après plusieurs années de doute sur la pertinence de son existence. Sa création résultait effectivement de la volonté des pays d'Europe Centrale d'allier leurs efforts dans l'optique d'une adhésion à l'Union Européenne. Désormais, les quatre états ont tous rejoints l'UE en même temps qu'une majeure partie de l'ex-bloc soviétique en 2004, et le Groupe de Visegrad est devenu un accessoire.

 

Cependant, le président tchèque souverainiste Vaclav Klaus, qui se résignera très probablement à apposer sa signature au Traité de Lisbonne n'entamera pas pour autant une lune de miel avec l'UE et on peut s'attendre à ce qu'il trouve un nouveau cheval de bataille pour justifier sa lutte avec Bruxelles. Or, ce néo-libéral affirmé n'a que cesse de vanter les mérites du Groupe de Visegrad, qu'il considère comme le meilleur moyen pour faire entendre la voix des états d'Europe centrale. Fervent partisan d'une modernisation de l'organisme, Vaclav Klaus a d'ores et déjà soutenu des projets d'une chaîne de télévision Visegrad, de compétitions sportives communes ainsi que l'adoption de positions communes en matière de politique étrangère : en somme, faire de Visegrad un véritable acteur politique...et concurrent de l'Union Européenne.

 

Vaclav Klaus n'est d'ailleurs pas dépourvu d'alliés dans cette bataille : dans les quatres états membres du groupe de Visegrad, l'adhésion à l'UE n'a pas engendré les performances économiques espérées et l'euroscepticisme grimpe : ainsi, la Hongrie, avec seulement 39% de la population qui approuve l'appartenance à l'UE est le pays de l'Union Européenne où l'adhésion à l'Europe est la plus impopulaire. En Slovaquie, la coalition gouvernementale nationaliste-socialiste (sans mauvais jeu de mot) a, à l'instar de la République Tchèque, formulé une demande de dérogation quand à l'application de la Charte des Droits Fondamentaux, retardant à nouveau l'approbation unanime du Traité de Lisbonne.

 

 

Les pays nordiques gagnés par la nostalgie du nordisme

C'est sans doute la seule région d'Europe ou la coopération régionale est un phénomène de longue date. Les cinq pays nordiques que sont l'Islande, la Norvège, la Finlande, la Suède et le Danemark n'ont cessé à travers les siècles de développer des liens. En ce qui concerne l'Islande, la Suède, la Norvège et le Danemark, leur unité linguistique les a amené de nombreuses fois à se confondre au sein d'entités politiques : l'Union de Kalmar, préfigure d'une confédération monarchique rassemblait du XIV au XVIème siècle, l'ensemble des pays nordiques. Par la suite, le scandinavisme et le nordisme appelaient au XIXème siècle à la réunification des royaumes scandinaves et nordiques.

 

Nordic_Council_large.pngDans l'histoire moderne, les pays nordiques ont également été les premiers à élaborer un processus de coopération régionale : un Conseil Nordique a été mis en place dès 1952, qui, à l'image de l'UE, rassemble périodiquement les ministres de 5 pays nordiques dans le cadre de conseils des ministres particulièrement productifs : préfigurant l'Espace Schengen mais sur une plus petite échelle, l'Union Nordique des Passeports permettait dès 1958 à tous les citoyens des pays membres du Conseil Nordique de voyager librement à travers la région. Le Conseil Nordique a également initié dans certains pays comme en Allemagne, la fusion des ambassades de ses états membres au profit d'ambassades nordiques. Autre réussite, la compagnie aérienne scandinave SAS (Scandinavian Airlines System).

 

Aujourd'hui, à l'heure où les nordiques, dont l'euroscepticisme n'est plus à démontrer, s'apprêtent à concéder à nouveau quelque peu de leur souveraineté à l'Union Européenne, les eurosceptiques agitent la flamme de la coopération nordique. Les pays nordiques (dont deux sont restés en marge de la construction européenne) n'ont jamais acquis une véritable conscience européenne : la peur de voir leur cocon social-démocrate ébranlé. D'ailleurs, le nordisme redevient au goût du jour à l'occasion du bicentenaire de la séparation de la Suède et de la Finlande et la perspective de donner une nouvelle impulsion à la coopération nordique fait son chemin....au détriment à nouveau de l'UE ?

25 octobre 2009

Le PS doit réinventer le statut de premier opposant

images-4-france-politics-opposition-congress_119.jpgLundi dernier, au micro de Jean-Michel Apathie, Frédéric Lefebvre assurait que l'opposition ne fait plus son travail et ce sont les médias qui la remplace, citant pour exemple les affaires Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand rappelant que cette dernière a commencé avec des journalistes qui ont essayé de faire croire que mitterrand était pédophile. Le porte-flingue parole de l'UMP a ainsi ouvert le débat sur un Parti Socialiste qui peine à donner un nouveau souffle au statut de premier opposant, qui requiert une évolution à l'heure du XXIème siècle. Qu'attend-on désormais de l'opposition ? Qu'elle alimente la polémique en permanence comme l'indique M.Lefebvre ? Cette vision du rôle d'opposant politique fait justement référence à une conception archaïque de la politique.

 

Ce que l'on attend de l'opposition, ce sont des contre-propositions aux projets de loi de la majorité. Qu'attend le PS pour plancher sur une dizaine de mesures phares, ambitieuses, modernes et visionnaires et non pas des vieilles recettes de l'ère Mitterrand ou Jospin. Des mesures avant-gardistes qui permettront au PS d'inverser la tendance en vue des élections présidentielles 2012 (Etats-Unis d'Europe, salaire maximum, désarmement nucléaire etc...). Les Français attendent toute autre forme de contestation que celle qui se limite à incriminer les figures de la majorité dans de sordides affaires médiatiques.

 

Or, le PS s'embourbe souvent à force de s'immiscer dans les polémiques de forme qui touchent la majorité, qui plus est en présentant plusieurs réponses divergentes, voire contradictoires. On ne peut effectivement que regretter que le discours des différentes personnalités socialistes ne soit pas sur une longueur d'ondes commune, reflétant l'image d'un conglomérat de personnalités au détriment d'un parti uni et cohérent.

 

Si elle souhaite redresser son parti, Martine Aubry doit canaliser les interventions des socialistes, qui, à défaut d'être pilotées par Solférino ne sont qu'un ramassis de propos discordants. A l'inverse de l'UMP, où chaque sujet fait l'objet d'une intervention unique ou d'interventions contrôlées, Martine Aubry semble privilégier, à son insu, un foisonnement d'interventions certes démocratiques mais handicapantes pour le parti socialiste. La maire de Lille doit imposer son leadership et ainsi réguler la visibilité médiatique des caciques du parti. En somme, devenir une leader...

24 octobre 2009

Interview sur "Le Taurillon"

LeTaurillon.jpgLe webzine citoyen "Le Taurillon" m'a accordé une interview suite à mon éditorial vidéo N°11, publiée aujourd'hui à la une du site. Je m'exprime sur la place des blogs dans le paysage politico-médiatique, sur les Etats-Unis d'Europe, sur la place accordée à la politique européenne dans les médias et la reconduction de José Manuel Barroso à la présidence de la commission européenne. Je remercie donc M.Laurent Nicolas et M.Fabien Cazenave qui ont organisé l'interview, disponible ICI.

21 octobre 2009

Un ordinateur par élève : ambitieux ou utopique ?

élève ordi.jpgChaque année, la Fédération des conseils de parents d'élèves entreprend une pesée nationale des cartables des élèves, constatant une surcharge de poids dans près de 9/10 des cas (87% l'an passé). Les conséquences sur la santé des élèves n'ont rien d'anecdotique : croissance perturbée, scolioses, courbure du dos modifiée etc... Face à cette problématique, remise au goût du jour à chaque rentrée scolaire, la solution de la généralisation de l'outil informatique doit être posée.

 

Allons plus loin : pourquoi ne pas proposer que chaque élève soit équipé d'un ordinateur pour les quatre années qui composent le collège ? Cela permettrait d'alléger considérablement leur sac et éviterait des pertes de cahiers, de manuels. En outre, en matière d'empreinte écologique, la solution informatique reste beaucoup plus respectueuse de l'environnement que les cahiers et copies papiers; ainsi que la colle et les effaceurs qui contiennent des hydrocarbures chlorés, susceptibles de provoquer des allergies et de l'asthme.

 

De plus, l'équipement des élèves en ordinateurs allégerait considérablement le budget des ménages. Si aucune statistique sur les dépenses annuelles des ménages en matériaux scolaires n'a encore été mise en point, un rapide calcul indique que la somme moyenne dépensée par les familles par an est de 50-60€ par an. Multipliez ce chiffre par 4 et vous obtiendrez la somme déboursée durant les quatre années du collège soit environ 200-240€.

 

A l'inverse, l'association "One Laptop per Child" (OLPC) a mis au point des ordinateurs portables pour moins de 132€, distribués dans des pays en voie de développement, financés par les gouvernements qui ont souhaité acquérir le "XO-1". L'OLPC va également fournir dès 2010 le "XO-2", pour 50€. Ces ordinateurs portables ont été conçus spécifiquement pour un usage scolaire. Ses capacités sont donc basiques et se limitent au traitement de texte (ex. Word), au tableur grapheur (ex. Excel), à la présentation (ex. PowerPoint), à l'édition d'image (ex. Paint), à un usage modéré d'Internet et à la lecture de contenus audiovisuels. Tout le nécessaire pour un collégien, et à un prix tout à fait abordable.

 

xo1.jpgSa solidité remarquable constitue également un argument choc. De plus, la consommation d'électricité du "XO-1" et du "XO-2" est quasiment nulle : seulement 2 Watts contre en moyenne 200 pour un ordinateur portable ! Une manivelle permet de recharger l'ordinateur, qui, et il s'agit de son unique point faible, permet à l'ordinateur d'acquérir seulement 10 minutes d'autonomie pour une minute passée à tourner la manivelle.

 

Écologique, économique et pratique : l'équipement des élèves en ordinateurs portables individuels présente tous les ingrédients nécessaires à une amélioration de la condition des collégiens. De plus, l'apparition de tels appareils sur le marché va stimuler la concurrence et permettre de baisser les tarifs des produits informatiques.

19 octobre 2009

Renaud Dély a-t-il plagié Sabine Herold ?

podcast

 

Quand Renaud Dély fait la promotion de son livre "L'idiot utile du sarkozysme", le directeur adjoint de la rédaction de Marianne s'essaye à une remarquable démonstration de mimétisme. La thèse qu'il défend mérite bien entendu de s'y attarder si ce n'est qu'elle reprend mot pour mot celle défendue par la présidente d'Alternative Libérale Sabine Herold, en mai dernier, dans son livre "Le Bouffon du Roi".

17 octobre 2009

L'héritage empoisonné de Nicolas Sarkozy

2-nicolas-sarkozy.jpgEssayons-nous un temps à la politique fiction. Nicolas Sarkozy, fort d'une majorité présidentielle élargie et du report de voix des électeurs du centre (à la faveur de la campagne progressiste qu'il a mené), est triomphalement réélu au deuxième tour des élections présidentielles, aux dépens de Martine Aubry qui consacre ainsi la quatrième défaite consécutive des socialistes à une élection présidentielle. La faute à une absence de leadership criante, et de divisions idéologiques persistantes. Ce scénario écrit d'avance serait-il prophétique ? En prenant compte du schéma politique actuel, la réélection de Nicolas Sarkozy ne constituera qu'une simple formalité.

 

Ce dernier dispose effectivement d'un atout fondamental à sa disposition : sa majorité présidentielle élargie réunit en son sein des villiéristes, des chasseurs, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes, des libéraux, des sociaux-libéraux et des radicaux. Une mosaïque politique, aux divergences internes masquées et contenues par le leadership de Nicolas Sarkozy, dont ce dernier pourra retirer un excellent score au premier tour des élections présidentielles. A la faveur d'une bonne performance au premier tour, Nicolas Sarkozy espère pouvoir ainsi créer une "dynamique de premier tour" et ainsi palier un réservoir de voix à sec (cf. l'UMP peaufine sa stratégie à l'approche des régionales).

 

Si cette stratégie est parfaitement recevable dans l'optique des échéances présidentielles de 2012, n'amorce-t-elle pas un déclin prévisible de la droite répubicaine au profit de l'opposition après le retrait de Nicolas Sarkozy ? L'éclatement du parti sera inévitable en l'absence d'un leader susceptible d'assurer la fédération des courants aussi diverses que ceux qui composent aujourd'hui la majorité présidentielle.

 

Or, un parti miné par des clivages idéologiques internes (le PS l'a prouvé), n'inspire pas confiance dans la perception de l'électorat. Et la personnalité de Nicolas Sarkozy laisse à penser qu'il ne se contentera pas de régner en vieux monarque subordonné à son premier ministre comme le fut son prédécesseur au cours de son deuxième mandat, et ne permettra ainsi pas à une personnalité d'émerger et de s'assurer une légitimité de leader à droite.

 

En assurant l'unité de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy met ainsi en péril l'apparente solidité dont bénéficiait l'UMP. Le coup politique que constitue le rassemblement de CPNT et du MPF aux côtés de la Gauche Moderne et du Nouveau Centre pourrait en réalité se retrourner contre l'UMP. Attention d'ailleurs à ce que la scission n'intervienne pas très rapidement...dès 2012.

13 octobre 2009

Klaus et Cameron à l'assaut du traité de Lisbonne

Klaus cameron.jpgL'Irlande a désormais ratifié par référendum le Traité de Libsonne, et cela par une écrasante majorité (67,13%), suivie quelques jours après du président polonais Lech Kaczynski, suspendant ainsi la validation du Traité de Lisbonne à la volonté seule du président de la république tchèque Vaclav Klaus, qui oppose son refus à la promulgation d'un texte pourtant ratifié par le Parlement de Tchéquie.

 

Eurosceptique décomplexé, il a déposé un recours devant la Cour Constitutionnelle tchèque afin d'invalider le traité, tout en sachant les délais extensibles que s'octroie cette instance. Le recours de Vaclav Klaus est relatif à la Charte des Droits Fondamentaux, qui acquerra un statut juridique avec le Traité de Lisbonne et qui serait susceptible de permettre une révision par le Cour Européenne des Justices des décrets tchèques qui avaient permis l'expulsion et la confiscation des biens de 2,5 Millions de Sudètes accusés de collaboration avec le régime nazi au lendemain de la seconde guerre mondiale. Or, pour Vaclav Klaus, la République Tchèque doit négocier une dérogation; la garantie que le Traité de Lisbonne ne pourra pas conduire à l'abolition des décrets Benes nous sera ainsi donnée.

 

63723de8-5b82-11de-a982-ae9612fd9d31.jpgEn somme, le président tchèque souhaite retarder au plus tard le moment ou il lui sera nécessaire d'apposer sa signature au traité. Il espère tenir jusqu'au printemps, où le conservateur britannique David Cameron est quasiment assuré de devenir le nouveau locataire du 10 Downing Street. Or, cet eurosceptique convaincu (qui a amorcé la scission des Torries avec le PPE au Parlement Européen au profit d'un groupe nationaliste comprenant l'ODS de Vaclav Klaus) a d'ores et déjà promis aux électeurs qu'il organiserait un référendum sur le Traité de Lisbonne. Et l'euro scepticisme des britanniques, soucieux du maintien de leur souveraineté, ne laisse aucun doute planer sur l'issue du scrutin.

 

Cependant, David Cameron a subordonné l'organisation d'un réferundum au Royaumme-Uni au refus de Vaclav Klaus de signer Lisbonne afin d'éviter de froisser ses potentiels homologues européens qui s'activent pour contraindre Vaclav Klaus d'apposer sa signature dans les plus brefs délais, une fois que la Cour Constitutionnelle Tchèque se sera prononcé. Or, les moyens de pression ne manquent pas : sabordage de la candidature de Prague pour accueillir le siège de Galileo, vetos sur le nouveau commissaire tchèque... Dans une lettre, Cameron a sommé son allié tchèque de tenir jusqu'au départ des Travaillistes et de Gordon Brown. Pour le jeune conservateur, qui a fédéré une partie importante de son électorat sur sa promesse d'organiser un réferundum, une signature de Klaus serait un véritable coup de massue dans le cadre des législatives.

11 octobre 2009

Quand l'éducation nationale a peur du rouge

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Ni noir, ni blanc. La supposée impartialité politique de l'éducation nationale dans la conception des programmes ne serait-elle qu'une objectivité de façade  ? A la vue du chapitre d'histoire géographie consacré en classe de troisième à l'URSS de Staline, il est tout à fait légitime de s'interroger. Que le totalitarisme de Staline, le goulag et les conséquences tragiques de l'industrialisation pour les soviétiques soient dénoncés, oui car qui comprend les erreurs passées bâtit l'avenir. Que la théorie marxiste soit enseignée, oui car cela est nécessaire à la constitution de la culture politique de base attendue du futur citoyen. En revanche, qu'il soit demandé à l'élève de développer une argumentation visant à expliquer en quoi la volonté des marxistes de créer un "homme nouveau" est utopique, c'est nettement plus contestable. La réponse attendue était la nécessité anti-démocratique de formater l'être humain pour aboutir à ce zénith. Cette position est bien entendu recevable mais l'on aurait pu également défendre que l'apparition d'un homme nouveau nécessite certes un formatage de l'être humain mais peut en revanche permettre d'éradiquer les vices et la bestialité qui empoisonnent la nature humaine. Loin de moi la volonté de défendre cette vision mais nul ne peut la considérer comme irrecevable.

 

Demander aux élèves d'établir une critique de l'"homme nouveau" est d'autant plus aberrant qu'aujourd'hui encore, 12,13% des français votent en faveur d'un parti se réclamant du marxisme (en fonction des résultats obtenus par le Front de Gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste et Lutte Ouvrière aux élections européennes de juin dernier). Alors que ce chapitre sur l'URSS de Staline a pour mission de dénoncer le totalitarisme stalinien, on ne peut que s'étonner de pareille réprobation de l'opposition au régime capitaliste.

09 octobre 2009

Obama prix nobel : un choix contestable ?

000_Was2616942--469x239.jpgLe comité nobel a décerné aujourd'hui, à Oslo, au président des Etats-Unis d'Amérique Barack Obama le prix nobel de la paix, au nom de ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples. Cette distinction, obtenue seulement dix mois après l'investiture d'Obama peine à faire l'unanimité. Barack Obama en personne a avoué avoir reçu le prix avec surprise sans avoir l'impression que je mérite de me retrouver en compagne de tant personnalités qui ont transformé leur époque et qui ont été distinguées par ce prix. Effectivement, comme l'a souligné la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, le 43ème président des Etats-Unis doit moins cette récompense aux succès de sa diplomatie qu'à son discours, certes volontariste mais qui n'a guère contribué à la diffusion de la paix sur le globe. Effectivement, sur les trois dossiers prioritaires du président Obama, sa détermination n'a aucun cas abouti à une réelle amélioration sur le fond.


En Afghanistan, où durant sa campagne présidentielle Barack Obama avait faire part de sa volonté d'y délocaliser l'épicentre de la lutte contre le terrorisme, les alliés s'enlisent au point qu'une majorité d'américains réclament désormais un retrait des troupes. Effectivement, 953 soldats américains ont péri depuis le début du conflit en 2001 (dont 478 depuis 2008) et les alliés peinent à lutter efficacement contre une guérilla invisible, qui privilégie les actions sporadiques aux affrontements directs. Pour le général McChrystal, commandant en chef, les difficultés des alliés nécessitent l'envoi de renforts afin d'assurer la mobilisation nécessaire sur tous les fronts du pays. Or, ni les Américains qui ne sont plus que 39% à approuver la présence américaine en Afghanistan, ni les parlementaires, ne sont enthousiasmés par l'envoi de nouvelles troupes.

 

Quand au conflit israélo-palestinien, certes Barack Obama a orchestrée en septembre dernier une rencontre entre Benjamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas mais rien n'a résulté de cet entretien, outre la photographie officielle. De plus, l'envoi de George Mitchell en émissaire spécial n'a produit aucun effet. Benjamin Nétanyahou, qui avait pourtant adhéré sous conditions en juin au projet d'établissement d'un état palestinien indépendant, refuse quand à lui de concéder la moindre miette sur le gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens, pierre d'achoppement à la poursuite du processus de paix.

 

actu-monde-Mahmoud-Ahmadinejad_articlephoto.jpgQuid du dossier iranien, où les tensions sont à leur paroxysme ? La réélection entachée de fraudes de Mahmoud Ahmadinejad, l'échec de la politique de la main tendue de Barack Obama et la découverte d'un nouveau site secret d'enrichissement de l'uranium ont amené Barack Obama à revoir sa copie et réclamer un durcissement des sanctions vis à vis de Mahmoud Ahmadinejad.

 

Au vu de l'absence de résultats de Barack Obama en matière de politique étrangère, il est donc légitime de s'étonner de l'attribution de pareille distinction au président américain. Il n'en reste pas moins qu'il marque un virage dans les critères de désignation du prix nobel de la paix : face à Helmut Kohl, favori, icone du rapprochement est/ouest et favori à l'heure du vingtième anniversaire de la chute du bloc soviétique, le comité a fait le choix de l'avenir et de l'initiative. Désormais, le poids qui pèse sur les épaules de Barack Obama est à l'image des attentes qu'il suscite...

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