11 octobre 2009

Quand l'éducation nationale a peur du rouge

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Ni noir, ni blanc. La supposée impartialité politique de l'éducation nationale dans la conception des programmes ne serait-elle qu'une objectivité de façade  ? A la vue du chapitre d'histoire géographie consacré en classe de troisième à l'URSS de Staline, il est tout à fait légitime de s'interroger. Que le totalitarisme de Staline, le goulag et les conséquences tragiques de l'industrialisation pour les soviétiques soient dénoncés, oui car qui comprend les erreurs passées bâtit l'avenir. Que la théorie marxiste soit enseignée, oui car cela est nécessaire à la constitution de la culture politique de base attendue du futur citoyen. En revanche, qu'il soit demandé à l'élève de développer une argumentation visant à expliquer en quoi la volonté des marxistes de créer un "homme nouveau" est utopique, c'est nettement plus contestable. La réponse attendue était la nécessité anti-démocratique de formater l'être humain pour aboutir à ce zénith. Cette position est bien entendu recevable mais l'on aurait pu également défendre que l'apparition d'un homme nouveau nécessite certes un formatage de l'être humain mais peut en revanche permettre d'éradiquer les vices et la bestialité qui empoisonnent la nature humaine. Loin de moi la volonté de défendre cette vision mais nul ne peut la considérer comme irrecevable.

 

Demander aux élèves d'établir une critique de l'"homme nouveau" est d'autant plus aberrant qu'aujourd'hui encore, 12,13% des français votent en faveur d'un parti se réclamant du marxisme (en fonction des résultats obtenus par le Front de Gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste et Lutte Ouvrière aux élections européennes de juin dernier). Alors que ce chapitre sur l'URSS de Staline a pour mission de dénoncer le totalitarisme stalinien, on ne peut que s'étonner de pareille réprobation de l'opposition au régime capitaliste.

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Commentaires

Plusieurs remarques,

Les partis de gauche de la gauche se revendique rarement du marxisme, du communisme oui, encore parfois, ou du troskisme, mais c'est de plus en plus rare. De plus aucun de ces partis soutiennent ce qui c'est passé en URSS, ce qui se passe en Corée du Nord etc. Donc malgré une critique de l'URSS tout a fait logique, il n'est pas illogique que la gauche de la gauche ait encore un score "honorable".
Enfin, critiqué un regime aussi totalitaire ayant une idéologie economique aussi extreme, doit il forcement introduire le soutien au capitalisme ? La capitalisme, on le dit je pense pas assez tue des millions de personne chaque année, mais on le voit pas...

Ecrit par : Jérémy Bizet | 11 octobre 2009

Certes ils se réclament du communisme et du trotskisme mais ces deux courants sont des subdivisions (je ne sais pas si on peut les appeler comme ça d'ailleurs) du marxisme ! Le problème c'est que la volonté de créer un homme nouveau n'est pas propre à l'ex-URSS mais à tous les marxistes et donc de facto, aux mouvements politique tels que LO, NPA, PCF etc...

Ecrit par : Alex Joubert | 11 octobre 2009

@ Alex,

S'il s'agissait d'un cours d'histoire, ce n'est pas le concept ni la possibilité effective d'un "homme nouveau"- au sens philosophique du terme - que l'on vous demandait d'étudier, mais bien la réalité historique de l'ambition soviétique, qui est objectivement un avortement : l'URSS a proclamé "l'homme nouveau" et le "peuple souverain" et a utilisé pour ce faire les moyens les plus primitifs qui soient, à savoir la violence, la terreur et la dictature. Il y a donc à mon sens une légitimité à discuter la réalité d'un tel fiasco d'un point de vue historique, même si en philosophie la possibilité d'un "homme nouveau" ne supporte aucune contradiction dogmatique.

@ Jérémy,

Comparer les morts du capitalisme et ceux des dictatures communistes (ou autres) est absurde : le capitalisme n'est pas une idéologie qui supprime ses opposants, c'est un système d'échange et de répartition des richesses. Qu'il y ait des gens qui n'en profitent pas, c'est dramatique, mais ce n'est pas le fait de ceux qui travaillent pour gagner leur vie. Il n'y a rien de meurtrier à échanger son travail contre une rétribution monétaire. C'est lorsque le travail ne vaut plus rien que le plus grand nombre est menacé.

Ecrit par : Stéphane | 11 octobre 2009

En fait Stéphane cette étude de l'homme nouveau s'inscrivait en préface du chapitre sur l'URSS de Staline dans le cadre d'une étude, vulgarisée bien entendu, du marxisme. En revanche, entièrement d'accord sur ce que tu as dit à Jérémy si ce n'est que le communisme n'implique pas forcément la mise en place d'une dictature.

Ecrit par : Alex Joubert | 11 octobre 2009

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