26 septembre 2009
L'Edito d'Alex Joubert N°11
Le fédéralisme peut-il être bénéfique pour notre pays ? A quelques mois des élections régionales, tour d'horizon des avantages dont nous pouvons tirer du fédéralisme, en France...mais aussi en Europe.
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21 septembre 2009
José Socrates en quête d'une majorité
L’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n'est qu'un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n'en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu'aujourd'hui les conséquences d'une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s'est d'ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu'une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d'établir une majorité avec moins de 33% d'intentions de vote...
Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles
José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l'électorat populaire qu'il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l'est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu'un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.
Il allonge également l'âge de la retraite et ne se prive pas d'amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d'une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu'à 90% du dernier salaire).
Cette politique d'austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n'a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s'élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s'était fixé pour objectif d'annihlier les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).
La gauche gronde
Cette politique réformiste aux effets somme toute modestes s'avère problématique à l'heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l'orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.
Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu'en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l'éducation nationale, traditionnelement acquis au Parti Socialiste n'affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volontée affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l'éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient consitutés un cortège monstre au coeur de Lisbonne !
Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu'un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.
Un retour aux sources improvisé
Face à la gronde de l'électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n'a donc pas lésiné sur les moyens, quite à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L'allocation familiale de rentrée, jusqu'alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d'épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.
Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d'inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l'opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d'ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l'électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd'hui, la crise étant passé par la, les rapports de force ont évolué, et c'est à sa gauche que José Socrates doit s'assurer un capital de voix.
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17 septembre 2009
Les liens du vendredi 18 Septembre
Le Post.fr : Affaire Hortefeux, Internet fait-il du journalisme poubelle : excellente compilation vidéo, qui renvoie les médias traditionnels dans leurs préjugés de la soi-disante "poubelle" que constituerait le net.
Wat.tv : la chute d'Hortefeux : Toujours autour de Brice Hortefeux, je vous conseille cette parodie du film La Chute d'Olivier Hirschbiegel.
Le Figaro : les impôts en version ludique : En partenariat avec des magazines dédiés à la jeunesse, Bercy propose un feuillet ludique et pédagogique afin que la génération de demain s'approprie les questions fiscales.
Le Parisien : A Etampes, le short et la minijupe interdits de lycée : Scandaleux. Le bref témoignage proposé ci-joint traduit le climat archaïque et la réglementation excessive de notre système éducatif.
L'Européen : Erasmus à la recherche d'un nouveau souffle : Faute d'harmoniser la reconnaissance des diplômes entre les différents états européens et d'accorder des moyens suffisants aux étudiants, Erasmus perd de sa superbe.
Gonzague.TV : Recruter pour l'UMP à la fête de l'Huma : Du grand art. Remarquez le sectarisme des communistes...
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15 septembre 2009
Enquête : les dessous de l'adhésion politique
C'est un véritable culte du secret auquel s'adonnent nos formations politiques. N'étant pas, légalement parlant, contraintes de divulguer leur nombre d'adhérents à jour de cotisation, les données de l'adhésion politique en France s'en retrouvent pour la plupart erronnées. J'ai en conséquence entrepris d'interroger 25 sièges nationaux sans préciser dans quel contexte seraient publiées les données qu'ils me fourniraient, afin d'éclaircir, mieux que possible l'opacité du système de l'adhésion politique. Effectivement, lorsque je les ai interrogés quand au nombre d'adhérents qu'ils reçensaient, la plupart des secrétariats nationaux ont rechigné à me fournir une réponse : quatre (Mouvement Démocrate, Parti Socialiste, Les Progressistes et Debout la République) ont refusé d'aboutir à ma requête, deux m'ont fourni un chiffre dont l'exorbitance laissait à deviner quelque supercherie (Parti Fédéraliste, Union pour un Mouvement Populaire) tandis que deux (Lutte Ouvrière, Les Verts) n'étaient pas même au courant du nombre d'adhérents qu'ils revendiquaient, auquels s'ajoutent deux injoignables (Mouvement Républicain et Citoyen et La Gauche Moderne). En dépit de ces apparentes difficultés je suis parvenir à établir un graphique (cf. ci-dessus) dont la justesse, n'est, certes, pas assurée mais semble correspondre à une réalité dont nul ne peut fournir d'estimations avec exactitude. Eclairages.
L'UMP, première formation militante de France
Forts d'un réseau de 200 adhérents, le Mouvement Populaire s'impose très clairement comme la première formation militante de France. Ce statut s'en retrouve d'autant plus renforcé que ce chiffre ne prend pas en compte les autres composantes de la Majorité Présidentielle : le Nouveau Centre (11 000 adhérents), le Parti Radical (10 000 adhérents), le Parti Chrétien-Démocrate (8500 adhérents) et la Gauche Moderne (2000 adhérents). Au final, avec 230 000 adhérents, la Majorité Présidentielle représente plus du tiers des adhérents politiques en France !
Mais derrière cette apparente vigueur des rangs de la majorité, se cache un certain nombre d'éléments troubles. Tout d'abord, lorsque je les ai contacté, le secrétariat national de l'UMP m'avait assuré recenser entre 350 000 et 400 000 adhérents...quand le chiffre officiel est de 277 000 ! Mais même ce chiffre nourrit de nombreux doutes. Il faut effectivement savoir que l'UMP comptabilise l'ensemble des adhérents ayant renouvelé une cotisation durant les deux dernières années. Ainsi, ceux qui, enthousiasmés par le début de mandat dynamique et prolifique de Nicolas Sarkozy, mais aujourd'hui déçus et n'ayant donc pas renouvelé leur cotisation en 2008 sont encore comptabilisés.
En outre, le Mouvement Populaire avait, à l'aube de l'élection de Nicolas Sarkozy lancé une formule d'adhésion quinquennale sur la période 2007-2012. Nombre d'enthousiastes ont souscrit à cette formule, séduisante par son coût et l'originalité de son concept. Or, l'enthousiasme du début de mandat a désormais perdu de sa superbe et cette formule permet aujourd'hui d'enrayer une défection d'adhérents trop importante.
En outre, le canard enchaîne assurait à l'été 2007 avoir piraté l'équivalent du fichier ROSAM du Mouvement Populaire et ne reçensait guère plus de 135 000 adhérents. Qui croire ? La police ou les syndicats ? La moins pire des solutions étant d'établir une moyenne, 200 000 adhérents semble être l'estimation la plus recevable...
Les formations radicales dans l'ombre du Parti Communiste Français
Si la gauche radicale représente le quart du militantisme politique, 130 000 des 156 000 adhérents recensés par le NPA, le POI, le PCF et LO sont issus du Parti Communiste Français. Fort de cet important vivier militant, le PCF s'impose comme le deuxième parti de France en nombre d'adhérents, un statut qui fait mouche au vu de la modestie des scores obtenus par le parti de Marie George Buffet (1,94% aux présidentielles, 4,29% aux législatives, 2,62% aux municipales et 6,05% aux européennes).
Loin derrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste peine à tirer profit de la crise sociale et ne revendique que 10 000 adhérents. Les deux formations trotskites que sont Lutte Ouvrière (8200 adhérents) et le Parti Ouvrier Indépendant (8000 adhérents) présentent un réseau non négligeable mais très loin de celui du Parti Communiste.
Malgré son inexorable déclin, dont les prémices sont à mettre sur le dos de l'Union de la Gauche de 1974, le PCF conserve son âme militante, que, certes, bon nombre de mouvements politiques envient mais qui ne sont guère plus compatibles aux 700 000 adhérents revendiqués après la Libération.
Cet important vivier militant, en discordances avec les performances électorates du PCF, se justifie certainement par le militantisme historique qui a marqué le Parti Communiste Français, et quelques résidus de la grande époque sont toujours présents. Ce dernier reste également une plateforme d'échanges et débats internes au sein de la gauche radicale, ce qui séduit nombre de partisans de la mouvance radicale à adhérer au PCF plutôt qu'à d'autres formations tels que le NPA.
Le Parti Socialiste, ou la loi des fédérations
Difficile d'établir l'estimation d'une donnée dont nul ne connaît la valeur exacte... Le nombre d'adhérents recensés par le Parti Socialiste s'élève officiellement à 203 000 mais officieusement, il ne dépasse pas 120 000... La décentralisation des pouvoirs internes au profit des fédérations (une fédération correspond à un département, ce sont elles qui enregistrent les adhésions transmettant ensuite leurs données locales au Bureau des Adhésions qui établit le chiffre national) assure, certes, l'implantation locale du PS mais entrave la transparence du fichier ROSAM qui recense l'ensemble des adhérents.
Ainsi, sachant que leur poids au sein de l'appareil socialiste est subordonné à la vigueur des rangs de leur fédération, certains barons locaux n'hésitent pas à communiquer à Solférino des données anormalement élevées. Des enquêtes du Point et du Canard Enchaîné ont ainsi émis des doutes sur la véracité du listing de la fédération du Pas de Calais, vraisemblablement jonché de militants fantômes et autres doubles noms. Au sein même de l'appareil socialiste un élu assurait au Point, sous couvert d'anonymat, que "la fédé du Pas de Calais édite ses propres cartes ou les commande par paquets entiers à Solférino sans aucune justification" les attribuant par la suite à adhérents fantômes dont seul Jean Tibéri avait le secret.
Un autre responsable socialiste émettait quand à lui de sérieux doutes quand aux 50 000 nouvelles adhésions qui avaient précédé le Congrès de Reims, les mettant sur le dos des fédérations, soucieuses de conserver leur position au sein de l'appareil socialiste.
En outre, le PS, à l'instar de l'UMP, continue de considérer comme militant un adhérent ayant renouvelé une cotisation durant les deux dernières années écoulées : ainsi, sur 203 000 adhérents officiels il faut en soustraire 65 000 qui ne ne sont pas à jour de cotisation ! Si l'on soustrait à cette différence une quantité non négligeable de tripatouillages locaux, 120 000 adhérents s'apparente à une estimation proche de la réalité. Encore faudrait-il que Martine Aubry elle-même soit tenue au courant de cette réalité...
Le socle solide et constant de la droite nationale 
Si le Front National (60 000 adhérents) et le Mouvement pour la France (15 000 adhérents) se classent respectivement 4ème et 6ème du classement, c'est que leur socle militant se distingue par sa fiabilité et sa constance. Effectivement, tandis que les performances électorales du Front ne cessent de chuter (0,94% aux municipales, 10% aux présidentielles contre 16 en 2002, 4% aux législatives contre 7 de plus en 2002), moins de 15 000 des 75 000 adhérents recensés en Avril 2007 ont quitté le Paquebot. Le Mouvement pour la France, lui aussi, en dépit du revers des européennes et des présidentielles est parvenu à conserver son rang, n'enregistrant que 7000 défections sur les 22 000 recensés sur la période précédant les échéances présidentielles.
Le rapprochement opéré avec l'UMP risque cependant d'enrayer cette relative constance. Il y a fort à parier que la branche orthodoxe de l'électorat viliériste se repliera sur Debout la République ou le Front National tandis qu'au sein de l'UMP, le MPF n'est pas encore assuré de ratiser les conservateurs ! Il doit effectivement affronter la concurrence du Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin.
La longue marche vers la transparence
Au dela des données que cette enquête tente, le mieux possible, de hiérarchiser et d'estimer , elle lève le voile, et elle est loin d'être pionnière dans le domaine, sur l'absence de transparence des formations politiques quand aux adhérents qu'ils revendiquent. A quoi bon surréevaluer ces données ? A quand l'établissement d'une autorité chargée d'établir la transparence dans le domaine ? Le nombre d'adhérents revendiqués par les formations politiques ne devrait-il pas être une donnée informative accessible à tous ? Sinon, comment donner du crédit aux élections internes, où la fraude s'est généralisée ? La route vers la transparence sera longue...et semée d'embûches.
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12 septembre 2009
Jean-Jack Queyranne : "Sarkozy veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée"
Je n'ai pas lu ce livre, même si j'en ai entendu parler; pour moi le Congrès de Reims de novembre dernier c'est un mauvais souvenir. Je crois donc qu'il faut oublier, passer à autre chose même si en même temps il faut que la lumière se fasse sur ce qui est révelé dans ce livre. Il faut également que le PS prenne les dispositions pour que désormais, les scrutins soient clairs et transparents.
Etes-vous en accord avec le principe de non-cumul de mandats, une thématique qui a marqué les universités d'été de la Rochelle ou vous trouvez des avantages dans votre situation, à savoir cumuler un poste de député et de président de conseil régional ?
D'abord, le non-cumul je l'ai appliqué quand j'étais ministre puisqu'à l'époque le premier ministre Lionel Jospin nous avait demandé de ne plus exercer nos fonctions de maire (Secrétaire d'état à l'outre-mer 1997-2000 puis ministre de l'Intérieur 1998-1999 et enfin ministre des relations avec le parlement 1999-2002), ce que j'ai fait à la mairie de Bron sans reprendre mes fonctions par la suite. Donc le non-cumul ne me fait pas peur de ce point de vu la.
Je pense qu'il faut une loi sur le plan national, une loi limitant les cumuls même si le cumul ça n'est pas l'appétit de pouvoir des élus, c'est le résultat de la centralisation. Car pour être écouté à Paris, dans un état centralisé, il faut pouvoir accéder aux ministres et à leurs administrations et vous êtes beaucoup plus considérés quand vous êtes élu local, député-maire, sénateur-maire, président d'un conseil régional ou départemental et parlementaire que quand vous exercez un simple mandat. Donc on ne sortira de la règle du cumul que par une vraie décentralisation et pas seulement par une loi.
Maintenant, concernant ma circonscription, j'intervenais par exemple hier sur la suppression éventuelle de la brigade de gendarmerie de Rilleux. Or, le fait que j'ai été ministre de l'intérieur, que je sois député et président de région, me donne un poids fort pour être en capacité d'aborder ce sujet. Je crois donc que le fait de cumuler ces deux postes est un atout pour les habitants de ma circonscription.
Vous avez annoncé que vous briguerez un nouveau mandat à la tête du conseil régional Rhône-Alpes, quelles sont les grandes lignes du bilan que vous mettrez en avant durant la campagne qui s'annonce ?
Tout d'abord, nous confronterons les actions que nous avons mené aux engagements qui ont été pris. Or, tout a été tenu. Nous nous sommes fixés un cap et nous l'avons tenu. Alors quels sont les points importants ? D'abord, la progression du TER, dont la fréquentation a augmenté de 50% et qui représente désormais le quart du budget de la région. Nous avons également investis dans du matériel neuf de façon que 2/3 des TER qui circuleront fin 2009 seront neufs.
C'est également l'investissement qui a été réalisé sur les grandes lignes de Rhône-Alpes. Par exemple, puisque vous êtes à Sathonay, le doublement de la ligne Bourg-Sathonay, ainsi que celle entre les Echets et Villard-les-Dombes, qui a été un gros investissement puisqu'avant nous étions sur une ligne à voie unique.
C'est l'action dans les lycées avec la carte M'Ra et les 280 000 jeunes qu'elle concerne. C'est également le milliard d'euro investi dans les lycées soit 30% de plus que sous le mandat précedant (Anne-Marie Comparini) et qui ont été notamment employés dans le cadre de chantiers de réhabilitation et de rénovation des établissements.
Ce sont les fonds pour la culture, dont nous avons doublé le budget, en assurant la précense de la culture sur tous les territoires. C'est également sur le plan de la formation, l'attention qu'on a porté sur la formation des jeunes. C'est également une formule que Rhônes-Alpes a initiée, le Contrat d'aide au retour à l'emploi durable, qui a séduit près de 12 000 personnes éloignées de l'emploi qui en ont retrouvé un.
Pensez-vous qu'il est préférable pour la France de se diriger vers un système fédéral à l'Allemande en accentuant la décentralisation ?
D'abord la France est un pays trop centralisé. C'est une tradition héritée du jacobinisme et de l'époque napoléonienne, or, il faut beaucoup plus régionaliser la France. Ce n'est pas le projet du président de la république qui veut transformer les régions en relais de poste de l'Elysée. Alors faut-il aller vers le fédéralisme ? Ca n'est pas la tradition française puisque nous ne sommes pas un état fédéral comme l'est la République Fédérale Allemande. Le serons-nous un jour ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'il y ait des régions qui jouent un rôle beaucoup plus important et donc moi je suis pour renforcer le pouvoir des régions.
A titre de comparaison, même si nous n'exercons pas les mêmes responsabilités, le budget de la Catalogne, c'est 37 milliards d'euros pour 7 millions d'habitants tandis que le budget de Rhône-Alpes c'est 2,4 milliards pour 6 millions d'habitants. On voit donc qu'en Catalogne, il y a douze fois plus de moyens par habitants qu'à Rhône-Alpes, qui exerce certes des compétences beaucoup moins fortes. On ne demande donc pas autant mais quand on compare aux grandes régions qui sont nos partenaires, le Baden-Würtemberg ou la Lombardie, on se rend compte que nous sommes très loin d'avoir les moyens et les compétences qui nous correspondent.
Etes-vous favorable à la prolongation du mandat de M.Barroso à la présidence de la comission européenne, à l'instar des sociaux-démocrates européens ou de son remerciement comme le réclament vos collègues français ?
M.Barroso a présidé une commission dont l'orientation était libérale. A partir du moment où le Parlement Européen a plus de pouvoirs, et notamment celui de refuser le choix de président de la comission émis par le conseil européen, je pense que les formations de gauche, alliées à d'autres, les écologistes ou les centristes, doivent présenter un candidat alternatif à M.Barroso. Moi ma position est claire, si ce que fait M.Barroso est dans la continuité de la précédente comission, je souhaite que les socialistes, la gauche, et d'autres votent contre la candidature de M.Barroso.
On finira sur la question suivante, les Etats-Unis d'Europe, est-ce une idée qui vous séduit ?
C'est un rêve, dont Victor Hugo parlait déjà, en 1850. Ca me parait être une très belle idée, l'Europe, pour reprendre la formule de Jacques Delors, doit devenir une fédération d'états-nations. Moi ça me séduit.
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11 septembre 2009
Les liens du vendredi 11 Septembre
Le Vrai Debat.com : Les Irlandais priés de bien voter cette fois-ci : je suis un fédéraliste convaincu mais je ne peux que regretter la parodie de démocratie livrée par l'Union (cet article en fournit un très bon exposé) dont la crédibilité s'en retrouve une nouvelle fois affectée. Un Parlement Européen puissant, dôté de formations politiques supranationales cohérentes est le seul remède à cette Europe dont les traités fondamentaux ne rencontrent pas l'adhésion des populations.
L'Européen : enfance, la Grande Bretagne et l'Italie épinglée par l'OCDE : dans son classement annuel du bohneur des enfants par pays, aux critères certes quelques peu subjectifs, l'OCDE n'a pas manqué de remontrer l'Italie et la Grande Bretagne tout en pointant du doigt l'inneficacité des fonds publics français en matière d'éducation.
Rue89 : le vrai et tous les faux complots du 11 septembre : un dossier, qui date certes de février dernier, mais qui n'en reste pas moins pertinent à l'heure où nous "célébrons" le 8ème anniversaire des attentats du World Trade Center.
Europe 1 : le livre choc qui accuse Martine Aubry de fraudes : un excellent résumé de la polémique qui a suivi la publication d'extraits du livre choc Hold-ups, arnaques et trahisons, proposée par l'auteur lui-même.
Imposteurs : Vous avez dit Bombe P ? : un historique très intéressant sur la gestion de la croissance démographique à travers l'histoire
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09 septembre 2009
L'Edito d'Alex Joubert N°10
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08 septembre 2009
Hervé Morin a un coup à jouer
Les deuxièmes universités d'été du Nouveau Centre, qui se sont tenues à Agen, ont clairement marquées une rupture dans la ligne politique du jeune mouvement. Dans son discours de clôture, le président-fondateur Hervé Morin a effectivement formulé, certes de manière implicite, le souhait de s'émanciper de la tutelle de l'UMP , évoquant une candidature indépendante aux élections présidentielles 2012 et la réappropriation du sigle UDF. Le moment semble en effet opportun pour les anciens alliés de Français Bayrou d'assurer leur autonomie car les évènements qui leur sont leurs aujourd'hui donnés d'exploiter risquent de ne plus se présenter d'ici les échéances présidentielles de 2012.
Tout d'abord, François Bayrou ne cache plus sa volonté de tendre la main au Parti Socialiste, un virage à gauche que peinent à comprendre les chrétiens-démocrates et libéraux de l'ex-UDF. Ce créneau politique reste donc vacant et le Nouveau Centre dispose d'arguments de poids pour s'en constituer une base électorale solide : la relative solitude de François Bayrou ne pèse pas lourd face au réseau d'élus et de personnalités dont dispose Le Nouveau Centre. Son président, le ministre de la défense Hervé Morin, n'a d'ailleurs plus grand chose à envier à François Bayrou en terme de légitimité d'action...
En outre, l'intégration du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous au comité de liaison de la Majorité Présidentielle peut doublement nourrir les aspirations du Nouveau Centre : elle peut faire office de prétexte à des distorsions de plus en plus fréquentes avec l'UMP et peut également permettre au Nouveau Centre d'opérer une OPA sur les électeurs de centre-droit, qui, faute d'alternatives crédibles, se sont réfugiés à contre-coeur dans le sarkozysme : ils sont effectivement peu nombreux à prendre fait et cause au rapprochement avec la droite nationale.
Cependant, si le Nouveau Centre souhaite s'arroger un monopole au centre et particulièrement au centre droit, il devra s'atteler à vaincre l'image d'aspotats qui colle à la peau des Morin, Lagarde, Sauvadet, Létard, Lachaud et j'en passe. Difficile, effectivement, de justifier un schisme avec un mouvement que l'on a soutenu à corps perdu trois ans durant : Hervé Morin pourra néanmoins s'appuyer sur les multiples amendements déposés par les députés du Nouveau Centre a l'Assemblée, seuls à témoigner des divergences entre le parti de la majorité et son subordonné centriste.
En somme, le Nouveau Centre a tout à fait sa place sur l'échiquier politique français, et cela même en s'émancipant de la tutelle de l'UMP : l'électorat du centre-droit peine à trouver chaussure à son pied d'autant plus que François Bayrou ne présente désormais aucun complexe à se revendiquer du centre gauche. Le Nouveau Centre peut également espérer rogner l'électorat libéral de l'UMP, qui peine à digérer le rapprochement du MPF à la Majorité Présidentielle et, pour une minorité non négligeable, la gestion très keynésienne de la crise du président Sarkozy. Hervé Morin a donc toutes les cartes en main pour briguer la présidence de la république...Ne lui reste plus qu'à jouer...
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05 septembre 2009
Vous prendrez bien un peu de réforme ?
Notre collège va mal. Ce constat, qui ne cesse de se vérifier d'années en années, s'est hâté de décrédibiliser cette pièce maîtresse de l'édifice éducationnel français. En première ligne, la régression du niveau des collégiens est régulièrement mise sur la table par des enquêtes, menées par des instituts de sondages, mais surtout par le biais d'évaluations gouvernementales bien souvent sources d'inquiétude. Récemment, le haut Conseil de l'éducation déplorait le niveau fragile de 25% des élèves de 6ème, «condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d'études incertaines au-delà». Quatre ans plus tard, à la sortie de 3ème, ce taux d'élèves n'ayant pas acquis le niveau minimum acceptable grimpe à 40% !
Autre donnée alarmante, une étude menée par deux institutrices et deux spécialistes du langage, qu'ils relatent dans leur ouvrage «Orthographe : à qui la faute ?», témoigne d'un important recul quant au niveau d'orthographe des collégiens. Ainsi, en 1987, 3000 élèves de 5ème avaient été amenés à faire une dictée, et comptabilisaient en moyenne 8 fautes. 18 ans plus tard, le même texte a été dicté à un échantillon d'élèves identiques, le nombre de fautes moyens a grimpé de plus de 60%, soit 13 erreurs.
Sur le plan européen, les résultats obtenus par les collégiens français ne sont guère plus reluisants : la France n'occupe que la 19ème position (sur 27) d'un classement annuel établi par l'OCDE après évaluation d'élèves de tout le continent.
Cette dégradation du niveau des collégiens, couplée à l'image d'insécurité reflétée par les médias (tout particulièrement les journaux télévisuels) fait du collège l'organe le plus impopulaire du système éducatif français, avec moins de 52% d'opinions favorables, quand le lycée et le supérieur recensent tous deux 55% d'opinions favorables, le primaire 69% et la maternelle 81% (sondage Ipsos «Les Français et l'éducation nationale»).
Reconsidérer la mission du collège
Face à cette situation préoccupante, les gouvernements successifs ont préféré s'attarder sur l'impossible réforme du lycée, sans prêter regard à un collège en quête de modernisation. En premier lieu, sa mission doit être reconsidérée. Alors qu'il est aujourd'hui censé apporter une culture "générale" en repoussant la spécialisation au plus tard, il devrait en priorité assurer l'intégration des nouvelles générations dans la société de demain en s'adaptant à chaque jeune. En clair, il faut tirer profit des préférences et des talents de chacun pour assurer notre compétitivité dans le monde de demain, en permettant aux élèves de composer leur emploi du temps, octroyant ainsi à leurs journées des matières pour lesquelles ils éprouvent un désintérêt profond et empêchent une progression avancée dans leurs domaines de prédilection.
Contraindre les élèves à assister à plus de 6-7 heures de cours par jour ne va en rien améliorer les performances scolaires des ces derniers : la Finlande, qui peut se targuer d'occuper régulièrement la première position du classement de l'OCDE (cf.deuxième paragraphe) n'impose à ses élèves que 4heures de cours quotidiens ! Nous ne pouvons que conclure que le temps passé en cours ne conditionne pas les résultats scolaires mais c'est bel et bien l'épanouissement personnel, les sorties et autres activités extra scolaires qui apportent la dimension suplémentaire nécessaire à la réussite.
Une telle mesure marquerait la fin du collège unique au profit d'un collège multiple, un collège multi-matières. Ainsi, des domaines aujourd'hui considérés comme "décalés" (cuisine, jardinage, langues étrangères méconnues, poterie, mécanique, théâtre, sports, couture, cinéma, littérature etc...) pourraient être enseignés par des intervenants naviguant d'un établissement à l'autre. Une sociétée équilibrée privilégie la diversité et la différence à l'uniformisation des masses. Aux Etats-Unis, cette recette est de mise et le succès est au rendez-vous, la compétitivité de la première puissance mondiale n'étant plus à démontrer.
Vers la pédagogie moderne
L'émergence de ces intervenants s'inscrirait dans la lignée d'une réforme de la pédagogie enseignante. Actuellement, le professeur dictant le cours à ses élèves sans interruptions est bien souvent un classique des établissements scolaires. Or, à l'ère du XXIème siècle, l'absurdité de ces méthodes ne fait nul doute. La encore, le collège (les enseignants dans ce cas précis) doivent être amenés à revoir leurs objectifs : inculquer un certain nombre de notions à des élèves, et employer les méthodes nécessaires à cet apprentissage.
Développer la confiance et l'assurance des élèves passe tout d'abord par la mise au placard des commentaires souvent négatifs des enseignants, ainsi que des remarques acerbes relatives au niveau des élèves, dont le moral s'en retrouve amoindri. Sur inspiration du modèle américain, n'importe quel pédagogue vous vantera les mérites du "feedback sandwich", en lieu et place des critiques assassines lors du rendu d'un devoir : un commentaire positif introduit le rendu, suivi d'une remarque relativement négative avant de finir par une nouvelle note positive.
En outre, j'évoquais précedemment la nécessité de réduire les heures de cours quotidiennes des élèves, ce qui impliquerait inévitablement un temps de travail allégé pour les enseignants. Or, sous inspiration du modèle finnois, ces plages horaires supprimées pourraient permettre d'instituer des cours de soutien particuliers ou en groupes restreints, compris dans les horaires de travail des enseignants (et dans leur fiche de paie de facto).
Autre forme de pédagogie obsolète à renouveler, l'absence de supports d'accompagnement dans le cadre des cours, pourtant susceptibles d'accroître l'intérêt des élèves. Le recours à la vidéo ou à l'image doit être encouragé. D'ailleurs, l'innovation pédagogique des enseignants doit pouvoir s'exercer au dela des supports multimédias. Ainsi, les chefs d'établissement pourraient se voir décerner comme nouvelle mission le recrutement de leurs enseignements, ces derniers devant fournir un projet pédagogique en phase avec celui du collège. Cette stimulation de la créativité enseignante n'ayant que pour seul but d'intéresser les élèves aux cours qui leur sont énoncés : pour enfin faire du collège un lieu de vie à part entière.
Collège lieu de vie : à quand la métamorphose ?
Cette aspiration à métamorphoser le collège français en un collège "lieu de vie" passe inévitablement par l'application des deux points abordés précedemment : le respect des goûts et préférences de chacun et une amélioration des méthodes pédagogiques au sein du corps enseignant. Une troisième donnée doit également être prise en compte : minimiser la réglementation et l'institutionnalisation de notre collège.
Il est interdit d'interdire : donnons enfin un sens à cette phrase !A quoi bon entraver l'expression des collégiens en prononçant l'interdiction des débardeurs et des signes religieux ? En refusant la libre expression au sein des classes, réduisant le rôle de délégué à celui d'un ramasse miettes ? En réclamant une tenue vestimentaire soit disant "décente" au nom de nous ne savons quel(s) principe(s) ? En installant portiques de sécurité et autres détecteurs de métaux ? Ce collège la ne possède rien du collège lieu de vie auquel nous devons aspirer ! D'autant plus que l'interdit incite à le braver...
12:55 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : france, éducation, politique, collège, rentrée, prof |
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04 septembre 2009
Les liens du vendredi 4 Septembre
Slate.fr : l'extrême gauche ne profite pas de la crise : une analyse pertinente des résultats décevants de la gauche radicale aux élections européennes, en dépit d'une crise économique lourde de conséquences, fruits d'une évolution profonde des mentalités.
L'Express.fr : évasion fiscale, allons plus loin : pour Christophe Barbier, résorber l'évasion fiscale passe inévitablement par une baisse des impôts et l'amélioration de l'image de la fonction publique.
Le Post.fr : quand Ségolène Royal s'aime un peu, beaucoup... : mieux vaut trop d'humilité que pas assez... la preuve en images avec cette compilation vidéo réalisé par la rédaction du Post.
Le Monde.fr : Silvio Berlusconi veut museler la presse : face à une série d'articles peu élogieux, Silvio Berlusconi crie à une conspiration internationale pour justifier ses crocs-aux-jambes à la presse nationale.
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