14 juin 2009

L'erreur stratégique de Martine Aubry

photo_0302_459_306_25195.jpgUn semestre après son élection controversée à la tête du Parti Socialiste et au lendemain de la déroute cuisante des élections européennes (16% des suffrages, presque deux fois moins que l'UMP), Martine Aubry se doit de tirer les enseignements d'un tel échec, enregistré alors que l'exécutif doit faire face à une défiance et une impopularité croissante. Tout d'abord, la tentative d'unification du parti, alors empêtré dans d'inexorables divisions internes, s'est soldé par un échec cuisant : en priant les différentes personnalités socialistes de limiter leurs interventions médiatiques afin d'afficher une ligne politique claire et unie, Martine Aubry a préféré ignorer les fortes divergences idéologiques qui existent au sein du PS (voir mon article "Le PS plongé dans une crise idéologique") que de solutionner cette problématique. Conséquence directe de cette stratégie alors encensée par les chroniqueurs : l'absence d'engagement des socialistes dans la campagne européenne, que les français ont vivement réprouvé via le bulletin de vote Europe-Ecologie. L'unification des courants au sein du parti se solde donc par un échec criant, et Martine Aubry va être contrainte de les affronter de face.

 

Effectivement, le Parti Socialiste ne pourra assurer sa pérennisation si il ne tranche pas entre la démocratie participative moderne de Mme Royal, (bien souvent assimilée à la social-démocratie européenne) et le socialisme à l'état brut, grand dilemme de ce siècle. Trouver une issue à cette impasse avant les présidentielles de 2012 ne paraît cependant pas concevable : si le PS tangue vers la gauche radicale, son statut de parti de gouvernement prendra un coup, tandis que si il se rapproche de la social-démocratie, le poids de la gauche radicale sur l'échiquier politique s'en verra accru. A fortiori, aucune de ces deux alternatives ne semble en mesure de résorber la crise dans laquelle s'est embourbé le PS.

 

On en revient donc à la troisième stratégie, que Martine Aubry aura en vain tenté d'imposer, celle de l'unification de façcade, responsable de la déroute des socialistes. L'image d'unité, bien que fourvoyée, a incontestablement bénéficié à l'UMP, pourtant elle aussi caractérisée par des multiples divergences au sein-même des organes de la formation. Seule différence avec le Parti Socialiste, le Mouvement Populaire possède un avantage de marque, celui de posséder un leader incontesté et fort d'une légitimité que nul ne conteste. Si il souhaite enfin remporter une élection présidentielle, en 2012, ce qui constituerait une première depuis 24 ans, le Parti Socialiste n'a plus qu'espérer l'arrivée du messie...ou se replonger dans d'interminables luttes internes en quête d'un(e) leader...

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Commentaires

Faut voir comment les partis socialistes européens qui échappent à la crise de la social-démocratie s'en sortent (le PS grec, par exemple, est arrivé en tête aux européennes), et quels sont leurs points forts. Faut sortir du bunker de Solférino.
Ya ka, fokon, oui, je sais. Mais on apprend toujours quelque chose chez les autres.
C'est une mission qui pourrait bien convenir à Ségolène Royal, pour peu qu'on ne la ligote pas en ne lui autorisant que deux ou trois voyages par an.

Ecrit par : Marco | 15 juin 2009

Au parti socialiste on avait une candidate choisie très majoritairement par les militants qui (même sur une planche savonnée par ses camarades qui aujourd'hui pleurent des larmes de crocodile) est parvenue à rassembler 47% de nos concitoyens à l'élection présidentielle de 2007..
Mais les rancoeurs sont tenaces et au lieu de provoquer un congrès extraordinaire dans la foulée pour porter Ségolène et surtout sa vision, son projet pour la France la direction du PS a tout fait pour retarder celui ci .
La suite on la connait .
On a cassé le vase de cristal et on cherche où mettre le bouquet de fleurs! Tout le monde sait au PS qu'elle avait raison et aujourd'hui chacun fait sienneses initiatives ( primaires, fraternité, démarche participative, dialogue avec le MoDem...etc) mais personne ne veut dire je me suis trompé, elle avait raison ! car en soutenant les attaques incessantes dont elle est l'objet chacun croit pouvoir bénéficier de la place de leader laissée vacante .Illusion et demeusure des égos!
Ségolène doit revenir car elle seule peut rassembler un grand mouvement social démocrate.

Ecrit par : ROUVIER Michel | 15 juin 2009

Marco, tu cites l'exemple du Parti Socialiste Grec..mais c'est un cas isolé ! Dans l'immense majorité des états, les sociaux-démocrates ont été balayés ! Quand à Michel Rouvier, nous sommes entièrement d'accord sur ce point, reste que sa popularité est en chute libre, à force de se meler à cette interminable guerre des chefs...

Ecrit par : Alex Joubert | 15 juin 2009

message à tous les matheux!!!

pouvez vous nous indiquer, vous les matheux, ce qui est mieux, faire un pitoyable 16% en 2002, un humiliant 16% en 2009 ou un honorable 26% en 2007???

pour ma part, il me semble, mais les matheux le confirmeront, que Ségolène Royal avec 26% a fait DIX POINTS DE MIEUX que le PS de Jospin ou de Aubry!

Bref le Tout sauf Ségolène fait 16 misérables % tandis que Ségolène toute seule fait 26%...

Je ne comprends pas pourquoi elle ne se tire pas de ce panier de crabes qui l'empêchera de devenir présidente en 2012 car les socialistes de LE SIECLE (DSK, Aubry, Jospin, Fabius...) préfèreront toujours les UMP de LE SIECLE (dont Sarkozy) à n'importe quel autre socialiste!!!

Ecrit par : trickyboy | 16 juin 2009

Le score de Royal à la présidentielle n'est pas très bon. Puisqu'au 1° tour, elle syphone les voix de gauche et se retrouve obligé de ramer au centre et de faire de l'anti sarko pour gagner des voix.
Sarkozy et la droite ont eu un discours clair, à droite et sans complexe. Au deuxième tour, ils avaient une reserve de voix au modem et au fn, ils n'ont pas bougé d'un pouce leur ligne politique.
La défaite du PS est à rapprocher des défaites de la sociale démocratie en Europe qui ne sait pas qui elle est, ce qu'elle doit faire et pour qui elle travaille. Quand elle est au pouvoir, seule ou avec la droite, elle fait une politique de droite.
Là encore, la droite ne bouge pas d'un pouce sa ligne politique et, dans un contexte de bipolarisation, force l'autre camps à s'aligner.
En attendant, on trinque. Et pendant l'été, on va s'en prendre plein la gueule.

Ecrit par : Benoit | 17 juin 2009

Si Ségolène Royal avait fait le 16% de Jospin ou le 16% de Aubry, pour le second tour, c'était macache!!!

Elle ne pouvait pas, avec le boulet du vieux PS jospino-fabiuso-strauskhano-lango-aubriste, gagner les présidentielles...

Mais, au moins, elle n'a pas humilié les militants et le peuple de gauche avec le score de Jospin et de Aubry!!!

Si les éléphants et les traîtres avaient été virés assez tôt, elle aurait pu construire une alternative crédible pour 2012...

Maintenant c'est vrai qu'entre le sarkoziste Straus Khan, le sarkoziste Lang, l'anti-noirs-dans-sa-ville Valls, le crève-coeur Peillon, le Bogosse Hamon et la nullitude stratégique de la cheffe autoproclamée Aubry, Sarkozy n'a rien à craindre pour 2012!!!

Avec encore leurs 16 misérables % le PS n'épouvantera pas le conglomérat des droites!!!

Ecrit par : trickyboy | 17 juin 2009

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