08 juin 2009

Le collège unique, plaie ouverte de notre système éducatif

eleves-college.jpgA l'heure où fréquemment, des études témoignent de la faiblesse du niveau scolaire des collégiens français vis à vis de leurs homologues européens, la contestation à l'égard de la réforme Haby, qui a instauré le collège unique en 1975, trouve une certaine légitimité. Cette réforme, de tout temps source de polémique, avait pour objectif d'assurer pour tous les élèves un même bagage de connaissances dans les mêmes disciplines. Fini les classes de niveaux, bonjour les classes hétérogènes ! Pis, le collège unique a sur le dos la responsabilité non seulement de l'uniformisation des connaissances scolaires des collégiens mais également de notre société toute entière. Uniformiser les programmes et donc les connaissances n'est jamais souhaitable dans une société, en quête de diversité et de multiculturalisme.


Le système d'options ou d'emploi du temps à la carte avec un nombre très restreint de matières obligatoires, qui a prouvé son efficacité aux Etats-Unis d'Amérique, assure un très large choix de disciplines potentiellement enseignées qui correspondent aux goûts de chacun. A l'âge de 13-14 si ce n'est 11-12 ans, les préférences d'un élève pour telle ou telle thématique sont d'ores et déjà tranchées. Une vocation peut d'ailleurs s'être ouverte chez un élève (poterie, danse, sport, journalisme, cuisine, jardinage etc...) qui, plus tôt ses connaissances progresseront dans son domaine de prédilection, plus ses compétences dans son métier seront riches, et ne sera pas ainsi contraint de ratrapper le retard accumulé au collège par un travail soutenu et acharné en école supérieure ou en apprentissage.


Autre aspect néfaste du collège unique, l'hétérogénéité des classes, présentée par les défenseurs du collège unique comme "mixité des niveaux". Cette mixité ne profite à personne. Ni aux bons élèves, handicapés par des camarades de classe présentant de grosses lacunes et qui nécessitent une plus longue explication des notions étudiées en cours; ni aux mauvais élèves qui ne suivent pas la cadence imposée par les élèves disposant de plus facilité.


Pis, l'hétérogénéité des classes crée une insupportable inégalité entre les classes populaires et supérieures : dans l'impossibilité de sélectionner son établissement en raison de la carte scolaire, les bons élèves issus des classes aisés se rendent au collège privé, tandis que les bons élèves dont les moyens ne permettent pas l'inscription à un établissement privé, stagnent au sein de collèges public dont le niveau est incompatible avec l'épanouissement et la progression sereine d'un élève possédant certaines capacités.

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Commentaires

Les classes devraient être homogènes au moins dans ce sens que tous possèdent le niveau requis et la motivation pour suivre l'enseignement proposé. On en est loin !

La prépondérance des options (de la liberté) est une idée intéressante qui requiert le niveau et la motivation.

Ecrit par : Courouve | 10 juin 2009

pffffffffff, arf.
le collège n'est pas là pour vous apprendre un métier, vous aurez assez de toute votre vie d'adulte pour ça !
transmettre les connaissances de notre civilisation, notre culture, ne se résume pas au 21ème siècle à savoir lire écrire et compter.
Que vous vous destiniez à devenir boulanger ou astronaute, un socle commun de connaissance est primordial et chacun peut suivre du moment qu'on s'en donne les moyens.
je n'ai plus 15 ans depuis quelques années déjà mais j'ai toujours été en établissement public et je n'ai jamais envié les fils de riches qui partaient dans le privé. J'ai pu suivre de longues études et profité des bourses.

Je veux bien croire que la situation s'est aggravée depuis mais on entendait déjà votre discours à l'époque, soit vous êtes vraiment trop jeune soit vous êtes déjà trop vieux...

Ecrit par : prince2phore | 15 juin 2009

J'approuve intégralement le commentaire précédent. Par ailleurs, si on s'intéresse à la qualité de l'enseignement transmis, la meilleure réforme serait de limiter à 24 le nombre d'élèves par classe, de la petite section de maternelle, jusqu'à la terminale.
Cordialement.

Ecrit par : Juntos | 09 juillet 2009

Tous les arguments défendus ici sont recevables. Mais le collège n'est en effet pas fait pour apprendre un métier, et de plus, donner un socle de connaissances n'est pas son seul et unique but. C'est aussi une école de la vie en société
J'ai été très content moi-même d'avoir été dans un collège public et dans une classe hétérogène, j'ai pu être en contact avec des camarades de milieux différents que je n'aurais sans doute jamais cötoyé par ailleurs, et j'ai des souvenirs impérissables de cette époque. La société française est déjà suffisamment compartimentée, on ne va pas en plus séparer les élèves de niveaux différents dès l'adolescence !
Le collège unique est une fausse polémique entretenue par les profs et les miileux élitistes. Le collège est en crise depuis longtemps, il y a de plus en plus de jeunes en échec qui ne savent plus lire, mais ceci n'est pas dû à son unicité.
D'abord parce que le collège est le reflet de la société qui elle même est en crise (famille, valeurs, culture, perspectives d'avenir, etc...)
Ensuite, parce que le collège c'est chiant à mourir, les enseignements sont totalement indaptés, ils sont trop théoriques, trop magistraux, pas assez participatifs, pas assez pratiques. La solution n'est pas de baisser le niveau, au contraire, mais de stimuler l'envie d'apprendre.

Ecrit par : Ambrouille | 05 août 2009

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