30 mai 2009
L'Edito d'Alex Joubert N°8
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28 mai 2009
Le surprenant come-back du Parti Communiste Français
A-t-on enterré trop tôt le Parti Communiste Français ? A la vue des enquêtes d'opinion accordant au Front de Gauche (alliance électorale du PCF et du PG de Jean-Luc Mélenchon) un score bien souvent supérieur à celui du Nouveau Parti Anticapitaliste, il est légitime de s'interroger. Dépourvu de groupe parlementaire suite aux deux déroutes successives des élections présidentielles et législatives 2007, le PCF, contraint de céder sa place sur l'échiquier politique à la LCR rivale, semblait émettre les derniers souffles d'une existence certes bien faste. Incapable ni d'assurer l'unité à la gauche de la gauche car handicapée par l'appelation trop clivée "communiste" ni d'assurer sa crédibilité face à la dislocation de l'URSS, le Parti Communiste Français a-t-il tourné la page des balbutiements de ce début de siècle ?
A moins de deux semaines des échéances européennes, le Front de Gauche totaliserait entre 5 et 7% des suffrages en fonction des différents instituts, au coude à coude avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, en dépit de la large avance que la formation d'Olivier Besancenot détenait lors des premières enquêtes. La campagne avait effectivement mal débutée pour un Front de Gauche marginalisé par l'élan de la fondation du NPA, désireux d'unifier la gauche de la gauche en refusant l'affiliation à quelque courant. Un choix qui s'était avéré payant, 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique témoignait ainsi un responsable NPA lors de la fondation du mouvement.
La réaction du PCF face à cette nouvelle formation fut particulièrement habile politiquement parlant : revendiquant lui-même le statut de formation unitaire à la gauche de la gauche, le PCF, à l'inverse des précédentes échéances, s'est haté de crédibiliser ce discours via la formation du Front de Gauche : la présence de Jean-Luc Mélenchon a indéniablement séduit une gauche socialiste insatisfaite des querelles internes qui minent le PS tout en rejetant le discours radical d'Olivier Besancenot. Le Front de Gauche s'impose ainsi comme une véritable paserelle, à mi-chemin entre le PS et le NPA. En outre, le fait que le terme "communiste" ne soit pas mentionné dans l'appelation du front crédibilise la volonté de se poser en véritable et unique rassemblement des forces des gauche, ce à quoi il faut combiner une campagne originale, en Ile de France notamment, ou les candidats ont milité à la criée dans les métros.
Si les résultats des élections européennes amenaient à confirmer l'avance du Front de Gauche sur le NPA, la question d'inscrire dans la durée l'expérience d'une alliance PG-PCF se posera tout légitimement, pour un Parti Communiste Français en déficit de notoriété. Et si, au final, le PCF abandonnait sa bannière historique pour un grand mouvement de rassemblement, avec le Parti de Gauche, loin des courants et clivages qui ont exclu toute possibilité de rassemblement à la gauche de la gauche ces dernières années ? Difficilement imagineable tant que la branche orthodoxe de la formation communiste n'aura pas été évacué des organes du parti...
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20 mai 2009
Le fascisme guette-t-il l'Europe ?

Adolf Hitler arpentant tel un héros les avenus berlinoises. Le triomphe de la marche faciste sur Rome de 1922. L'apogée du sauveur Salazar en 1928, plébiscité par l'ensemble des Portugais. Nombre d'enquêtes en témoignent, une large majorité d'européens ne croient plus à la reviviscence de ces figures facistes, qui se sont imposées en Europe de 1922 (Prise de pouvoir de Benito Mussolini en Italie) jusqu'à 1976 (Révolution des Oeillets au Portugal). Ce sont des arguments liés à l'inculcation de cette histoire moderne par l'entourage familial ou médiatique qui sont avancés afin de justifier cette position, également influencée par la pérennisation de nos systèmes démocratiques. Récemment, le film du réalisateur allemand Dennis Gansel, La Vague, (inspiré de faits réels) a taché d'exposer le manque de crédibilité de ces arguments. L'enracinement dans la nature humaine du besoin d'appartenance à un groupe, ce sur quoi se sont basés nombre de mouvements nationalistes, nous empêche d'affirmer avec certitude que l'expérience totalitaire, connue par nombre de pays européens le siècle dernier, ne peut se réediter au sein de notre vieux continent. Par ailleurs, d'autres phénomènes sociétaux similaires à ceux ayant précédé l'émergence des régimes fascites se reproduisent étrangement. Malgré ce que l'on pourrait qualifier d'insouciance de la part des européens, doit-on craindre l'émergence de nouvelles formes de facisme ? C'est tout du moins ce que laissent entrevoir plusieurs éléments...
Deux crises économiques successives propulsent Hitler à la tête de l'Allemagne
En 1919, au lendemain de la première guerre mondiale, les membres de la Triple-Entente infligent à l'Allemagne de graves sanctions militaires mais également économiques : l'Allemagne doit s'acquérir d'une dette de plus de 132 milliars de marks (près de 67 milliars d'€, une somme extrêmement conséquente à l'époque) et ne peut plus réclamer de droits de douane relatifs aux marchandises transportées sur l'Elbe, le Rhin et l'Oder. En outre, c'est un empire colonial de plusieurs centaines de kilomètres carrés comprenant la Namibie, le Cameroun, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda dont doit s'affranchir l'Allemagne.
Ce panel de sanctions précipite l'Allemagne dans une inéluctable crise économique : la dette à l'égard des Alliés, principalement la France, ne peut être remboursée. En conséquence de cause, la France s'approprie les industries du Ruhr, portant un nouveau coup à l'économie allemande, et s'attire la haine des voisins outre-rhin. Dans Mein Kampf (1923) , Hitler perçoit ce ressentiment à l'égard de la France, qu'il qualifie d'ennemie mortelle du peuple allemand. Pourtant, c'est une autre crise économique qui va propulser Hitler au sommet de l'état...
Effectivement, l'Allemagne connaît une embellie à partir de 1923, bénéficiant de l'arrivée de capitaux américains. Ces investisseurs font cependant marche arrière lors du krach boursier de 1929, replongeant l'économie allemande dans la récession : le chômage touche près du tiers de la population, au grand dam des classes moyennes qui subissent de plein fouet la crise économique. L'adminsitration ne parvient pas à établir de projet concret et les différentes combinaisons politiques se hatent de discréditer l'éfficacité publique C'est cette deuxième crise économique qui va excéder l'Allemagne...et propulser Hitler au sommet de l'état. Le parti nazi voit son score multiplier par 5 entre les élections législatives de 1928 (2,6%) et 1930 (18,3%) !
Le désordre politique et social dans lequel était embourbé l'Allemagne a incontestablement favorisé Adolf Hitler, lui qui promouvait l'établissement d'une société d'ordre et sécuritaire. Par ailleurs, face au désespoir causé par deux crises économiques successives, celui qui allait devenir le "Führer" ne cessait de prêcher en faveur de la préférence nationale et de l'expulsion des immigrés de l'est, accusés de voler l'emploi allemand. L'ordre, la sécurité et un patriotisme forcené assurèrent à Hitler une majorité (ou plutot une minorité suffisament forte pour assurer seul la gouvernance, 40%) sur laquelle il s'assit près de douze ans...
Mussolini tire profit de la désorganisation interne et de la déception de Versailles

En 1921, lorsque Benito Mussolini s'impose comme le vainqueur incontesté des échéances législatives, c'est une ascension monumentanée à la quelle assiste médusée le reste de l'Europe : en deux ans, les rangs du mouvement facistes avaient été multipliés par 15. Les raisons de cette victoire éclair résident en deux points : la déception liée au Traité de Versailles, qui n'a pas assuré le redressement économique du pays, à la quelle s'ajoute une profonde désorganisation interne. Effectivement, les conséquences de la première guerre mondiale pour l'Italie sont désastreuses : la Grande Guerre a coûté la vie a plus de 650 000 soldats, auxquels s'ajoutent le million de blessés et 600 milliers de disparus. En outre, la dépréciation de la lire, une forte inflation (450%) et une dette qui culmine avec les sommets se hâtent de plonger l'Italie dans un profond marasme économique.
Effectivement, le Traité de Versailles n'a pas produit les effets escomptés en Italie, puisque n'ayant pas également réparti les compensations accordées aux Alliés, particulièrement entre la France et l'Italie. Naît alors en Italie le sentiment de ne pas autant profiter d'une situation que ses partenaires, la France en l'occurence, ingrédient nécessaire à l'établissement d'un régime nationaliste...
Par ailleurs, la crise économique attise le mécontentement des classes populaires, qui mènent plusieurs révoltes à l'aube de l'année 1919: des tentatives d'expropriation de terres, d'entreprises ou d'industries par des ouvriers, ont lieu en coordination avec des grèves et pillages à répétition. C'est dans ce contexte que les socialistes obtiennent la majorité aux élections législatives de 1919, sans parvenir à mettre un terme au cafouillage généralisé qui règne dans le pays.
Or, les classes moyennes commencent à s'impatienter face à l'impasse politique et économique dans laquelle les grèves à répétition ont mené l'économie italienne, une exaspération dont Benito Mussolini n'hésite pas à tirer profit. Ce dernier, dépourvu de véritable identité politique, comme en témoignent ses nombreux revirements de position, n'hésite pas à déclarer nous nous permettons le luxe d'être aristocrates et démocrates, conservateurs et progressistes, réactionnaires et révolutionnaires, légalistes et illégalistes, selon les circonstances, le lieu et le cadre dans lequel nous sommes contraints de vivre et d'agir. Ainsi, face à la crainte des classes moyennes d'une pérennisation des conflits sociaux et d'une révolution communiste, Mussolini, qui met un terme par la force à la grève générale d'août 1922, s'impose comme le seul recours, capable de restaurer l'ordre et l'autorité.
Les éléments qui font douter l'Europe

En temps de crise, il est tout à fait légitime de s'interroger : doit-on craindre l'émergence de facismes du XXIème siècle ? Si la récession mondiale était amenée à se poursuivre ces prochaines années, il est fort possible que le creusement des inégalités qu'elle impliquerait ne pourrait que favoriser des formations semblables aux partis facistes du siècle dernier. Le mécontentement des classes populaires se traduira probablement par une recrudescence des mouvements sociaux et des séquéstrations de patrons, au grand dam des classes moyennes et supérieures, crantives face à cette désorganisation de la société, et donc en quêtes d'un leader autoritaire et strict, capable d'assurer le maintien de l'ordre. Un sentiment de déjà vu ?
La comparaison avec Benito Mussolini et Adolf Hitler ne s'arrête pas la : tout comme l'Italie en 1920, qui éprouvait le sentiment de ne pas autant profiter que la France du Traité de Versailles, la large majorité (65%) des européens estiment que leur pays n'a pas su aussi bien profiter des potentiels avantages offerts par l'UE que les 26 autres états membres. Dans un registre similaire, une enquête révèle que 42% des européens approuvent la politique de l'UE tandis que moins de 32% approuvent la politique de leur éxécutif national. Meilleure considération de l'Europe ? Ou n'est-ce pas plutôt le témoignage d'un sentiment de l'affaisement de la puissance nationale ? C'est en tout cas sur ce ressenti que s'était notament basé Hitler pour accéder au sommet de l'état...
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15 mai 2009
Sabine Herold : "les artistes n'ont rien à gagner à Hadopi"
Présidente d'Alternative Libérale, qui, à l'inverse des autres formations libérales prône un libéralisme grand angle qui ne se limite pas aux sujets économiques mais également aux questions de société (ex. légalisation du cannabis), Sabine Herold, 27 ans, a accepté de répondre à mes questions dans le cadre des cet interview axé sur les élections européennes ainsi que la crise économique. Sabine Herold fait ainsi part de son opposition au texte de loi Hadopo qui va fliquer l'internaute, réclame la promulgation d'un texte consitutionnel clair et concis en 5 pages, et reproche à la classe dirigeante internationale de fournir une mauvaise interprétation de la crise.
Je tiens bien entendu à remercier Sabine Herold qui a accepté de me consacrer ces quelques minutes, et qui a par la suite inséré l'interview sur le site d'Alternative Libérale (cf. capture d'écran) ainsi que sur son blog (cf.capture d'écran).
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09 mai 2009
Guadeloupe : deux mois après, qu'a apporté la grève générale ?

44 jours de grève générale, des commerces fermés, des approvisionnements alimentaires et énergétiques fortement perturbés, une économie à la dérive : deux mois après la signature d'un accord mettant fin au conflit guadeloupéen, le bilan des 44 jours de grève générale présente nombre d'épines pour des avancées bien dérisoires. Pourtant, dès la première semaine de crise, le Medef Guadeloupe avait averti le LKP que la grève générale générerait un important manque à gagner, le syndicat avait ainsi évalué à 130 millions d'euros le montant des pertes d'ores et déjà engendrées, qualifiant de mortel pour la plupart des entreprises de Guadeloupe cette grève générale de plus de 44 jours. Ce constat a été confirmé au fil des jours, de façon que la grève générale a amorcé une forte hausse du chômage, 30% contre 23% auparavant soit 14.000 guadeloupéens ayant perdus leur emploi.
Nouveau coup dur pour le secteur de la canne à sucre
Les principales pertes ont été enregistrées dans le secteur touristique mais également dans celui de la canne à sucre, la grève générale ayant particulièrement affecté le bon déroulement des récoltes. Elles ont effectivement lieu durant la saison sèche, soit la période février-juillet. Or, la dose de saccharine contenue par les cannes varie en fonction des mois, la période la plus faste et la plus riche en saccharine (12% du poids total de la canne à sucre contre 7% à l'accoutumé) étant celle de février-mars : soit des dates superposables à celles de la grève générale.
La qualité de la récolte s'en est retrouvée amoindrie, au grand dam d'un secteur en proies à de multiples difficultés financières depuis le début du siècle. La canne à sucre antillaise a effectivement subi de plein fouet la mondialisation et l'émergence de nouveaux concurrents à l'image du Brésil et de l'Inde, la rendant dépendante des aides nationales et européennes : en 3 ans, l'état a revalorisé ses aides à destination des producteurs et transformateurs de plus de 46%.
Tourisme : la saison noire
Premier employeur de l'île (10 000 emplois), le secteur touristique guadeloupéen, qui représente 7% du PIB local, a vécu une saison 2009 cauchemardesque marquée par des pertes hebdomadaires de l'ordre de 10 millions d'euros ! Le Club Med de l'île avait ainsi fermé dès la première semaine de grève, symbole d'un secteur qui n'a pas été épargné par la grève générale. Sur les 15.000 lits marchands normalement occupés en cette saison, les deux tiers furent vides assure le président d'une chaîne hotelière.
Les réservations étaient pourtant en hausse de plus de 8%, un terrible gâchis pour le secteur touristique qui au dela des pertes enregistrées cette saison devra assurer la pérennité de son image, et ainsi accepter quelques concessions tels que des tarifs revus à la baisse afin d'attirer une clientèle en mal de confiance. On est en train de réduire à néant les efforts de promotion et de communication qui avaient été entrepris depuis dix-huit mois pour redresser la situation. L'image de cette destination devenait un peu plus positive alors que la concurrence avec les îles voisines, comme la République dominicaine ou Cuba, est de plus en plus forte avait ainsi affirmé le président du syndicat des agences de voyage.
Conséquences désastreuses, bilan salué par l'opinion
Si les conséquences de la grève générale sur l'économie guadeloupéenne ont été désastreuses, le mouvement a été unanimement salué par l'opinion : à en croire un sondage RFOGuadeloupe, 90% des guadeloupéens affirment avoir soutenu l'action menée par le LKP et 70% estiment que le conflit va améliorer leur vie.
L'accord du 5 mars, signé par le préfet de Guadeloupe, le président du conseil régional Victorin Lurel ainsi qu'Elie Domota a effectivement repris la grande majorité des revendications du LKP, y compris le très controversé article acques Bino, relatif à l'augmentation de 200€ des bas salaires. Vilipendée par le patronat, cette mesure n'avait été signé que par des organisations patronales mineures, au grand dam d'Elie Domota qui avait alors affirmé soit elles [les entreprises] appliqueront l'accord, soit elles quitteront la Guadeloupe. Au final, le gouvernement avait accepté d'étendre l'article à l'ensemble des entreprises de Guadeloupe, tout en assurant le financement d'une large partie du montant.
Par ailleurs, la grève générale en Guadeloupe a mis en lumières les problèmes liés à la vie chère que rencontrent les guadeloupéens, en raison du monopole que détiennent certaines familles sur des secteurs divers et variés. Voulus par Nicolas Sarkozy, les états généraux de l'Outre-Mer ne manqueront pas d'aborder la question, afin de mettre un terme à cette situation, derniers résidus de l'esclavage...
09:38 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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06 mai 2009
L'Edito d'Alex Joubert N°7
Nouvel éditorial vidéo consacré à Eric Naulleau, chroniqueur controversé sur l'émission On n'est pas couché, diffusée sur France 2. Cet édito a été sélectionné à la une du post (http://www.lepost.fr/article/2009/05/06/1524210_mais-a-qu...)
06:19 Publié dans Mes éditos et reportages | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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02 mai 2009
Front National : par ici la sortie
Scores électoraux en nette régression, dettes impayées, changement (contraint) de siège : le Front National est embourbé dans une situation délicate, en passe de marginaliser le parti frontiste sur l'échiquier politique français. Il y a deux ans, au lendemain d'élections présidentielles qui avaient vu l'échec de Jean Marie Le Pen, cantonné à un maigre 10,44% des suffrages exprimés, nul n'avait osé prédire une telle descente aux enfers pour le FN. Le déficit de voix alors rencontré par Jean-Marie Le Pen s'était elevé à plus d'un million de bulletin par rapport aux échéances de 2002. Quelques semaines après, la déroute des élections législatives, où le score moyen des candidats FN ne s'était pas élevé au dela des 4,8% des suffrages (contre 11% en 2002), avait été suivi de la très faible performance réalisée par le FN aux échéances municipales, incapable de dépasser la barre du simple pourcent.
Une situation financière délicate
Conséquence directe de ces scores électoraux bien ternes, une situation financière délicate, entachée par une dette estimée à 8 millions d'euros, due majoritairement (6,3M) à l'ancien député européen Fernand Le Rachinel et créancier non rémboursé du FN. La déroute des législatives a effectivement conduit à une baisse de 60% des subventions publiques accordées au FN, qui a par ailleurs du s'acquitter des dettes des nombreux candidats frontistes n'ayant pas dépassé la barre des 5% aux élections législatives, condition nécessaire au remboursement des frais de campagne. Un an plus tard, lors des échéances municipales, les candidats frontistes s'étant retrouvé dans une situation identique avaient du s'acquitter eux-mêmes du remboursement de leurs frais, le FN, faute de moyens, s'y était refusé.
Aujourd'hui, le parti a sensiblement freiné son train de vie, déplaçant son siège à Nanterre au profit des 5200 mètres carrés du "Paquebot", vendu à une université de Shangaï pour une quinzaine de millions d'euros. Cette somme avait permis au FN de s'acquitter d'une partie de sa dette, mais n'avait pas empêché le lienciement de 20 des 60 employés du parti.
Besancenot et Sarkozy, bêtes noires du parti frontiste
Qu'elle soit politique ou financière, la crise traversée par le Front National ne semble pas passagère. Le climat socio-économique, propice à une vague de contestation, n'a pas bénéficié au FN et à Jean-Marie Le Pen, qui, selon un sondage OpinionWay-LeFigaro publié aujourd'hui, ne récolterait que 7% des suffrages exprimés si le premier tour des élections présidentielles avait lieu demain.
Pis, l'action controversée et impopulaire de Nicolas Sarkozy n'a pas amorcée le retour au bercail des anciens électeurs frontistes, confirmant l'éfficacité du "ratissage" des électeurs FN mené par l'actuel président lors de sa campagne présidentielle. L'image du ministre qui voulait "nettoyer la cité avec du karcher"n'a pas quitté Nicolas Sarkozy, lui assurant une certaine audience auprès des anciens électeurs frontistes.
En outre, le 21 Avril 2002 a choqué nombre de français, si ce n'est des électeurs FN eux-mêmes, qui avaient accordé leur bulletin à Jean-Marie Le Pen en simple signe de protestation, tout en se refusant à l'idée d'une participation au second tour du président du Front National.
Autre handicap rencontré par le FN, la mutation de l'électorat protestataire, qui s'exprimait jusqu'à alors par le biais du bulletin Jean-Marie Le Pen. Mais le contexte économique a favorisé l'extrême-gauche, particulièrement Olivier Besancenot, dont les critiques à l'égard du "capitalisme sauvage" et des "patrons voyous" ont trouvé un échos à l'heure où les parachutes dorés et stocks-options des grands patrons font polémiques. Ainsi, l'électorat contestataire, qui avait muté au profit de Jean-Marie Le Pen à l'aube des années 1990 et aux dépents du PCF emprunte désormais le chemin inverse et c'est le NPA qui symbolise désormais l'électorat contestataire, témoignage de la mutation d'une classe, qui ne fustige plus les "racailles du 9-3" mais "les racailles du XVIème".
La succession de Jean-Marie Le Pen au coeur des convoitises
Le départ annoncé de Jean-Marie Le Pen au poste de président du FN, d'abord prévu pour 2010 puis repoussé à 2011, amorcera une période délicate et inédite pour le FN, dont le succès d'antan fut le fruit du seul Jean-Marie Le Pen. La succession de ce dernier a d'ores et déjà laissé apparaître plusieurs brèches de divisions, Carl Lang a ainsi quitté les instances du FN pour fonder le Parti de la France, qui présentera une liste concurrente à celle de Marine Le Pen lors des élections européennes.
Cette dernière, favorite pour succéder à son père, a d'ores et déjà reçu le soutien de ce dernier, qui avait estimé dans une interview accordée à Valeurs Actuelles qu'elle n'est pas populaire que sur son nom. Il y a sa personnalité,son charisme. Elle est sympathique et passe très bien dans les médias. Récemment, un sondage réalisé auprès de sympathisants frontistes dégageait une large majorité en faveur de Marine Le Pen (76%), en vue de la succession de Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen, qui a assuré vendredi sur l'antenne d'Europe 1 qu'elle serait belle et bien candidate au poste de présidente du FN, sera opposée à Bruno Gollnish, dont les critiques à son égard ont été des plus virulentes, il lui avait ainsi fait porter la responsabilité de l'échec des présidentielles 2007, qui serait due à la campagne de dédiabolisation qu'elle avait menée.
Mais au-dela de l'identité du successeur de Jean-Marie Le Pen, c'est la capacité de survie du mouvement sans son leader fondateur qui pose question. Les excellents résultats enregistrés lors des différentes présidentielles depuis 1988 n'ont effectivement jamais été suivis par des performances similaires lors des élections intermédiaires, posant la question de l'aura du FN lorsqu'il évolue en l'absence de son leader. En outre, l'hypothèse d'une éventuelle absence de candidat frontiste lors des élections présidentielles de 2012 n'est pas à exclure, faute de parrainages sufisants. Les élections municipales de l'an dernier ont effectivement vu le renouvellement des mandats de seuls 250 des 535 maires ayant accordé leur parrainage à M.Le Pen en 2007. La scission avec Carl Lang, qui pourrait être suivi par Bruno Gollnish compliquerait alors la chasse aux parrainages...au grand bohneur de Nicolas Sarkozy ?
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