28 mai 2009
Le surprenant come-back du Parti Communiste Français
A-t-on enterré trop tôt le Parti Communiste Français ? A la vue des enquêtes d'opinion accordant au Front de Gauche (alliance électorale du PCF et du PG de Jean-Luc Mélenchon) un score bien souvent supérieur à celui du Nouveau Parti Anticapitaliste, il est légitime de s'interroger. Dépourvu de groupe parlementaire suite aux deux déroutes successives des élections présidentielles et législatives 2007, le PCF, contraint de céder sa place sur l'échiquier politique à la LCR rivale, semblait émettre les derniers souffles d'une existence certes bien faste. Incapable ni d'assurer l'unité à la gauche de la gauche car handicapée par l'appelation trop clivée "communiste" ni d'assurer sa crédibilité face à la dislocation de l'URSS, le Parti Communiste Français a-t-il tourné la page des balbutiements de ce début de siècle ?
A moins de deux semaines des échéances européennes, le Front de Gauche totaliserait entre 5 et 7% des suffrages en fonction des différents instituts, au coude à coude avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, en dépit de la large avance que la formation d'Olivier Besancenot détenait lors des premières enquêtes. La campagne avait effectivement mal débutée pour un Front de Gauche marginalisé par l'élan de la fondation du NPA, désireux d'unifier la gauche de la gauche en refusant l'affiliation à quelque courant. Un choix qui s'était avéré payant, 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique témoignait ainsi un responsable NPA lors de la fondation du mouvement.
La réaction du PCF face à cette nouvelle formation fut particulièrement habile politiquement parlant : revendiquant lui-même le statut de formation unitaire à la gauche de la gauche, le PCF, à l'inverse des précédentes échéances, s'est haté de crédibiliser ce discours via la formation du Front de Gauche : la présence de Jean-Luc Mélenchon a indéniablement séduit une gauche socialiste insatisfaite des querelles internes qui minent le PS tout en rejetant le discours radical d'Olivier Besancenot. Le Front de Gauche s'impose ainsi comme une véritable paserelle, à mi-chemin entre le PS et le NPA. En outre, le fait que le terme "communiste" ne soit pas mentionné dans l'appelation du front crédibilise la volonté de se poser en véritable et unique rassemblement des forces des gauche, ce à quoi il faut combiner une campagne originale, en Ile de France notamment, ou les candidats ont milité à la criée dans les métros.
Si les résultats des élections européennes amenaient à confirmer l'avance du Front de Gauche sur le NPA, la question d'inscrire dans la durée l'expérience d'une alliance PG-PCF se posera tout légitimement, pour un Parti Communiste Français en déficit de notoriété. Et si, au final, le PCF abandonnait sa bannière historique pour un grand mouvement de rassemblement, avec le Parti de Gauche, loin des courants et clivages qui ont exclu toute possibilité de rassemblement à la gauche de la gauche ces dernières années ? Difficilement imagineable tant que la branche orthodoxe de la formation communiste n'aura pas été évacué des organes du parti...
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Commentaires
Pas d'inquiétude Alex, la "branche orthodoxe" du PCF dont tu parles est déjà tellement "fossilisée" qu'elle en tombe en poussières !....
On peut le constater au quotidien dans toutes les manifs auxquelles on participe au sein du PG et du FRONT DE GAUCHE !!! cette branche là est complètement absente : seuls sont présents ceux qui acceptent la remise en cause et le changement !
Il apparaît que les principaux dirigeants du PCF ont bien compris que pour préparer un avenir de liberté où le peuple français comptera avec eux, il faut définitivement qu'ils tournent la page ....
Ecrit par : MAMIENINI | 14 août 2009
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