26 avril 2009
Arctique : eldorado géopolitique ou massacre écologique ?
Alors que le réchauffement de la planète menace, à terme, de modifier profondément nos sociétés, c'est la région Arctique qui est la plus touchée par le phénomène. Les chiffres parlent d'eux même, la banquise fond à une allure vertigineuse en Arctique, menaçant une biodiversité particulièrement fragile en raison du faible nombre de maillons dans la chaîne alimentaire arctique. En 30 ans, la banquise a effectivement régressé de 4 millions de km2, sachant que sa superficie s'élevait à 8 millions de km2 en 1979. Cette fonte s'avère d'autant plus problématique que la banquise possède un effet miroir,renvoyant 90% des rayons du soleil qu'elle reçoit, tandis que l'océan absorbe ces radiations. La fonte de la banquise aboutit par conséquent à un réflechissement moins efficace des rayons du soleil, l'océan absorbe ainsi une chaleur inhabituelle, réchauffant les eaux de l'océan et par conséquent, la banquise, condamnée à pénétrer dans un cercle vicieux, dont l'issue reste imperceptible. Si la tendance observée ces dernières années suit la même évolution, la banquise Arctique pourrait disparaître en été à l'horizon 2040-2060.
L'ours polaire, symbole d'un écosystème bouleversé
Les ours polaires feront partie de l'Histoire et nos petits-enfants ne les verront plus que dans les livres affirme un responsable WWF. Cette phrase mesure tout l'ampleur du danger auquel doivent faire face les ours polaires, menacés à terme, d'extinction, en raison de la fonte de leur habitat, la banquise arctique. Cette fonte poussent effectivement certains ours à passer l'été sur la terre ferme, où ils manquent cruellement de nourriture et s'aventurent dans des zones urbaines où ils sèment la panique. A terme, si la superficie de la banquise poursuit sa chute, l'ours polaire rencontrera en hiver des problèmes similaires à ceux qui se limitent actuellement à la seule saison chaude.
Récemment, les 5 états (Russie,Etats-Unis, Canada, Danemark, Norvège) recensant des ours polaires sur leurs territoires se sont réunis pour la première fois en 30 ans, sans que cette rencontre n'aboutisse sur quelque mesure concrète. La classe dirigeante internationale n'en reste pas moins consciente du problème : contre 22.000 ours blancs aujourd'hui, seuls 9000 fouleront le sol arctique en 2050.
Par ailleurs, la chaîne alimentaire du monde Arctique s'avère particulièrement étriquée, rendant extrêmement préjudiciable toute extinction. Certaines espèces ont d'ores et déjà subi le bouleversement de l'écosystème, qui a amorcé la venue d'espèces venues du sud assure le professeur Louis Fortier, avant d'ajouter que la pénétration des saumons du Pacifique en Arctique est de plus en plus fréquente. Dans la baie d’Hudson, la morue est peu à peu remplacée par le capelan de l’Atlantique. Déconcertées par cette tendance, des espèces plus visibles telles que le phoque ou l'ours polaire doivent procéder à une évolution de leurs modes de vie.
Les inuits contraints de remettre en question leur mode de vie
Si le monde animal subit de plein fouet la fonte de la banquise arctique, les quelques quatre millions d'individus y vivant, en majorité inuits, vont eux aussi être victimes du réchauffement climatique. Tout d'abord, la chasse du phoque, pratique à laquelle s'adonnent nombre d'Inuits, risque d'être fortement compromise par la déperdition du nombre de phoques (qui suit la courbe des ours polaires) : les autorités internationales prendront inévitablement la décision de réévaluer à la baisse les quotas de chasse jusqu'à une interdiction définitive.
Or, la chasse du phoque apporte nombre de ressources aux Inuits, qui utilisent non seulement leur viande mais aussi leur fourrure ainsi que leur graisse, à la base de l'huile qu'ils produisent. Par ailleurs, certaines espèces marines, dont le nombre décroît au fil des mois, se verront probablement attribuées le statut d'espèce en voie de disparition et il sera impossible pour les Inuits de poursuivre leur activité de pêche. Or, la chasse et la pêche représentent 80% de l'activité économique inuit !
Ces perspectives inquiétantes vont contraindre les populations inuit à une mutation radicale de leur mode de vie, la fonte des glaces ouvrant cependant nombre de nouvelles possibilités: premièrement, les pêcheurs ne renonceront pas à leur activité étant donné que de nouvelles espèces maritimes font et feront leur apparition, tandis que la fonte des pôles va permettre de développer profondément le secteur énergétique (voir paragraphe ci-dessus) et par conséquent offrir de nombreux emplois aux générations futures. Le potentiel énergétique arctique pourrait par ailleurs servir de prétexte à la création d'un état inuit, solution consensuelle au "conflit" (voir dernier paragraphe) qui va certainement opposer les grandes puissances du bassin arctique...
Un nouvel eldorado énergétique
Face à ce constat saisissant, la relative inaction des autorités internationales peut être interprétée comme un certain contentement face à la fonte de la banquise, qui va permettre d'accéder aux nombreuses ressources énergétiques contenues par le pôle. On estime à 25% des réserves mondiales non découvertes la quantité de pétrole contenue en Arctique, soit quatre années de consommation mondiale actuelle affirme l'ingénieur Yves Mathieu.
Les deux zones les plus "riches" sont celles à proximité de l'Alaska (Etats-Unis) et de la Russie. On estime effectivement que l'ensemble des ressources pétrolières d'Alaska amortiraient quatre ans de consommation aux Etats-Unis. La Russie, elle, concentre énormément de réserves gazières en Arctique, et cherche d'ores et déjà de nouvelles réserves au delà de ses eaux territoriales. Quand au Canada, il se montre intéresse pour prendre possession des importantes réserves potentielles de diamant.
Une voie maritime au coeur du commerce mondial de demain ?
Au delà des réserves énergétiques que contient l'Arctique, cette zone pourrait bien devenir le poumon des échanges internationaux de demain, la fonte de la banquise permettant effectivement aux navires de circuler par le grand Nord. Entre l'Europe et l'Asie, le canal de Suez ne sera désormais plus une étape obligatoire, tandis que pour effectuer le chemin inverse, Panama va perdre de son utilité. Pour les cargos, la fonte de la banquise va permettre d'économiser 40 à 60% de temps de voyage, auquel s'ajoute les coûts en hydrocarbure et en droits de passage à Panama et à Suez.
Une guerre froide géostratégique
Cette formidable opportunité énergétique et stratégique a d'ores et déjà aiguisé l'appétit de 5 puissances frontalières avec l'Arctique que sont le Canada, les Etats-Unis, la Russie, la Norvège et le Danemark. La réglementation internationale a effectivement institué que les états côtiers peuvent réclamer la création d'une ZEE (Zone Economique Exclusive), qui leur assure le libre droit d'exploitation d'une zone marine n'excédant pas les 370,4 km au delà de leurs côtes continentales. Les états peuvent cependant demander à l'ONU une extension de leur ZEE, en se basant sur des arguments concrets. Seul 36% du monde marin est sous administration d'un état, le reste étant compris dans les eaux internationales, ou nul ne peut exercer d'autorité.
L'extension de la ZEE a d'ores et déjà été réclamé par la Russie, qui s'est basée sur des études géologiques tendant à prouver que la dorsale de Lomonosov est en réalité rattachée au plateau continental russe. Moscou a fait de la question Arctique une priorité, l'administration russe avait d'ailleurs réalisé un coup médiatique de grande échelle au mois d'août 2007, en plaçant un drapeau russe par sous marin sur le point le plus profond de l'océan arctique, une première dans l'histoire. Dans sa volonté de prendre possession de la région, les Russes ont basé en Arctique une flotte militaire, la plus conséquente de la région.
La détermination russe n'en reste pas moins contestée par les autres nations revendiquant une extension de leur ZEE en Arctique, le ministre des Affaires étrangères canadien avait d'ailleurs affirmé que nous ne sommes pas au XVe siècle. Vous (les russes) ne pouvez pas parcourir le monde, planter des drapeaux et dire nous revendiquons ce territoire. Le Canada n'en reste pas moins impliqué dans la bataille pour l'Arctique puisqu'il revendique les zones maritimes de l'Archipel arctique canadien, considérées comme des eaux internationales. La Norvège, quand à elle, a déposé voila trois ans une requête visant à étendre sa ZEE sur trois points. Par ailleurs, le Danemark, via le Groenland, a tout comme la Russie revendiqué la dorsale de Lomonosov comme extension de son territoire. Cependant, les Groenlandais se dirigent lentement vers l'indépendance, prenant conscience du potentiel économique que leur confère la fonte de la banquise.
Face à cette guerre froide de l'Arctique, l'ONU aura-t-elle les moyens de trancher en toute transparence ? A priori non tant les belligérants ne semblent pas prêts de lâcher l'affaire. Seule issue de secours, la création d'un état inuit, éventualité peu évoquée par la classe dirigeante internationale car si naturelle. Reste que les populations doivent prendre conscience du potentiel qui est le leur...
Cet article a été repris à la une d'AgoraVox.
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18 avril 2009
Torture : faut-il inculper George W.Bush ?
La Maison Blanche a pris l'initiative de rendre publiques les méthodes anti-terroristes de la Central Intelligence Agency (CIA) sous la forme de quatre mémos de l'agence flanqués d'une inscription "top-secrets", et qui rassemblent l'ensemble des tortures infligées aux présumés terroristes sous l'ère de Georges W. Bush. Barack Obama a accompagné cette publication d'un communiqué, affirmant que ces carnets témoignaient d'un chapitre noir et douloureux de l'histoire des Etats-Unis et ont miné notre autorité morale et n’ont pas amélioré notre sécurité. Le président américain a cependant exclu toute poursuite judiciaire à l'encontre des agents ayant pratiqué ce genre des châtiments, justifiant que les agents ont fait leur devoir en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la justice, assurant par la suite que le moment est venu de la réflexion, pas du châtiment.
Parmi les méthodes retranscrites dans les mémos, un rituel dit de base qui consiste à dévetir le prisonnier, puis à l'enchaîner, tout en l'empêchant de dormir étant donné que les seuls murs contre lesquels le détenu a la possibilité de s'adosser sont flexibles. La perturbation de l'appareil digestif, la simulation de noyade ainsi que l'incarcération dans des cellules en compagnie d'insectes hostiles sont aussi évoqués.
La publication de ces mémos intervient quelques jours après la publication d'un rapport du Comité international de la Croix-Rouge qui fait état d'actes cruels, inhumains et dégradants vis à vis des présumés terroristes, et qui emploie pour la première fois le mot torture à l'égard des prisons anti-terroristes de la CIA. La Croix-Rouge s'est basée sur des entretiens individuels avec 14 anciens prisonniers de Guantanomo, qui ont tous décrit des procédés similaires.
J'avais un collier attaché au cou qui servait à me projeter contre les murs de la salle d'interrogatoire assure ainsi un ancien détenu saoudien, dans la lignée d'autres anciens prisonniers qui ont fait état de coups, d'aspergement d'eau extrêmement froide sur le corps ou encore plusieurs atteintes à la dignité de la personne comme l'obligation de se dévetir ou le port de couche-culotte.
Si la publication des mémos de la CIA a été unanimement saluée, la décision du président américain de n'engager aucune poursuite judiciaire a elle été contesté, l'Union Américaine pour les Libertés Civiles, dont la procédure qu'elle avait initiée avait contraint Barack Obama de publier les mémos de la CIA, a ainsi regretté l'absence de procédure estimant que ces mémos fournissent la preuve irréfutable que des responsables de l’administration Bush ont autorisé et donné leur bénédiction légale à des actes de torture qui violent les lois internationales et nationales.
La décision de ne pas poursuivre les agents de la CIA ayant pratiqué des actes de torture peut être acceptable car ne punir qu'eux ne constituerait pas une solution étant donné qu'elle ne s'attaquerait pas aux géniteurs mais aux maillons de cette chaîne peu conventielle qu'ont été les pratiques de tortures de la CIA sous le mandat de George W.Bush. A l'inverse, ce dernier, qui a donné son aval, voir, qui a impulsé la mise en place de telles pratiques dans les prisons anti-terroristes de la CIA devrait être inculpé pour ces actes.
Tel un symbole, une poursuite judiciaire contre George W.Bush permettrait de légitimer l'interventionnisme de l'Administration Américaine, prête à condamner tel ou tel acte d'un président étranger, impulsant la condamnation à mort de Saddam Hussein, sans que cela ne s'applique à ses propres dirigeants. Car ce que les Etats-Unis ne semblent toujours pas avoir compris, c'est qu'il est impossible de demander l'application de telle ou telle règle à un pays, sans s'appliquer cette même règle à soi-même.
Comment les Etats-Unis ainsi que les puissances nucléaires peuvent elles ainsi prier les pays étrangers de cesser toute prolifération nucléaire sans que ces mêmes puissances nucléaires ne renoncent à leur potentiel atomique ? Les éternelles règles de conduite américaines qu'ils appliquent à tous sauf à eux doivent cesser. L'avenir de George W.Bush doit-il par conséquent se tenir...devant les tribunaux ?
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17 avril 2009
Viaje em Lisboa
Sixième reportage vidéo que je réalise, Viajem em Lisboa vous propose un panorama de la capitale lusitanienne, entrecoupé de commentaires sur l'histoire récente du Portugal mais aussi d'un aperçu global de la situation politique et économique du pays.
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16 avril 2009
Le JDD, reportage et anniversaire !
Bonsoir à tous, je tiens tout d'abord à m'excuser de la faible activité du blog ces derniers temps mais j'étais cette semaine en vacances, à Lisbonne, que je vous proposerai de (re)découvrir dans un reportage vidéo publié demain soir. Par ailleurs, le blog a été cité dans la revue de presse médiatique du JDD (http://www.lejdd.fr/cmc/media/200916/l-@ctu-net_201347.html), un sacré coup de pouce pour la courbe des stats, à la peine ces dernières semaines ! Par ailleurs, mon article sur le futur rôle à jouer de la Turquie sur la scène internationale a été repris, à nouveau sur le JDD (http://www.lejdd.fr/cmc/blogs/200915/turquie-geant-diplom...). Enfin, pour conclure cette brève, je vous informe que j'ai fêté samedi mes 14 bougies, j'espère que la qualité et la profondeur de mes écrits s'accroîtra avec l'âge, c'est à vous d'en juger !
00:49 Publié dans L'actu du blog, Passages dans les médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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07 avril 2009
La Turquie, élément clé de la nouvelle politique étrangère américaine ?
Si la tournée européenne de Barack Obama aura constitué un succès dans son ensemble, elle se sera achevé sur l'ouverture d'une brèche de division, quand au degré de participation de la Turquie à l'union européenne. Les Etats-Unis et l'Europe doivent aborder les musulmans comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérance et la violence, (...) évoluer vers l'adhésion de la Turquie à l'UE constituerait un signal important de votre engagement dans ce sens et assurerait que nous continuons à ancrer fermement la Turquie en Europe a affirmé le président américain dans le cadre d'un discours à Prague, avant de réitérer ses propos à Ankara, affirmant devant les parlementaires turcs que les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE.
Barack Obama s'est immédiatement attiré les foudres de ses homologues français et allemands, Nicolas Sarkozy ayant affirmé sur le plateau de TF1 que j'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des états membres de l'Union Européenne est sur la position de la France, avant de rappeler que s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi regretté l'interventionnisme de Barack Obama.
Les déclarations de ce dernier, qui interviennent alors qu'il effectuait une visite d'état en Turquie lundi et mardi, ont replacées au cœur du débat la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, alors que les négociations, ouvertes en octobre 2005, végétaient au point mort. Barack Obama ne cache effectivement pas qu'il souhaite s'appuyer sur la Turquie dans le cadre des négociations avec les pays du Moyen-Orient, le premier ministre turque Recep Erdogan souhaitant d'ailleurs s'affirmer comme le médiateur entre l'Occident et l'Orient, justifiant ce statut par la relative neutralité militaire et politique de la Turquie.
La Turquie évolue effectivement dans une relative ambiguïté, développant des relations privilégiés avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad tout en s'affirmant comme un membre historique de l'OTAN. Cette position insolite justifie la danse du ventre de Barack Obama vis à vis des turques et du premier minsitre Recep Erdogan, parvenant d'ailleurs à se constituer un important socle de popularité, 40% des turcs désignant Barack Obama comme le dirigeant le plus fiable du monde.
Si il souhaite s'appuyer sur son allié turc, Barack Obama devra cependant tacher d'apporter des garanties et son soutien à Recep Erdogan, dont la décision en 2003, de ne pas autoriser l'armée américaine à traverser la Turquie afin de se rendre en Irak, avait institué une certaine tension entre les deux pays. Au-delà du soutien appuyé à l'entrée de la Turquie dans l'UE, Recep Erdogan attend par ailleurs de Barack Obama qu'il raffermisse la lutte contre la guérilla du PKK, qui milite pour la création d'un état kurde, comprenant le sud-est de la Turquie.
Passerelle entre l'Orient et l'Occident, la Turquie pourrait s'imposer dans les prochaines années comme un acteur géopolitique majeur, d'autant plus que les Etats-Unis souhaitent en faire un élément clé de sa nouvelle politique étrangère. La nouvelle dimension que pourrait, à terme, prendre la Turquie, va indéniablement replacer au coeur des débats la question de son adhésion à l'Union Européenne....
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05 avril 2009
Les trois grands piliers de mesures prises par le G20
Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.
Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.
Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.
Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.
Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.
Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.
Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.
Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.
Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.
13:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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01 avril 2009
Les eaux troubles de la mer méditerranée
Le conflit qui est survenu cet hiver à Gaza, (voir mon article à ce sujet)a suspendu le développement de l'activité de l'Union pour la Méditerranée, dont la création, impulsée par l'action de Nicolas Sarkozy, fut officialisée en grandes pompes à Paris, puis entérinée à Marseille en novembre dernier, lors d'un sommet réunissant les 43 ministres des affaires étrangères (voir mon article à ce sujet) des états membres, sommet auquel j'avais eu l'occasion de me rendre. Une réunion, programmée le 7 avril prochain, a à nouveau été reporté, les pays arabes refusant de siéger à la même table que celle d'un représentant israélien. La co-présidence Égyptienne réfute toute tentative de reprise du dialogue, d'autant plus compromise que le dernier message vidéo d'Oussama Ben-Laden met en cause le laxisme de Mohammed Moubarak, le chef d'état égyptien. L'Union pour la Méditerranée, et les objectifs ambitieux qu'elle s'était fixée, reste en état de végétation, au grand dam de la mer méditerranée, qui atteint des records de pollution de l'eau.
Une des priorités de l'UPM visait en effet la dépollution de la mer Méditerranée, un objectif qui s'inscrivait en parallèle des efforts récents fournis par l'Union Européenne. Les politiques continentales ont effectivement pris conscience de la situation gravissime dans laquelle est plongée la Méditerranée. La population du littoral méditerranéen a doublé en l'espace de quarante ans, le nombre de touristes progressant à vitesse comparable. Les observateurs tablent d'ailleurs sur une augmentation de l'ordre de 34% d'ici 2025 du nombre de touristes séjournant chaque année sur les côtés de la méditerranée.
Conséquence inéxorable de ce "boom", la population s'est développée et la méditerranée en fait les frais. Cette explosion démographique est d'autant plus inquiétante qu'elle a été suivie d'un essor du secteur agricole, augmentant considérablement la dose de pesticides et autres engrais déversés dans la méditerranée.
Autre problème préoccupant, celui relatif aux eaux usées. Elles sont effectivement rejetées dans la méditerranée, alors que seule la moitié des villes côtières les traitent avant de les rejeter dans la mer. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Par ailleurs, si la Méditerranée ne contribue qu'à hauteur de 0,7% aux eaux du globe, elle absorbe le tiers du commerce maritime international, 2000 navires voguant simultanément sur la Méditerranée. A en croire des experts algériens, 300 000 tonnes de pétrole auraient été déversés dans les eaux de la mer depuis 1977.
Cette forte fréquentation des eaux méditerranéennes reste cependant une source de pollution mineure, moins de 20%, les déchets, les eaux usées et autres pollutions agricoles étant responsables de 80% de la pollution de la mer. On estime ainsi à 2 mètres cube le volume de déchets déversés chaque jour, en période estivale, dans la méditerranée par kilomètre de côtes, sachant que 70% d'entre eux ne sont pas biodégradables.
Rejeter toutes sortes de déchets dans la mer est la façon la plus rapide, la moins chère et la plus pratique de s’en débarrasser. La mer a de remarquables capacités d’absorption, mais la Méditerranée est une mer fermée et elle n’est plus capable de digérer toutes les toxicités que l’homme lui déverse assure un écologiste algérien. Dans certains pays en voie de développement, en Algérie notamment, la gestion de produits toxiques est mal assurée, de façon que des centaines de milliers de kilogrammes de composants industriels néfastes sont stockés aux abords des côtes.
Aujourd'hui, les initiatives de dépollution de la mer Méditerranée sont prises au seul niveau national, sans qu'une coordination entre ces actions ne puisse être initiée. Les politiques continentales n'ont pris conscience que très récemment du problème, de façon que l'Union Européenne a pris l'initiative de débourser 2,1 milliards d'euros afin d'assurer la dépollution de 44 sites jugés comme prioritaires. En parallèle, l'initiative euromed "Horizon 2020", dont la création fut amorcée en 2005, vise à assurer la pérennisation d'actions communes des pays du pourtour méditerranéen. Mais, encore une fois, l'UPM et ses blocages institutionnels empêchent un éventuel développement d'"Horizon 2020"...tandis que la Méditerranée agonise.
06:46 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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