05 avril 2009

Les trois grands piliers de mesures prises par le G20

34ed395e-2028-11de-b02b-76f68444491f.jpg Un pas dans la bonne direction pour Dmitri Medvedev, l'émergence d'un nouvel ordre mondial pour Gordon Brown, le plus grand plan concerté de l'histoire pour José Luiz Zapatero. Le sommet du G20 qui s'est tenu jeudi, à Londres, a été unanimement salué par la classe politique internationale, marquant peut-être un tournant décisif dans l'optique d'une résolution de la crise économique. Les décisions prises par les 19 chefs d'état des plus grandes puissances mondiales, (2/3 de la population du globe, 90% du PIB mondial) auquel s'est ajouté le président de la commission Européenne José Manuel Barosso, représentant de l'U.E, ont été salué aux quatre coins du globe , que ce soit par la classe politique ou associative, Save the Childrens a effectivement parlé d'une lueur d'espoir, tandis que Transparency International a qualifié ce sommet de bénédiction. En France, François Bayrou a exprimé des regrets quand aux intentions annoncées en matière de régulation qui sont vagues tandis que le Parti Socialiste a parlé d'une avancée. Aux deux extrêmes de l'échiquier politique, de vives critiques ont fusé, Jean-Marie Le Pen ayant estimé qu'avant de vouloir faire la chasse aux paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de son pays devenu le pire enfer fiscal de la planète tandis qu'Olivier Besancenota a regretté que le G20 n'aille renflouer une nouvelle fois ceux qui sont responsables de la crise.

Un plan de relance mondiale qui s'élève à plus de 1350 milliards de dollars
Mesure phare prise par le G20, la mobilisation de quelques 1350 milliards de dollars qui seront réinvestis dans l'économie mondiale, via une augmentation du budget du FMI notamment, le Fonds Monétaire International qui voit ses compétences s'étendre et une légitimité accrue au lendemain de ce G20.

Ces 1350 milliards se décomposent en trois grands piliers, dont le premier concerne l'attribution de nouveaux moyens accordés au fond monétaire international, dont le montant des prêts qu'il pourra accorder s'élèvera désormais à 750 milliards de dollars, contre 250 milliards actuellement. 250 autres milliards seront investis sous la forme de droits de tirage spéciaux (DTS), afin de renflouer les liquidités internationales. Autre investissement de poids, qui s'élève à 100 milliards de dollars et concerne des aides apportées à des banques régionales, soutenant les projets de développement économique de pays en voie de développement du continent africain et asiatique.

Les paradis fiscaux pointés du doigt
En dépit des réticences formulées par l'état Chinois, le G20 a prié l'OCDE de fournir une liste "noire" de 42 paradis fiscaux, dont 4, le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay, ont été placés sur une liste noire des pays n'affichant aucune volonté d'assainir leur système fiscal. 38 autres états ont été placés sur une liste dite grise, qui concerne les paradis fiscaux ayant pris des engagements en vue d'une normalisation de leur système.

Le G20 n'a pas manqué de fustiger le secret bancaire, dont il a proclamé la fin, et s'est félicité des premières réactions d'états directement concernés, qui ont d'ores et déjà annoncé des mesures à venir. Le Luxembourg et l'Autriche ont ainsi accepté de communiquer des informations sur des potentiels fraudeurs fiscal, mettant ainsi fin au secret bancaire qui, dans le cas du Luxembourg, aura été à la base de la prospérité du pays. La Suisse avait d'ores et déjà effectué un premier pas en renonçant au secret bancaire, cela avant que le G20 n'est eu lieu.

Ces listes grises et noires publiées par l'OCDE n'ont cependant pas fait l'unanimité, et n'ont pas convaincu l'association de lutte contre les injustices mondiales Oxfam-France qui, a déploré que les gages minimum donnés ces dernières semaines aient, semble-t-il, suffi à convaincre les leaders du G20 à ne pas placer tel ou tel pays dans la liste noire.

Un contrôle accru du milieu financier
La moralisation du capitalisme, voeu cher à Nicolas Sarkozy, se traduira par une surveillance plus accrue de la planète finance, couplée à une meilleure réglementation des salaires des traders afin d'éviter de nouveaux scandales Kerviel. Nous mettrons en place à l'échelle mondiale de nouvelles règles sur les salaires et les bonus, qui refléteront les performances réelles et ne récompenseront plus les échecs a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. La part variable du salaire des traders, dépendante du succès des opérations menées, pourrait ainsi être amoindrie, afin de diminuer les prises de risque irresponsables.

Quand aux Hedge Funds, des fonds d'investissements privés spéculatifs soumis à un contrôle quasi nul et accusés d'avoir précipité le krach boursier de l'automne dernier, ils seront désormais enregistrés et seront soumis à des contrôles, les états auront par ailleurs l'obligation de fournir des informations sur ses hedge funds à toute autre nation en réclamant, aucun pays n'échappant à ces règles, à la déception des paradis fiscaux.

Le Forum de Stabilité financière (FSF) sera par ailleurs dissout, afin de laisser place au conseil de stabilité financière (CSF), dont le pouvoir sera élargi. Tout comme son prédécesseur, le conseil veillera à la stabilité économique internationale afin de prévenir de nouvelles crises. Il diffère cependant du FSF sur deux points, puisqu'il concernera non plus 10, mais 20 pays, et verra son champ de compétence accru, se métamorphosant en un véritable organe international de contrôle et de régulation financière et économique.

Commentaires

Je ne sais plus si ce sont les grandes manœuvres qui font les évènements majeurs ou l’inverse ?

Le spectacle qui va être donné dans les jours à venir est à mi-chemin entre la frape préventive communautairement individuelle et la désertion responsable votée à l’unanimité des participants.
Le paradoxe du consensus réside dans le fait d’offrir un visage universel à une infinité de particularismes territoriaux, tout en prêchant pour sa chapelle tout en stipulant que l’on connaît encore les rudiments de la guerre sainte.
Quand les mêmes personnes multifonction prétendent et claironnent régler toutes les crises, on peut se dire qu’il n’y a pas un problème de maladie, mais de diagnostic.

L’avenir de la guerre froide va s’appeler la paix palliative. La maladie humaine se condamne elle-même à la mise en bière depuis qu’elle a découvert que la boulimie était plus jouissive que l’obésité.`
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/04/01/bloc-note-le-bal-des-seconds-couteaux/

Ecrit par : walkmindz | 05 avril 2009

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