07 février 2009

Le NPA, carrefour des sensibilités à la gauche de la gauche

5680-111206besancenot_01.jpgAprès près de 40 ans de luttes politiques et sociales, la Ligue Communiste Révolutionnaire a officialisé ce jeudi sa dissolution, dans le cadre du congrès fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste. Inpulsée par Olivier Besancenot, la fondation du NPA constitue un bouleversement inédit dans la paysage politique français, puisque ce mouvement ambitionne de rassembler l'ensemble de l'électorat anti-capitaliste d'extrême gauche au-delà de tout courant politique. La fédération de l'ensemble des forces militantes de la gauche de la gauche constituait d'ailleurs l'objectif avoué de la création du NPA, qui souhaite toucher un électorat plus populaire et sans doute moins intellectuel que la LCR. 75% de nos adhérents sont des primo-militants, c’est-à-dire des nouveaux venus à la politique précise d'ailleurs un responsable NPA, en conformité avec le souhait d'Olivier Besancenot, de faire du NPA le parti des sans voix.

Le NPA se pose dans une logique de rassemblement
Leur base d'adhésion, c'est le ras-le-bol de Sarkozy affirme quand à lui la figure historique de la LCR, Alain Krivine. Fort de quelques 9000 adhérents, et cela alors que sa fondation n'a toujours pas été officialisée, le Nouveau Parti Anticapitaliste compte ainsi dans ses rangs des altermondialistes, des troskistes, des communistes, des écologistes, quelques socialistes soit l'ensemble du peuple des rues, ceux qui ont le désir de concrétiser leur mécontentement de la politique gouvernementale, et qui récusent le manque de vigueur de l'opposition socialiste. La prolifération de mouvements à la gauche du PS ces dernières années les a par ailleurs incité au rassemblement dans une entité commune, ce que le NPA semble être en capacité de proposer, deux ans après la "victoire" unanime d'Olivier Besancenot aux élections présidentielles.

Une cohabition qui s'annonce difficile
Le défi du Nouveau Parti Anticapitaliste, sera de permettre la cohabitation de militants aux sensibilités aussi diverses et variées et cela au sein d'une même formation politique. La direction du mouvement a ainsi décidé de rompre tout lien avec la formation de la Quatrième Internationale Troskiste, un choix vivement dénoncé par les troskistes orthodoxes, bien que nécessaire dans la perspective de rassemblement de l'ensemble des forces de gauche. Reste que pour l'auteur Denis Pingaud, cette distance prise vis à vis du trotskisme n'est que très relative, le programme du NPA n'étant guère différent de celui de la LCR. Le choix de l'appelation définitive du NPA est d'ailleurs aujourd'hui une source de désaccords, entre communistes qui réclament que leur courant soit mentionné et troskistes qui regrettent la défunte LCR. La direction du NPA se dirigerait d'ailleurs vers un maintien du nom "Parti Anti Capitaliste", déjà connu par bon nombre de français.

Besancenot, l'élément moteur du NPA
100px-Logo_npa.pngBien que démentant toute forme de dépendance à sa personne, Olivier Besancenot s'avère être l'élément moteur du Nouveau Parti Anticapitaliste et l'élément fédérateur de son réseau de militants. Sa jeunesse, son charisme et sa combativité, lui ont permis de supplanter le PCF à l'extrême gauche (voir mon article à ce sujet) tandis que son opposition virulente à Nicolas Sarkozy a tapé dans l'oeil à nombre de socialistes radicaux. Sa côte de popularité dépasse déosmrias les 60% et il se présente aujourd'hui tel le leader du vote contestataire, lui qui, à l'inverse du PCF, a su comprendre l'évolution sociologique de l'électorat populaire, qui ne se limite plus à la classe ouvrière.

Les européennes comme premier test
La fondation du NPA intervient à moins de quatre mois des élections européennes, échéances durant lesquelles les listes LCR avaient subi un échec cuisant il y a cinq ans, rassemblant moins de 2,6% des suffrages. Les analystes politiques avaient alors interprêté cet échec comme une non-capacité de la LCR à récupérer le mécontentement vis à vis de la politique gouvernementale, mécontentement qui avait largement profité aux listes socialistes. Aujourd'hui, ces échéances interviendront dans un tout autre contexte, Olivier Besancenot s'affirmant comme le leader du vote contestataire, souvent très prisé par les français lors des élections intermédiaires. Un bon score aux européennes de juin prochain constitueront donc un excellent départ pour le NPA, qui pourra alors envisager l'avenir en toute sérénité, et poursuivre la fédération de l'extrême gauche.

Cet article a été repris en une du "Post". Retrouvez le ici.

Commentaires

O Besancenot n'est que la enième création du troskisme français. Ca marche un temps, puis un nouveau arrive, et ainsi de suite.
Certains s'extasient sur son score à la Présidentielle. Mais c'est vite oublier qu'A Laguiller, autre figure d'une autre aile du troskisme, a fait mieux que lui, par deux fois lors de Présidentielles. Aujourd'hui, elle a à peu près disparue du paysage politique.
A gauche du PS, c'est un éclatement total : à chacun sa chapelle. On veut bien d'un rassemblement, mais derrière sa propre bannière. Pas question de passer en seconde position.
Le refus de Besancenot de toute union lors des Européennes annonce déjà l'échec du NPA.

Ecrit par : Bernard | 07 février 2009

Je souhaitais juste signaler que le NPA n'a pas le monopole du rassemblement de la gauche radicale, et n'est même pas très rassembleur : est aussi en train de se créer la Fédération de la Gauche pour une Alternative Ecologique et Sociale (nom provisoire) qui réunit des mouvements tout aussi historiques, même si plus récents de la gauche radicale (Alternatifs, Communistes unitaires, Alterecolos, Ecologie Solidaire, ADS, MAI, Coordination nationale des collectifs unitaires, certains membres d'UNIR (LCR Unitaires)...) ainsi que des militant-e-s et citoyen-enne-s, et qui adhère pour les européennes au Front de Gauche, ( avec le PG de Mélenchon et le PCF), à la différence du NPA qui n'adhère pas à cette démarche unitaire.

Ecrit par : Philippe JEANTET | 07 février 2009

Bertrand, Besancenot n'a pas encore utilisé l'ensemble de ses capacités, celle du rassemblement notamment, qu'Arlette Laguiller n'avait pas, en raison de sa fidélité aveugle au troskisme.

Ecrit par : Alex Joubert | 07 février 2009

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