30 janvier 2009

Quel avenir pour la presse quotidienne régionale ?

paysage pqr.gif Avec plus de 66 titres et un taux de pénétration de l'ordre de 35,8%, la presse quotidienne régionale est , aujourd'hui encore , l'organe de presse papier français le plus lu à l'heure où le journalisme traverse une crise sans précédant. Considérée comme une valeur sure par les investisseurs, la PQR n'en reste pas moins touchée par l'arrivée des nouveaux médias, tels la firme gratuite "Ville plus" qui concurrence l'implantation locale des quotidiens régionaux. Ces derniers connaissent ainsi une baisse non négligeable de leur diffusion, en chute de 700 000 exemplaires sur les dix derniers années. Les ventes ont quand à elles regréssées de 10%. Si l'on se base sur une plus grande échelle, le constat est frappant : contre 175 quotidiens régionaux en 1946, il n'en reste plus que 56 à l'heure actuelle.

Reste qu'en dépit de cette saignée, la PQR reste très prisée par les investisseurs, qui sont nombreux ces dernières années à s'être lancés dans l'aventure. On compte ainsi 20 reprises en main ces trois dernières années. La raison de cette attractivité ? La rentabilité des quotidiens régionaux, un aspect non négligeable face à une presse nationale moribonde sur le plan financier. La PQR a en effet su palier la défection de son lectorat par une revalorisation de ses revenus publicitaires, en hausse de 36% sur dix ans. La PQR constitue effectivement une vitrine de choix pour les annonceurs, tant elle possède un lectorat diverse et varié. Du retraité sexagénaire au jeune entrepreneur en passant par le chef d'entreprise, la PQR touche l'ensemble de la population. Une étude de la SPQR révèle ainsi que le taux de pénétration de la PQR chez les PDG et gérants d'entreprise est de 46,8%, soit un taux supérieur à la moyenne nationale. Aujourd'hui, la presse quotidienne régionale a pris conscience de l'importance de la publicité face à la crise de la presse écrite et a fondé une régie publicitaire commune à l'ensemble des quotidiens régionaux (Com Quotidiens) de façon que les recettes publicitaires représentent 41% du chiffre d'affaire de la PQR.

Mais la menace à terme pour la presse quotidienne régionale, c'est l'émergence des quotidiens gratuits qui concurrencent désormais l'approche locale de la PQR. En première ligne, le réseau Ville Plus émet des gratuits comportant un cahier régional et un cahier national dans plusieurs grandes localités telles que Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille et la Bretagne. Face à cette concurrence, les quotidiens régionaux tendent au rassemblement dans de grands groupes régionaux, à l'image du groupe Ouest-France en possession de 5 quotidiens bretons d'influence. Le groupe France-Est Médias rassemble ainsi sous sa direction quelques 10 quotidiens, du Dauphine Libéré aux Dernières Nouvelles d'Alsace en passant par l'Est Républicain. Idem dans le sud de la France où Hachette est en possession de Var-Matin, Nice-Matin et la Provence.

En conclusion, face à la crise de la presse écrite, la PQR parvient à palier la défection de son lectorat par des revenus publicitaires en hausse, témoignant de la diversité de son lectorat. Quand à l'émergence des gratuits, qui concurrencent l'approche locale de nombre de quotidiens régionaux, elle a incité les différentes rédactions à se rassembler dans de grands pôles de PQR, laissant ainsi envisager la disparition prochaine de titres mineurs au profit de grands quotidiens régionaux couvrant un territoire relativement éparse.

26 janvier 2009

Des élections européennes aux multiples inconnues

ec491e9c-acec-11dd-b77f-59904a340c46.jpgLes élections européennes de juin prochain interviendront au lendemain d'une présidence française de l'Union Europénne particulièrement bien menée et dans un climat de crise économique jamais vue depuis 1929. Deux dossiers sur lesquels le président de la république Nicolas Sarkozy aura tenté tant bien que mal de peser, transformant ainsi cette échéance en un mini-réferundum sur la politique du gouvernement et du président de la république. Cette affirmation se confirme d'autant plus que l'UMP a incité nombre de ses figures dirigeantes, Rachida Dati en première ligne, à se lancer dans la bataille, personnalisant ainsi une élection où le parti de la majorité espère faire mieux qu'il y a cinq ans (16,6%).

Mais un succès dépendra surtout des bénéfices que parviendra à tirer Nicolas Sarkozy de son implication dans la crise économique internationale. Cependant le NPA, emmené par le charismatique Olivier Besancenot, a toutes les cartes en main pour être le premier bénéficiaire d'une crise qui engendre d'ors et déjà une hausse conséquente du chômage. Aujourd'hui, la question de la récupération politique de la crise reste floue tant les prévisions économiques ne semblent pas refléter la consommation et les habitudes des français, vraisemblablement stables en dépit de la crise.

En 2004, le Parti Socialiste avait profité d'une érosion de la confiance vis à vis du gouvernement Raffarin, rassemblant 28% des suffrages. Les listes LO-LCR avec 2,6% des suffrages n'avaient à l'époque, pas su bénéficier du rejet de la politique gouvernementale. Une tendance inverse pourrait ainsi s'observer en 2009, du fait de la décrédibilisation du Parti Socialiste et de l'évolution du statut d'Olivier Besancenot, passé de celui de trouble-fête à celui de leader du vote contestataire. Les scores des différents mouvements de gauche seront probablement conditionnés par la capacité du PS à se relever du psychodrame du congrès de Reims. Une candidature de Ségolène Royal dans sa circonscription n'arrangerait pas les choses pour un Parti Socialiste, qui, si il souhaite conserver une marge suffisante sur l'UMP, devra faire prévaloir l'union et le rassemblement.

Élevé à un nouveau statut depuis les élections présidentielles 2007, Olivier Besancenot et ses listes NPA ont sans aucun doute la capacité de faire mieux qu'en 2004, où la crise économique n'avait alors pas encore frappé. La fondation du Nouveau Parti Anticapitaliste va quand à elle procurer un élan capable de combler une possible remise en forme du PS, jusque la miné par des divisions internes. Si le contre-plan de relance socialiste présenté la semaine dernière s'inscrit dans une véritable dynamique de proposition, il ne fait pas de doute que les listes socialistes sortiront grandes gagnantes de ces échéances européennes.

A l'inverse, pour Olivier Besancenot, le climat dans lequel les listes NPA aborderont les échéances européennes ne sera en rien comparable à celui qui avait prévalu au lendemain des présidentielles. L'élection de Martine Aubry au poste de première secrétaire du PS symbolise un virage à gauche emprunté par le PS, susceptible de ramener dans les rangs les déçus de l'émergence de Ségolène Royal. Autre coup dur pour Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon, en fondant le Parti De Gauche qui sera vraisemblablement allié au PCF dans le cadre des européennes, compte lui aussi rallier les déçus de l'orientation du PS. Pour rappel, les listes communistes avaient rassemblé en 2004, 6% des suffrages. Jean-Luc Mélenchon siégeait alors encore au bureau national du PS...

Les élections européennes seront-elles le théâtre d'une nouvelle déroute frontiste ? Il sera en tout cas très difficile pour le Front National de rééditer son score de 2004, soit 9,8% des suffrages exprimés, tant la formation de Jean-Marie Le Pen connaît une grave crise politique et financière depuis les maigres 10% obtenus lors des dernières élections présidentielles. La saignée des sympathisants frontistes opérée par Nicolas Sarkozy et l'UMP semble avoir été efficace et surtout irréversible, tant la défection des militants FN est frappante. L'émergence d'Olivier Besancenot ne facilite pas non plus les choses pour le FN, dont le message contestataire qu'il émet est soumis à la concurrence. Un des espoirs du FN réside dans la crise économique, symbole de la chute d'un système, de l'"etablishment" tant raillé par Jean-Marie Le Pen. Reste que, une fois encore, Olivier Besancenot semble posséder le meilleur profil pour profiter pleinement de la crise...

Enfin, l'ultime inconnue de ces élections européennes concerne l'absention, en constante hausse depuis la tenue des premières échéances européennes en 1979. En 1984, l'absention s'était élevée à 43,3 % des inscrits, 51,3% en 1989, 53,2% en 1999 puis, un record à l'échelle continentale, 57,2% en 2004. L'absention battera-t-elle de nouveaux records en juin ? Tout dépendra de l'évolution de la considération de l'Europe par les Français, si évolution il y a. On peut cependant estimer que les électeurs, grâce à la présidence française de l'Union Européenne, auront réevalué l'importance de l'U.E, et prendront consciense de la nécessité qu'elle représente face à la crise économique. Par ailleurs, la volonté de juger l'action de Nicolas Sarkozy et du gouvernement pourrait pousser les électeurs à se rendre aux urnes.

25 janvier 2009

Un de mes articles repris par "Vendredi"

Un de mes article a été repris par l'hebdomadaire "Vendredi". Consultez-le ici.

24 janvier 2009

L’environnement peine à séduire les jeunes talents

Retrouvez cet article dans son contexte original, sur le site de Franck Stassi, www.problematiques.fr


arton286.jpgLa pénurie de professionnels pourrait pénaliser la création de 500.000 emplois liés à l’environnement d’ici à 2020, selon une étude récemment publiée. Le manque de personnel qualifié apparaît comme criant dans les secteurs de pointe et l’énergie. “Cette carence en capital humain peut tout simplement menacer la croissance de ce secteur dont les investissements ont affiché des progressions de 60 % en 2007“, explique à Réussir Luigi Slaviero, du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. L’entreprise, spécialisée dans l’emploi des cadres, pointe notamment du doigt les postes à hautes responsabilités, telles que les chief executive officers, les directeurs techniques ou les cadres expérimentés. Le développement de la filière étant relativement récent, les profils les plus qualifiés sont difficiles à dénicher. A la sortie des écoles, les grandes entreprises sont plus convoitées qu’une myriade de PME.

Parmi ces emplois à pourvoir, figurent notamment les ingénieurs. Dans le domaine de l’énergie, les pétrolières et parapétrolières, telles que Technip, procèdent à de nombreux recrutements. La mobilité et l’adaptation à d’autres cultures sont les maîtres-mots dans le cadre de la recherche de nouveaux gisements de pétrole, par exemple. “L’entreprise offre de multiples opportunités à fort contenu international avec une prise de responsabilité rapide. Nos ingénieurs s’expatrient quelques années, en moyenne deux à trois ans“, indique au Figaro la responsable recrutement de Technip, Christine Brochard. Compte tenu de la forte croissance du marché de l’énergie, GE Energy anticipe les besoins à venir en procédant au recrutement de 250 ingénieurs, qui viendront s’ajouter aux 800 recrutés l’an dernier. Afin de séduire les jeunes, des concours en lien avec différents établissements sont mis en place.

Des freins identifiés par le Bureau international du travail
“Les données montrent que les emplois verts ne constituent pas automatiquement un travail décent. Nombre de ces emplois sont insalubres, dangereux et difficiles. L’emploi dans des activités comme le recyclage et la gestion des déchets, les bioénergies et le bâtiment tend à être précaire et peu rémunérateur“, avance le Bureau international du Travail pour justifier le rebut de certains candidats envers le secteur. Jusqu’à présent, l’environnement était essentiellement associé à la gestion des déchets, une activité qui génère de très nombreux emplois d’insertion mais peu attractive. Pourtant, les atouts sont nombreux en termes économiques, notamment en cette période de crise: les investissements visant à améliorer l’efficacité énergétique dans le bâtiment pourraient créer plus de 2 millions d’emplois, 20 millions de postes supplémentaires devraient se créer d’ici à 2030 dans les énergies renouvelables, tandis que le marché mondial des biens et services écologiques devrait doubler durant ce labs de temps.

Le manque de formations adaptées est cependant pointé du doigt par les recruteurs. Les filières universitaires seraient trop théoriques, tandis que les cursus professionnalisants souffrent d’un déficit d’image. L’enjeu se situe donc aujourd’hui davantage sur les compétences que sur la main-d’oeuvre potentielle, le développement durable ne devant pas seulement être considéré comme un eldorado mais surtout comme un moyen de mettre en oeuvre des savoirs-faire au service d’un secteur en pleine expansion. Afin de nourrir ce vivier de talents, les enseignants sont en première ligne; or, le manque de professeurs formés alerte les professionnels du secteur. L’environnement, prochain terrain de jeu de l’Education nationale ?

22 janvier 2009

Le Nouvel Hebdo cité sur France 3



Un article m'a été consacré dans "Le Progrès"

article Alex 21 01 2009.JPGUn article m'a été consacré dans le quotidien régional "Le Progrès", le mercredi 21 janvier. Remerciements à Serge Naltchayan, auteur de l'article.

20 janvier 2009

Gaz : accord précaire entre la Russie et l'Ukraine

h_9_ill_1143911_895126.jpgLe premier ministre russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainienne Ioulia Timochenko ont signé hier après-midi des accords gaziers mettant fin à une crise qui avait éclaté il y a un peu moins d'un mois. Les deux parties ont ainsi trouvé un accord sur les deux différents qui les opposaient, à savoir le prix du mètre cube de gaz pour l'année 2009 et le payement des dettes de Naftogaz, la compagnie gazière ukrainienne. Les pourparlers n'ont pas été faciles a commenté en conférence de presse Ioulia Timochenko, pour qui ces accords constituent un sérieux handicap en vue des élections présidentielles l'année prochaine. Les tarifs préférentiels dont bénéficiaient auparavant l'Ukraine du fait de leur présence dans la CEI ont en effet été fortement remis en question, et seront alignés à ceux du reste de l'Europe dès l'an prochain. Gazprom a cependant accordé à l'Ukraine une remise de 20% pour l'année 2009, ce qui porte le prix des 1000 mètres cube de gaz à 369$ contre 179,5$ auparavant, soit une inflation des tarifs gaziers de l'ordre de 50%.

En contrepartie, Kiev s'est engagé à rouvrir ses vannes à destination de l'Europe, aussitôt que les livraisons russes seront envoyées dans les gazoducs ukrainiens a assuré Ioulia Timochenko. L'Union Européenne n'en reste pas moins méfiante et a pressé ses observateurs de poursuivre leurs travaux, tant que la reprise des livraisons n'était pas effective. Ces soupçons ne sont en rien futiles puisque un accord permettant la reprise des livraisons vers l'europe avait déjà été signé, avant que l'Ukraine ne revienne dessus et ne décide à nouveau de fermer les vannes.

Cet accord russo-ukrainien n'en reste pas moins précaire puisque ne fournissant pas de résolution durable aux tensions entre les deux voisins. Les tarifs 2009 qu'a imposé Moscou à Kiev va fortement perturber le système gazier ukrainien, qui imposait aux industriels privés des tarifs largement au-dessus du marché (296$ contre 179,5$), afin de fournir aux particuliers, du gaz à tarif réduit et inférieur à ceux du marché (117$ contre 179,5$). Le gouvernement Ioulia Timochenko risque donc d'être contrainte à une brutale augmentation du prix du gaz des particuliers. La perspective des élections présidentielles pourrait cependant amener le gouvernement à subventionner de lui-même une stabilisation des tarifs gaziers, une solution néfaste sur le plan économique mais adroitement mené sur le plan politique.

L'illustration de la dépendance européenne

Pour l'Europe, cette nouvelle crise gazière a ramené à l'ordre du jour la nécessité de diversifier ses fournisseurs afin de réduire sa dépendance vis à vis de la Russie, et ainsi éviter d'être victime des tensions russo-ukrainiennes. La dépendance du vieux continent vis à vis de la Russie (25% de la consommation gazière européenne) est d'autant plus néfaste que la nationalisation de Gazprom entre 2004 et 2006 en fait un potentiel moyen de dissuasion politique pour le Kremlin. Reste que la politique énergétique des 27 reste trop hétérogène pour aboutir sur un projet concret, d'autant plus que l'alternative présumée sécurisée "Nabucco", ce gazoduc reliant la Géorgie, l'Iran et l'Azebaïdjan à l'Allemagne (en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la République Tchèque) a été sérieusement mis en cause l'été dernier, en raison de l'offensive militaire russe en Géorgie.

Les Russes, n'entendant pas laisser à l'Europe les moyens de la contourner pour s'approvisionner en gaz s'est lancé dans le projet de construction de deux gazoducs, North Stream et Soutg Stream, qui contournent tous deux les pays de transit susceptibles de perturber les conditions de circulation du gaz, et qui relieraient respectivement l'Italie et l'Allemagne, en passant par les balkans. L'ancien premier ministre allemand Gerhard Schröder a largement impulsé le projet de North Stream, mettant ainsi à mal l'existence de Nabucco. Idem pour Romano Prodi et Silvio Berlusconi, qui semblent privilégier South Stream à Nabucco. Quand à la firme française Gaz de France, qui s'est vu refuser une participation dans Nabucco par les Turques, elle pourrait elle aussi investir prochainement dans South Stream, faisant ainsi perdurer le monopole russe sur le gaz.

18 janvier 2009

Israël, 4000 ans d'histoire

16 janvier 2009

Les contours du remaniement ministériel

GOUVERNEMENT.jpg Annoncé depuis quelques semaines, le mini-remaniement gouvernemental a été officialisé aujourd'hui par l'Elysée; un remaniement sans grande ampleur d'autant plus que ses contours avaient déjà été révélés dans la presse. Le jeu des chaînes musicales a ainsi concerné Brice Hortefeux, qui hérite du portefeuille du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. L'ancien ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale remplace ainsi Xavier Bertrand, qui a été nommé au poste de secrétaire général de l'UMP. En accordant à son ami de vingt ans le ministère des relations sociales, Nicolas Sarkozy souhaite ainsi redorer l'image de Brice Hortefeux, entachée par son passage à l'Immigration, un handicap lourd alors qu'il était pressenti pour succéder à François Fillon.

Par ailleurs, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est vu confier le poste de secrétaire d'état à la prospective et au développement de l'économie numérique, un changement de cap conséquent alors qu'elle occupait auparavant le secrétaire d'état à l'écologie. L'Elysée n'a d'ailleurs pas jugé bon de pourvoir ce poste, son but de légiférer le Grenelle de l'Environnement ayant été atteint. Quand à l'ancien socialiste Eric Besson, qui occupait jusqu'aujourd'hui le poste de secrétaire d'état à la prospective et au développement de l'économie numérique, il s'est vu décerner le portefeuille de l'Immigration et de l'Identité Nationale, un moyen pour Nicolas Sarkozy d'apaiser les polémiques au sujet des chiffres des expulsions de sans-papiers.

14 janvier 2009

Quand s'arrêtera la crise démographique russe ?

Population_of_Russia_from_1992_to_January_2008.PNG Après deux décennies de baisse successive de sa population, la Russie semble s'engager lentement sur la voie de la stabilisation démographique, qui constituait une des priorités de Vladimir Poutine. La chute de l'U.R.S.S a en effet provoqué une importante crise démographique, causée par un taux de natalité particulièrement faible (1,092%) et un taux de mortalité (1,604%) comparable à ceux enregistrés dans des pays en voie de développement. Pour nombre d'experts, cette tendance serait amenée à se confirmer, de façon que la population russe pourrait atteindre en 2050 les quelques 77 millions d'habitants, soit une baisse de la population de l'ordre de 47% depuis 1992. La régression de l'espérance de vie, engendrée par les troubles politiques et économiques des années 1990 n'est pas étrangère à ce déclin démographique. La différence qui subsiste entre hommes et femmes est tout aussi frappante, puisqu'alors qu'un russe décède en moyenne à l'âge de 59 ans, une russe atteint en moyenne les 72 ans. Cet écart entre les deux sexes n'a fait qu'amplifier lors de l'adaptation dans les années 90 à l'économie marché et la régression du niveau de vie des populations, puisqu'alors que l'espérance de vie féminine ne régressait que très légèrement, celle des hommes chutait de 4 ans !

Booster la natalité
Conscient de la menace à long terme que représentait cette crise, Vladimir Poutine a engagé depuis sa prise de pouvoir les réformes nécessaires à la stabilisation démographique, qui, conjuguées à une nette amélioration de la situation économique du pays ont permis de limiter la casse (cf. graphique ci-dessus). Tout d'abord, les différentes administrations sous Vladimir Poutine ont développé les campagnes d'incitation à la procréation et revalorisées les allocations familiales de maternité. Ainsi, en juillet dernier, Vladimir Poutine avait annoncé une importante revalorisation de la prime mensuelle reversée lors de la naissance d'un premier enfant (accordée 18 mois durant), qui, de 16€/mois auparavant était relevée à 35€/mois. Cette mesure avait été suivi de la création d'une allocation pour un deuxième enfant, d'un montant de 71€ mensuels et couplée avec le reversement d'un compte bancaire d'investissement de quelques 6000€. L'administration russe ne lésine ainsi pas sur les moyens pour rétablir une croissance démographique positive, en s'attaquant à tout facteur susceptible de mettre à mal une des priorités de Vladimir Poutine.

L'alcool, fléau pour l'espérance de vie
55440683.jpgLa pente descendante dans laquelle s'était engagée l'espérance de vie au lendemain de la désarticulation de l'URSS semble s'être inversée depuis 2004 (cf. évolution de l'espérance de vie) mais reste très éloignée des taux enregistrés sous la période soviétique. Pour expliquer cette dégradation subite de l'espérance de vie, les experts avancent les chiffres alarmants de la consommation d'alcool, qui serait la cause de 30% des décès des hommes. Ainsi, la Russie compte 1 homme alcoolique sur 3 et 1 femme sur 7, un chiffre qui n'a cessé de croître depuis l'avènement des années 1990, de façon que la consommation d'alcool a grimpé de 30% en moins de 20 ans ! L'augmentation des prix de l'"alcool traditionnel" n'ont fait qu'empirer la situation, avec l'apparition sur le marché noir d'alcools artisanaux à la composition douteuse comme mortelle. La présidence de Boris Eltsine a par ailleurs annihilé l'ensemble des avancées enregistrées sous son prédécesseur Mikhail Gorbatchev, avec la perte de contrôle de l'état sur le marché de l'alcool et la suspension des principaux freins à la consommation d'alcool.

Un climat économique sous tension
Aucune des campagnes menées par l'administration Russe depuis Mikhail Gorbatchev n'ont permis de résorber la consommation d'alccol, témoignant de l'ancrage profond de cette maladie dans la société russe. Récemment, la fondation Obchtchestvennoïé mnienié tentait via une enquête d'opinion de grande ampleur de repérer les causes de l'alcoolisme. Il est ressorti de ce sondage que 32% des sondés impliquaient le désespoir,le stress et autres problèmes sociaux dans la consommation excessive d'alcool. D'un point de vue général, les problèmes d'ordres sociaux sont d'ailleurs une des, si ce n'est la, principale raison de la crise démographique russe. Le faible taux de fécondité (1,39 enfants par femme) peut ainsi être amputé au climat économique sous tension, qui n'incite pas à la procréation.

En effet, les taux de croissance particulièrement élevés enregistrés en Russie depuis le commencement du troisième millénaire n'ont pas rehaussé de manière conséquente le niveau de vie des 140 millions de russes, la croissance du PIB ne profitant qu'à une minorité citadine, regroupée dans les métropoles de Moscou et St-Pétersbourg ou à proximité d'importants gisements gaziers ou pétroliers. Ce problème récurrent déjà présent mais dissimulé sous la période de l'URSS devra être amoindri dans les prochaines années, élément indispensable du rebond démographique tant attendu.

La banalisation de l'avortement
L'avortement massif est une autre problématique, d'autant plus qu'elle est incontestablement lié à la crise démographique russe. Pour 100 naissances annuelles, la Russie recense en effet 105 avortements ! La banalisation d'une telle pratique, considérée parmi les populations comme un simple moyen de contraception, au même titre que le préservatif suscite l'inquiétude parmi les classes dirigeantes, qui ont entrepris un certain nombre d'action ces dernières années. La Douma s'est ainsi prononcée en faveur d'une réduction de la date limite de l'avortement, qui de 22 semaines après la conception de l'enfant avait été réévalué à 12 semaines après la conception, une modification de la loie en vigueur qui avait été suivi par l'interdiction de la publicité en faveur de l'avortement. Les conditions nécessaires à la pratique d'un avortement sont aussi régulièrement modifiées, et deviennent nettement plus exigeantes. Mais en dépit d'une volonté politique certaine, l'administration russe peine à modifier l'image de l'avortement, tant cette pratique a été légalisée très tôt, et donc désormais considérée comme naturelle.

Conclusion
La crise démographique dans laquelle s'est engagée la Russie au lendemain de la période incertaine que représentait la chute de l'U.R.S.S semble s'être quelque peu ralentie grâce à l'action de Vladimir Poutine qui pour encourager la natalité s'est résolu à une nette revalorisation des primes de maternité. La faible espérance de vie des hommes quand à elle, semble se stabiliser, mais ne sera vraisemblablement pas soumis à une forte hausse, du fait de l'ancrage profond de l'alcool dans la société russe, à l'origine de 30% des décès masculins. Par ailleurs, le climat économique sous tension, et la paupérisation de la population n'encouragent pas à la procréation. Enfin, un rebond démographique ne pourra avoir lieu sans une déconsidération de l'avortement, pratique devenue banale.

Cet article à été repris par Yahoo! à l'adresse suivante :
http://fr.news.yahoo.com/13/20090115/tot-quand-s-arretera-la-crise-demographi-89f340e.html

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