03 février 2009
Benoît XVI : un pontificat sous le signe du dialogue et de la contradiction
Quatre ans se sont écoulés depuis la nomination de Joseph Ratzinger comme souverain pontife de l'Eglise Catholique Romaine et il est force de constater que Benoît XVI n'affiche pas la même popularité que son prédecesseur Jean-Paul II. Récemment, l'annulation de l'exco - mmunication de quatre évêques intégristes, dont le négationniste monseigneur Williamson qui avait affirmé voila un an ne pas croire qu’il n’y ai eu de chambres à gaz, a froissé la communauté juive et provoqué la colère du monde catholique, décidément hostile à ce pape profondément traditionaliste. En France, un manifeste signé par cinquante penseurs et philosophes catholiques s'indignant de cette décision a été publié dans le mensuel catholique La Vie.
Un dialogue gâché avec la communauté juive
D'un point de vue général, l'annulation de l'excommunication de Mgr Williamson illustre parfaitement le pontificat de Benoît XVI, résolument contradictoire. En prenant cette décision, Benoît XVI s'est en effet attiré les foudres de la communauté juive, un différent fort dommageable au vu des efforts engagés par Joseph Ratzinger pour améliorer les relations entre les deux communautés. Dès son élection, Benoit XVI avait effectivement engagé un dialogue, qui s'était traduit par une visite au camp de concentration d'Auschwitz, et, plus récemment à la Synagogue de New York où le pape avait tenu à réitérer l'engagement de l'Eglise au dialogue. Cette ouverture vis à vis de la communauté juive s'inscrit dans la logique de rassemblement prônée par Benoît XVI, que ce soit vis à vis de la branche conservatrice de l'Eglise Catholique, marginalisée sous le pontificat de Jean-Paul II, où de l'Eglise Orthodoxe, avec qui le dialogue a repris.
La réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe
Benoît XVI et le Patriarche de Constantinople Bartholomée (la religion orthodoxe en divisée en deux branches, celle de Moscou et celle de Constantinople) ont en effet entamé une correspondance épistolaire fertile, qui a abouti sur l'instauration d'une commission de travail commune au sujet du rôle de la papauté, un différent entre les deux Eglises qui est à l'origine du grand schisme d'Orient de 1054. Quand au patriarche de Moscou aujourd'hui décédé, Alexis II, il avait effectué une visite riche en symboles voila un an, en se rendant dans la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Désormais, une réunification des deux églises chrétiennes n'est plus, à long terme, inenvisageable.
Un conservatisme mal interprété
Si Benoit XVI a le mérite d'avoir engagé un processus de réconciliation avec l'Eglise Orthodoxe, conformément à la tendance exprimée lors du concile de Vatican II (ce concile, qui s'est déroulé entre 1962-1965, a engagé un processus de modernisation de l'Eglise, en prônant les principes d'ouverture vis à vis des autres églises et de libéralisation des moeurs), il n'en reste pas moins que ses mains tendues à la branche conservatrice de l'Eglise a sérieusement entamé sa popularité. L'autorisation de célébrer la messe en latin accordée aux prêtres traditionalistes avait en effet été présenté comme une atteinte aux acquis du concile de Vatican II et fermement dénoncée par les progressistes, alors que cette décision s'inscrivait dans le processus de réunification de l'Eglise lancé par Benoît XVI. L'intégration de la très conservatrice Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est ainsi désormais envisagée du fait de l'annulation de l'excommunication de quatre évêques qui la composent. Au-delà de son conservatisme, Benoît XVI se présente donc comme le pape de la réconciliation...
La lente évolution des moeurs
L'ouverture à la branche conservatrice de l'Eglise qu'à prôné Benoît XVI a masqué une certaine évolution des mœurs, certes lente, mais tout du moins plus concrète que sous Jean-Paul II. Benoît XVI a ainsi été le premier pape a autorisé l'autorisation du préservatif...sous certaines conditions (couple marié dont l'un atteint du sida), ce qui constitue malgré tout une avancée notable. Sur d'autres domaine telles que l'euthanasie, le Vatican est resté campé dans ses positions, Benoit XVI assimilant cette pratique a un acte indigne de l'homme , en rappelant que Jésus a souffert et il est mort sur la croix par amour. De cette façon, il a donné sens à notre souffrance. Reste que Benoît XVI a souhaité privilégier le rassemblement des branches de l'Eglise à la modernisation de cette dernière, deux données incompatibles.
Cet article a été repris sur Yahoo!, retrouvez le à l'adresse suivante : http://fr.news.yahoo.com/13/20090204/tot-benoit-xvi-un-po...
22:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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Commentaires
Nous avons aussi de Benoit: "L'avortement est plus grave que le viol"...
Ecrit par : Boblebulotrocuit | 24 mars 2009
Cette phrase étant nettement plus grave et archaïque que celle que le pape a prononcé au sujet des préservatifs, je me suis étonné de la voir prendre si peu d'ampleur. J'ai cependant compris que c'est un évêque brésilien qui l'a prononcé et non le pape...
Ecrit par : Alex Joubert | 25 mars 2009
Bizarre, Le Pen a dit des choses aussi énormes sur le Sida et on l'a tout de suite condamné ... Pourquoi pas le Pape ?
Ecrit par : Philippe | 28 mars 2009
Hors de son contexte, une déclaration prend n'importe quel sens. Le contexte d'une déclaration pontificale n'est pas la fluctuation socio-éthique du moment, mais la doctrine permanente de l'Eglise. Un ape ne peut pas se préoccuper de dire ce qui ferait plaisir à entendre, il doit sans cesse rappeler le garde-fou constuit par les conciles, encycliques. L'homme d'aujourd'hui n'est pas plus l'axe de l'Eglise que celui de demain. L'éthique s'enracine dans l'ontologique : il n' a pas à envisager que l'une change alors que l'autre est fixe et c'est pour cette raison, en de lelles matières, il ne saurait êtr question de voter à la majorité. Entre le bien qui reste notre ligne droite et le mal destructeur, la vie ne nous laisse souvent le choix qu'entre le mal et le moindre mal et il faut en avoir conscience, sinon, la facilité que deviendra le moindre mal, par accoutumance, nous semblera la voie normale parce que devenue habituelle et ce compromis deviendra compromission, obnubilant ainsi la visée du bien. C'esr le sens du sacrement de pénitence ou de réconciliation: sans cesse, il nous remet sur les rails du bien.
La sexuation, chez les personnes humaines, a pour sens, dans le cadre du mariage sacramentel et de l'engagement qu'il suppose, la procréation, avant le plaisir qui l'accompagne. L"usage de contraceptifs en dehors de ce cadre, est le signe déjà une déviance dans la conception des relations entre un homme et une femme qui n'envisagent pas de fonder ensemble un foyer et un foyer chrétien n'a nul besoin de se 'protéger' car il n'a que la vie à transmettre et non la mort du sida.
Dans le cas où le couple marié aurait assez d'enfants, l'adoption d'une méthode peut-être envisagée, tout en regrettant les limites contre lesquelles butte la générosité attendue: ce n'est pas un bien; c'est un moindre mal.
Le cas de l'avortement ne peut jamais être vu comme un bien:
une vie est en jeu, celle du plus faible à qui la parole n'est pas donnée. Quant à déclarer que la femme fait ce qu'elle veut de son corps, c'est faire offense aux faits: l'enfant n'est pas une partie du corps de la femme, et d'ailleurs, l'homme ne fait pas ce qu'il veut de son corps. Cette idée tordue est le fruit de la volonté de conquérir sans cesse plus de droits en oubliant qu'à chaque droit correspond un devoir.
Un chef de l'Eglise reppelle aux fidèles quelle est la voie à suivre; les athée et agnostques ne sont pas directement oncernée; hors ce sont eux principalement, qui réagissent contre le chef d'une Eglise à laquelle il n'appartiennent pas!
Ecrit par : Gindorff | 16 avril 2009
Tout en admirant votre écriture, ponctuée de peu de fautes, je me permets une remarque : à 14 ans, il vaut mieux s'abstenir de parler de sujets aussi sérieux que l'euthanasie, l'avortement, la politique de Benoît XVI qui ne peut se comprendre qu'avec un minimum de culture religieuse et historique.
C'est bien de s'intéresser à toutes ces questions mais le journalisme, ce n'est pas cela. Si vous voulez être un jour journaliste, je vous encourage à passer plus de temps à développer votre culture qu'à reprendre des poncifs. Viendra le temps d'écrire, quelque chose de profond et de juste, qui viendra du fond de vous-même.
Vous pouvez en revanche décrire la politique car tout cela n'est pas très sérieux et n'est qu'une vaste comédie, dont les acteurs sont des professionnels de la communication. Les sujets futiles peuvent être traités à 14 ans, et même cela peut donner une fraicheur à l'actualité. Mais pour les sujets sérieux, il faut de la bouteille, et si vous ne le voyez pas maintenant, je suis certain que dans 10 ans, vous vous direz : mais pour qui je me prenais à l'époque pour donner mon point de vue sur de tels sujets. Attention à la grosse tête ! Et bon courage pour la suite.
Quelqu'un qui vous veut du bien...
Ecrit par : fred | 25 septembre 2009
Bonjour,
Un pape le premier 'inter pares' dans l'Église, n'a pas la possibilité, quelles que soient les tendances, pressions et attentes des gens, de déclarer , en ce qui concerne l'Église, ce qui 'ferait plaisir'.Les valeurs s'enracinent dans l'ontologique: c'est dire qu'elles ne peuvent varier davantage que l'être en tant qu'être . Toutes les déclarations imaginées ne pourront changer quoi que ce soit à l'ontologie. Le pape est non seulement chargé ne rappeler au catholiques ce qui découle de leur foi, mais de proclamer à tout homme ce qui découle de sa nature, indépendamment de toute religion. Il est donc inespéré de l'entendre dire, sous prétexte de progressisme, que ce qui était contraire à la dignité hier devienne conforme aujourd'hui.L'être des choses en tant qu'être n'est pas métaphysiquement ouvert à un changement à ce niveau. Les parlements et les votes populaires ne changeront rien à la nature des choses et des êtres.
Je ne sais qui m'écrit ni qui me répond, mais j'ai 71 ans et suis licencié-agrégé en philosophie thomiste et suis ouvert à toute discussion précise et argumentée. Il est entendu que nul n'est obligé d'être catholique. Mais vis à vis de soi-même, chacun doit pouvoir se donner à lui-même les arguments qui justifient ses options.
Ecrit par : Gindorff | 25 septembre 2009
A Gindorff
C'est un blog. Les commentaires s'adressent à l'auteur de l'article, Alex Joubert, et non à vous qui justement, par votre âge et votre culture, nous permettez d'avoir un éclairage plus profond que celui de l'auteur de ce blog.
Merci
Ecrit par : fred | 25 septembre 2009
A Fred,
Je suis conscient que je n'ai pas la culture nécessaire (et encore moins celle d'un licencié-agrégé en philosophie thomiste) pour développer ce texte. Ce n'est néainmoins pas mon objectif.
A l'époque, il me semblait que les médias ne faisaient pas leur travail car se contentaient de discréditer Benoît XVI pour sa déclaration sur les préservatifs sans l'associer à la politique qu'il menait. J'avais donc voulu fournir un aperçu de la politique de Benoît XVI, ce que ne faisaient pas les médias traditionnels. Ni plus, ni moins.
De plus, vous me reprochez de donner mon avis sur des sujets aussi graves. Or, cet article est d'une totale impartialité ! Je ne prétends pas donner mon opinion sur l'euthanasie mais retranscrire celle du pape. idem, pour le préservatif. Je ne donne pas d'opinion, je me contente de mettre en relation les actions et les discours de Benoît XVI afin de fournir un panorama de sa politique.
Bien Cordialement,
Alex Joubert
PS : ne vous en faites pas pour ma tête ;)
Ecrit par : Alex Joubert | 26 septembre 2009
Si la tête va, ça va ;-)
Je suis un peu rapide dans mes jugements, mais cela venait aussi d'autres lectures sur ce blog. En particulier un texte sur le collège qui était dans l'air du temps, mais pas très réaliste.
Je loue votre souci d'impartialité, et en particulier, votre effort pour aller plus en profondeur que ne le font les journaux qui vendent. C'est pourquoi je reviendrai de temps en temps vous lire.
Mais, je voulais aussi préserver l'honneur des journalistes. Ceux-ci font des études et j'espère qu'ils en savent plus que vous sur ce qui fait la qualité d'un article... même si malheureusement, ils le montrent très peu, sans doute par paresse ou par un attrait démesuré pour le scoop.
Concernant cet article, il y a un problème majeur qui est de vouloir décrire la politique du Pape en terme de popularité. Benoît XVI, comme Jean-Paul II, ne recherchent pas la popularité, comme le font les politiciens. Il est impossible de faire une lecture politique des décisions du Pape. On est sur un autre registre qui est celui de la foi, et qui dépasse toutes les visions humaines. Quand Benoît XVI tend la main aux traditionalistes, il ne se soucie guère des réactions des progressistes. Quand il expose la position de l'Église sur l'euthanasie, peu lui importe que cela soit populaire. Il est garant d'une certaine vision de l'homme qu'il continuera à défendre, par fidélité au Christ et à lui seul. La modernisation de l'église n'a pas non plus de signification : moderniser, ce n'est pas suivre les soubresauts de la société civile. L'Église n'est pas moderne : elle a été fondée il y a 20 siècle. Sa liturgie et sa doctrine remontent à cette époque. Certains aspects ne changeront jamais. Mais l'église renouvelle son discours pour trouver les mots qui toucheront le coeur des hommes de son temps.
L'autorisation du préservatif dans certaines conditions est à mon avis une simple rumeur. Si vous en trouvez la confirmation, je vous suivrai sur ce point. L'église n'a pas besoin d'autoriser cela : elle est humaine et doit tenir compte de toutes les situations, en son âme et conscience, avec un soin paternel des âmes. L'église cherche toujours le moindre mal. Elle maintient le cap mais peut, dans certaines situations, se montrer très humaine.
A vrai dire, la découverte de votre blog a illuminé ma journée d'hier car j'étais heureux de voir qu'en France, à votre age, il y a encore des jeunes qui ne s'abêtissent pas devant secret story ou leurs jeux vidéos. Et puis vous faites preuve d'une belle honnêteté intellectuel, ce qui est le propre de la jeunesse. C'est encourageant pour l'avenir. Mais, attention à la tête ;-)
Ecrit par : Fred | 26 septembre 2009
"ils en savent plus que vous sur ce qui fait la qualité d'un article"
bien sur. Citez moi cependant un seul article qui permet de relativiser les déclarations de Benoit XVI sur le préservatif et l'annulation de l'excommunication de Williamson ?
"Concernant cet article, il y a un problème majeur qui est de vouloir décrire la politique du Pape en terme de popularité"
ok, c'est une erreur que j'ai faite si vous (vous dans le sens lecteur) le percevez comme ça
Merci ;). Je suis allé sur le site de votre association (très briévement), j'ai juste eu le temps de comprendre de quoi il s'agissait...et que vous êtes anti-pédagogiste. Je comprends dans ce cas la ce pourquoi vous n'avez pas forcément apprécié mon article (http://lejournallectumag.blogspirit.com/archive/2009/06/26/reformons-notre-college-1-3.html).
Vous réclamez dans un premier temps revenir aux méthodes classiques d'enseignement (pourquoi pas jusqu'à 1930) mais également "répondre aux vrais besoins des enfants, adolescents". C'est juste contradictoire. Le besoin de l'enfant et de l'adolescent, c'est l'épanouissement et l'acquisition de connaissances qui lui permettront de s'intégrer en société .
Ecrit par : Alex Joubert | 27 septembre 2009
Je déplore autant que vous le peu de professionnalisme des journalistes qui semblent avoir oublié ce qu'ils ont appris, notamment en terme d'éthique. Un article sur le sujet : http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1409091_synode (le début)
Concernant l'école, revenir aux méthodes classiques d'enseignement n'est pas revenir à l'école d'antan. C'est, comme disent les américains avec un peu plus de pragmatisme que chez nous : renoncer à "ce qui est nouveau" pour aller vers "ce qui marche". La nouveauté n'est pas un gage de succès, et ce n'est pas en cassant un modèle qui a fait ses preuves en son temps que nous y gagnerons forcément. Or, depuis 30 ans, nous constatons que les nouvelles pédagogies ont créé des souffrances auxquelles personne ne s'attendait.
Aujourd'hui, neurologues et orthophonistes savent que pédagogie et bien être de l'élève sont étroitement liés. "L'épanouissement et l'acquisition de connaissances qui lui permettront de s'intégrer en société" n'est en aucun cas le produit de ce qui se passe aujourd'hui, et ne le sera pas de ce que vous prévoyez demain. Il est urgent de s'intéresser de près à ce fameux épanouissement, et d'arrêter de croire qu'il pourra se développer dans une école cosmétique.
Je ne sais pas où vous faites vos études, ni l'éducation que vous avez reçue, mais je serais très surpris si vous m'annonciez que vous êtes scolarisé dans un collège de banlieue ou les pédagogistes sont à l'honneur.
Je suis un fervent défenseur d'une pédagogie moderne qui fasse la synthèse de l'excellence de nos anciennes méthodes, éprouvées par le temps, et de tout ce que nous savons aujourd'hui sur la manière de faire réussir un élève.
Je vous inviterai à notre colloque sur le collège qui se tiendra le 28 novembre. Puisque vous êtes le porte parole des jeunes sur ce sujet. "Changeons notre collège", ok mais dans le bon sens si possible...
Frédéric
Ecrit par : Fred | 27 septembre 2009
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