21 décembre 2008

L'Edito d'Alex Joubert N°3



Je profite de ce troisième éditorial pour notifier à mes lecteurs que Le Nouvel Hebdo ne pourra être mis à jour du 22 décembre 2008 au 2 janvier 2009. Joyeuses fêtes à tous !

18 décembre 2008

Quelle réforme du collège ?

021cours.jpgAssujetti à un intérêt moindre que celui que l'on porte au lycée, le collège nécessite pourtant une réforme profonde de son fonctionnement, au même titre que les autres cursus de l'enseignement. Une réflexion nécessite d'être menée afin de moderniser son fonctionnement, les disciplines qui y sont enseignées mais encore la philosophie et les valeurs de cette institution. Le collège français doit-il s'inspirer des succès de l'enseignement scandinave, où compétition, stress et travail sont des mots exclus ? Les matières enseignées sont-elles encore en phase avec le monde actuel ? Délaissé par les ministères de l'éducation successifs, le collège reste un organe phare de l'enseignement français et mérite un tout autre sort que celui que l'on lui a accordé jusqu'à aujourd'hui, ignorant les problématiques qui le minent.

Des résultats médiocres pour un travail conséquent
Les matières enseignées au collège sont au nombre de 11 (10 en 6ème et 5ème, 11 en 4ème et 3ème) , tandis que le temps moyen passé en classe varie de 25 à 28 heures par semaine en fonction des différents cycles et établissements. Ce chiffre est nettement plus élevé qu'en Finlande, où les adolescents de 12 à 16 ans travaillent 1heure 45 de moins par jour, alors que les résultats obtenus sont nettement supérieurs en Finlande qu'en France. En effet, selon des données publiées il y a un an par l'OCDE, les collégiens français plafonnent à la 19ème place en terme de résultats scolaires, tandis que la Finlande se classe traditionnellement sur la première marche du podium !

Le temps passé en cours ne conditionne donc pas les résultats scolaires mais c'est bel et bien l'épanouissement personnel et les activités extra scolaires qui apportent une dimension supplémentaire nécessaire à la réussite. Réduire les horaires scolaires, telle est une des solutions afin de résorber l'échec scolaire et dont l'efficacité n'est plus à démontrer. Cette tâche n'est en rien ambitieuse, l'Arts Plastiques et l'Education Musicale représentent deux créneaux horaires dont la suppression ne constituerait en aucun cas une atteinte à la qualité de l'enseignement. Ces deux disciplines sont en effet bien souvent mal enseignées et gagneraient à devenir optionnelles. L'intérêt d'initier à l'instrument de la flute parait lui aussi très superficiel, la passion de la musique ne se révélant point au collège mais dans l'enfance.

Des cours de soutien personnalisé
finlande_drapeau.jpgLe temps laissé libre pourrait être transféré, comme c'est le cas dans de nombreux pays nordiques, vers des cours de soutien personnalisé, dont le succès a lui aussi été démontré. Réclamés par Ségolène Royal lors des dernières échéances présidentielles, ils pourraient s'appliquer sous la forme d'heures de travail classiques pour les professeurs, comme c'est le cas notamment en Finlande, où les heures de cours communes sont allégées, afin que les enseignants puissent se consacrer aux élèves en difficulté. Les couts salariaux des enseignants en Finlande est par ailleurs moins élevé qu'en France, témoignant de l'efficacité du système finnois; d'autant plus que l'ensemble de la scolarité est gratuite jusqu'à 16 ans, coûts de restauration et de fournitures compris. Cette gratuité permet une intégration pérenne dans le système scolaire, où les distinctions basées sur des critères financiers sont réduites.

Un accompagnement sur le long terme
Un des facteurs clés de la réussite scandinave concerne aussi l'environnement dans lequel baignent les élèves, où tout stress est banni. Les professeurs accompagnent bien souvent leurs élèves tout au long de la scolarité, dans des classes inchangées jusqu'à l'âge de 16 ans. La transition, souvent brutale, entre primaire et collège s'adoucit considérablement de ce fait. Quand à notre système de notes, il apparaît comme archaïque en Finlande, où interrogations surprises, travail quotidien et redoublement sont remplacées au profit d'évaluations globales, sans notes ni classements. Ce fonctionnement n'est par ailleurs que le reflet de la société scandinave, où la notion de compétition est inexistante. Les valeurs de solidarité et de coopération sont nettement plus appréciées et recherchées que l'individualisme croissant qui mine notre pays. L'ouverture sur le monde est inculquée tout au long de la scolarité, notamment au Danemark où sont organisés des voyages linguistiques financés par l'état dès 18 ans.

Quel collège en France ?
Il est difficile d'appliquer les méthodes finnoises en France tant les deux pays ne peuvent être comparés. Cependant, un certain nombre de principes peuvent être revus, comme la conception même du collège, dont l'image n'est que très négative. La sonnerie de la cloche indiquant aux élèves de se rendre en salle de cours incarne le côté antipatique du collège. Donner l'impression aux élèves que le collège est leur deuxième maison, tel devrait l'objectif du ministère de l'éducation nationale, en s'inspirant des méthodes scandinaves. Revoir les principes de notation des élèves, de leur rapport avec les professeurs et de l'efficacité des enseignants permettrait à coup sur d'enrayer au moins partiellement l'échec scolaire. Reste que le ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos reste très éloigné de cette vision, lui qui proposait récemment d'attribuer des médailles aux bacheliers, regrettant les récompenses d'antan...

16 décembre 2008

La mutation de l'extrême gauche française

20070228.FIG000000220_24317_1.jpg A l'heure ou Marie-Georges Buffet a été reconduit dans ses fonctions de secrétaire nationale du Parti Communiste, l'extrême gauche française subit actuellement une profonde mutation, où le trotskisme, incarné par Olivier Besancenot, devient une force majeure de l'échiquier politique, au profit du communisme, replié sur ses succès d'antan. Le déclin du PCF, incarné par les quelques 2% obtenus par Marie-Georges Buffet lors des dernières échéances présidentielles, ne fait plus du PCF une force politique incontournable. Divisé et dépourvu de leader charismatique, le PCF n'incarne plus les luttes sociales, payant à prix cher une certaine neutralité politique adoptée depuis quelques années par les syndicats. La prolifération de mouvements s'inscrivant sur le même créneau que le PCF a indéniablement précipité son déclin, au même titre que l'émergence d'Olivier Besancenot, seul leader charismatique à la gauche du PS.

Ce dernier, de par sa médiatisation et sa contestation de l'orientation social-démocrate du PS a pris les devants sur un PCF dont la relation avec le parti socialiste reste floue. Par ailleurs, contrairement à des personnalités telles que Jacques Duclos ou Georges Marchais, Marie-Georges Buffet ne s'inscrit pas dans une logique véritablement contestataire, base de l'électorat extrémiste (voir notre article à ce sujet). Olivier Besancenot a substitué ce monopole au PCF, sa jeunesse et son franc-parler séduisant la branche gauche du parti socialiste, déçue de l'émergence de Ségolène Royal et de ses alliés social-démocrates.

Par ailleurs, la chute de l'URSS et du bloc soviétique en 1990 a irrémédiablement causé le déclin du PCF, dont l'appellation "communiste" était dépourvue de sens et de crédibilité après la dislocation du plus grand et du premier empire communiste de l'histoire. Prôner la mise en place de mesures émanant d'une idéologie qui furent à l'origine du déclin économique et politique d'un des seuls états à l'avoir adopté, telle est une des incohérences flagrantes et invraisemblables du PCF. Les différents échecs de 2002 et de 2007 qui ont hâté de plonger le PCF dans la crise sont donc dus au caractère obsolète de l'appellation communiste, du manque de prestance de ses dirigeants, de la relation ambiguë entretenue avec le PS et de l'émergence du charismatique Olivier Besancenot.

Le PCF peut-il de ce fait encore occuper un espace sur l'échiquier politique ? Certainement, mais lequel ? Celui de l'ultra gauche restera très certainement fidèle à d'Olivier Besancenot ainsi qu'aux des deux autres formations trotskistes que sont le POI et LO, tandis que José Bové reste extrêmement populaire dans le courant alter mondialiste. Reste de ce fait le maigre créneau des déçus de l'orientation sociale-démocrate entreprise par le PS et qui s'étaient réfugiés sur le bulletin Olivier Besancenot, sans toutefois partager la majorité des valeurs et des convictions du facteur neuilléen. Si le PCF était amené à renoncer au label communiste et s'allier, comme ce sera le cas lors des prochaines élections européennes, au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, cette union formerait une alternative très intéressante pour les déçus de la branche gauche du PS, en recherche de représentant. Olivier Besancenot devrait dans ce cas-la, mettre au conditionnel son succès annoncé lors des prochaines échéances présidentielles...

13 décembre 2008

Les nouveaux défis de l'Union Européenne

arton1834.jpg Les élections européennes de 2009, qui auront lieu les 4 et 7 juin prochain dans l'ensemble des 27 pays de l'Union Européenne, se dérouleront dans un climat économique tendu, laissant ainsi envisager une élection inédite, aux résultats indécis. Ces élections interviennent après une législature mouvementée, où l'échec de l'établissement d'une constitution européenne, le manque de cohésion des états membres sur le plan international et la léthargie dans laquelle s'est engagée l'Europe ont fait l'actualité. Les questions institutionnelles et le rôle que l'Europe doit jouer face à la crise seront les clés de ce scrutin, où la majorité du Parti Populaire Européen (dont l'UMP est membre) pourrait être ébranlée au profit du PSE (parti socialiste européen). Mais quelle que soit la prochaine majorité, l'Europe va devoir s'atteler à un certain nombre de problématiques qui l'enveniment pour tourner la page d'une législature 2004-2009 bien pâle...

Des institutions obsolètes
Les élargissements successifs de 2004 et de 2007 portent désormais le nombre d'états membres de l'UE à 27. L'arrivée en mai 2004 des pays de l'est a incontestablement ralenti l'action de l'Union, handicapée par ses institutions obsolètes, incompatibles avec l'élargissement à l'ex bloc soviétique. Faciliter l'adoption des mesures, tel était l'objectif du projet d'établissement d'une constitution européenne, rejeté respectivement en 2005 et 2007 par la France et l'Irlande. La multiplicité des états rend en effet inadapté et terriblement inefficace l'unanimité requise au conseil européen, qui conditionne l'adoption d'un texte d'importance majeur à l'approbation de l'ensemble des états, permettant ainsi à l'un seul d'entre eux eux de bloquer toute décision. Le projet de constitution prévoyait de réévaluer l'importance en terme de voix accordée aux pays mineurs, rendant ainsi proportionnel la population des nations aux voix attribuées aux conseils des ministres. Par ailleurs, la majorité requise à l'adoption d'un texte était réduite à 55% contre 71% auparavant. L'un des défis majeurs de l'UE lors de la prochaine législature sera donc la rénovation de ses institutions, afin de les adapter à l'Europe de 2009.

Quelle défense pour l'U.E ?
05-01-8.jpg L'Union Européenne n'est pas parvenue lors de la précédente législature à réduire ses divergences, notamment en terme militaires, que la guerre en Irak a parfaitement illustré. Le manque de cohésion quand à la participation ou non à la seconde guerre du golfe a témoigné de la nécessité d'établir une puissance militaire européenne. La Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) est à ce jour le seul organe de défense commun à l'ensemble des nations de l'UE, dont l'effectif reste cependant conditionné par la participation volontaire des états. Le choix d'engager des troupes ne revient donc pas à l'UE mais aux différentes nations qui la composent. Le PESD joue cependant un rôle non négligeable dans le maintien de la paix international, notamment au Kosovo, en Bosnie, au Darfour, en Palestine mais encore en Macédoine. La lenteur de la mise en place de ces missions est considéré comme un sérieux point noir du PESD mais est surtout utilisé Une armée commune à l'union européenne reste donc à inventer, mais ce projet émerge peu à peu, en faisant face tant bien que mal aux nationalistes et eurosceptiques, fermement opposés à une telle chose.

L'entrée de la Turquie au coeur des débats ?
Tout comme lors de la précédente législature, l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne sera probablement à nouveau un dossier sujet à mouts débats et polémiques, du fait du symbole que représenterait l'entrée de cette nation dans l'U.E. L'ouverture du vieux continent à l'orient, c'est un véritable défi que pose la Turquie à l'UE en réaffirmant sa candidature, qui déchire les européens. Avec quelques 71 millions d'habitants, la population Turque ne serait autre que la deuxième de l'Union Europénne, derrière l'Allemagne, dont la faible natalité pourrait à terme, la reléguer derrière la Turquie. Un pays musulman comme première puissance démographique de l'U.E ? Paradoxal pour une union qui revendique régulièrement ses racines chrétiennes. Sur un autre plan, l'entrée de la Turquie dans l'U.E constituerait un tremplin économique de poids pour ce pays émergent, freinant ainsi le développement de l'islamisme. Au contraire, un certain nombre de nations abritant des extrémistes telles que l'Irak et la Syrie, sont frontalières avec la Turquie; l'entrée dans l'UE de cette dernière favoriserait de ce fait l'incursion de terroristes sur le sol européen.

EDIT : cet article a été repris sur Yahoo à l'adresse suivante : http://fr.news.yahoo.com/13/20081213/tot-les-nouveaux-def...

10 décembre 2008

Coldplay : plagiat ou bonne foi ?

Copier sur un seul, c'est du plagiat. Copier sur deux, c'est de la recherche assurait l'écrivain et hommes d'affaires Wilson Mizner dans ce qui est resté comme une de ses citations phares. Il n'empêche que le groupe pop/rock Coldplay est actuellement au coeur de la tourmente puisqu'il est accusé d'avoir plagié un certain nombre de ses confrères, avec en première ligne le guitariste Joe Satriani, dont la plainte à la cour fédérale de Los Angeles a remis à la une des précédentes accusations formulées lors de la sortie du single de Coldplay en question, Viva La Vida en juin dernier, mais qui n'avaient alors pas trouvées échos. Joe Satriani accuse le groupe britannique d'avoir plagié sa mélodie "If I Could Fly", précisant dans le magazine Music Radar avoir fait tout ce que j'ai pu pour éviter d'amener la situation devant les tribunaux sauf que Coldplay ne voulait pas en parler. Il voulait que l'histoire disparaisse tout simplement. Dans un communiqué, Coldplay a tenu à se défendre de tout plagiat, estimant que s'il existe des similitudes entre nos deux morceaux de musique, elles sont une pure coïncidence. Quoi qu'il en soit, le net s'est emparé de l'affaire et nombre d'internautes ont déjà publié des compilations des deux morceaux afin de se construire une propre opinion à ce sujet. Mathieu Sicard, dans sa web-émission "L'info du jour" a quand à lui établi un parallèle entre Coldplay et la chanteuse de variétés Alizée. Vérification en musique.



Par ailleurs, des suscpisions ultérieures à celle de Joe Satriani ont refait surface, notamment autour de la chanson The Songs I Didn't Write du groupe américain Creaky Boards, qui aurait très largement inspiré Coldplay. Le leader du groupe, Andrew Hoepfner, assure par ailleurs avoir aperçu le chanteur de Coldplay Chris Martin à l'un de ses concerts, ce que le principal intéressé nie. A vous de juger...



Plagiat ou bonne foi ? Difficile de trancher tant le succès qu'a obtenu Viva La Vida à travers le monde fut conséquent (il est en effet alléchant de s'approprier la mélodie d'un tube vendu à quelques 20 millions d'exemplaires). Au contraire, si Viva La Vida n'est en réalité qu'une pâle copie de If I Could Fly, cela démontre à nouveau à quelque point la musique pop peine à se renouveler.

09 décembre 2008

L'Edito d'Alex Joubert N°2 sur RTL

Mon édito vidéo N°2 a été évoqué sur l'antenne de RTL, ce mercredi 9 décembre. Ecoutez.


07 décembre 2008

Les clés de la réforme audiovisuelle

france-tele.jpg Voulue par Nicolas Sarkozy, la réforme de l'audiovisuel public soulève actuellement mouts débats au sein même de la majorité. La suppression de la publicité, qui va engendrer la création de bénéfices supplémentaires pour les chaînes privées et l'indépendance des rédactions de France Télévision sont les points les plus contestés de la réforme. Le texte, actuellement débattu à l'Assemblée Nationale, prévoit en effet, et cela dès le 5 Janvier 2009, la suppression des écrans publicitaires entre 20h00 et 6h00 sur l'ensemble du réseau France Télévision (hormis RFO), afin d'évoluer vers une suppression intégrale de la publicité d'ici 2011. Le manque à gagner que va occasionner cette mesure est évalué à 430 millions d'euros annuels, contraignant ainsi l'état à débloquer de nouvelles sources de rendement.

Les chaînes privées seront ainsi taxées sur leurs revenus publicitaires, le montant de cette taxe étant fixé en fonction des bénéfices publicitaires supplémentaires opérés par les chaînes. Idem pour les opérateurs téléphoniques, qui seront taxés sur les mêmes critères, si ce n'est que la taxe qui leur est imposée sera, non pas comprise entre 1,5 et 3% mais 0,5 et 0,9%. Cependant, ces taxes ne semblent pas être en mesure de palier les 430 millions issus de la rente publicitaire, laissant ainsi envisager une augmentation de la redevance. Le manque de garantie quand aux fonds utilisés pour financer la suppression de la publicité sont d'ailleurs au coeur des critiques qui ont été jusqu'aujourd'hui émises, avec en première ligne celle du socialiste Jean-Marc Ayrault, qui s'exprimant au micro de l'Assemblée Nationale a estimé que la suppression de la publicité est une faute politique et budgétaire, dans une période où il manque de l'argent public.

L'autre point sensible de la réforme concerne l'indépendance de France Télévisions, sérieusement mise en cause par la réforme de l'audiovisuel estiment les syndicats du groupe. Le président de France Télévisions ne sera en effet non plus nommé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel mais par décret officiel du chef de l'état, qui devra cependant obtenir confirmation du CSA. Officiellement, cette décision s'explique par le fait que c'est à l’État actionnaire à qui la nomination du président de France Télévisions revient de droit. Par ailleurs, cette réforme, dont l'objectif est de libérer la télévision publique de la pression de l’audience, va induire à la diffusion de spots de courte durée, sur des thèmes variés tels que l'Union Européenne, l'écologie, la santé etc... Un coup de pouce pour les chaînes privées estime l'opposition, du fait du peu d'intérêt qu'éprouverait le public vis à vis de ces programmes, et des faibles audiences qu'ils réaliseraient.

Quand à la modification des horaires, effective dès le 5 Janvier, elle touchera en première ligne les premières parties de soirées, qui commenceront désormais non plus à 20h50 mais à 20h35, les deuxièmes parties de soirée subiront le même bouleversement avec une avancée de 15 minutes, à 22h15. Les chaînes privées, avec en première ligne TF1, vont devoir repenser l'ensemble de leurs soirées, afin de se caler sur les horaires de France Télévisions et ainsi éviter de voir l'audience chuter en première partie. Pour cela, TF1 envisage de réduire largement la durée du JT de Laurence Ferrari, qui se résumera en un tour complet de l'information en moins de dix minutes.

03 décembre 2008

SDF : les dix orientations de Martin Hirsch

sdf.jpg Le haut-commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, publie aujourd'hui dans le quotidien Le Monde une tribune intitulée Ce que j'ai à dire sur les sans-domicile-fixe, dans laquelle l'ancien président de l'association Emmaus invite le gouvernement à adopter dix orientations dans le but de la résorption du nombre de SDF en France. Dans cette tribune qui intervient une quinzaine de jours après l'arrivée des premières vagues de froid et la mort de six SDF, Martin Hirsch s'insurge maintes fois de la médiatisation excessive du cas des sans-domicile-fixe, estimant qu' il paraît absurde de dire que depuis le temps que l'on parle des SDF, qu'on y consacre rapports et reportages, il faille encore enquêter et produire des connaissances à ce sujet.

Le haut comissaire réclame notamment des solutions adaptées à chaque problématique, préconisant une politique d'assistance en accroissant le taux de sortie des travailleurs pauvres de l'hébergement d'urgence vers le logement durable et prévenant avec plus d'efficacité le passage de l'expulsion à la rue. Les associations d'aide aux SDF se verraient par ailleurs attribuer un nouveau statut, devenant associées d'un service public des sans domicile fixe. Une meilleure prise en compte de l'importance du facteur travail pour les SDF est aussi réclamée par Martin Hirsh, qui préconise la création de charity shops, associant bénévoles et personnes en difficulté. Afin de financer ces orientations, Martin Hirsch réclame de les intégrer dans les mesures de relance, au même titre que les grands travaux d'infrastructure. Je tiens cependant à notifier qu'il paraît étrange que Martin Hirsch présente ces orientations tels des conseils adréssés au gouvernement, alors qu'il en est membre, et que, de ce fait, ce statut devrait lui conférer une autorité et un pouvoir suffisant pour que ces orientations soient présentées telles des mesures.

02 décembre 2008

Le vote contestataire disputé

extreme2.JPG La crise économique et financière, qui sera supplantée dès 2009 par une crise sociale de grande ampleur, va indéniablement aviver un sentiment de colère et de protestation dans l'électorat français. Comme il en est coutume, les partis extrémistes seront traditionnellement en première ligne pour incarner le désespoir de cette classe sociale, désemparée et déçue par le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui au-delà de sa capacité (ou de son incapacité) à avoir tenu ses promesses, sera considérablement handicapé par la crise économique. Le vote contestataire avait d'ailleurs marqué un net reflux en 2007, témoignant de l'espoir porté en Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui incarnaient tous deux la nouvelle génération politique. Mais le climat économique conjugué aux querelles socialistes, ouvre à la voie à une progression certaine de l'électorat contestataire lors des prochaines échéances de 2012, annonçant ainsi un accroissement des scores obtenus par les partis extrémistes. Lors des trois dernières élections présidentielles, ce vote contestataire s'était principalement replié sur Jean-Marie Le Pen, délaissant un Parti Communiste sur la pente du déclin. Mais la montée en puissance d'Olivier Besancenot et le départ de la scène politique de Jean-Marie Le Pen pourraient bel et bien inverser la tendance...

Et puisque le malheur des uns fait le bonheur des autres, Olivier Besancenot ne peut que se frotter les mains en constatant les dégâts de la crise. Les fermetures d'usines, les licenciements et chômage technique ne peuvent être que bénéfiques pour le facteur neuilléen, qui fustige depuis son arrivée sur la scène politique le patronat voyou, le capitalisme dépourvu d'humanité et le libéralisme sans pitié. Un message qui ne peut être qu'apprecié en temps de crise financière, et où le dégout d'un certain "establishment" véhiculé par Olivier Besancenot trouve échos. Car si tout oppose idéologiquement ce trentenaire trotskiste au nationalisme et à la xénophobie de Jean-Marie Le Pen, il n'en est pas moins que ces deux extrêmes touchent le même électorat.

medium_besancenot.jpgDepuis la création de la Vème république et cela jusqu'aux présidentielles de 2007, c'est toujours dans l'extrême que s'est exprimé le mécontentement d'une classe, défiant ainsi les partis gouvernementaux. Jusque qu'à l'avènement des années 90 et le déclin du bloc soviétique, le Parti Communiste détenait un certain monopole en la manière, incarnant à lui seul les luttes socialistes et les colères du peuple. La montée de l'insécurité, qui coïncida avec l'accroissement des flux migratoires, s'est chargé de réduire considérablement l'influence du PCF au sein de l'électorat contestataire, et cela au profit du Front National, dont le discours nationaliste et xénophobe trouva enfin un sens.

Or, la tendance semble aujourd'hui s'être renversé, du fait des récentes difficultés économiques. Il est désormais indéniable qu'Olivier Besancenot s'est posé comme un personnage phare de la vie politique du fait d'un certain nombre de facteurs extrêmement favorables au facteur trotskiste. Tout d'abord, la situation actuelle du Parti Socialiste se compare à celle du RPR lors de l'avènement du Front National. La ligne idéologique du PS tend à s'éloigner de celle de son extrême, tout comme le RPR, qui sous l'emprise de Jacques Chirac amenait à évoluer vers le centre. Il n'est donc pas inenvisageable que la branche socialo-communiste du PS aille voir chez le voisin Besancenot. Par ailleurs, le message d'Olivier Besancenot trouve échos en période de crise économique, aux dépends du Front National qui ne parvient pas à en tirer profit. Le reflux constaté lors des présidentielles et législatives 2007 ne pourrait de ce fait qu'empirer...

Par ailleurs, le Front National traverse actuellement une crise inédite dont certains aspects ne permettent plus d'ignorer l'éventualité d'une absence de représentants frontistes lors des prochaines échéances présidentielles. Tout d'abord, le départ prochain de Jean-Marie Le Pen, président depuis la création du mouvement, va entraîner une guerre de succession qui s'annonce musclée entre trois prétendants, dont la défaite pourrait amener à une scission avec le FN. Selon un sondage paru en septembre dans Valeurs Actuelles, 76% des sympathisants FN souhaiteraient que Marine Le Pen succède à la tête de son père. Un score plébiscite pour "la fille", qui, si elle parvient à prendre les rennes du Front National, devra cependant maintenir une unité fragile.

2008-09-11T070349Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP-FRANCE-LE-PEN-20080911.jpgOr, le risque d'une dislocation du Front National est d'autant plus néfaste pour le parti frontiste que les difficultés éprouvées en 2007 par Jean-Marie Le Pen pour recueillir les 500 parrainages ne feront qu'empirer pour son successeur. En effet, plus de la moitié des élus ayant accordés leur signature à JMLP lors des élections présidentielles de 2007 n'ont pas vu leur mandat renouvelé lors des dernières échéances municipales. De ce fait, en cas de dislocation du FN, la multiplication des candidatures frontistes ne permettrait à aucun candidat issu du FN de se porter candidat. Pis, même si le schisme est évité, faute de réservoir de signature important, il n'est pas certain que le FN soit en mesure de présenter un candidat...

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