16 décembre 2008
La mutation de l'extrême gauche française
A l'heure ou Marie-Georges Buffet a été reconduit dans ses fonctions de secrétaire nationale du Parti Communiste, l'extrême gauche française subit actuellement une profonde mutation, où le trotskisme, incarné par Olivier Besancenot, devient une force majeure de l'échiquier politique, au profit du communisme, replié sur ses succès d'antan. Le déclin du PCF, incarné par les quelques 2% obtenus par Marie-Georges Buffet lors des dernières échéances présidentielles, ne fait plus du PCF une force politique incontournable. Divisé et dépourvu de leader charismatique, le PCF n'incarne plus les luttes sociales, payant à prix cher une certaine neutralité politique adoptée depuis quelques années par les syndicats. La prolifération de mouvements s'inscrivant sur le même créneau que le PCF a indéniablement précipité son déclin, au même titre que l'émergence d'Olivier Besancenot, seul leader charismatique à la gauche du PS.
Ce dernier, de par sa médiatisation et sa contestation de l'orientation social-démocrate du PS a pris les devants sur un PCF dont la relation avec le parti socialiste reste floue. Par ailleurs, contrairement à des personnalités telles que Jacques Duclos ou Georges Marchais, Marie-Georges Buffet ne s'inscrit pas dans une logique véritablement contestataire, base de l'électorat extrémiste (voir notre article à ce sujet). Olivier Besancenot a substitué ce monopole au PCF, sa jeunesse et son franc-parler séduisant la branche gauche du parti socialiste, déçue de l'émergence de Ségolène Royal et de ses alliés social-démocrates.
Par ailleurs, la chute de l'URSS et du bloc soviétique en 1990 a irrémédiablement causé le déclin du PCF, dont l'appellation "communiste" était dépourvue de sens et de crédibilité après la dislocation du plus grand et du premier empire communiste de l'histoire. Prôner la mise en place de mesures émanant d'une idéologie qui furent à l'origine du déclin économique et politique d'un des seuls états à l'avoir adopté, telle est une des incohérences flagrantes et invraisemblables du PCF. Les différents échecs de 2002 et de 2007 qui ont hâté de plonger le PCF dans la crise sont donc dus au caractère obsolète de l'appellation communiste, du manque de prestance de ses dirigeants, de la relation ambiguë entretenue avec le PS et de l'émergence du charismatique Olivier Besancenot.
Le PCF peut-il de ce fait encore occuper un espace sur l'échiquier politique ? Certainement, mais lequel ? Celui de l'ultra gauche restera très certainement fidèle à d'Olivier Besancenot ainsi qu'aux des deux autres formations trotskistes que sont le POI et LO, tandis que José Bové reste extrêmement populaire dans le courant alter mondialiste. Reste de ce fait le maigre créneau des déçus de l'orientation sociale-démocrate entreprise par le PS et qui s'étaient réfugiés sur le bulletin Olivier Besancenot, sans toutefois partager la majorité des valeurs et des convictions du facteur neuilléen. Si le PCF était amené à renoncer au label communiste et s'allier, comme ce sera le cas lors des prochaines élections européennes, au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, cette union formerait une alternative très intéressante pour les déçus de la branche gauche du PS, en recherche de représentant. Olivier Besancenot devrait dans ce cas-la, mettre au conditionnel son succès annoncé lors des prochaines échéances présidentielles...
06:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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Commentaires
Metttre la LCR dans l'ultra-gauche !
Tout sépare ultra-gauche et extrême gauche mais je ne vais pas faire un cours !
Besancenot et NPA, trotskystes ?
Mais Olivier Besancenot a toujours dit que sa référence n'était pas le trotskysme mais les traditions libertaires du communisme. Je ne développe pas, ce serait long.
Tout dans cet article repose sur de faux postulats.
Quand on ne connait pas un sujet, on évite de faire une thèse dessus !
Ecrit par : velveth | 16 décembre 2008
Commentaire sur AgoraVox en réaction à ce même article qui s'avère aussi complémentaire à l'article qu'intéressant :
"L’analyse est un peu courte, et mériterait d’être approfondie. Ainsi, il faut prendre en compte d’autres éléments dans la recomposition de l’extrême gauche actuelle.
Le premier, absolument déterminant mais que vous ne mentionez qu’à peine, est l’émergence de l’altermondialisme. Cette philosophie a permis à l’extrême gauche de se régénérer par l’influx de cityons d’origines plus diverses et dont l’objectif n’est plus une révolution violente ou la lutte des classes. Mme Buffet a tenté, lors des récentes élections depuis quelques années, d’ouvrir le PC à ce mouvement, sans grand succès en raison des différences profondes d’organisation et de mentalités entre ces mouvances.
La seconde, plus récente, est liée à la dénonciation du "capitalisme" ultralibéral, thème dont s’est emparé avec brio le NPA d’Olivier Bensancenot, qui bénéficie actuellement de la révélation de l’échec de l’autocontrôle classique du capitalisme financier, et donc de la crise qui s’ensuit. Pour autant, le NPA n’a pas renoncé à son idéologie révolutionnaire, ce qui risque de le mettre en porte à faux à l’avenir.
Le positionnement du PC dans cette évolution idéologique est contrarié par un déficit de leadership et une stratégie politique encore floue d’alliance avec le PS. Son salut dépend probablement de l’éclaircissement de cette stratégie."
Ecrit par : Alex Joubert | 16 décembre 2008
Salut Alex ,
Je voulais te demander si tu voulais être partenaire avec moi ?
Merci de ta réponse
Ecrit par : Fabien | 17 décembre 2008
Velveth, la LCR, formation à laquelle adhére Olivier Besancenot reste dirigée par des troskistes de la première heure (krivine) qui ont défendu les couleurs de cette idélogie depuis près de 50 ans et les mesures qu'elle défent sont d'inspiration troskiste.
Ecrit par : Alex Joubert | 17 décembre 2008
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