25 novembre 2008

Causes et enjeux du conflit tchétchène (2/2)

tchetchenie200047vt.jpg Le second conflit Tchétchène, qui dévaste depuis plus de neuf ans cette minuscule république de la Fédération de Russie aurait fait plus de 300 000 victimes, décimant de ce fait plus de 23% de la population. Face à l'immobilisme de l'OTAN, le Kremlin utilise la situation tchétchéne comme un prétexte de la politique autoritaire menée par le duo Medvedev-Poutine. Lors de sa réelection à la présidence Russe en 2004, Vladimir Poutine avait d'ailleurs fait de la question tchéchène un point essentiel de son programme, promettant de rétablir l'ordre dans cette province caucasienne, où d'importants enjeux politiques empêchent une normalisation de la situation. Décryptage des causes et enjeux d'un conflit aussi dramatique que meurtrier.

La barbarie de l'armée russe
Si les occidentaux ne mettent pas en cause les raisons qui ont amené la Russie à mener la deuxième guerre tchétchène, c'est la brutalité de l'armée russe et la crise sociale et économique qu'elle a provoqué qui est sérieusement mise en cause par l'ensemble de la communauté internationale.

Lors de son incursion militaire en 1999, les forces armées russes ont dévasté villages et villes, pillant les habitations au motif de la recherche d'islamistes et n'hésitant pas à abuser sexuellement de la population. Les abus de l'armée russe sont notamment relatés par la presse occidentale, en témoigne un article du quotidien français Le Monde qui est parvenu à se procurer en avril 2003 un document confidentiel du FSB à l'attention du Kremlin et comptabilisant près de 3 000 civils sauvagement assassinés, sous la torture et sous les balles russes rien que durant la seule année 2002. Le kremlin rétorque que la guerre tchétchène n'est qu'une affaire intérieure à la Russie et qu'elle ne doit en aucun cas susciter la moindre réaction des occidentaux.

Le bilan du conflit tchétchène est pourtant dramatique, la capitale, Grozny, n'est aujourd'hui plus qu'une ville fantôme en ruine, en dépit des plans de reconstruction; et les rares ONG à avoir pu se rendre sur le sol tchétchène recensent près de 100 000 morts pour autant de réfugiés. La faute à l'armée russe, qui a fait preuve d'une barbarie extrême, témoignant de la profonde crise qu'elle subit. La violence des bizutages, les salaires de misère, les conditions de vie précaires et inhumaines, expliquent la crise que subissent les forces armées russes, et que rares journalistes osent dénoncer.

Conclusion
Le conflit tchétchène s'explique par plusieurs raisons, dont les origines ne sont non pas énergétiques ou géopolitiques, comme c'est principalement le cas dans le Caucase, mais politiques. Depuis son commencement, le conflit s'est inexorablement enlisé, et ne trouve aujourd'hui plus aucune raison d'être. Le seul objectif qu'éprouve le Kremlin désormais, consiste à prouver à l'occident le détermination russe ainsi que la puissance de sa force militaire. Le Kremlin qui dit aussi craindre,un effet domino qui conduirait à un nouvel éclatement de la Russie. Pourtant, les troupes ont aujourd'hui le sentiment d'être abandonnées et restent traumatisées par la violence d'un conflit dont il ne comprenne plus les raisons.

La Tchétchénie n'est aujourd'hui plus qu'un territoire délabré, où règne la corruption et le crime organisé. La population de cette petite république du nord du Caucase n'est aujourd'hui plus que de 400 000 habitants, contre 1,2 million au commencement du conflit. Les raisons qui motivent Vladimir Poutine à poursuivre le conflit ne sont que purement politiciennes. Avouer sa défaite pour l'actuel premier ministre constituerait un échec monumental alors que l'ancien président avait fait du dossier tchétchène le coeur de son programme électoral.

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