19 novembre 2008
Vers un repoussement de l'âge de la retraite ?
Le gouvernement ouvre-t-il la voie à un repoussement de l'âge de la retraite ? Cette épineuse question fait à nouveau la une cette semaine, de part les grèves d'Air France qui contestent un amendement repoussant l'âge de la retraite des pilotes à 65 ans et la permission qu'a délivre le gouvernement de poursuivre son activité professionnelle jusqu'à 70 ans contre 65 auparavant. En effet, le Sénat a adopté mardi le projet de budget de la sécurité sociale 2009, qui inclut notamment l'autorisation pour les salariés du privé de travailler jusqu'à 70 ans.
En clair, lorsqu'un salarié aura atteint les 65 ans, son employeur ne sera désormais plus en droit de le mettre à la retraite d'office et devra demander l'avis du salarié concerné. Si ce dernier exprime son souhait de poursuivre sa carrière, son employeur n'aura désormais plus recours aux mises à la retraites automatiques. Une mesure fustigée par l'opposition ainsi que les syndicats, notamment l'organisation patronale des petites et moyennes entreprises françaises (CGPME) qui estime que poursuivre son activité au-delà de 65 ans exige une volonté réciproque du salarié et de l'employeur. Imposer le maintien d'un salarié jusqu'à 70 ans contre la volonté de son employeur, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives.
Même son de cloche pour le sénateur socialiste Jean-Pierre Bel qui accuse le gouvernement de préparer les esprits pour reculer l'âge de la retraite. Le député UMP M.Jacquat, qui est à l'origine de l'amendement en question, s'est défendu de ces critiques en estimant qu'il n'est plus acceptable qu'aujourd'hui qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes ses annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension.
En parallèle de cet amendement, le Sénat, en dépit de la grève des pilotes qui a fortement perturbé le trafic aérien ce week-end, a adopté l'amendement tant controversé qui stipule que les pilotes d'avion auront désormais la possibilité d'exercer leur profession jusqu'à 65 ans et 60 ans pour les hôtesses et stewards contre 60 et 55 auparavant , un amendement qui entrera en application dès 2010. A l'origine de la grève de ce week-end, il s'est avéré être extrêmement critiqué par les pilotes d'Air France, qui craignent que la vie des passagers soit mise en danger.
La problématique de l'âge de la retraite est plus que jamais présente, car il ne fait désormais plus de doute que du fait du vieillissement de la population, les cotisations actuelles ne permettront plus de financer l'ensemble des retraites. Car si cn compte actuellement 180 cotisants pour 100 retraités, ce chiffre sera de 120 pour 100 en 2050. Pis, le financement des retraites en 2020 s'élèvera à un montant de 25 milliards d'euros. Reste que face à cette situation, l'état reste inactif, se frottant lors du moindre projet de réforme aux réticences des syndicats, notamment lors de la remise en cause des régimes spéciaux. D'ailleurs, en refusant cette alternative au repoussement de l'âge de la retraite, les partenaires sociaux affichent leurs nombreuses et éternelles contradictions.
20:01 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : politique, actualité, sarkozy, économie, france |
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Commentaires
Avant toute chose, pourquoi ne pas consulter le lien suivant?
http://www.claudereichman.com/articles/lettreouverte.htm
Même si cela date un peu, et que le "nouveau" est à la mode; même si, effectivement, seulement la moitié des ministres touchent une retraite (ceux qui ont normalement cotisé au près d'une caisse retraite, ce qui ne constitue en rien un régime "spécial"), il en reste que le rôle des "hauts" fonctionnaires devrait être de montrer l'exemple. Cette utopie est peut-être un peu naïve, car seuls comptent les faits.
Alex, pourquoi ne pas se pencher à nouveau sur les récents remaniements du traitement des dépenses d'un gouvernement contraint à de dures restrictions? Cela a certes été abordé par un article du Monde portant sur le train de vie du sénat. Le reprendre à ton compte, j'en conviens, ce serait peut être faire l'écho d'un son de cloche.
Cordialement, Franklin.
Ecrit par : Franklin | 25 novembre 2008
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