15 juillet 2008
L'Arbitrage vidéo, cet éternel débat
Ce débat est éternel. La question de l'arbitrage vidéo est sans cesse reposée lorsque les erreurs d'arbitrage lors d'un grand rendez-vous se multiplient, les uns essuyant toujours le refus des autres.
Les autres, ce sont les organes supérieurs du football, la FIFA de Joseph Blatter et l'UEFA de Michel Platini. Tous deux réfutent le principe de l'arbitrage vidéo, craignant un déséquilibre entre le football professionnel et le football amateur.
Pourtant, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer l'instauration de l'arbitrage vidéo, afin d'éviter des erreurs litigieuses et des remakes du scandale du Calcio, où des arbitres avaient été achetés par des prestigieux clubs Italiens (Juventus Turin, Milan AC, Lazio Rome etc...).
Ces voix sont celles des supporteurs et des spectateurs, dont les erreurs d'arbitrage deviennent insupportables, des spectateurs qui n'ont d'ailleurs certainement pas apprécié lors de cet Euro 2008 que M.Rosetti omette de siffler deux penaltys en faveur de la Suisse lors du match qui les opposait aux Tchèques (1-0) ou que M.Fröjdfeldt n'accorde à Michaël Ballack un but précédé d'une faute du capitaine Allemand face au Portugal en quarts de finale de la compétition (3-2).
Dans d'autres sports, l'arbitrage vidéo a déjà été adopté
Alors pourquoi la FIFA s'obstine-t-elle à nier l'efficacité de l'arbitrage vidéo ? En rugby, cette méthode instaurée en 2000 prouve pourtant son utilité, d'autant que la seule zone où l'arbitre peut avoir recours à la vidéo est la zone d'en but, où il est difficile de savoir si le joueur a bel et bien applati le ballon et si l'essai peut où non être validé. Enfin, seuls les matchs internationaux bénéficient de l'arbitrage vidéo, afin d'éviter la fameuse fracture entre sport professionnel et sport amateur.
Dans d'autres sports, comme le Tennis et l'Escrime, l'arbitrage vidéo épaule les arbitres...et les joueurs. En effet, les tennisman peuvent, deux fois par set, demander qu'une décision de l'arbitre soit vérifiée par la technologie hawkeye qui reproduit la trajectoire de la balle en image de synthèse. Si le procédé donne raison au joueur, ce dernier récupère son droit d'utiliser la vérification de la décision de l'arbitre.En escrime, si le joueur a la possibilité de contester la décision de l'arbitre trois fois dans une partie, l'arbitre reste maître de la décision finale après avoir visionné une vidéo ralentie.
23 Juin 1998 : une date clé du débat sur l'arbitrage vidéo
De la performance du Brésil lors du mondial 1998, on retient une défaite, celle concédée en finale contre l'Equipe de France, par le score de 3 buts à 0. Pourtant, la seleçao s'était déjà inclinée, au premier tour de la compétition face à la Norvège, 2-1. Ce match avait été le théâtre d'une vive polémique autour de l'arbitre de la rencontre M.Baharmast, qui, à la 88" minute de la rencontre siffle en faveur de la Norvège et de Tore Andre Flo un penalty litigieux, qui est alors contesté par les commentateurs du monde entier, écoeurés par tant d'injustice d'autant que cette décision est synonyme d'élimination pour les brillants Marocains qui devaient espérer un succès ou un nul du Brésil pour décrocher son ticket pour les 8èmes de finale.
Les critiques fusent alors pour dénoncer l'incompétence de l'arbitre américain et l'élimination cruelle du Maroc de Michel Hidalgo...jusqu'à ce que, deux jours plus tard, une télévision suédoise ne publie des images de la scène sous un autre angle, où l'on aperçoit Junior Baiano, tirer le maillot d'Andre Flo dans la surface de réparation, alors que ce dernier prenait ses appuis.Cette polémique injustifiée envers M.Baharmast soulève bien entendu, et cela pour la première fois, la question de l'arbitrage vidéo.
Qu'en pensez-vous ?
En surfant sur la toile, nous avons recueilli un certain nombre d'opinions sur la question de l'arbitrage vidéo, toutes postées sur des blogs et des forums. Les partisans de l'instauration de l'arbitrage vidéo se disent favorable à ce procédé parce qu'il y en a marre des arbitres qui font des erreurs. Oui évidemment les arbitres doivent désormais avoir recours à la vidéo, les techniques et technologies avancent et le football lui n'évolue pas alors qu ils serait possible aujourd'hui d'accéder à l'erreur 0 ce qui serait, à mon sens, juste estiment Clément d'autant que selon Francis pour les stades disposant d'écrans genre Stade de France : rien de plus simple que de repasser le ralenti pour l'arbitre en temps réel.
D'autres, prennent des positions plus modérées, les enjeux économiques sont de plus en plus importants dans le football et de ce fait les erreur d'arbitrages suscitent des réactions de plus en plus vives; Le simple fait que les arbitres puissent s'aider de la vidéo donnerait plus de crédit à leurs décisions. Cependant le recours à la vidéo ne doit ce faire que pour certaines actions décisives alors que ceux qui sont défavorables à l'arbitrage vidéo motivent leur décision en déclarant que si on s'attaque aux règles même du sport, comme l'arbitrage, nous risquons de perdre certaines valeurs.
La vidéo, même si elle rendrait les décisions plus justes, enlèverait l'aléatoire qui nous fait vibrer chaque week-end et risquerait de rendre le spectacle bien terne avec des arrêts de jeu répétés estime Brice.
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| Tags : sport, video |
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Commentaires
Je suis arbitre national de taekwondo depuis maintenant 12 ans, un des plus ancien et respecté de ma Fédération.
Notre Fédération comme bien d'autres (contrairement à ce que tu affirmes) interdit la vidéo en arbitrage. En effet celle-ci présente de nombreux inconvénients.
1) L'utilisation de la vidéo ralentit considérablement les compétitions. En effet, les litiges obligent à regarder la vidéo, ce qui peut aller jusqu'à doubler le temps d'un rencontre (8 mn) Or il y a souvent entre 40 à 60 combats par jour par aire de combat.
De plus, le publique est notament les familles de la "8ème merveille du Monde" ont tendance à multiplier les recours. Cela devient vite ingérable. Les athlètes eux-même, font des recours abusifs pour ralentir les compétitions (c'est une sorte de grève perlée)
2) La vidéo fait baisser la qualité de l'arbitrage. Les arbitres qui savent que la vidéo pallie leur erreurs d'arbitrage, sont moins attentif du fait qu'ils savent qu'il ont ce filet de protection qu'est la vidéo. Donc leur qualité s'amenuise et il y aura de + en + d'erreurs d'arbitrage. C'est un cercle vicieux.
De plus, ils se sentent déconsidérés. On ne leur fait pas confiance donc il y a des plus en plus de mal à avoir des arbitres valables ; la F.F.F. a fait dernièrement une vaste campagne de recrutement, y compris dans ma Fédération pour trouver des arbitres qui étaient formés à la va-vite et rémunéré pour les faire rester.
La Fédération de taekwondo pour sa part, préfère promouvoir l'arbitrage électronique qui est en train de se mettre en place progressivement, qui pose de nombreux problème de mise au point mais va dans le bon sens en ce qui concerne la justice et la qualité des arbitres qui doivent surveiller la machine.
C'est aussi dans ce sens que la Fédération d'escrime avait oeuvré, il y a quelques années avec un grand succès et une qualité toujours grandissante des athlètes et des arbitres. Car quelque-soit la qualité de la machine, c'est toujours l'homme qui la surveille. Et c'est bien comme çà.
Ecrit par : Antarès | 16 juillet 2008
Ma réponse Antarès :
"Les arbitres qui savent que la vidéo pallie leur erreurs d'arbitrage, sont moins attentif du fait qu'ils savent qu'il ont ce filet de protection qu'est la vidéo".
C'est faux d'autant que tu ne peux pas comparer le taekwendo, sport individuel avec le foot, sport collectif.
Au rugby, dont la comparaison avec le foot est possible, l'arbitrage vidéo permet d'éviter des erreurs et a prouvé son utilité.
"La Fédération de taekwondo pour sa part, préfère promouvoir l'arbitrage électronique".
L'arbitrage électronique est en effet une solution pour tout ce qui concerne escrime et autres sports de combats mais concernant le football, cela est inutile car la plupart du temps, l'arbitre sait si le ballon a bel et bien franchi la ligne !
Ecrit par : Le Nouvel Hebdo | 16 juillet 2008
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