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21 mars 2008
Frédéric Nihous au micro du Lectumag
Le charismatique Jean St Josse a quitté en début d'année la présidence du parti qu'il avait cofondé, CPNT, et laisse donc s'installer à la tête de ce mouvement Frédéric Nihous qui avait déjà porté les couleurs de CPNT lors des dernières échéances présidentielles. Agent de développement, Frédéric Nihous nous a accordé une interview très enrichissante où il tout en analysant son score lors des présidentielles il évoque différentes questions comme celle des biocarburants. Nous diffusons donc notre interview de Frédéric Nihous que nous remercions pour le temps qu'il nous a accordé.
Etes-vous satisfait de la politique rurale menée par Nicolas Sarkozy ?
Pas spécialement même si on peut considérer qu’elle fait partie des réflexions suivies ; ceci se manifeste d’ailleurs par le fait que le gouvernement m’a confié une mission prospective sur le développement des territoires ruraux au travers des activités économiques des agriculteurs.
L’attente est toujours là et CPNT attend du président qu’il tienne son engagement pris en 2007 de créer un vrai ministère des affaires rurales. Nous revendiquons une politique rurale au même titre que celle menée par la ville : elle n’est pas encore mise en œuvre, ni annoncée d’où notre frustration même si tout un ensemble de mesures annoncées et lancées, en terme d’emplois et de soutien à l’économie, vont dans le bon sens tout en étant insuffisantes.
Quelle est votre position vis à vis des biocarburants ?
Il faut être prudent et je ne suis pas sûr que ce soit la solution idéale même si elle est intéressante. La question fait débat et il ne faut pas oublier la fonction première de l’agriculture qui est d’assurer une production alimentaire. La demande en carburants est telle que la production de biocarburants peut être globalement dévoreuse d’espaces alimentaires !
Je suis donc plutôt pour mais de façon mesurée et je note que le sujet fait débat et polémique tant chez les scientifiques que chez les agriculteurs eux-mêmes !
Le ministère de l'agriculture Michel Barnier vous a confié une mission sur la diversification et la valorisation des activités agricoles pouvez-vous nous dévoiler quelques unes des propositions que vous présenterez au ministre ?
Je réserve bien sûr mes propositions au ministre à qui je remettrai mon rapport fin avril. Cependant, d’ores et déjà, je peux annoncer que mon rapport sera quelque chose d’opérationnel et de concret pour booster la diversification économique agricole.
Il me faut donc faire un inventaire de la situation en identifiant les pratiques de diversification des activités agricoles et leur développement potentiel et en identifiant les freins et obstacles au développement de ces activités tout en examinant les éléments d’acceptabilité sociétale de ces activités. Au final, il me faudra proposer des solutions concrètes et d’application rapide pour aider au développement rural via l’agriculture.
Dans les faits, les activités de diversification des exploitations agricoles, hors production agricole, sont très nombreuses. Celles liées à la valorisation des productions (transformation à la ferme, vente directe, circuits courts de commercialisation…) ou aux activités touristiques (hébergements à la ferme, restauration,…) sont aisément identifiées. De même, des services participants au développement rural, tels l’encadrement d’activités de pleine nature, l’entretien rémunéré de l’espace pour le compte de collectivités, sont pratiqués que ce soit dans le cadre du statut des exploitations agricoles ou d’autres statuts (salarié, indépendant,…) : les gisements et potentialités sont donc nombreux.
Cependant, de nombreuses autres activités comme les activités environnementales, énergétiques, cynégétiques, halieutiques, équestres, et plus largement de loisirs et de nature, recèlent un réel potentiel de développement insuffisamment connu et valorisé, sans oublier leur rôle dans la gestion et l’entretien des territoires.
Au final, ce rapport visera à mettre en cohérence et en réseau les dispositifs et expériences, simplifier les procédures, développer l’accompagnement de projets territorialisés et mutualiser les moyens de façon partagée.
Vous avez été élu en début d'année à la tête de CPNT, comment mieux présider ce mouvement que votre prédécesseur Jean St Josse ?
Il ne s’agit pas de « mieux » présider mais de présider autrement : il n’y a pas de rupture mais simplement une réorientation du positionnement.
Succéder à Jean SAINT-JOSSE n'est guère chose facile tant il a porté haut les couleurs de CPNT en lui faisant respirer la victoire et les succès, notamment en 1999 et en 2002. Il a su faire de notre Mouvement une force politique qui compte et qui s'est ouvert à la ruralité. Il faut s'inspirer de ce passé glorieux pour préparer le futur, reprenant en cela notre slogan des régionales de 1992: "des racines fortes pour un avenir serein".
C'est pourquoi j'ai décidé de composer un nouveau Bureau National à l'image de notre Mouvement et comprenant pour moitié des représentants historiques du Mouvement et pour autre moitié des représentants de la nouvelle génération, ce qui montre par leur complémentarité que CPNT est pérennisé et durable.
Nous travaillerons en équipe, de façon dynamique, partagée et réactive, pour renforcer nos zones de force et nos bastions tout en se réimplantant sur les secteurs plus fragiles.
Chacun doit se mobiliser sur le terrain et s'organiser. Chacun peut apporter au mouvement, à sa façon, pour qu'il se développe et pèse politiquement car ce n'est qu'à cette condition qu'on pourra se faire entendre. C'est le collectif qui fait notre force: nous devons "chasser en meute"!
Les chantiers ne manquent pas tant nous subissons l'action néfaste de l'écologie people à paillettes de l'actuel ministre de l'écologie qui visiblement a décidé de faire plus vert que les verts en écartant même les engagements présidentiels qui ont été pris l'année passée et auxquels ont pu croire les ruraux.
Ainsi, nos instances se sont déjà mises au travail pour répondre aux enjeux et objectifs que nous nous sommes fixés :
En 2008, rendre définitivement CPNT incontournable politiquement sur les questions de ruralité allant de l'aménagement du territoire et d'une autre écologie jusqu'à nos fondamentaux que sont la chasse et la pêche;
En 2009, développer notre réflexion et nos propositions pour une ruralité plus juste et respectée;
En 2010, développer nos réseaux de terrain notamment via les adhésions et les prochaines élections municipales puis enfin dès 2011 préparer les échéances futures cruciales pour notre avenir que sont les élections régionales et européennes.
Quel bilan de ce premier tour des échéances municipales pouvez-vous effectuer au nom de CPNT ? (l'interview a été réalisé avant le second tour)
CPNT se félicite des résultats, et de l’élection, de ses très nombreux candidats (plusieurs centaines) aux élections municipales dans les communes rurales françaises.Ces élections confirment l’implantation locale et le réseau de CPNT dans les terroirs et les « petites » communes dont malheureusement on ne parle jamais, ou si peu, dans les commentaires médiatiques et politiques. Elles montrent le sérieux et la crédibilité du discours de CPNT et sa capacité à gérer les affaires publiques grâce à sa politique de proximité.
CPNT enregistre également l’élection au 1er tour, en liste entière, de son Président,moi-même, à BAUDREIX (Pyrénées Atlantiques) ainsi que de Jean SAINT-JOSSE, ancien Président du Mouvement, dans sa commune de COARRAZE. Par ailleurs, CPNT exprime sa satisfaction à l’égard des résultats très positifs et encourageants de ses candidats aux élections cantonales : les deux Conseillers généraux sortants CPNT sont réélus, l’un avec 72% et l’autre avec 56% en triangulaire, ce qui est une reconnaissance de l’excellent travail qu’ils ont effectué au Conseil Général depuis 2001.
Les autres candidats CPNT aux élections cantonales font également de très bons scores, montrant l’ancrage croissant du Mouvement, entre 17% et 33%, ce qui montre bien l’ancrage local et le poids politique et électoral de CPNT dans les zones rurales. Ceci devra être pris en compte par ceux qui gouvernent.
CPNT confirme sa relance et ces très bons résultats montrent que son discours, son programme et ses prises de position sont reconnues. La marche vers la reconnaissance générale du rôle incontournable de CPNT sur la ruralité est engagée !
Lors des présidentielles, vous n'aviez réuni qu'un tiers des électeurs de Jean St Josse comment expliquez-vous cet échec moins de cinq ans après ?
Si le résultat a été décevant, il faut voir clairement que des réussites ont été au rendez-vous :
1ère réussite : alors que certains nous disaient morts et incapables d’être candidat, nous avons réuni 655 parrainages et pu être candidat.
2ème réussite : nous avons porté et imposé le débat sur la ruralité et la chasse dans cette campagne et amené tous les autres candidats à se positionner sur le sujet ; reste à espérer (et à peser politiquement) pour qu’ils ne l’oublient pas aussi vite et ne virent pas dans l’autisme.
En fait, l’échec s’explique par le fait que, comme les autres candidats, nous avons été victimes du syndrome VOTE UTILE, l’argument qui ne sert qu’à ceux qui n’en ont pas. Les Français ont eu peur et ont soldé les comptes de 2002 : le 22 avril n’aura été que le 3ème tour de 2002 et nous avons été laminés, COMME LES AUTRES « petits » candidats car je rappelle que mis à part le trotskyste Besancenot, nous finissons tous dans le grupetto où du PCF au MPF en passant par les verts ou CPNT, on se tient tous dans les mêmes résultats.
Les chiffres ne veulent rien dire et j’insiste plutôt sur ma « victoire » dans cette campagne : avoir réussi à imposer la ruralité dans le débat public et politique alors qu’auparavant, personne ne s’en préoccupait.
Entre l'UMP, le PS et le MoDem, dans quel parti vous sentez-vous le plus proche ?
Le parti dont je me sens le plus proche est … CPNT ! Mon obsession politique, c’est de défendre la ruralité dans sa globalité alors je continue à me battre pour cela afin de peser et imposer sa prise en compte par ceux qui gouvernent, aujourd’hui comme demain. Peu importe les étiquettes, ce qui compte, c’est l’efficacité et les résultats pour la ruralité et les 15 millions de Français qui y vivent ou en vivent.
Pour ce qui est des partis politiques que vous citez, je note simplement que certains nous écoutent et nous respectent plus que les autres qui préfèrent travailler durablement avec nos « ennemis » les verts en soutenant leurs délires écolomaniaques antiruraux que nous ne pouvons accepter. CPNT développe et soutient une écologie humaine et réaliste, équilibrée et incitative et non une écologie punitive, sectaire et de sanction, comme la portent les verts. Avec nous, une autre écologie est possible !
Quant au Modem, faire la girouette en suivant le vent ou les simples ambitions présidentielles personnelles de son leader n’est pas un discours politique, ni un programme, surtout pour la ruralité. D’ailleurs, je note également qu’il a recyclé beaucoup de verts dans ses équipes…
18:45 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
M D R !!!
Ecrit par : ... | 03 mai 2008
Y a quoi de marrant ?
Ecrit par : Administrateur | 03 mai 2008









