06 septembre 2007
Les militants jugent Sarkozy : A.Leleu, DLR (3/5)
Du 2 au 20 Septembre, le Lectumag part à la rencontre de cinq militants engagés, venus de diverses horizons qui jugent les premières semaines de la présidence Sarkozy et qui nous parlent des tâches heureuses d'un militant politique, aujourd'hui, au XXIème siècle. Aujourd'hui, nous avons interviewé Anthony Leleu (20 ans), qui adhère aux idées de Nicolas Dupont-Aignan, un politicien qu'il a découvert durant la campagne présidentielle...
Tout d'abord présentez-vous.
Je m'appelle Anthony Leleu. J'ai 20 ans. Après avoir obtenu un bac ES en 2005, j'ai fait une Classe Préparatoire de deux ans, et je suis aujourd'hui élève de l'EDHEC, qui est une Ecole Supérieure de Commerce basée à Lille.

Qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre Debout la République, de quand date votre appartenance à ce parti ?
A vrai dire, je ne suis pas adhérent à DLR, mais un "simple" sympathisant. J'ai appris l'existence du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan il y a environ 2 ans, et c'est lors de la dernière campagne présidentielle que j'ai appris à mieux connaître ses idées. Et je dois dire que les idées de NDA sont très proche des miennes dans de nombreux domaines : en matière d'Europe, d'économie, d'Etat, de mondialisation, d'immigration... J'ai à ce sujet eu l'occasion de lire son livre Français, reprenez le pouvoir, qui a confirmé le bien que je pensais de lui. Je le trouve en outre fort sympathique et je serais ravi de le rencontrer un jour.
Nicolas Dupont-Aignan prône la rupture avec l'Union Européenne. Etes-vous persuadés que la France peut survivre sans l'UE ?
NDA ne souhaite pas que la France sorte de l'Union Européenne ! Il souhaite simplement, et à juste titre, que l'UE change d'orientation. L'UE actuelle est guidée par le dogme néolibéral. Et je parle de "dogme" car beaucoup de décisions sont prises non pas en fonction de l'intérêt commun, mais en vue de répondre à une idéologie économique : le libéralisme. Je vous donne un exemple : L'intérêt général exigerait que des fusions d'entreprises européennes aient lieu dans le domaine de l'industrie, secteur vital qui se détériore en Europe à cause, nous le savons bien, de la concurrence déloyale que nous livre des pays en dévelopement, tels que le Chine ou l'Inde. Et bien dans les faits, la Comission a interdit la fusion de Schneider et Legrand, qui aurait pu devenir un champion industriel européen, et n'a pas bronché lorsque Péchiney a été englouti par le Canadien Alcan suite à une OPA hostile ! On constate à travers cet exemple l'incohérence des décisions prises... En outre, l'UE est, on le voit avec le "mini-traité", destinée à devenir une Europe supranationale, avec un droit européen prévalant sur le droit français. Avec l'extension des vote à la majorité qualifiée, la France serait obligée d'appliquer des mesures en contradiction avec ses intérêts vitaux. De plus, la volonté du "traité simplifié" de créer un "Haut Représentant pour la politique étrangère", autrement dit un ministre des affaires étrangères européen, avec un service diplomatique, c'est-à dire des ambassades, va à terme marginaliser les ministères des affaires étrangères de chaque pays, dont la France bien évidemment. Quelle aurait été l'attitude de ce Haut Représentant lorque les Etats-Unis ont envahi l'Irak en 2003, sachant qu'une majorité des pays de l'UE, dont la Grande Bretagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne notamment, soutenait cette manoeuvre ? La voix de la France sur la scène internationale me paraît vitale.

Votre avis sur... le service minimum.
Globalement, je pense que le service minimum dans les transports est une bonne chose : pour beaucoup de personnes, les service publics de transports sont indispensables pour qu'ils puissent se rendre sur leur lieu de travail, ou leur établissement scolaire pour les étudiants. Une grève totale dans les transports prend bien évidemment ces personnes en otage, ce qui n'est pas acceptable, d'autant plus que les premières personnes victimes sont biensûr les classes populaires. Nos services publics sont des atouts formidables pour notre pays, et il ne faudrait pas qu'un "divorce" se produisent entre ceux-ci et les usagers, au profit d'un démantellement de nos services publics que certains aimeraient voir se produire. Cependant, il ne faudrait pas que le service minimum soit un moyen de baillonner les employés si nos services publics étaient menacés. Car il faut reconnaitre que nos services publics entrent en contradiction avec la "concurrence libre et non faussée" voulue par une UE assoiffée de déréglementations, en particulier depuis l'Acte unique en 1986 et la volonté de substituer le concept de "service universel" à celui de service public à la française. Et ce concept réduit considérablement l'éventail des services que notre pays aurait la possibilité d'organiser.
Votre avis sur... la TVA Sociale.
NDA est favorable à la TVA sociale, tout en soulignant qu'il ne s'agit pas de la recette magique permettant de supprimer les délocalisations. La TVA sociale fonctionne de cette manière : on diminue les cotisations patronales afin de diminuer le coût du travail et augmenter ainsi la compétitivité des entreprises françaises ; parallèlement, on augmente la TVA sur les produits français ET importés, et on défavorise au bout du compte les produits importés. Première question : Cela va t-il augmenter significativement la compétitivité des entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes? Réponse : oui et non. Les entreprises françaises vont fort probablement gagner en compétitivité par rapport à leurs concurrentes européennes, puisque cette TVA sociale joue un peu le rôle d'une dévaluation. Cependant, ce petit gain de compétitivité sera biensûr insuffisant pour lutter à armes égales contre les coûts salariaux chinois, par exemple. Deuxième question : Cette augmentation de la TVA ne va-t-elle pas augmenter les prix et, corrélativement, diminuer le pouvoir d'achat des Français ? Il y a en effet de grandes chances que les entreprises françaises ne jouent pas le jeu à 100 % et qu'ils ne répercutent pas les gains résultant de l'allègement des cotisations sociales patronales sur les prix en les diminuant. Quant aux produits importés, leurs prix devraient logiquement augmenter, sauf si les entreprises importatrices acceptent de réduire leur marge bénéficiaire...
Debout la République présentera-t-il des candidats lors des municipales ? N'ayant (pour l'instant !) aucune responsabilité au sein de ce parti, je suis dans l'incapacité de répondre à cette question. Toutefois, je ne prends pas beaucoup de risque en émettant l'hypothèse que NDA se représentera à Yerres...
Ne pensez-vous pas que les idées de DLR seront mieux entendues au sein de l'UMP ?
Aujourd'hui, l'UMP n'est qu'un parti libéral, à l'instar de la plupart des grands partis de droite en Europe. Et le recueillement de N. Sarkozy sur la tombe du général De Gaulle quelques jours avant le 1er tour de la présidentielle, probablement à la recherche d'un soutien d'outre tombe ne change rien à l'affaire. Le refus d'un référendum pour ratifier le "mini-traité" (ou plutôt le clône de la Constitution rejetée par les Français), sa volonté de construire une Europe supranationale, son "amitié" avec Georges Bush et des représentants du grand capital mondialiste sont autant de preuves que N. Sarkozy et son parti dont il était le président n'ont rien de gaulliste. A partir de ce constat, je ne vois pas ce que NDA, défenseur du gaullisme, irait faire dans ce parti. Je trouve d'ailleurs assez incohérent le fait que DLR se soit situé dans la "majorité présidentielle" pendant les législatives, et je sais que de nombreux sympathisants de NDA éprouvent le même sentiment que moi. A mon avis, je pense qu'il n'avais pas trop le choix : s'il avait refusé de se présenter aux législatives sous la banière "Majorité présidentielle", l'UMP aurait certainement présenté un candidat qui l'aurait peut-être battu, vu la capacité d'attraction dont bénéficiait l'UMP pendant ces élections. Or, l'absence de NDA au parlement aurait signifié la fin de la visibilité de son parti et de ses idées. Cependant, cette opinion n'est que la mienne et il est fort possible que je me trompe... Quoi qu'il en soit, j'ai crû comprendre que NDA claquait définitivement la porte à l'UMP suite aux dernières actions de notre président, et je pense qu'il a fait ce qu'il devait faire, et que nombreux sont ceux qui soutiennent son geste.
Notre prochaine interview de milittants pour notre "série de rentrée", les millitants jugent Sarkozy, sera celle d'un militant front national. Que pensez-vous de leur leader, Jean-Marie Le Pen ?
Quand on se veut être le candidat "anti système", il faut savoir que chaque "dérapage", quel qu'il soit, ne sera occulté par les médias, bien au contraire. Des propos qu'il a tenu, par ailleurs condamnables, lui sont encore reprochés vingt ans après. Dans tout combat d'idées, il faut toujours être vigilant sur les propos que l'on tient, au risque dans le cas inverse de décrédibiliser tout son programme, son partis, ses électeurs.
N'OUBLIEZ PAS DE CONSULTER L'INTERVIEW DE NDA PAR LECTUMAG EN JUIN 2007 !
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